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06 juillet, 2007

Pitou et bigoudis

En bons garçons sensibles, les Pitous sont attentifs à leur paraître : V. ébroue sa crinière en de juvéniles coiffures, G lustre ses lèvres d'un soupçon d'huile parfumée (rhôôô! ne me dévisagez pas comme ça : ça sent bon et ça sèche!), tous deux s'encrèment de cosmétiques ruineux (pas toujours judicieusement choisis). Mais il y a une chose qu'ils n'avaient encore jamais osé faire, malgré la tentation. Où va se nicher la fierté masculine, tout de même! Un cadeau de Za y a remédié. Pitou G a testé pour vous... tadam! : l'institut de beauté.


Après avoir un peu traîné la patte pour prendre rendez-vous (le Pitou ne parvient pas à se libérer d'un fond d'angoisse face à un univers inconnu), j'ai poussé la porte de l'institut, accueilli par une longue créature à la chevelure junglienne. Le genre qui peut se permettre la fantaisie de porter, grâce à sa peau dorée, un débardeur vert fluo, sans avoir l'air grotesque (exploit!). Une fois dans la cabine, la panthère vert fluo m'a demandé d'enlever chaînette (ma précieuse petite chouette d'argent!)(rhôô, ça va hein, c'est pas une grosse gourmette!) et T-shirt. Là, j'avoue que je me suis félicité d'avoir opté pour un simple soin du visage : à ce compte là, j'imagine que pour un soin du corps, on ne peut pas même garder son épiderme sur le dos! L'élève modèle que je suis obtempère, même si Créature manquait un peu de barbe pour que j'ôtasse mon haut avec délectation.


Nettoyage, gommage aux agrumes, design sourcillier, déverrouillage des pores au moyen d'un brumisateur tiède et parfumé, triturage des points noirs (je n'ai pas de points noirs, vous avez dû mal me lire), lotionnage, bavardage, hydratage, entartinage d'un masque-film, renettoyage et multiples massages faciaux* : le soin a duré une heure et quart. J'ai toujours aimé qu'on soit aux petits soins pour moi, mais il faut reconnaître que j'ai trouvé le temps un peu long durant le séchage du masque. Mais comme c'était pour sortir de l'opération avec un nez plus lisse que de la soie, ça valait le coup. Au moment de se relever, on est détendu, dans un état un peu cotonneux. On ne sait pas bien si c'est vraiment fini, et on n'arrête pas de tester le potentiel de glisse de sa peau, en cachette de Créature de la jungle pour s'éviter le ridicule.


Plus détendu, d'accord. Mais plus beau? Bien qu'il soit techniquement difficile d'être plus séduisant qu'à mon état brut, j'ai pu vérifier l'efficacité de ces soins : j'étais à peine sorti de l'institut qu'un mec m'est rentré dedans (ok, il sortait de chez l'opticien). J'étais tellement dans le gaz que je ne saurais vous dire si la collision valait le coup.


Cette expérience m'a-t-elle donné envie de retourner chez l'esthéticienne? Et bien, dès le lendemain à la première heure, j'en repoussai la porte. J'avais oublié ma petite chouette...



G.



* ordre non contractuel et possibilité d'oubli. Il faut une mémoire de druide pour être esthéticienne, ou alors Créature fait n'importe quoi suivant l'inspiration du moment, allez savoir!

06 juin, 2007

Hardi vivre en Picardie

Parmi les nouveaux habitants de notre adorable parking géant résidence, figure un charmant jeune homme bobby de première catégorie.

Bobby a 19 ans à tout casser, mais il a surtout une 106 magnifiquement tunée : ajoutez à la photo ci-jointe des retroviseurs argentés, et vous aurez une petite idée du paysage bucolique qui nous saute aux yeux (et aux oreilles : vive le R'n'bouse à fond les manettes!) dès que nous posons un pied sur notre terrasse. Merci à toi Bobby de contribuer, à ton échelle, à la beauté du site (le vrai et le virtuel).

Entendons nous bien : Bobby n'a pas qu'une bagnole. Il a une raison de vivre. Il lui consacre probablement l'essentiel de son budget. Ce qui est sûr, c'est qu'il lui consacre la totalité de son temps. Je subodore que ses parents ont omis de lui réserver une chambre dans la demeure familiale, pour qu'il ait investi affectivement à ce point ce qui est à la fois point d'ancrage (mobile : c'est une génération à la dérive) et substitut phallique (à aileron).

Dès potron-minet, notre Bobby passe amoureusement l'aspirateur dans sa 106, en époussette la tapisserie rutilante, en astique le pot d'échappement. Toutes ces gesticulations se feront torse nu, signe induBITable du lien charnel qui se noue ici.
Dès pot d'échappementL'après-midi est dévolue aux relations sociales. Bobby convie trois ou quatre copains autour de sa voiture : ils fument, discutent et rigolent, en frottant leurs corps contre les portières de la sexy-machine. Quand la station service debout commence à leur peser, ils posent leurs châssis arrières sur la luxueuse sellerie en skaï et, toutes vitres ouvertes, font péter la sono. Vient alors le moment de la balade (pour recharger les batteries?) : le tour du pâté de maisons y suffira amplement. Il ne faudrait pas se faire piquer sa place (c'est que le fil de l'aspirateur, il n'est pas infini!)! Jusqu'à l'heure de l'apéro, Bobby et ses copilotes parlent pare-chocs en se caressant l'entre-jante.

Ensuite, la deuxième passion de Bobby prend le relai : la bielle bière ("Eh! Bobby! Tu viens prendre un pot catalytique?") .

Allons, ne soyons pas chagrins, et gageons que tous ses efforts lui permettront d'enlever sur son cheval blanc dans sa K-2000 une de ces blondasses radasses grognasses damoiselles de 14 ans qui rôdent jusqu'à pas d'heure sans muselière dans le plus chic des accoutrements. Vive la reproduction des schémas familiaux!

G.

P.S. : j'avoue que là, j'ai un peu craqué sur les biffures et les (parenthèses inutiles).
P.P.S. : moi, je trouve que la 106 de Bobby serait rudement plus jolie avec ces loupiotes violettes qu'on croise beaucoup en Picardie. Si vous êtes de mon avis, on pourrait lui faire parvenir une pétition, non?

03 juin, 2007

Brisures de conversation

V : La seule chose qui peut sauver l'aspect esthétique de ces immeubles, c'est une isolation par l'extérieur (venez en Amiénie et vous comprendrez).
G : Ou une 3ème guerre mondiale.
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V: Elles sont délicieuses, tes pâtes semi-complètes, mon ange!
G : Tu sais, ce n'est pas moi qui les ai fabriquées!
V : Personne ne réhydrate les pâtes comme toi, mon amour!
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Poussinou : Zut, je suis en train de perdre mes boutons!
G : Tu réalises le rêve de tous les adolescents, tu sais.
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Discussion au sujet de l'orientation d'un élève
M : Melvin veut faire un truc agricole.
G : Mais c'est où, Gricole? (inusables classiques...)(et dire que ça l'a fait rire!)

11 mai, 2007

Panneaux sots

Quelques vieux nostalgiques (et moi en tête) reprochent aux gens d'aujourd'hui d'avoir renoncé à la correspondance, cette noble façon d'échanger des idées (même si l'avénement du blog a réhabilité la conversation écrite) : face à sa feuille de papier ou son écran, on prend le temps de peser ses mots et d'organiser sa pensée. Ça, c'était pour la théorie. À bien y regarder, je me demande si communiquer par écrit est un signe de bonne santé de notre société. Démonstration.

Autour de moi, la lubie du pannonceau a le vent en croupe poupe. Nous passerons vite sur le cas d'une certaine collègue (keunasse) qui règle ses comptes avec moi par voie d'affichage public et à qui j'ai signifié que le tableau blanc était un mode d'expression tellement fooormidâble que je suggérais de ne communiquer ensemble que par écrit (si elle se hasarde un jour à me dire bonjour, je lui tends un stylo velleda)(sauf qu'elle ne le fera pas : elle est aussi gamine et rancunière que moi).

*
Un autre grand fan de pannonceaux : le conseiller d'éducation de Patelinvillers qui a inauguré une nouvelle opération de comm' , Un jour, une devise. Ce rituel est encore tout nouveau, mais on n'a pas besoin de beaucoup de recul pour saisir son thème de prédilection.
"Le faire est révélateur de l'être"
"Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir. (...)
Sans un peu de travail on n'a point de plaisir."(Florian, La Guenon, le singe et la noix)

L'autre jour, en lui serrant la main, j'ai failli l'appeler monsieur Sarkozy (il a lui aussi un nom d'Ostrogoth). C'était un vrai lapsus, mais je me suis mordu l'intérieur des joues à temps. Du coup, j'étais hilare et lui plutôt perplexe.
*

La folie de l'écriteau a même gagné notre sphère privée, puisqu'un(e) intégriste (anonyme : X n'assume pas ses râleries) vit dans notre résidence. Je veux bien croire qu'on puisse être gêné par les noubas très occasionnelles d'un des locataires. Je veux bien croire aussi qu'on éprouve le besoin de se plaindre. Si on préfère télécharger des textes de lois, stabiloter les passages à retenir et les afficher sur la porte de l'immeuble, plutôt que d'aller discuter calmement avec la personne concernée, on a le droit. Hormis la perte de temps, je note au passage que c'est sans doute le plus inefficace des choix pour porter son message (genre le roquet qui aboie dans le vide).

Le souci, c'est qu'on implique dans l'affaire des tas de gens qui n'ont rien demandé à personne et qui, pour certains, peuvent se sentir accusés à tort. Et surtout, ce genre d'initiative génère un climat de suspicion dans le voisinage - le mot n'étant pas signé, tout le monde se regarde entre le zist et le zest (et non, ce n'est pas obscène... même si je m'attarderais bien entre le zist et le zest de l'étudiant d'en face) : est-ce lui le tapageur nocturne? est-ce lui le contempteur de nos vices? est-ce que celle-là pense que je suis l'un ou l'autre?

Hier matin, je me suis aperçu que le corbeau avait encore oeuvré: "L'utilisation à répétition d'un lave-vaisselle ou d'un lave-linge entre 0h00 et 2h00 du matin est un délit" (peut-être que vous comprenez mieux pourquoi j'ai parlé d'intégriste plus haut). Je suis parti au boulot (oui, ça arrive) un peu gêné, en me demandant si nos Bosh allaient être placés en garde à vue et si on aurait le droit de leur apporter des oranges en tôle en taule.
Le soir, l'affichette avait été arrachée et remplacée par la suivante : "Faut dire à EDF de changer ses heures creuses". J'ai failli ajouter
mais les mots anonymes, ce n'est définitivement pas mon truc.

G.

21 avril, 2007

Délais, et du bon

Notre immarcescible amour (j'ai décidé d'aider Madame Patate à enrichir son vocabulaire) pour la Picardie, terre d'accueil, nous a jusqu'alors poussés à l'admirer de loin dès que possible : aucune saison n'étant à l'avantage de l'Amiénie, nous sautions dans la voiture dès le premier soir de toutes nos vacances.

Il n'en a pas été ainsi cette fois, pour diverses raisons : d'abord, la fatigue accumulée lors de nos précédents week-ends de pélerins - vient un moment où, à trop engloutir de km, on frôle la nausée; ensuite, décaler notre séjour semblait arranger tout le monde, famille, amis et présidentiable (de toute façon, nous avions prévu de revenir voter); enfin, et c'est un motif plus surprenant, la fin imminente de notre exil picard nous rend moins pressés de partir, comme si nous avions besoin de profiter de ce que nous avons ici. Ainsi, à l'exception notable d'une brève parenthèse Sabybananesque, nous avons dérogé à la loi commune du départ en trombe. Et grand bien nous en a pris!

Le bénéfice de notre décision s'est fait sentir dès le premier dimanche. On pensait s'adonner à de la pure glandouille : on a vendu notre appart'. Bien que nous ayons confié la vente de notre petit bijou à deux agences immobilières, la transaction n'engraissera finalement aucune des deux, puisque des voisins ont bondi sur l'occasion avant même qu'elles ne décochent leur premier client potentiel. Les choses sont finalement allées très vite (le compromis a été signé hier) : il faut dire que la grande terrasse, amoureusement paysagée par mon homme, sur laquelle nos acheteurs ont une vue plongeante depuis plusieurs mois, a fait son petit effet sous le soleil exceptionnel de ce mois d'avril. Pour paraphraser une des deux agences, "l'aménagement raffiné" de l'appartement lui-même a fait le reste.

Il faut dire que nous avions été particulièrement déraisonnables dans certains de nos choix, si l'on ramène l'investissement à la surface. Le coût important des travaux d'aménagement s'explique par nos goûts putassiers de milliardaires russes par le contexte de l'époque : frustrés par une attente bien plus longue que prévu et n'ayant aucune vraie prise sur le projet, nous avons investi symboliquement notre chez nous par le portefeuille. Comme nous ne voulions pas être perdants à la revente, il faut avouer que notre prix était légèrement surévalué. Mais, en toute modestie, il est difficile d'imaginer qu'on puisse ne pas avoir de coup de coeur pour cet appartement. A partir du moment où on l'a visité, il est difficle d'y renoncer.

Ainsi, moins de deux heures après l'avoir découvert en détails, nos voisins sont donc revenus nous trouver pour nous dire qu'ils étaient preneurs - qui est déjà passé à côté d'une maison ou d'un appartement sur lequel on a flashé comprendra leur réactivité. Ils n'ont pas cherché à ergoter sur le prix et, du coup, nous nous sommes montrés arrangeants sur l'aménagement de la terrasse. Pour ne pas passer pour un ignoble voleur, je tiens à préciser que sans les frais d'agence et avec des frais notariés réduits, ils font quand même une affaire! De notre côté, nous sommes satisfaits de le laisser à des gens qui l'ont aimé à sa juste mesure.

G.

02 avril, 2007

Burnes électorales

Avec nos nouvelles cartes électorales (qu'elles sont beeeeeelles! Ils devraient nous dessiner une Marianne encore moins discrète) est tombée une nouvelle sensass' (le mot sensass' était déjà au fond des oubliettes de l'histoire trente ans avant ma naissance) : nous allons voter électroniquement! On va avoir une machine à voter dans le bureau de vote de Blanche-Neige!
C'est grocool!

Un collègue facétieux a aussitôt rebaptisé ces bornes électroniques destinées à remplacer des urnes, des burnes. C'est un crève-coeur de l'admettre, mais je viens de perdre ma proverbiale suprématie calembourgesque.

G.

P.S. (sans blague!): j'espère que ces élections présidentielles ne seront pas trop sévèrement burnées, quand même...

17 octobre, 2006

Sur ma route

Cela fait un moment, plus d'un an en fait, que je songe à mettre en ligne quelques photos de mon trajet quotidien. J'attendais juste la saison des a... saison des amours propice : celle où les betteraves fermentent en tas sur les champs. Et c'est maintenant. Ce parcours de campagne est un moment que je savoure, surtout maintenant que je peux brancher mon i-pod sur l'auto-radio de Brazil-Brazil. Et pourtant, ce n'est pas l'idéale Arcadie, la Picardie... Soyez indulgent avec le photographe, il a eu la flemme de s'arrêter et avoir le quart de ce que l'on vise quand on conduit est en soi un exploit (nous vous rappelons que conduire en photographiant, c'est mal-je-le-refera-pu!)
Vous vous dites que le photo est sans intérêt? C'est pas faux.
Et c'est justement ce qu'il y a de remarquable : c'est-à-dire rien.


Qu'est-ce? Ce photographe est vraiment une brêle.
A part un bout de rétro, on ne voit que dalle...

Mais ne serait-ce pas un tas de betteraves à contrejour?



Tiens, un tas de betteraves, pour changer...













Oh! un bébé muraille de Chine!





Je ne vais pas abuser de votre patience. J'espère juste que vous avez apprécié cette petite parenthèse folklorique sur les bornes kilométriques amieniennes.

G.

13 octobre, 2006

Amiens, c'est New-York

Vous vous dites sans doute que l'excès de Sex and the City s'est avéré nocif pour mes neurones, et je ne suis pas loin de le penser moi aussi. Mais la très agressive campagne nationale lancée par Amiens métropole (et je suis fier d'annoncer que mon ministre en est le président) n'est sans doute pas étrangère à la certitude nouvellement acquise de vivre dans la mégapole de l'avenir. Sachez que le monde entier lorgne sur Amiens (la preuve en image)!

Vous n'êtes pas convaincus? Prenez ça dans vos faces de petits provinciaux :

Je crois que les Américains ne s'en relèveront jamais! Il faut dire, quelle entreprise de pointe penserait à un autre site qu'Amiens quand :

Alors, vous voyez bien qu'on peut abandonner Madonna ou Kaïli aux Parisiens, puisque :


Et bien, croyez-le ou non mais, au quotidien, je sens l'Amiénie vibrer comme la Grosse Pomme. (comme dit-on Grosse Betterave, en picard anglais?). Tenez, l'autre jour, j'ai été frappé de me trouver en sandwich en rase campagne entre deux yellow cab, avec vue sur des gratte-ciel betteraviers. J'entends hurler en permanence les sirènes... y a pas à dire, c'est beau une mégapole!

G.

11 octobre, 2006

Vis tes rêves avec Amiens Métropole

On ne le dira jamais assez, la ville d'Amiens baigne dans les remugles de l'antique station d'épuration un jour sur un environ.
V.

06 octobre, 2006

AMAP

Jeudi j'ai adopté un Paysan.
En l'occurence deux paysannes. J'ai adhéré à une AMAP. Non, ce n'est pas un concurrent discount de la référence nationale des gants ménager, mais une Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne.
Et c'est super bien.
Pour 7,5 euros par semaine, je pourrai venir chercher un panier de légume hyper frais, non suremballés, produits localement et certifiés biologiques.
Ainsi, je suis reparti avec: une scarole, une livre de pomme de terre, un radis d'hiver, une livre de poireaux, six oeufs, un kilo de poires, un céléri rave et quelques oignons. Imbattable.
En contrepartie, je m'engage vis à vis de mes productrices pour 24 semaines (soit une saison): elles nous bichonnent nos petits légumes, nous conseillent et nous leur offrons la possibilité de vivre de leur terre. Tout le monde y gagne
Vive les AMAP!
AMAP Potager des Rieux
impasse Marcel à Rivery
tous les jeudis soir de 16h30 à 19h30

V.

Le syndrôme Olivier Martinez

Au bord de la Somme, sous la pluie d'octobre, un joli garçon s'éloigne à vélo d'une masse encore indistincte. Ce qui ressemblait à un gros édredon bleu matelassé s'avère être une jeune fille. Qui sèche des larmes. On suppute une rupture et on s'apprête à passer, indifférent.
L'édredon s'arrache à son bout de quai et s'engage avant vous sur la passerelle. Le garçon à vélo revient et la rejoint. Pire que tout : on va assister au traumatisme post-ruptural. Le témoin s'en serait bien passer, certes. Reste que ça a de la gueule, ce genre de scène. C'est très Nouvelle Vague. Pour un peu, on se prendrait pour une caméra. La jeune fille se débat, le garçon entend bien la raisonner.

Et c'est là qu'intervient le syndrôme Olivier Martinez. Il ouvre la bouche et soudain la scène romantique n'a plus rien de crédible : "Gwendo, arrête de décôner! Faut que tu reviens un peu dans ta tête". Les beaux garçons, quelquefois, ça devrait être interdit de parole...

G.

P.S. : pourquoi le "syndrôme Olivier Martinez"? Vous déconnez, là! Vous n'avez pas vu Le Hussard sur le toit? Y a pas à dire : la bouche fermée, il assurait.
P.P.S. : j'ai aussi diagnostiqué le syndrôme "Olivier Martinez" sur le sosie d'Adrian Brody qui bosse dans mon bahut et semble se prendre davantage pour Lucky Luke (voire Candeloro) que pour le pianiste...
P.P.P.S. : vous croyez que Chopin aurait pu naître en Picardie?

24 septembre, 2006

L'Aval

Vous le savez, la Picardie et nous, c'est le désamour (voir , et ). Mon homme part donc aux renseignements sur le net pour obtenir des informations sur des coins et des villes qui, a priori, nous intéresseraient. C'est ainsi qu'il a filé sur le site de Laval qui l'a enthousiasmé. Site un peu étrange toutefois puisqu'il y est régulièrement question du Québec...
Euh... Oups... Cette manie de nos cousins d'Amérique de nommer leurs villes comme les nôtres! Il n'est peut-être pas question d'aller s'installer outre-atlantique non plus, malgré toute l'affection qu'on peut avoir pour Alcib! Le site du Laval français est, comment dire, moins attractif!

Tant que je parle de la Belle Province, n'hésitez pas à découvrir l'album de Pierre Lapointe sorti tout récemment : il est sublime (attention au moral, toutefois)!

G.

18 septembre, 2006

Laisse les gondoles…

Si vous avez suivi les articles précédents (enfin, surtout celui-ci), vous savez que depuis quelques semaines, nous vivons dans le Rainbow Warrior (le Mayflower, à la rigueur ; l’idée, c’est que ça tangue). Notre beau parquet se soulève et craque à chacun de nos pas – le bureau sera le premier à sombrer (trop dommage pour le boulot).

L’artisan a fini par affréter une camionnette, avec le fournisseur dans la soute et le tout joli commercial à la barre – en fait, on a noyé exprès notre parquet sous des litres de flotte pour le seul plaisir de le revoir. Tout le monde a l’air gêné d’être là, c’est la méga-fête ! Il semble que ça ne soit ni la qualité du bois, ni le talent des poseurs qui soit en cause (c’est vrai qu’ils bossent bien). Le problème, c’est toujours cette région immonde et vaseuse l’humidité. Bon, l’humidité, on connaît : on a vécu trois ans dans un appartement où le visage de la Vierge se dessinait sur le mur à la moindre goutte de pluie. Il faut croire qu’Amiens, c’est Venise en moche et avec Robien pour doge youki . Dès qu’on se glissait dans les draps, on avait la sensation d’être douché pour le lendemain, c’était pratique. Et puis là-bas aussi, le sol se soulevait, sauf que c’était des dalles d’une matière inidentifiable qui se cassaient comme des Petits Lu (et qui absorbait toute la crasse, c’était le bon temps…)

Alors on se disait qu’en achetant un logement neuf, on trouverait forcément mieux. Vous savez, et patati et patata, avec les nouvelles normes d’isolation, on a un environnement plus sain (à l’exception toujours notable des solvants et autres composés volatiles, mais on parle humidité, là, et pas lutte contre le cancer). Eh bien, tenez-vous bien : il semblerait que le fort taux d’humidité de l’appart s’explique précisément par son excellente isolation. On a écouté - assez perplexes, je dois le dire - le fournisseur nous faire l’éloge de notre isolation, sur fond de craquements de parquet. On était ravis…
« Vous voulez dire que dans tous les logements neufs, le parquet gondole ?
_ Euh ben, ç’t-à-dire… »
Et avec une parfaite maîtrise de la vulgarisation scientifique, il nous explique que ça dépend de tout un tas de trucs. Ne m’en demandez pas plus, tout ce que je sais, c’est que tout le monde n’a pas notre poisse.

« C’est ça l’avantage des matériaux vivants, hein ! ». Effectivement, je n’aurais su mieux dire ! Mais que faire, au juste, pour espérer améliorer la situation ? Recouper trop tôt le parquet serait une erreur (je ne peux m’empêcher de penser à tous ces gens qui doivent maigrir avant de se faire liposucer ; mais je ne me vois pas mettre notre parquet au pain sec, et encore moins à l’eau !). Il faut trouver un moyen d’assécher notre bois. Et c’est là qu’intervient le chauffage électrique, alors qu’il fait 26° dehors. On regretterait presque d’avoir fait changer les grille-pains fournis à la livraison de l’appart pour des radiateurs à inertie de qualité suédoise. Cela dit, le spécialiste du bois nous garantit que ça assèche tout autant – et à vrai dire, ça ne change pas grand’chose : en achetant un appart muni de chauffage électrique, je pense qu’on a fait de toute façon l’affaire de l’année ; vivement que les prix augmentent, surtout s’il faut chauffer pendant la canicule ! Sinon, il y a aussi les absorbeurs d’eau au carbonate de calcium, un petit produit bien inoffensif (lavez-vous les mains après chaque manipulation). Et enfin, il faut éviter de balancer des seaux d’eau sur le bois, tant pis pour les super hydro-batailles qu’on avait prévues pour l’été prochain. Cela dit, il semble que notre parquet pourra un jour recouvrer son état initial, et c’est en soi une bonne nouvelle.

G

13 septembre, 2006

Si les dieux le veulent…

Puisse ce blog, s’il existe toujours, se nommer dans un an : Quai de Sarthe, Quai de Mayenne, Quai de Sélune. Quai de Vilaine, même. Mais plus Quai de Somme !
Amiénie, la rupture est consommée : tu empestes, tu es laide, vulgaire, et d’une bêtise crasse. Est-ce qu’il nous aura fallu autant de temps pour nous en apercevoir ?

G.

Le Village des Damnés

Moins d’un an après notre installation, ce chez nous que nous avons si ardemment désiré, si impatiemment attendu pendant d’incompréhensibles travaux de dépollution (on construit, on teste, on rase, on recommence) commence à prendre mauvaise tournure. Qu’elle me semble lointaine la satisfaction première, lointaines aussi les premières déconvenues, encore légères. Aujourd’hui, tout a laissé place à une immense répugnance. Moi qui suis un garçon pacifique et arrangeant, je me sens capable d’agresser physiquement tout employé de cette célèbre entreprise du bâtiment (et des médias) qui sous-traite leurs travaux à des boîtes qui elles-mêmes font appel à des intérimaires qui, cochons acharnés, connaissent la maçonnerie à peu près aussi bien que moi, qui suis manuel comme un manchot empereur.Tout à l’heure, le téléphone a sonné et, grâce à la technologie moderne, j’ai vu « Bouygues » s’afficher sur mon écran (oups, je l’ai dit). J’ai préféré filtrer l’appel, sous peine de me laisser emporter par la vague de rage que je sens poindre à chaque instant…

Je préfère d’ailleurs modifier la situation d’énonciation (truc de prof) de cet article pour endiguer tout remugle de haine. Soit Dame du haut, heureuse propriétaire de la bête du Gévaudan mais simple locataire d’un balcon aussi encombré que le souk de Marrakech, d’où tombent hebdomadairement objets contondants (croquettes de 1kg, planches de bois, ballons fluos…), bibelots en verre et seaux de bave au beau milieu de notre terrasse ; soit Schtroumpf, son fils de quatre ans.

Dame du Haut : « Schtroumpf, j’ai une grande nouvelle à t’annoncer : on va bientôt emménager dans une de ces ravissantes masures maisonnettes qui sont en train d’être torchées par X au nom de Y pour le compte de Z sur la commande de Bouy… construites en face. C’est chouette, hein ! Tu pourras te faire arracher la tête par la bête du Gévaudan dans un carré de pelouse de 8m2 jouer avec le chien dans le jardin, avoir un clapier fissuré une chambre rien que pour toi ! En plus, tu pourras jouer avec toute cette marmaille de créatures angoissantes et blondes qu’on croirait sorties d’un film de Wolf Rilla (The Village of the Damned, 1960) ou de Cronenberg, qui tournent en vélo autour du pâté de maisons des heures durant plein d’enfants hideux qui font la roue entre les voitures et se roulent dans la fange du chantier. Tu pourras aller explorer avec eux les abords empuantis boisés de la résidence, démonter le lit qui est en train de pourrir au début de la rue ou tripoter les restes des poubelles brûlées, vu que Bouygues (oups je l’ai dit) se défausse de ses responsabilités et laisse se détériorer ce qu’il n’a même pas fini de (faire faire faire) bâtir. Vivement qu’on déménage, hein ? »


G, vaguement misanthrope cet après-midi.

08 septembre, 2006

Sur le pont, moussaillon!

Ça fait une semaine que j’ai le cœur au bord des lèvres : notre salon tangue, notre bureau chavire, notre chambre sombre – et nous n’avons même pas de lit bateau ! Bien qu’il ne soit ni en teck, ni en merbeau, notre parquet joue au paquebot et nous contraint à avoir le pied marin. Il se gondole tandis que nous ramons… Il se soulève (vive la pose flottante !) et craque sous chacun de nos pas : j’ai l’impression de vivre dans un bateau fantôme, le Picard volant. Et à chaque fois que l’un de nous esquisse le projet fou de naviguer jusqu’aux toilettes, il se prépare à franchir le détroit de Magellan.
L’artisan, lui, n’a pas l’air de sortir de son mouillage…
G.

30 août, 2006

Retour - 2

Le retour en Amiénie a provoqué en nous un violent choc (a)culturel. En l'espace de quelques dizaines de minutes, tous les inconvénients de cette ville, de concert, nous ont violemment sauté à la gueule (je voulais écrire figure, mais désolé, une ville qui pue comme ça n'a pas le droit à l'euphémisme). Après un séjour sur un site merveilleux, il fallait bien nous rappeler avec insistance tout ce qui nous fait détester notre terre d'exil : c'est bizarre comme sur une plage magnifique, sous un soleil radieux, entre lauriers roses et eucalyptus, trèèèèèèès loin de son univers quotidien, on a tendance à minimiser les dégâts de son cadre habituel.
Le pire, c'est que quand on a débarqué en Amiénie, il ne pleuvait même pas. C'est encore plus angoissant : on ne peut même pas incriminer la météo dans l'amertume qui sourd sombrement en nous. Même sous le soleil, c'est Totale Dévastation. Les constructions neuves ont déjà l'allure de ruines, les odeurs sont épouvantables, les autochtones sont laids (pardon de tout coeur aux Picards que je connais et dont certains sont très beaux : mais le fait est qu'aujourd'hui, nous avons vu défiler sous nos yeux une faune abjecte et innombrable).

On pense pouvoir se claquemurer à l'abri chez soi. En triant son courier, on apprend qu'il faut d'urgence aller chercher un recommandé à la Poste. Il y a un an, j'aurais un peu râlé en voyant la queue à la Poste centrale. J'aurais bien fait une demi-heure de queue supplémentaire pour échapper au bureau de poste auquel est rattaché notre "nouveau" chez nous. Pour ceux qui ignorent tout de la topographie amiénienne, il faut savoir que notre résidence, vendue comme un bien de standing (formidable : la porte du gararge a fonctionné trois semaines en tout et pour tout depuis la livraison, mais comme on a un ascenseur qui parle et un miroir rutilant dans le hall, on ne va pas faire la fine bouche) dans un quartier en devenir (va falloir nous envoyer un sacré contingent de missionnaire pour assurer la reconversion), dépend administrativement du Pigeonnier, quartier de sinistre réputation. Le truc, c'est que géographiquement, on est à deux pas du centre ville, mais dès qu'on a loupé le passage du facteur, il faut renoncer aux bienfaits de la civilisation.

Vous rentrez dans la Poste du Pigeonnier et, par accident, votre oeil innocent se pose sur une affichette atrocement imprimée d'un dessin humouristique accompagné d'une légende on ne peut plus juridique : un lieu où on vous rappelle qu'on ne doit pas menacer les guichetiers n'inspire pas une confiance souveraine. Mais même sans insultes, un lieu peut vite devenir invivable... J'avoue que j'ai quelquefois (oh, si peu!) recours à l'hyperbole sur ce blog; mais là, promis, je n'exagère rien : dans la salle minuscule, deux femmes édentées entourées d'une ribambelle de gamins attendent leur tour dans le brouhaha de leur progéniture. Dans le lot, une hideuse préado, mules Barbie et effet racine, commmence à hurler qu'il faut ouvrir d'autres guichets. Elle engueule un monsieur qui travaille à la Poste parce qu'il ne fait pas la queue pour demander un renseignement à un collègue. Un autre gamin tyrannise un distributeur de boissons (quelle idée aussi d'aller installer un engin pareil ici!), tandis qu'un de ses frères, inexplicablement armé de deux bouts de bois, tape sur les plus jeunes en beuglant.
C'est enfin au tour des deux dames; elles rappellent à elles leurs gosses dispersés. C'est alors que deux de ces adorables Groseilles (difficile de ne pas penser à La Vie est un long fleuve tranquille) entreprennent de sauter par dessus les cordons installés pour canaliser les usagers. Evidemment, ils ne sautent pas assez haut, entrainant dans leur chute les plots métalliques. Les mères (la mère et la grand-mère? difficile à dire tant la misère vieillit les traits) qui, en plus, n'ont pas les papiers nécessaires, crient de plus en plus fort : "Vivement l'école!". Quand les mômes commencent à vraiment se chamailler, l'une d'elles lance un : " hé, vous êtes pas à l'école, ici!" qui nous laisse encore cois...

Alors c'est ça, l'école, pour ces adultes-là, ces adultes qui n'hésitent pas à cracher des "bordels" et des "putains" devant leurs enfants? Un lieu où il est normal de se conduire comme des bêtes? Un genre de clos où on laisse les mômes se défouler juste pour soulager les parents dans la journée? L'école, c'est le Bronx? On sait qu'elle peine de plus en plus à briser le déterminisme social. Etant donnée l'image d'elle que certains parents transmettent à leurs enfants, on ne s'étonnera plus de rien...
Le petit dernier, dans sa poussette, s'agitait énormément. En me disant qu'il était promis au sort de ses frères, j'ai ressenti un puissant malaise. Bienvenue en Amiénie...

G.

Retour - 1

C'est évident : si Epictète avait connu les voyages en train, il n'aurait pas fait son malin avec le stoïcisme. A quelques jours de la rentrée, j'avais justement besoin qu'on me rappelle combien les enfants sont parfois doués d'une perspicacité ébouriffante.
Une petite brunette passant à côté de ma valise : " Oh, y en a qui partent en voyage". Pas possible! C'est peut-être parce qu'on est dans une gare, bécasse!

A noter que le mioche qui parle de vous à 2 cm de vos oreilles sur le mode "y en a qui" devait être l'accessoire indispensable de l'été. Ainsi, quelques heures plus tard : " Y en a qui descendent à Le Mans!" - J'ai horreur des gens qui disent "à Le Mans"; les a-t-on tenu au courant des règles de base du français? Il était bien temps que je descende, du reste, parce que 5 heures dans le wagon nurserie où les braillements des nourrissons se répondent comme autant d'appels des muezzins, je n'en pouvais plus.

Encore pourrait-on essayer de se montrer indulgent avec ces enfants trop jeunes pour apprendre les rudiments de la politesse (on ne fait pas comme si les gens étaient des débiles incapables de comprendre qu'on parle d'eux). Mais que dire de cette créature suprêmement intelligente d'environ 16 ans qui a jacassé sans discontinuer à tout propos (les Marseillais y sont oufs, mais pas tant que les Corses, et la mamie au chemisier pistache, elle est trop faaaaaashion...) ?
"Bidule, il a pas fait son complexe d'Euclide!" (sic)

Devant l'air ahuri de sa copine (avec une prof comme ça, ma cocotte, t'es pas bien barrée dans la vie), elle ajoute : "tu sais, je t'avais expliqué; c'est le mec qui a tué son vieux et qui a épousé sa reum mais il le savait pas et vice et versa..." Comme quoi, on apprend des choses : moi, je croyais que le complexe d'Euclide, c'était quand une droite pas assez rallèle se sentait bien seule à pouvoir passer par un point donnée. C'était la rentrée avant l'heure, en fait...

Qui a dit que les voyages en TGV étaient plus reposants que la voiture, hein?

G.

16 août, 2006

See you soon

Nouvelle interruption de Quai de Somme. La modération des commentaires a été suspendue jusqu'à notre retour, même si la blogosphère sommeille et qu'il y a peu de chances que nous retrouvions des messages à notre retour.
Avec un peu de patience, vous découvrirez la photo du plus mauvais dessert du monde et vous saurez comment nous avons mérité le Bricolo d'Or. D'ici là, prenez du bon temps!

07 juillet, 2006

Le tracteur patriote


Grotesque grotesquerie... Entre le pêcheur qui taquine le goujon sous les couleurs de la France et ce tracteur patriote, le quartier prend des airs de 8 mai 11 novembre plutôt (vu le temps). Vous avez dit que ça se terminait quand cette foutue coupe?

G.