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01 juin, 2007

brèves de fin d'année

1) Le chauffeur de salle et le chauffeur de car.
Mon collègue M. semble être devenu moniteur de centre aéré : pas une sortie qu'il n'encadre en cette saison où elles se multiplient.

Dans le car, après avoir un peu chanté ("C'est à tribôôôôôôrd qu'on chante le plus fôôôôôôôôôrt"), les élèves étaient retombés comme des soufflets. M. bondit pour s'emparer du micro et beugle : " Vous êtes fatigués?". La réponse, bruyante et unanime, ne s'est pas fait attendre : "On n'est pas fatigués", sur l'air (hélas) bien connu. Du coup, les mômes galvanisés se déchaînent comme de beaux diables pendant la demi-heure de transport restante.

Au moment où M. s'apprête à descendre du car, le chauffeur l'interpelle : "Dites, si un jour j'ai un autre car calme, je vous appelle?"

2) Les infidélités de Cuistot Chef.
On se souvient que Cuistot Chef, après avoir saisi toutes les occasions pour me faire un gringue d'enfer, avait commencé à lorgner du côté de Léto. Voilà qu'il se met aussi à courir après M.
Apprenant que le voyage en car qu'ils encadrent tous les deux dure une heure et demie, Cuistot Chef s'exclame : "Je me mettrai à côté de toi, comme ça, je pourrais te faire plein de bisous..."
Heureusement que ce midi, il s'est dit prêt à vendre la moitié de son âme au diable pour avoir ma taille de mannequin, parce que j'ai failli être jaloux. Après, on a conjecturé le nombre d'années qu'il passerait au purgatoire (beaucoup). Et puis il a bien fallu qu'il me serve mon croc-muche.
Pitou G.

3) Botanique
Dans un devoir de science et vie de la terre : Quelle partie de la plante mange-t-on dans la carotte?
Réponse d'un de mes élèves de 6e (j'ai une classe de fêves): le râpé.

4) Substitution d'identité
Ma chère collègue S. a été "roulée" par une classe de 3e: les "B", studieux et sages, se sont fait passer pour les "C" profitant de la légère distraction de leur enseignante ("Tu sais, je les confonds toujours un peu tous..."et vice versa) qui leur a montré la fin d'un film qu'ils avaient déjà vu. Lorsque les 3eC ont réclamé à S. la suite de la projection, les pauvres ont été rabroués sévèrement ("On ne me la fait pas à moi: on l'a vu mardi!) avant d'obtenir gain de cause ("Mais Madame, on vous a pas le mardi!"). Les farceurs ne perdent rien pour attendre ("Ils m'ont sucré une heure, ils m'en rendront deux sur leur temps libre: et hop brevet blanc!).
Pitou V.

04 mars, 2007

Saynètes et dialogues

Pour cause d’exode, nous avons beaucoup délaissé notre blog ces derniers temps. Mais comme nos nombreux lecteurs fidèles et assoiffés de Pitous Lullaby nous réclame de nouveaux articles, soyez sûrs que nous avons pris des notes. Et pour rattraper le temps perdu, nous vous proposons un medley, en attendant quelque chose de plus consistant :


Dans une pizzéria normande
Serveuse : Alors, ça vous a plu ?
V. (avec le sens du compliment et des intonations de bourgeois gentilhomme) : Oh oui ! Je ne m’attendais pas à trouver ça à Avraaaaaaaanches ! (vous avez l’eau courante aussi ?)

Alors que mon homme se rend compte que ce qu’il croyait gentil s’avère horriblement méprisant, la serveuse a l’air de se demander si c’est du lard ou du cochon. Pour avoir une petite idée du ton de mon homme, séquence souvenir :




Devant la télé ( V.I.P.érin)
Florilège de nos récentes remarques devant le petit écran. Ça vient du coeur :
- Elle marche vraiment comme une choucroutière, Angela Merkel !
- Il a vraiment une tête de Johnny, Clovis Cornillac (et des Johnny, on en connaît !)
- Mais qu’est-ce qu’elle s’est encore mis sur la tête, Lââm ? C’est Lââméduse rose, oui !


À la mairie, service état civil
Qui a dit que les fonctionnaires étaient inefficaces et désagréables ? En amiénie, les dames sont vraiment charmantes…

G : Voilà. J’ai tout, là, normalement !
Dame souriante (consulte les pièces du dossier) : OK… OK… OK… Ah ! ça, ce n’est pas pour moi, je crois !
Donner Wetter… je voulais lui refiler le barême d’un devoir de seconde ! ça aurait pu être pire : elle aurait pu hériter d’une copie de Tabatha ou Crystal !
D.S. : Vous avez votre ancienne carte d’identité ? Oh ! Mais vous avez vraiment une p’tite tête de minou, là desus !
G. (rougissant) : Bah j’avais 17 ans (et le brushing de Gérard Philippe)



À Patelinvillers.
Observation de la proposition infinitive en latin.
G. : Qui peut me trouver le sujet du verbe ?
Etincelle blonde : Moi, j’ai « vini » (prononcer « wini »)
G. : Et tu fais quoi avec vini ? Du miel ?

Eh ben, croyez-le ou non, ils ont ri de bon cœur. Bon, ok, à onze ans, ils ne sont pas difficile : même Titoff les fait rire.



Petit-mot intercepté à Quartmondeville
« Si tu me laich la ch*tte, je te ferait des trucs affollants »
Gracieuse enfant de 12 ans !

28 septembre, 2006

Full time job

Les non-profs me voueront peut-être aux gémonies...
Mais assurer sept heures de cours dans une journée, c'est comme l'essorage à 1200 t/minutes pour le cachemire: on a l'air d'une serpillière en ressortant.
Evidemment, ça cause des dommages collatéraux:
- Bon, ce n'est pas compliqué, si vous savez conjuguer "prendre", vous savez tous les conjuguer: vendre, tendre, rendre, pendre... voyons voir, reprenons dans l'ordre alphabétique pour voir si je n'en ai pas oublié: bendre n'existe pas...
Ricanements dans la salle.
- De toute façon, ça ne marche pas : je bends, tu bends, il bend, vous bende...
Ma voix se perd dans la confusion.
- Bref, débrouillez-vous, mais apprenez vos conjugaisons!
Free style forever
V.

NB: G. me fait remarquer que "prendre" n'a rien de commun avec la liste dressée... "vous prendez du temps pour préparer vos cours?"... C'est fini l'inscription pour l'agreg de grammaire???

Almost killing word

A ceux qui prennent leur chaise pour un rocking-chair:
"Vous ferez de la balançoire au jardin d'enfant!"
V.

25 septembre, 2006

Killing words

"Grégory taisez-vous, vous gaspillez l'oxygène."
V.

L'effet Staline

Voici ma troisième rentrée au collège ruralo-quartmondesque de B.
J'ai indéniablement progressé, effaçant d'année en année mes errements en matière de discipline.
Une question me brûle les lèvres, toutefois.
Ne deviendrais-je pas insidieusement un petit chef hargneux, corrigeant tout ce qui dépasse à coup de badine (verbale, disparition du chatiment corporel oblige...)?
Cette année me voit en effet redresser les torts à tour de bras: ainsi, parce qu'ils avaient mal rangé les livres du cdi j'ai fait faire à toute une classe de 4e des exercices sur l'ordre alphabétique... conçus pour des sixièmes. Je reprends inlassablement les "ouais" par un "on dit oui monsieur!". Dans une salle de classe munie d'une horloge, je laisse mes élèves debout jusqu'à entendre le tic-tac... Mon empire ne s'arrête pas là: je vérifie la rectitude des rangées dans la cour, veille au calme dans les couloirs et les escaliers et ai même fait ramasser à un élève sa volontaire éructation salivaire...
Alors, suis-je la réincarnation de Pol Pot?
V.
PS: prochainement dans ce blog, punitions sadiques et réparties cinglantes!

12 juin, 2006

Des animaux et des hommes

Exercice de vocabulaire sur les expressions animalières:
- Voyons Vincent, dis-moi quel animal est fidèle, d'après toi.
- Le dindon, répond mon gentil 6e.
- Le dindon est un animal fidèle? demandé-je un peu goguenard.
- Parfois.

Vision réjouissante d'un petit garçon vivant une grande amitié avec un dindon aimé après plusieurs déconvenues avec des congénères infidèles.

V.

11 mai, 2006

Brève de 6e

"Monsieur, l'hebdomadaire, c'est un animal?!
- Oui Mallaurie, un animal très spécial: il lui pousse une bosse par semaine."

V.

20 avril, 2006

Recta-rat

Pour ceusses qui suivraient mes-aventures rectorales et frais-de-remboursementatoires... J'ai appelé la dame-fantôme chargée des dossiers pour prendre des nouvelles innocemment de MON dossier et la brave personne s'est exclamée:
"Oh! Vous savez, avec la nouvelle LOFT..."

Que les députés sont cons d'intituler une loi "LOLF"! L'acronyme est rédhibitoire et évoque trop furieusement l'émission qui libéra Steevy de la peroxydation, le propulsant aux sommets culturels du Service Public de la Télévision Française.

V.

PS: ceusses qui savent la signification de l'acronyme SANS aller vérifier gagneront... le remboursement (en nature) de leur frais pour venir nous visiter.

14 avril, 2006

Lapsus

Vendredi matin, 9h, classe de 6e, je lis magistralement un texte sur la fondation de Rome.
"L'homme décida d'abandonner le panier sur les berges inondées."
Ma langue a fourché, deux fois.
Détail gênant: j'avais trois étudiants stagiaires au fond de la classe.
Je me suis senti rougir, ai décidé de ne pas lever le nez de mon manuel et de lire plus magistralement que jamais. Mes élèves eussent été bien surpris de me voir éclater de rire à l'évocation du sauvetage de Romulus et Remus!

V.

23 mars, 2006

Le Rectorat

Hier, dans un courageux élan, je décidai d'appeler le rectorat afin de réclamer mes sous.
Standardiste enjouée: "Rectorat de l'Amienie, bonjour!
Moi: Bonjour, je voudrais parler à la personne qui s'occupe des remboursements de frais..
S. e.: Ne quittez pas, je vous passe le service concerné.
Musiquette d'attente
Personne aimable:Bonjour, que puis-je pour vous?
Moi: Eh bien voilà, j'ai corrigé il y a trois semaines les épreuves écrites du CAPLP ***** et je voudrais savoir si mes feuilles de demande de remboursement de frais de déplacement et d'hébergement sont bien arrivées...
Personne aimable: Ah mais ce n'est pas le bon service, je vous le passe, attendez un instant s'il vous plaît.
Musiquette d'attente (bis)
Personne: Bonjour, c'est pour quoi?
Moi, améliorant mon laïus: Concours interne... remboursement... Paris... frais...
Personne: C'est pour quel concours déjà?
Moi: le CAPLP *****
Personne: AH mais ce n'est pas moi qui m'en occupe. Je vous passe quelqu'un d'autre.
Musiquette (ter)
Personne peu amène: Allô!
Moi (même tirade que plus haut)
Personne peu amène: Je ne gère pas ces dossiers, je vous passe la responsable.
Musiquette (c'est quoi cet air???)
Personne molle: Oui, c'est à quel sujet?
Moi (répétant mon discours, serein): REMBOURSEMENT... FRAIS... QUAND?
Personne molle: Ah, c'est ma collègue qui s'en occupe, mais elle est absente. Je vais regarder quand même, attendez... (long moment, papier froissés)... Votre nom? C'était quelle année le concours?
Moi, légèrement surpris: Mais c'est de cette année...
Gentille mollasse: Aaah! C'est pour ça... Vous savez, il y a des gens qui attendent depuis 1995 (véridique) et de toute façon, tout est bloqué jusqu'au 1er avril à cause de la loi, là...
Moi: la LOLF...
Mollasse: Oui, la loi des finances. Bon, j'ai votre papier sous les yeux, mais ma collègue est absente et puis, je veux pas vous inquiéter, mais il y a du retard à traîter, et de toute façon, avant le 1er avril...
Moi: oui mais, vous comprenez, il s'agit de sommes importantes: il y a une semaine d'hôtel, des notes de restaurant, un plein de carburant... et c'était à Paris!
Momolle sympa: Enfin, vous c'est des frais de déplacements, alors ça ira plus vite que des frais de mission (déplacement ou mission, y a intérêt qu'ils raboulent le fric, vu que j'ai dépensé un tiers de mon salaire pour corriger 104 copies en quatre jours...!)

C'est officiel, la maison des fous existe bel et bien...

V.

20 mars, 2006

Ce que j'ai appris aujourd'hui (bis)

Quant à moi, après avoir appris mardi dernier que non, je ne partais pas en Espagne, j'ai découvert aujourd'hui avec émotion mon emploi du temps pour la dite semaine des voyages.
24 heures de cours sur quatre jours, deux journées à 7h (pour les non enseignants, je vous confirme que oui, c'est énorme).
Une heure de "prépabrevet" avec quatre classes différentes de 3e - plus ou moins inconnues au bataillon.
Six heures avec mes 4e (ils vont être ravis), les bons élèves en moins.
Deux heures de prépabrevet avec un mélange de deux classes de 4e que j'ai une fois par quinzaines.
C'est officiel: il faut être superprof, ou ne plus préparer ses cours.
Heureusement que l'improvisation me réussit. Je sens que ça va être free style cette semaine: allez, atelier d'écriture, lecture à voix haute et révisions à tout crin!
V.

19 mars, 2006

De la dictature

Ou comment faire goûter les joies de la démocratie aux enfants par un emploi modéré de la pédagogie de la terreur.
Jeudi après midi, sonnerie de fin de cours pour MES 6e (le professeur principal possède ses élèves, comme au bon vieux temps des serfs). Je rappelle que j'en vois une partie à 8h le lendemain, avant de basculer dans une autre dimension: des huées me répondent. L'instant de sidération passé, je couvre le brouhaha général de toute la puissance (maîtrisée) de mes cordes vocales et annonce des représailles collectives pour le lendemain tant que je ne connaitrai pas les coupables.

Vendredi matin, 9h. Acte I. Châtiment
Les élèves entrés restent debout pendant que je les engueule copieusement.
J'annonce la sanction collective, volontairement bête: recopier le dernier texte étudié.
"En entier??? s'exclament plusieurs élèves en même temps.
- Deux fois, réponds-je après un silence. Et je ferai recommencer s'il y a une erreur de copie.
Par ailleurs je colle toute la classe jeudi matin de 8h à 9h. Peut-être cela vous fera-t-il réfléchir lorsque dans un instant vous remplirez le petit papier où vous me direz ce que vous avez vu et entendu.

Acte II. Délation
Je fulmine, le regard noir, pendant que les petits crayons s'agitent. Décapite l'imbécile qui demande à son voisin l'orthographe d'un nom. Avant de lire les billets, j'annonce:
"Exercices, page 108.
- Lequel?
- Tous."

Acte III. Confrontations
Recoupements. J'appelle les accusés dans le couloir. Aveux, dénis, petits mensonges, yeux humides. Bruissement dans la classe, porte ouverte:
- Si je vous entends encore, je ramasse et je note!
La sonnerie de la récréation retentit. Je fais mariner mes petits harengs, qui suent toujours sur leurs exercices, les appelant un par un pour les autoriser à sortir, laissant les coupables bûcher encore un peu.

Conclusion: enseigner en collège nécessite une bonne dose d'énergie et de théâtralité. Il faut (faire semblant d') y croire pour être crédible.

V.

19 janvier, 2006

Monsieur Retard

Cette semaine, deux charmantes élèves de classes différentes ont ironisé sur mes délais de traitement de copies:
"Monsieur, ne donnez pas de nouveau devoir, après ça va vous faire des copies et comme vous êtes déjà débordé..." Oui Cléa, tu as raison, je ne sais déjà plus où donner des pouces entre vos rédactions et notre quête de la régénération du monde dans Tales of Symphonia (excellent jeu d'heroic fantasy)
" Je vous rendrai vos copies jeudi (en fait non!).
- Oui, ou à Pâques..." Clara, j'ai bien failli me fâcher tout rouge après toi, avec observation écrite et punition, mais devant ton sourire malicieux la drôlerie (et la justesse... malheur!) de ta répartie, j'ai choisi d'arborer le sourire "pas de scandale en public".
Je ne dirai rien de la remarque déroutante d'un excellent élève : "Monsieur, on est trop fort pour vous!" Merci Gilbert (tiens, un moche pseudo pour toi!), je n'oublierai pas...

Un peu d'ordre dans mes pratiques professionnelles? Oui, si je ne veux pas intituler mon prochain texte "Monsieur Laxiste"!

V.

Monsieur Maladroit

Hier soir j'ai consécutivement:
- raté la cuisson des oeufs durs.
- fait exploser dans ma main un des oeufs pour voir s'il était vraiment dur à l'issue de la cuisson.
- éclaboussé mur, parquet et radiateur avec l'oeuf qui n'était pas dur mais "à la coque".
- mis reliefs de coquille et traces d'oeuf mal cuit sur la partie externe du sac poubelle.

Décidément, les ovules ne me réussissent pas.

V.

07 janvier, 2006

Exercice de pédagogie appliquée 2.

Lorsqu'on étudie le conte en 6e, on utilise un outil qui s'appelle le schéma narratif dont la première étape s'appelle la situation initiale.
Comment faire pour faire comprendre aux élèves ce mot d'initial?
On leur parle des initiales d'un nom et on demande - sans malice - quelles sont les siennes à Pauline D.

V. le finaud