En bons garçons sensibles, les Pitous sont attentifs à leur paraître : V. ébroue sa crinière en de juvéniles coiffures, G lustre ses lèvres d'un soupçon d'huile parfumée (rhôôô! ne me dévisagez pas comme ça : ça sent bon et ça sèche!), tous deux s'encrèment de cosmétiques ruineux (pas toujours judicieusement choisis). Mais il y a une chose qu'ils n'avaient encore jamais osé faire, malgré la tentation. Où va se nicher la fierté masculine, tout de même! Un cadeau de Za y a remédié. Pitou G a testé pour vous... tadam! : l'institut de beauté.
Après avoir un peu traîné la patte pour prendre rendez-vous (le Pitou ne parvient pas à se libérer d'un fond d'angoisse face à un univers inconnu), j'ai poussé la porte de l'institut, accueilli par une longue créature à la chevelure junglienne. Le genre qui peut se permettre la fantaisie de porter, grâce à sa peau dorée, un débardeur vert fluo, sans avoir l'air grotesque (exploit!). Une fois dans la cabine, la panthère vert fluo m'a demandé d'enlever chaînette (ma précieuse petite chouette d'argent!)(rhôô, ça va hein, c'est pas une grosse gourmette!) et T-shirt. Là, j'avoue que je me suis félicité d'avoir opté pour un simple soin du visage : à ce compte là, j'imagine que pour un soin du corps, on ne peut pas même garder son épiderme sur le dos! L'élève modèle que je suis obtempère, même si Créature manquait un peu de barbe pour que j'ôtasse mon haut avec délectation.
Nettoyage, gommage aux agrumes, design sourcillier, déverrouillage des pores au moyen d'un brumisateur tiède et parfumé, triturage des points noirs (je n'ai pas de points noirs, vous avez dû mal me lire), lotionnage, bavardage, hydratage, entartinage d'un masque-film, renettoyage et multiples massages faciaux* : le soin a duré une heure et quart. J'ai toujours aimé qu'on soit aux petits soins pour moi, mais il faut reconnaître que j'ai trouvé le temps un peu long durant le séchage du masque. Mais comme c'était pour sortir de l'opération avec un nez plus lisse que de la soie, ça valait le coup. Au moment de se relever, on est détendu, dans un état un peu cotonneux. On ne sait pas bien si c'est vraiment fini, et on n'arrête pas de tester le potentiel de glisse de sa peau, en cachette de Créature de la jungle pour s'éviter le ridicule.
Plus détendu, d'accord. Mais plus beau? Bien qu'il soit techniquement difficile d'être plus séduisant qu'à mon état brut, j'ai pu vérifier l'efficacité de ces soins : j'étais à peine sorti de l'institut qu'un mec m'est rentré dedans (ok, il sortait de chez l'opticien). J'étais tellement dans le gaz que je ne saurais vous dire si la collision valait le coup.
Cette expérience m'a-t-elle donné envie de retourner chez l'esthéticienne? Et bien, dès le lendemain à la première heure, j'en repoussai la porte. J'avais oublié ma petite chouette...
G.
* ordre non contractuel et possibilité d'oubli. Il faut une mémoire de druide pour être esthéticienne, ou alors Créature fait n'importe quoi suivant l'inspiration du moment, allez savoir!


















