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08 juillet, 2007

Brève culinaire

La légèreté culinaire de ma collègue F. est alarmante. J'étais obligé de la rappeler à l'ordre :

"Un houmous de petits pois? Mais tu es folle! Il ne faut pas s'étonner que le Liban soit à feu et à sang!"

G

20 juin, 2007

Pour vous faire patienter

J'adore quand les enfants essaient de tester vos connaissances, débordants de confiance en eux quant à leur capacité à vous piéger.

Alvin (excellent élève en dépit de son prénom) : _ M'sieur, vous savez ce que ça veut dire spaldomier?
Pitou G : Psalmodier, peut-être
Alvin (fronce les sourcils) : peut-être...
Pitou G : c'est réciter des prières à voix basse. Pourquoi?
Alvin (visiblement déçu) : Et corrober?
Pitou G : Corro... borer? Bah c'est confirmer, vérifier... On emploie ce mot quand une idée vient renforcer une hypothèse.
Alvin : En fait, vous connaissez tous les mots!
Pitou G : Bah je suis prof de lettres; ça aide à avoir du vocabulaire, en principe...

Incroyables, ces mômes! Bientôt, ils s'étonneront d'apprendre que je sais écrire. Cela me rappelle une aventure de Saby Banana. Une de ses charmantes élèves a eu un jour cette saillie magnifique : "Ouais, c'est ça, style vous avez été à la fac, vous!"

P.S. : le récit du week-end dans la ville de Marguerite de Navarre est commencé. Il sera bientôt en ligne.

03 juin, 2007

Brisures de conversation

V : La seule chose qui peut sauver l'aspect esthétique de ces immeubles, c'est une isolation par l'extérieur (venez en Amiénie et vous comprendrez).
G : Ou une 3ème guerre mondiale.
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V: Elles sont délicieuses, tes pâtes semi-complètes, mon ange!
G : Tu sais, ce n'est pas moi qui les ai fabriquées!
V : Personne ne réhydrate les pâtes comme toi, mon amour!
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Poussinou : Zut, je suis en train de perdre mes boutons!
G : Tu réalises le rêve de tous les adolescents, tu sais.
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Discussion au sujet de l'orientation d'un élève
M : Melvin veut faire un truc agricole.
G : Mais c'est où, Gricole? (inusables classiques...)(et dire que ça l'a fait rire!)

01 juin, 2007

brèves de fin d'année

1) Le chauffeur de salle et le chauffeur de car.
Mon collègue M. semble être devenu moniteur de centre aéré : pas une sortie qu'il n'encadre en cette saison où elles se multiplient.

Dans le car, après avoir un peu chanté ("C'est à tribôôôôôôrd qu'on chante le plus fôôôôôôôôôrt"), les élèves étaient retombés comme des soufflets. M. bondit pour s'emparer du micro et beugle : " Vous êtes fatigués?". La réponse, bruyante et unanime, ne s'est pas fait attendre : "On n'est pas fatigués", sur l'air (hélas) bien connu. Du coup, les mômes galvanisés se déchaînent comme de beaux diables pendant la demi-heure de transport restante.

Au moment où M. s'apprête à descendre du car, le chauffeur l'interpelle : "Dites, si un jour j'ai un autre car calme, je vous appelle?"

2) Les infidélités de Cuistot Chef.
On se souvient que Cuistot Chef, après avoir saisi toutes les occasions pour me faire un gringue d'enfer, avait commencé à lorgner du côté de Léto. Voilà qu'il se met aussi à courir après M.
Apprenant que le voyage en car qu'ils encadrent tous les deux dure une heure et demie, Cuistot Chef s'exclame : "Je me mettrai à côté de toi, comme ça, je pourrais te faire plein de bisous..."
Heureusement que ce midi, il s'est dit prêt à vendre la moitié de son âme au diable pour avoir ma taille de mannequin, parce que j'ai failli être jaloux. Après, on a conjecturé le nombre d'années qu'il passerait au purgatoire (beaucoup). Et puis il a bien fallu qu'il me serve mon croc-muche.
Pitou G.

3) Botanique
Dans un devoir de science et vie de la terre : Quelle partie de la plante mange-t-on dans la carotte?
Réponse d'un de mes élèves de 6e (j'ai une classe de fêves): le râpé.

4) Substitution d'identité
Ma chère collègue S. a été "roulée" par une classe de 3e: les "B", studieux et sages, se sont fait passer pour les "C" profitant de la légère distraction de leur enseignante ("Tu sais, je les confonds toujours un peu tous..."et vice versa) qui leur a montré la fin d'un film qu'ils avaient déjà vu. Lorsque les 3eC ont réclamé à S. la suite de la projection, les pauvres ont été rabroués sévèrement ("On ne me la fait pas à moi: on l'a vu mardi!) avant d'obtenir gain de cause ("Mais Madame, on vous a pas le mardi!"). Les farceurs ne perdent rien pour attendre ("Ils m'ont sucré une heure, ils m'en rendront deux sur leur temps libre: et hop brevet blanc!).
Pitou V.

14 avril, 2007

Souci de sosie - bis

(rien à voir avec l'oiseau; quoi que...)(je vous laisse méditer le jeu de mots)

Voir Melvin rentrer en classe avec son manuel de français ouvert, c'était assez suspect pour m'inquiéter. Il y avait effectivement anguille sous roche:

- M'sieur, m'sieur, vous êtes en photo dans le manuel!

Alarmé par cet effet d'annonce, je retiens mon souffle et m'attends au pire : une photo de vache, de clown ou de choucroute garnie? (la choucroute garnie, ce n'était pas le plus probable dans un manuel de français, j'admets; mais cinq années dans la profession m'ont enseigné la méfiance).

- Si c'est vrai m'sieur! Y a vot' sosie ! (encore? encore ? encore !) (oui, ce sont 3 liens différents).

C'est alors toute une troupe d'élèves qui m'agitent leur manuel sous le nez pour m'exhiber la photo ci-contre, en poussant des petits cris d'excitation, comme s'ils avaient découvert que j'avais posé pour la couverture de Honcho.
Bon, je ne nie pas qu'il y a un léger quelque chose... Dans l'air abruti endormi, peut-être, ou dans ces fichus golfes hippocratiques qui se creusent, voire dans la cheville joliment déliée. Mais je pense que si mes élèves ont ici unanimement reconnu mon alter ego, c'est parce que le jeune homme est agrippé à un cocotier. Est-ce un hommage à mon côté cabotin ou le signe évident que je n'ai aucun sens du ridicule? À moins que... [censuré]
Ça me rappelle que l'un des rares cadeaux que j'ai reçus d'un élève, c'était une figurine de Coco (vous savez, le singe des céréales qui chante des ritournelles ridicules avec la voix de Chandler/Superman/Zack Morris...). Dites, vous croyez que je devrais me sentir vexé?


G.

Photo (celle de gauche, évidemment): Mise en scène de L'Île des Esclaves de Marivaux, par Anne Alvaro.

12 avril, 2007

Minuit sonne sans drillon

Mes jeux de mots sont de plus en plus nuls. Il n'y a même plus de jeu de mots dedans... Vivement les vacances (J-1)!!!

Petit pincement au coeur : c'est la fin du bal et Cendrillon redevient courge citrouille (comment ça, j'ai rien compris au conte?). Daisy revient de sa natalite à la rentrée. Bye-bye beau Léto! Ne vont gagner au change ni mes yeux, ni mes oreilles!


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dzouing!

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dzouuuing!

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dzouuuuuuing!


G

08 avril, 2007

Ce que j'ai appris cette semaine

  • La cathédrale d'Amiens a été bâtie au XXème siècle (j'étais là quand ils ont coulé la dalle de béton)
  • Les Juifs sont des Jedi
  • L'Etat juif est la Suisse (d'où les banques, j'imagine...)
  • Les Juifs sont musulmans (oui, oui, j'ai appris tout ça en une poignée de secondes. Epatant, hein?)
  • Louis XVI fut au pouvoir sous le Second Empire

Ah oui... Y a ça aussi :

  • Ma collègue V. est une conn************************sse!

06 avril, 2007

Capté

G.: Bon courage pour le second conseil!
F: Je vais me retrouver toute seule. Tout le monde déserte!
Léto : Attends, je vais me mettre à côté de toi, moi!
G: grrrrr j'vais être jaloux du coup!
F: Et de qui?

Tudieu! ça se voit tant que ça?

G.

05 avril, 2007

Va te faire voir chez l'Y

G: Tu vas faire quoi, avec les 6ème? Leur apprendre qu'il ne faut pas taper les personnes âgées?
Léto : D'abord, je leur parle d'Alexandre le Grand qui tapait les Perses.
G. : Tu en es aux Grecs à ce moment de l'année?
Léto : Ouais, j'ai peut-être un peu de retard...
G. : Oh, tu sais... Moi, je crois qu'il faudrait passer toute l'année sur les Grecs!
Léto : ...
G. : C'est une image, bien sûr...

04 avril, 2007

Requiescat In Pace

_ Eh m'sieur, vous savez ce qui est arrivé à m'sieur Léto?
_ Il s'est pâmé d'amour pour moi ? Vous êtes sûr que l'expression de la condition ça ne vous intéresse pas plus que ça ? Non, racontez!
_ Il a échappé de peu à la mort, hier, en cours!
_ En même temps, quoi de plus logique qu'un Léto à l'état létal s'étalant à l'étal l'école? *
_ Hein?
_ Du coup, il a été têté au Léthé? *
_ ???
_ Oubliez... Alors, il lui est arrivé quoi, au minou de service à monsieur Léto?
_ L'écran du video-projecteur lui est tombé en plein sur l'épaule!
_ Vous êtiez là quand ça s'est passé?
_ Oui! (l'air ravi)
_ ça ne m'étonne pas : vous devez porter la poisse! Moi aussi, je frôle la mort quand je vous ai en cours : je manque à chaque fois de tomber raide d'ennui!
_...
_ Ouais. Je sais. Vous aussi.

G.

* N'oubliez pas : luttons ensemble contre l'homophonie!

20 mars, 2007

He made a tobacco

J+1
L'un des plus sérieux avantages de la professions, plus que la sécurité de l'emploi ou les vacances, c'est les grosses poilades devant les copies. Enfin, ça, c'est surtout vrai dans l'enthousiasme des débuts, parce qu'il y a un moment où la nazerie perd son côté jouissif pour provoquer d'insondables dépressions. On abandonne alors les listes de perles (plus le courage) et on s'arrache la peau du visage avec les ongles en poussant de sombres sanglots.

Mais parfois, on retrouve la magie de l'authentique copie ridicule et il faut bien avouer que nos collègues de langues vivantes sont plutôt bien lotis de ce côté-là. Ma collègue d'anglais m'avait fait mourir de rire en me racontant qu'elle avait trouvé dans une biographie de célébrité, rédigée en anglais par un élève, l'irrésistible "he made a tobacco" à propos d'un humouriste à succès. De l'usage habile du Robert & Collins...

Un peu inconsciente, ou alléchée par les bourdes prévisibles, ma collègue a renouvelé l'exercice cette année. Elle a appris tout de go qu'Untel "was born has bet" (il est né a pari, évidemment) et, surtout, que Claude François (mais quel môme de 2007 peut encore consacrer une pensée à Claude François, hein, LEQUEL?) "was a french speedboat".

Saurez-vous reconstituer le cheminement de ce linguiste en herbe?

G.

18 mars, 2007

Petit manuel de survie

...pour résister aux réunions chiantes

Cette année a vu une multiplication des réunions professionnelles, toutes mortellement ennuyeuses. Le genre de réunions où le seul moyen de sortir de la torpeur serait de participer au débat mais où, même en grattant dans tous les recoins de votre crâne, vous vous apercevez qu'on n'a rien de rien à dire. D'ailleurs, un coup d'oeil circulaire vous apprendra bientôt que tout le monde ou presque est dans le même état alarmant. Heureusement, il y en aura toujours un pour monopoliser la conversation. Le reste du temps, on se débrouille pour acquiescer régulièrement (mais pas trop : tout est une question de mesure) aux propos particulièrement plats de la chef.

Le problème, c'est qu'au bout d'une demi-heure de ce traitement, paradoxalement, une immense excitation m'envahit. Je deviens intenable. Un vrai gamin! Toute l'astuce consiste alors à s'amuser et se défouler sans en avoir l'air (il ne s'agit évidemment pas de se faire griller : on a acquis inexplicablement la réputation d'un homme consciencieux, on ne va pas saboter sa carrière, hein!).

La première phase, c'est l'actor studio : au moment le moins probable j'affecte un vif intérêt, puis soudainement l'air pensif (genre la révélation inouïe qui vient d'être faite - "il faut chercher la réussite des élèves" - révolutionne ma perception de la pédagogie et galvanise ma vocation). Après je me rengorge et je fais le paon. Une réunion de travail, c'est comme la cour de Versailles.

Mais comme je n'ai pas beaucoup de postures à caser, il faut vite que je passe à autre chose, sous peine de ressembler à José Garcia dans le rôle de Cyndie Tropforte aux côtés d'Antoine de Caunes. La deuxième phase consiste à capter les regards de connivence avec mes collègues (si possible ceux qui se marrent pour un rien), sourire en coin, voire à les pousser à la faute. Au moment où ils vous regardent, c'est le moment de réenclencher la première phase : prenez un air intéressé tellement outrancier qu'il pue l'ironie à 300 mètres (à croire que la chef est à deux km). Mais cela aussi n'a qu'un temps.

Comme l'ordre du jour n'est pas épuisé et qu'il trouve même le moyen d'enfler au fur et à mesure, il faut d'urgence trouver d'autres petits trucs auxquels se raccrocher (attention coma!). C'est là que vous vous félicitez d'avoir choisi la bonne voisine à taquiner. Cette phase est notablement moins discrète que les précédentes mais :
- Primo : c'est ça ou la camisole de force.
- Secundo : à ce stade de la réunion, la chef est emportée dans une interminable déclaration de principe et ne semble vraiment pas se rendre compte du monde qui l'entoure.
- Tertio : ça vous redonne le frisson des petits mots échangés quand on était au lycée; ça colle parfaitement à l'humeur de régression qui m'étreint lors de ce genre de conciliabules.
- Et de quatre (je ne sais plus l'adverbe correspondant, ça la fout mal, hein?) : en plus de sauver votre peau, vous volez au secours d'un autre otage. Vous êtes un saint homme.

Aperçu :
F. visant un des deux milles documents qui nous ont été distribués: ça veut dire quoi MaJ?
G pas inspiré et soucieux d'épater F. avec sa science : Mise à jour, sans doute.
F. : Tu es sûr que ce n'est pas Majépaenvid'êt'la?

Bilan : en fait, j'ai trouvé plus insupportable que moi.

Bilan 2 : à force de nous réunir dans la salle la plus froide qu'on puisse imaginer, mes mains se sont changées en glaçons; celles de F. aussi. D'ailleurs, elle me les colle sur le visage pour me le prouver. H. roupille. P. grimace. M. est explosé de rire. D. et I bavardent à trois mètres de distance. Bref, cette réunion ne ressemble plus à rien. De forts doutes pèsent sur l'acuité visuelle de ma chef qui ne semble pas s'en émouvoir.

Et vous, quelles sont vos stratégies de survie?

G.

P.S. : J-2.


16 mars, 2007

Luxueux lux

J-4
La salle des profs de Patelinvillers est flambant neuve : les murs rutilent de mille feux saumon. Elle est mé-con-nais-sable! Les toilettes attenantes ont connu le même sort et irradient rose au firmament (quelle affire, papa, c'est m'dame la Fée qu'a fait ça! - si tu as compris la référence, on est fait pour s'entendre!)
L'effroyable plafond duquel pendaient de longues stalagmites de crépi (Damoclès a fait carrière à Patelinvillers) a été dissimulé par un faux plafond et, ultime degré du raffinement, des néons "lumière naturelle" se sont substitués aux tubes fluorescents clignotants qui ont causé des crises d'épilepsie à tant de générations d'enseignants.
Maintenant, faire pipi au bahut, c'est un peu comme faire pipi en pleine nature (c'est un plaisir de mec, ça, les filles ne pourront pas comprendre), sauf qu'il y a une chasse d'eau. Du coup, je regarde à droite et à gauche avant de baisser mon futal (des fois que Cuistot soit dans les parages!)

14 mars, 2007

Pitres pythiques

J-6?
Ce matin, tous mes 4èmes sont entrés en cours en m'offrant une feuille de laurier... L'histoire de la pythie les a bottés apparemment (surtout le récit de son viol, d'ailleurs). Quelquefois, les mômes sont plus sages que les adultes (même s'ils ne peuvent pas s'empêcher d'ouvrir leur tronche pendant qu'ils sont en devoir...) :

Crêté (content d'une de ses trouvailles à mettre dans sa copie) : J'en ai une énorme!
Moi : Vantard!

Eh ben personne n'a relevé! Les hormones, c'est plus ce que c'était : je suis trop déçu... Heureusement, dans la classe suivante, un grand échalas a redoré le blason des adobsédés.

Moi : ...qui cito reorum causas audierat...
Echalas : clito! clito! clito!
Sidéré par sa propre réaction, il s'effondre de rire.
Moi (méga calme): Tu te rends compte que tu es ridicule, là, non?
Il hoche la tête, écroulé sur sa table. Puis, l'air innocent, se reprend :
Echalas : Moi, mais j'ai rien fait!
Moi : C'est sans doute pour ça que tu en parles autant...

On lui pardonne, il est bien jeune. Ma collègue S. a connu les mêmes déboires avec littoralisation. Sauf que là, c'était des terminales (j'ai plus de mal à être indulgent, là, déjà... )

G.

Addendum du 16.03 :
Quand j'étais en terminale, j'avais un prof d'histoire qui portait une blouse blanche (avec tous les produits dangereux que manipulent les historiens, ça se comprend). Le 1er avril, on est tous venu avec une blouse blanche à son cours. Après, on lui a fait croire que personne n'avait fait sa carte (mais en fait si! irrésistible hein?). Il en était tout ému. C'était un brave homme, mais je n'ai pas pu m'empêcher de le trouver ridicule, sur le coup : après tout, on se foutait de sa gueule. Eh bien aujourd'hui, je le comprends!
P.S. : Les petits malins qui n'avaient pas fait leur carte du tout s'en sont sortis indemnes, du coup. Futés, hein?

04 mars, 2007

Saynètes et dialogues

Pour cause d’exode, nous avons beaucoup délaissé notre blog ces derniers temps. Mais comme nos nombreux lecteurs fidèles et assoiffés de Pitous Lullaby nous réclame de nouveaux articles, soyez sûrs que nous avons pris des notes. Et pour rattraper le temps perdu, nous vous proposons un medley, en attendant quelque chose de plus consistant :


Dans une pizzéria normande
Serveuse : Alors, ça vous a plu ?
V. (avec le sens du compliment et des intonations de bourgeois gentilhomme) : Oh oui ! Je ne m’attendais pas à trouver ça à Avraaaaaaaanches ! (vous avez l’eau courante aussi ?)

Alors que mon homme se rend compte que ce qu’il croyait gentil s’avère horriblement méprisant, la serveuse a l’air de se demander si c’est du lard ou du cochon. Pour avoir une petite idée du ton de mon homme, séquence souvenir :




Devant la télé ( V.I.P.érin)
Florilège de nos récentes remarques devant le petit écran. Ça vient du coeur :
- Elle marche vraiment comme une choucroutière, Angela Merkel !
- Il a vraiment une tête de Johnny, Clovis Cornillac (et des Johnny, on en connaît !)
- Mais qu’est-ce qu’elle s’est encore mis sur la tête, Lââm ? C’est Lââméduse rose, oui !


À la mairie, service état civil
Qui a dit que les fonctionnaires étaient inefficaces et désagréables ? En amiénie, les dames sont vraiment charmantes…

G : Voilà. J’ai tout, là, normalement !
Dame souriante (consulte les pièces du dossier) : OK… OK… OK… Ah ! ça, ce n’est pas pour moi, je crois !
Donner Wetter… je voulais lui refiler le barême d’un devoir de seconde ! ça aurait pu être pire : elle aurait pu hériter d’une copie de Tabatha ou Crystal !
D.S. : Vous avez votre ancienne carte d’identité ? Oh ! Mais vous avez vraiment une p’tite tête de minou, là desus !
G. (rougissant) : Bah j’avais 17 ans (et le brushing de Gérard Philippe)



À Patelinvillers.
Observation de la proposition infinitive en latin.
G. : Qui peut me trouver le sujet du verbe ?
Etincelle blonde : Moi, j’ai « vini » (prononcer « wini »)
G. : Et tu fais quoi avec vini ? Du miel ?

Eh ben, croyez-le ou non, ils ont ri de bon cœur. Bon, ok, à onze ans, ils ne sont pas difficile : même Titoff les fait rire.



Petit-mot intercepté à Quartmondeville
« Si tu me laich la ch*tte, je te ferait des trucs affollants »
Gracieuse enfant de 12 ans !

31 janvier, 2007

La casse tranquille

Minouminou (tout fier d'avoir correctement identifié une forme) : M'sieur, plus tard j'vais faire prof de latin. Et je prendrai la relève quand vous partirez!
Merline : Eh ben, je ne mettrai pas mes enfants à Patelinvillers!
Minouminou (air tragique): Bouhouhou... Personne ne m'aime, pas même mes profs!
Moi : Tu sais, la condition sine qua non pour être prof de latin, c'est d'être fou à lier.
Abraham : ç'a été nécessaire pour vous?
Moi : Evidemment!
Têtaclac : Alors, je peux devenir prof de latin, moi!
Moi (faussement contrarié) : Mouais... Enfin il faut aussi une ou deux compétences, tu sais...

*

Crispant : M'sieur! Apolline, elle a de trop grands panards!
Moi : C'est peut-être toi qui a de trop grosses fesses!
Crispant : Vous avez vu le poids plume?
Moi : Ouais... Plus c'est mince, plus c'est teigneux!
Abraham : Vous devez être sacrément teigneux, alors!
Moi : La preuve par l'action! Tu me donnes ta copie?

*

Crispant : M'sieur! J'vous ai vu vendredi, dans une voiture noire...
J'écarquille les yeux
Crispant : ...sur la route de Marti-Marteau (note personnelle : pfffffff, ces noms de village à la con!)...
Je manque de faire tomber mes lentilles de contacts, et les globes oculaires avec...
Crispant : ... avec un homme à côté de vous (ça, jamais!). Même que c'est vous qui conduisiez!
Moi : C'est pas moi, m'sieur l'commissaire! J'ai un alibi (ouais, il m'arrive d'être au boulot!).

J'ai même l'explication : elle est ici

*

Minouminou (se mettant sur la tête la capuche de son sweat) : M'sieur, j'me protège (j'ai pas encore compris de quoi, au moment où j'écris ces lignes).
Marion : On dirait qu'il fait l'aumône!
Moi : Pas si sûr! Il a promis hier de me baiser les pieds, et j'attends toujours (je m'étais montré une fois de plus munificent).

*
Tout ça en une heure, c'est déjà pas mal. Surtout quand on sait qu'ils étaient en évaluation!
Mais le pire, c'est qu'à l'heure d'aller en récré, ils ne voulaient pas déscotcher de ma salle!

Crispant : Même que la voiture noire, c'était une Mercedes!
Moi : Depuis quand j'ai une voiture de dealer, moi? Tu crois que j'ai gagné au loto?
Minouminou (très en forme, décidément) : moi, je reste avec vous!
Moi : Avec ta vessie de lapin, tu n'as pas besoin de filer aux toilettes? (une fois, je l'ai vu se trémousser trois quart d'heure sur sa chaise - distraction de prof sadique).

Et ben même pas!
Qui a dit que c'était n'importe quoi, mes cours? (ouais, bon... ils bossent au moins!)

G.

25 janvier, 2007

Relations protocolaires

Moi, je suis un féministe dans l'âme (je lis même jusqu'au bout des articles de blog sur des tampons). Mais y a quand même un truc qui me chiffonne chez les cheftaines d'établissements : c'est leurs proverbes mièvres.

La chef de mon homme sert à tout va du "on n'a jamais vu de belle femme adroite" (à noter que mon cher chef cuistot me le sert version "beau garçon"). Déjà, c'est con.

La mienne affiche un large et indéfectible sourire et essaie toujours d'engager la conversation, surtout si ça n'est pas nécessaire. Je ne sais jamais quoi répondre et bafouille des niaiseries en étirant un sourire gêné. Mais honnêtement, que voulez-vous répliquer à un "Main froide, coeur chaud" qui suit la poignée de main matutinale?

Je ne sais jamais trop comment prendre congé. Je devrais peut-être tenter un "Bonne quille, bon beurre" façon Tardieu... Mais même quand je manque de tout casser dans le réfectoire, lors de la galette des rois (j'ai eu la fève, merci, mais je l'ai refilée en douce à F., parce que je m'étais déjà suffisamment fait remarquer comme ça- voir la suite) et que je retiens in extremis et du bout du doigt la chaise vacillante, posée en équilibre sur la table à côté des bouteilles (drôle d'idée, aussi!), elle accourt encore avec un air affable.

Et puis je le sais bien que j'ai les mains froides, c'est même pour ça que j'ai mis un homme-bouillotte dans mon lit! Quant à mon coeur, je tiens à rassurer ma chef, il doit être aux alentours de 37°5. Mais je ne le ferai pas en vrai, hein, des fois qu'elle me gratifie d'un "Homme grognon, trop mignon"!

G.

18 janvier, 2007

Farinelli

En se levant à la fin du cours, Crispant se heurte l'entrejambe à sa table :

"Aaaaaaaah! Me voilà castré!
Moi : _ Pour un castrat, tu as encore une voix grave...
Crispant : _ C'est parce qu'il m'en reste une, m'sieur! Je suis un demi-castrat!
Moi : _Avec celle qui te reste, tu vas bien me trouver le courage d'effacer le tableau, non?"

G.

16 janvier, 2007

De la nécessité de porter...


...des sous-vêtements.
4 fois en une heure! Cette cochonceté de braguette s'est ouverte jusqu'à 4 fois par heure! Pour la discrétion on repassera! Les mômes ont dû bien rigoler... En plus, ma collègue A. a eu le même problème. Du coup, nous sommes tous les deux sortis d'une salle de classe en remontant nos braguettes respectives : je pense que ça va jaser...

Moralité : il faut vraiment que je balance ce pantalon dont on voit la trame, en plus, et que je lance l'opération soldes

G.

20 décembre, 2006

Attentat au corps caverneux

Pot de Noël : quelques collègues autour d'un verre de poiré et d'une tranche de gâteau battu (ne cherchez pas, il faut être amiénien pour trouver à ce truc-là quelque chose de spécial; partout ailleurs, on appelle ça brioche). On se dit que ça va être mortel; mais bon, il faut faire bonne figure et faire semblant de se passionner pour l'avenir de l'UNSS.

Qui aurait pu imaginer que ce serait là le théâtre d'une sauvage agression sexuelle attentée sur MA personne ? Le pot de fin d'année ou comment se faire peloter par un collègue avide de mon physique ébourriffant hétéro...

Ce jeune père de famille se lance dans le récit d'une aventure subaquatique. Peut-être un brin immergé dans le poiré, il accompagne bientôt le geste à la parole. Au moment où un courant violent l'emporte, il trébuche et se rattrape comme il le peut à ce qu'il trouve de plus proéminent à portée de main : mon paquet qui n'en demandait pas tant (rhââ ces mecs, soupirent déjà quelques lectrices).
Se rendant brusquement compte de ce qu'il vient d'empoigner si gaillardement, un peu mortifié, il a ce geste touchant (c'est le cas de le dire) mais au combien inapproprié, si caractéristique de la boulette que l'on cherche à réparer : il m'époussette l'entrejambe.

Je l'ai vu faire, mi-coi, mi-amusé. Et je crois que lui aussi a été le spectateur impuissant de ce geste réflexe. A moins que ce prof de sciences nat' ait juste voulu réactualiser ses connaissances en anatomie!

G.