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10 mars, 2007

J-10?
Les générations passent. J'avais le souvenir de vendeuses vaguement aigries dans la ville de mon enfance. La relève est sémillante.

G :Elle est un peu brillante, cette chemise, non?
Vendeuse : C'est parce qu'on a beaucoup de spots ici. Mais je suppose que vous ne passez pas tout votre temps sous les sunlights.
G : Pas pour l'instant.
Vendeuse : Il y a espoir de vous voir bientôt sur scène?

Plus tard :
Vendeuse : Alors, vous trouvez de jolies choses?
V : J'ai un peu mélangé les couleurs
Vendeuse : Vous devenez daltonien?
G : Nan, ça, c'est plutôt mon boulot
V. :Par contre, un de vos cintres (enfin, cintre est un bien grand mot) est dramatiquement décédé
Vendeuse : Oui, ça n'arrête pas. On a des cintres suicidaires
G : C'est un tel calvaire de travailler chez vous? Trop de pression?

De quoi renforcer l'envie de muter!

09 mars, 2007

Témoines

J-11
Ding dong

"Bonjour, c'est pour vous présenter un petit manuel de vie avec plein de réponses à l'intérieur"
Elle sort une Bible. Mon homme, très en verve avec les télédémarcheurs, a des restes d'inhibition face aux importuns en chair et en os. Il s'est contenté d'un "Euh, bah non" avant de fermer la porte.
Ces deux dames, témoins de J., arpentent inlassablement la rue de mes parents , une fois par mois. Mon père pense sérieusement à afficher un pannonceau :

"Nous souhaitons aller en Enfer. Veuillez nous laisser en paix"

04 mars, 2007

Saynètes et dialogues

Pour cause d’exode, nous avons beaucoup délaissé notre blog ces derniers temps. Mais comme nos nombreux lecteurs fidèles et assoiffés de Pitous Lullaby nous réclame de nouveaux articles, soyez sûrs que nous avons pris des notes. Et pour rattraper le temps perdu, nous vous proposons un medley, en attendant quelque chose de plus consistant :


Dans une pizzéria normande
Serveuse : Alors, ça vous a plu ?
V. (avec le sens du compliment et des intonations de bourgeois gentilhomme) : Oh oui ! Je ne m’attendais pas à trouver ça à Avraaaaaaaanches ! (vous avez l’eau courante aussi ?)

Alors que mon homme se rend compte que ce qu’il croyait gentil s’avère horriblement méprisant, la serveuse a l’air de se demander si c’est du lard ou du cochon. Pour avoir une petite idée du ton de mon homme, séquence souvenir :




Devant la télé ( V.I.P.érin)
Florilège de nos récentes remarques devant le petit écran. Ça vient du coeur :
- Elle marche vraiment comme une choucroutière, Angela Merkel !
- Il a vraiment une tête de Johnny, Clovis Cornillac (et des Johnny, on en connaît !)
- Mais qu’est-ce qu’elle s’est encore mis sur la tête, Lââm ? C’est Lââméduse rose, oui !


À la mairie, service état civil
Qui a dit que les fonctionnaires étaient inefficaces et désagréables ? En amiénie, les dames sont vraiment charmantes…

G : Voilà. J’ai tout, là, normalement !
Dame souriante (consulte les pièces du dossier) : OK… OK… OK… Ah ! ça, ce n’est pas pour moi, je crois !
Donner Wetter… je voulais lui refiler le barême d’un devoir de seconde ! ça aurait pu être pire : elle aurait pu hériter d’une copie de Tabatha ou Crystal !
D.S. : Vous avez votre ancienne carte d’identité ? Oh ! Mais vous avez vraiment une p’tite tête de minou, là desus !
G. (rougissant) : Bah j’avais 17 ans (et le brushing de Gérard Philippe)



À Patelinvillers.
Observation de la proposition infinitive en latin.
G. : Qui peut me trouver le sujet du verbe ?
Etincelle blonde : Moi, j’ai « vini » (prononcer « wini »)
G. : Et tu fais quoi avec vini ? Du miel ?

Eh ben, croyez-le ou non, ils ont ri de bon cœur. Bon, ok, à onze ans, ils ne sont pas difficile : même Titoff les fait rire.



Petit-mot intercepté à Quartmondeville
« Si tu me laich la ch*tte, je te ferait des trucs affollants »
Gracieuse enfant de 12 ans !

15 février, 2007

Relations commerciales 5

Mardi soir, 19h30, j'ai expérimenté la plus improbable des conversations commerciales qui m'ait été donné de connaître dans ma carrière de bonimenteur de téléconseiller.
(voix chantante, accent exotique)
"Bonsoir, Christelle de la société des grands vins de Morteau, Monsieur PitouG.?
Pitou V.- Oui, c'est lui-même. Bonsoir Christelle.
Christelle/Phélicie- Comment allez-vous Monsieur PitouG.?
V. - Très bien, et vous?
C. - Oh oui, très très bien!
V. - Ah, tant mieux, quand la santé va...
C. - C'est bien vrai ça! (rires de concert) Vous avez une voix charmante, Monsieur.
V. - Vous me flattez!
C. - Si, si, je vous assure! Puis-je vous demander combien de printemps vous avez?
V. (26 ans et 6 mois au compteur) - Euh... 35.
C. - Ah, et combien m'en donneriez-vous?
V. - Euh... 28?
C. - Presque: 25. Je suis un peu trop petite? (rires)
V. - Eurgh...Grountch... Non c'est parfait.
C. - Dites-moi Monsieur PitouG., en ce jour de Saint Valentin, vous êtes amoureux?
V. (attendri) - Oh oui!
C. - Et vous êtes marié?
V. - J'ai ce bonheur...
C. - Mais je ne voudrais pas semer la jalousie... (rire minaudant)
V - Non, il ne faut pas, c'est terrible la jalousie...
C. (soudain philosophe) - Oh oui, c'est un sentiment qui...
V. (enthousiaste et incrédule)- Tout à fait!
C. - ça vous donne... comment dire... un sentiment de possession.
V. - Exactement.
C. - Moi je suis très jalouse, très possessive. Quand je veux un mec, je suis comme une tigrrresse: je lui donne tout et il ne résiste pas, croyez-moi. (rire sadico-libidineux)
V. - Ah je veux bien le croire...
C. - Bien, je ne veux pas vous prendre votre temps Monsieur PitouG. (rires de celle qui me tient la jambe depuis dix minutes) Vous aimez boire du bon vin?
V. - Ah non, ma religion me l'interdit.
C. (enfin déstabilisée) - Ah. Et puis-je vous demander quelle est votre religion?
V. - Musulmane.
C. - Et votre femme aussi?
V. - Aussi.
C. - Ah c'est très bien, ça. (de nouveau pontifiante) C'est pas bien quand un boit et pas l'autre...
V. - Non...
C. - C'est bien d'être sur le même chemin.
V. - Oui, tout à fait et je veux continuer sur cette voie.
C. - Vous avez raison. Il faut continuer sur ce chemin de vie. Bien je vous remercie pour votre gentil accueil Monsieur PitouG. Au revoir."

V.

07 février, 2007

Fin du bateau ivre?

Youki, le parquet ne se gondole plus (c'était bien le seul à se tordre de rire!)! Les supermen-poseurs sont intervenus. Par contre, qu'est-ce que ça sent le solvant!
Jamais contents, ces PD...

01 février, 2007

Diplomates, ces commerçants

Il était grand temps d'aller faire un tour chez le coiffeur : j'avais le cheveu fourbe fou, l'épi facile et la nuque en friche. Mais depuis la disparition de mon coiffeur attitré, je suis devenu client errant, butinant de salon en salon sans trouver mon bonheur. Du coup, j'y vais de moins en moins souvent...

Le coiffeur du jour (je verrais si je le garde, en fonction des réactions de mes collègues) m'a évidemment demandé à quand remontait la dernière tonte (et d'ailleurs, qu'est-ce que ça peut bien lui faire?). Et bien je n'ai pas su lui répondre... Peut-être bien à l'an 40, vu la tronche que je me payais! Je l'ai mis au défi de faire quelque chose de bien avec mes cheveux, et il se l'est joué à la Bogdanov (Rlrlrien n'est impôssible!), mais en un peu plus bronzé.

" Comme vous êtes un peu creusé (il ne parlait pas de crevasses sur mon visage, bande de vipères, mais de ces fichus golfes hippocratiques!- maudits! soyez maudits!), je vous conseille de les coiffer vers l'avant, en y mettant un peu de fouillis (il joint le geste à la parole). Comme ça, c'est... (et c'est dans le "..." que réside le malaise) très beau!".

Bon, le fouillis, ça me connaît. Maintenant que je suis tout... beau, direction le photographe, sur le rythme endiablé de Copacabana (la version disco-francophone d'Amanda Lear; pour vous pourrir la journée, on n'a pas trouvé mieux, sauf peut-être le Petit Bonhomme en mousse de P. Sébastien; je remercie encore mon coeur de me l'avoir insidieusement glissée à l'oreille). N'allez pas croire que je me fasse tirer le portrait à chaque fois que je sors de chez le coiffeur, hein! C'est juste que ma carte d'identité va bientôt expirer (adieu à toi, carte de mes jeunes années, qui me faisais une tronche de Gérard Philippe) et que je ne veux pas me faire refouler devant les urnes dans les semaines qui viennent (bon, j'avoue, j'ai des tiroirs bourrés de photos de moi, je suis narcissique, aimez-moi!).

Après avoir officié, sur ma demande, le photographe m'explique toutes les différences entre photo de carte d'identité et de passeport : "Là, par exemple, bon, vous souriez pas, hein, mais vous avez un genre de rictus, et ben ça passerait pas sur un passeport!"

Vous me direz qu'on se fiche de ses talents de diplomate, pourvu qu'il fasse correctement son boulot de photographe. Cela dit, de retour à la maison, je me mets à scruter ma photo (parce qu'évidemment, chez le photographe, on affecte toujours un air détaché, genre "les contingences matérielles de l' aspect physique? Peu me chaut!", mais bon, faut pas déconner, je vais me la farcir pendant 10 ans de ma vie, cette photo d'identité; alors c'est bien beau de ressembler à un top-model sur mon permis de conduire, mais ce n'est pas une pièce d'identité officielle! Gérard Philippe, j'ai donné pendant 10 ans, si je pouvais éviter Bernard Ménez, je ne serais pas contre!).

Revenons à nos photons. Je commence donc à scruter ma photo : mais qu'a-t-il fait de mon légendaire teint de Prince des Carpates? Ce matin encore, on s'inquiétait de ma pâleur (bon, les filles, ça fait cinq ans qu'on bosse ensemble, il va falloir vous y faire!), et là, on dirait que je reviens de Copa-copacabana (le coin le plus chaud de la Havaaaana!). La lentille de l'appareil était-elle si sensible qu'elle a lu la chanson qui sévissait le long de mes terminaisons nerveuses? Le plus fabuleux, c'est que mon cou, lui, est resté blanc comme neige : on dirait que je suis passé entre les mains de la maquilleuse de Régine! Vous croyez que je peux encore compter sur le noir et blanc de la carte d'identité pour rattraper la catastrophe?

G.


28 novembre, 2006

Armenager: fin d'une longue histoire

Une multitude d'appels surtaxés plus tard, l'arnaque s'arrête pour moi. Vendredi, nous avons reçu notre "petit" chèque. J'ai attendu qu'il soit encaissé (je craignais encore le chèque sans provision - paranoïa quand tu nous tiens!) pour vous l'annoncer. Quelle belle arnaque! Imaginez un peu les intérêts qu'ils perçoivent avec l'argent encaissé et ce que rapportent les fameux numéros surtaxés et ces commerciaux qui baladent le client de service en service, lui raccrochent au nez (cela m'est arrivé au moins cinq fois), lui racontent des mensonges (on a essayé de me "satisfaire autrement"... le mystère reste entier!).
Bref, n'achetez jamais chez Armenager!

V.

26 novembre, 2006

Abyssale expérience du vide

Un des aspects chouettes de mon boulot, c’est qu’on nous donne mille occasions de progresser. Déjà, au quotidien, on apprend la patience. On devient vite de drôles de caméléons capables de toutes les adaptations (et de toutes les dissimulations). Tous les jours, on reçoit de petits courriers dans nos casiers, qu’on est probablement les seuls au monde à pouvoir décrypter (et pas tout, encore) et qui nous disent ce que c’est qu’être bon dans notre boulot. N’allez pas croire que nos années d’études servent à nous mettre au diapason des exigences des élèves : elles nous préparent juste à essayer de comprendre ce qu’on attend de nous. Et des fois, je me dis que j’ai dû interrompre top tôt mes études…

Mais en plus de ce quotidien riche en enseignements, on a mis en place rien que pour nous, le P.A.F. dans ta goule (Plan Académique de Formation dans ta goule). Le plus souvent Des fois, on tombe sur des formateurs passionnants, des collègues qui réfléchissent pendant des années au sujet, ne cessent d’expérimenter des solutions et vous communiquent l’envie d’essayer des tas d’activités. D’autres fois, on est un peu moins conquis, mais enfin on en tire toujours quelque chose de positif : il y a toujours une idée ou deux à glâner.
A midi, on échange avec des collègues nos expériences de formation, parce qu’on est comme ça, nous, de vrais work alcoholics. C’est là qu’on entend parler pour la première fois de la Louve Blanche. Puis les témoignages alarmistes se multiplient. C’est une légende urbaine qui circule dans les milieux autorisés, sans doute très exagérée : les profs, ça n’arrête pas d’exagérer, de toute façon. Et de se plaindre, en plus. Personne ne peut être aussi incompétent et rester formateur aussi longtemps. Et puis tout échange est bon à quelque chose, non ?

Non. Je vous en conjure, il faut me croire : j’ai rencontré la Louve Blanche. Je vais essayer de vous faire le récit de cette rencontre avec le vide. Déjà, même quand elle a commencé à parler, la Louve Blanche donne l’impression qu’elle attend quelqu’un ; quelqu’un de sérieux qui viendrait la tirer de ce mauvais pas. Ça faisait très première partie de concert. L’assemblée sent très vite que quelque chose cloche: je n’ai jamais vu une foule devenir hostile aussi vite, et pourtant je suis prof ! La Louve commence par écouter nos questions ; est-elle soucieuse de satisfaire à nos attentes… ou n’a-t-elle rien préparé de sérieux ? Très vite, la question se pose. L’exercice tourne au remplissage de temps. Elle est très floue, se contredit, noie le poisson, en se montrant parfois désagréable. Il devient bien vite évident qu’elle n’est pas plus experte que nous. Bien sûr qu’elle traite est censée traiter un sujet délicat ; c’est même pour ça qu’on est venus si nombreux (il y a fort à parier que, si son nom avait été donné au moment des inscriptions, le stage aurai été annulé faute de participants).
Très vite, l’assistance ne l’écoute plus. D’ailleurs, elle a le charisme d’une poutre et ne sait pas s’imposer.Un silence relatif s’installe quand l’un de nous intervient, mais dès qu’elle reprend la parole, on comprend vite que ça ne sert à rien de tendre l’oreille. . A ma gauche, Poussinou me demande si je n’ai pas un BIBA qui traîne. A ma droite, Grégory me souffle : « tu pourras dire : JE SAIS, maintenant »

Pour meubler, elle a prévu de nous passer un extrait de film, pour nous montrer ses pratiques. Pourquoi pas. Dès son arrivée, elle avait vérifié avec un surveillant que le matériel marchait bien. Au moment de l’utiliser, damnation ! plus rien ne fonctionne ! Elle se démène pendant un quart d’heure dans l’indifférence générale. En fait, elle utilisait juste la mauvaise télécommande. Personnellement, je n’ai pas bien saisi ce qu’elle essayait de démontrer avec son film, si ce n’est qu’elle voulait nous repasser vingt fois la même séquence pour gagner du temps. Quelques répliques cultes, quand même :

- « là, on croirait que c’est du Schubert et en fait… c’est du Brahms ! » (fantastique, voilà de quoi tenir en haleine une vingtaine de collégiens)

- « vous voyez ! plein de maisons avec des fenêtres ! on voit bien, là, que ça va être un film d’espionnage »

- « ça se passe à la quarante dix-neuvième minute »

Moi qui suis un empathique né, je me suis senti trèèèèèèès mal à l’aise pour elle dès les premières minutes de son intervention. Pendant la pause déjeuner, on s’est tâtés pour savoir si on y retournerait ou si on arrêtait le massacre. Et bien, croyez-le ou non, on y est retourné. Première surprise, nous avions surestimé la déperdition des effectifs. Une petite dizaine de gens en moins seulement, comme quoi les profs ont une forte conscience morale.
Deuxième surprise : au bout d’une demi-heure, rien ne se passe vraiment. A vrai dire, même lorsque la Louve reprend la parole, on sent bien que rien ne se passera plus. Elle a distribué des textes, elle veut vaguement nous faire bosser dessus, mais impossible de comprendre ce qu’elle attend. On sent le lynchage imminent. « Vous préférez quoi ? On travaille tous sur un texte ou bien on travaille par groupe ? Qui est au collège ? Qui est au lycée ? Bah ! Travaillez par groupe d’affinités sur le texte que vous voulez ! On travaille ce texte-là, tout le monde est d’accord ? ». Au terme d’une série de consignes contradictoires, elle s’assoit et discute avec un petit groupe. Personne n’a compris ce qu’il faut faire, tout le monde discute. J’essaie mollement de me mettre au boulot, mais je sais déjà qu’Elle ne tirera rien de nos efforts. Il faut bien admettre que cette journée n’aura servi à rien. Trois quart d’heure passent encore. A côté de moi, quelqu’un émet la possibilité de quitter la salle. On est dix à se lever. Lorsqu’on passe devant la Louve, elle lève les yeux au ciel. Pas de doute, c’est nous les blaireaux. Elle n’a pas l’air de se remettre en question. Je serais incapable de faire ce qu’elle fait, trop de scrupules. Chapeau bas !

G.

10 novembre, 2006

Chez Armenager, l'arnaque est offerte.

Il y a deux semaines j'ai demandé l'annulation de ma commande chez Armenager les rois du délai . On m'a assuré que je serai remboursé sous quinze jours. Evidemment rien n'est venu.
Rappelant le numéro surtaxé, j'ai appris qu'elle n'avait pas été enregistrée, qu'on avait essayé de me satisfaire autrement (mais comment???) et qu'on y avait échoué (je suis tellement difficile aussi... se faire rembourser? C'est vraiment out!), qu'on m'avait envoyé un email (jamais reçu) et qu'il y aurait un léger délai... de quinze jours.
Depuis, je n'arrive plus à les joindre, leur numéro est surchargé du matin au soir et il n'y a plus de musique d'attente, plus de standard... Le site existe toujours, il y a toujours une adresse parisienne référencée par la poste mais ce n'est pas entièrement rassurant! J'ai donc contacté l'assistance juridique de la Maif qui m'a conseillé d'attendre encore un peu (si la commande a été passée il y a deux mois, l'annulation est trop récente, ce n'est pas encore anormal).
Pfff, pas glamour l'arnaque électroménagère...
V.

08 novembre, 2006

Relations commerciales 5

"Bonjour, Ophélie de la société Granigel, Monsieur Pritoux W.?
_ Bonjour Ophélie!
_ ... bonjour (pas habituée à ce genre de réponse, on dirait) vous consommez des produits-surgelés-comme-tout-le-monde?
_ Non, je consomme des produits surgelés comme personne
_ ah... bon? Bah au revoir alors...
_ Au revoir"

Mon ange est vraiment le cauchemar des télémarketeurs...

04 novembre, 2006

A Nice Travel

C'est un bien beau voyage à Nice qui explique le silence de la semaine dernière. Avis à la population bloggesque : Les Pitous sont de retour! Pour ce premier billet de novembre, foin des splendeurs des Alpes Maritimes : ce sera pour une prochaine fois.
Cette lettre ouverte, qui sera aussi expédiée à qui de droit, s'inscrit dans la lignée de nos articles "Relations commerciales". Soucieuse de nous faire préférer le train, la SNCF soigne particulièrement les trains de nuit. C'était du moins la conclusion que j'avais tirée de mes précédents voyages. Nul doute que notre voyage de retour écorne sérieusement un si plaisant tableau... Mon homme le trouve un poil trop ironique, et moi juste un peu long. A vous de juger.


Madame, monsieur,

Voyageur désappointé du Corail Lunéa 5770 à destination de Paris Austerlitz le 03.11.06, je tiens à vous faire part de la désinvolture de vos agents prétendument au service des clients.

A la gare de Nice, nous avons eu la surprise de ne pas trouver la voiture 19 entre les wagons 18 et 20. Après avoir remonté le quai en nous disant que des révisions de mathématiques de seraient pas de trop pour votre personnel, nous avons constaté que toutes les autres voitures étaient bien à leur place. Les agents de la gare de Nice ne pouvant nous indiquer où était située la mystérieuse voiture 19, nous sommes partis en quête de contrôleurs – ce fut pour nous l’occasion d’arpenter le quai en sens inverse. Une contrôleuse nous a alors fait savoir que notre wagon était peut-être en queue de train (la fiabilité de vos agents est proprement sidérante) et, considérant sans doute mon air inquiet, elle a cru bon d’ajouter : « Mais vous avez le temps ! » avec une pointe d’agacement. J’ai trouvé la remarque et, surtout, le ton employé parfaitement déplacés. On ne parle pas à des voyageurs placés dans une situation anormale et donc naturellement déboussolés (mais néanmoins polis, j’insiste, ce qui n’est pas le point fort de la-dite contrôleuse) comme à des débiles mentaux ou à des enfants capricieux : est-il à ce point inimaginable qu’on veuille savoir où est sa place ? Est-on obligé de nous faire sentir combien on dérange les gens dont l’une des fonctions primordiales est de renseigner les usagers ? Si la dame avait ajouté « vous êtes en vacances, vous » (ce qui était largement sous-entendu dans son ton), je crois bien que, savoir-vivre ou pas, je lui aurais fait avaler mon titre de transport.

En queue de train, pas de voiture 19. Toutefois, l’inquiétude est retombée : l’un de nos compagnons d’infortune a entendu fortuitement une conversation par talkie-walkie d’agents SNCF : la voiture manquante va être ajoutée. L’annonce officielle viendra confirmer la rumeur dix minutes après, alors que tous les voyageurs concernés sont déjà sur place. Tardif, le communiqué est en outre des plus laconiques : pas un mot d’excuse (qu’est-ce que cela aurait coûté ?), ni un début d’explication ; de toute façon, je n’étais pas disposé à entendre que l’incident trouvait son origine dans l’incompétence de la gare de Vintimille : l’Italie n’a pas les épaules assez larges pour endosser une négligence aussi stupide. Pas de voiture 19, donc, et encore moins de contrôleur pour venir répondre aux questions du petit groupe qui attend dehors, sur le quai (et même par un beau mois de novembre sur la Côte d’Azur, il fait froid à 21 heures – nul doute que vos agents étaient mieux au chaud).

Lorsque la manœuvre a pris fin et que nous avons pu prendre place dans nos compartiments, nous avons trouvé des couchettes nues, sans duvets ni oreillers. Le tout a été livré un peu plus tard en vrac, par lots de trois ; à charge pour les voyageurs de tout installer. Cela n’a rien d’anormal, si ce n’est encore une fois l’absence d’excuses. Inutile d’ajouter que le kit de bienvenue manquait à l’appel : si les boules quiès, lingettes rafraîchissantes et pastilles à la menthe usuels tiennent du gadget et ne m’ont guère fait défaut, j’avoue apprécier la bouteille d’eau habituellement fournie. Réponse formidable de l’agent qui rattrape comme il peut le temps perdu : « Je préfère dire que je n’en ai pas, ça évite que tout le monde m’en demande » [sic]. Il est toujours agréable d’être traité comme des voyageurs de seconde zone : après tout, notre voiture n’était pas à sa place, pourquoi aurions-nous les mêmes exigences que n’importe quel autre usager ? C’est déjà bien beau qu’on ait échappé aux fourgons à bestiaux, j’imagine… Finalement, faisant face à l’incurie de vos agents, ce sont nos voisins de couchettes qui nous ont fourni une bouteille, en dépouillant probablement des compartiments encore inoccupés dans d’autres wagons : il semble qu’en cas d’incompétence de la SNCF, ce soit l’un ou l’autre des voyageurs qui en pâtisse. Moralité : pour être correctement servi, il faut être débrouillard et rusé ; belle leçon !

L’incident, grotesque, du wagon fantôme fleure bon l’amateurisme. Je suppose qu’avec un minimum d’anticipation, comme on est en droit de l’attendre d’une société presque septuagénaire, il aurait pu être évité. Entre le départ de Vintimille, où l’absence d’un wagon n’a décemment pas pu passer inaperçue, et l’arrivée à Nice, n’était-il pas possible de prendre des dispositions ? Peu importe : tout cela m’aurait amusé si votre personnel s’était rendu plus disponible et s’était fendu de quelques mots d’excuses – je ne parle même pas d’adoucir les conditions de l’attente. Au lieu de cela, on nous a laissés dans un flou admirable.

Je n’ose même pas espérer de geste commercial de votre part, mais comptez sur moi pour faire la plus déplorable des publicités pour vos « Corail Lunéa » et votre personnel si arrogant. Je suis d’autant plus navré que j’ai connu aussi d’excellentes expériences à bord de vos trains – y compris de nuit. Mais ne doutez pas que ce souvenir-là soit tenace. Votre slogan publicitaire sonnera toujours étrangement à mes oreilles, désormais.

Pitou G.

23 octobre, 2006

Relations commerciales 4

Mail intitulé "Youhou??! Y a quelqu'un chez Armenager???"

Bonjour,

J'ai commandé une machine à Expresso Krups (mon cadeau d'anniversaire!) par internet le 11 septembre pour un montant de 418 euros, prélevé le 12 septembre. Délai de livraison: 10 à 20 jours. Quinze jours se passent... Soeur Anne ne voit toujours rien venir et commence son harcèlement téléphonique.
Rupture de stock, recommande... Je ne compte plus les appels surtaxés (heureusement que j'ai un plan téléphone!) avec musiquette d'attente ou raccrochage au nez pour cause de surpopulation téléphonique...
La semaine dernière, on m'annonce que la commande devrait arriver à l'usine puis l'expédition se faire dans la foulée par colissimo et qu'on me préviendrait...
C'est décidé, je déclare officiellement que cette semaine sera la semaine de MA cafetière!
Parce qu'en attendant, mes sous font des petits sur un compte en suisse et je fais toujours un café moyen avec mon vieux perco!!

Merci beaucoup de votre soutien, et bon courage (ça ne doit pas être évident tous les jours de travailler dans une entreprise aussi malhonnête, surtout en service clientèle...)

Pitou V., sous couvert de Pitou G.(ref commande TULAdans16le29cul56, ref client AC-larnak28)

Armenager problème Armenager arnaque Armenager voleur Armenager délais Armenager j'attends toujours Armenager surtaxé Armenager Julien Courbet, à l'aide! Armenager procès Armenager mensonge Armenager plus jamais Armenager à éviter

09 septembre, 2006

Relations commerciales 3

A la maison, j’ai un homme qui est très joueur : il est très fort pour me pêcher des soleils à Super Mario Sunshine par exemple (dommage qu’il n’ait plus beaucoup de temps pour exercer son instinct de chasseur). Mais ses partenaires de jeu préférés, ce sont les télémarketers. Hier, c’est la gentille Elodie qui a appelé pour le compte de Médiamétrie. Alors forcément, dès que mon homme a décroché, la machine à pipeau s’est mise en branle : j’ai vu un sourire s’esquisser sur se lèvres, sa voix devenir doucereuse ; je me suis dit que la pauvre Elodie allait en voir des vertes et des pas mûres.

Autant certaines de ces communications téléphoniques peuvent s’avérer surgonflantes et mériter tous les canulars possibles, autant-là, j’étais vraiment gêné. Aussitôt après que V. ait cordialement accepté de répondre à cette enquête sur une quelconque station de radio, Elodie a voulu savoir où elle nous appelait. Eclat taquin dans l’œil de mon homme : « Beaulieu sur mer , dans le 06» (alors qu'évidemment, on se les gèle en Amiénie). Voilà, au bout de deux mots, Elodie est déjà destabilisée : « Ben euh ? C’est-à-dire que je croyais appeler dans le nord de la France, moi ! Vous n’êtes pas au 03…. ? »
Là, j’aurais été mon homme, je lui aurais demandé pourquoi elle me pose une question dont elle connaît déjà la réponse. Non, en fait, si j’avais été mon homme, j’aurais tout bêtement répondu la vérité… Mais le modèle que j’ai quasiment épousé, lui, n’entend pas faire machine arrière : c’est un transfert d’appel ! Si Elodie habitait dans le Nord de la France, elle serait contente, elle aussi, de pouvoir s’enfuir 3 semaines aux abords de la Méditerranée.

Seulement, Elodie semble très très embarrassée : elle va devoir demander à son responsable si elle peut quand même procéder à son sondage. Apparemment, elle va se renseigner et revient encore plus contrite (et c’est là que j’ai presque ressenti de la peine) : si c’est un transfert d’appel, nous payons aussi la communication. Avec une intonation magnanime, mon homme lui répond que ça n’a aucune importance, qu’il peut bien payer la communication si ça peut l’aider. Grand Seigneur, mon lion puissant et généreux ? Ou refusant de voir se volatiliser si tôt une occasion de s’amuser un peu ? Accordons-lui le bénéfice du doute…

Je n’ai pas entendu la suite de la communication : j’ai supplié V. de couper le haut-parleur parce que, trop con, mon seuil de tolérance de mon surmoi avait été allégrement franchi. Hélas, ce fut un pétard mouillé : Elodie avait déjà suffisamment de réponses correspondant à l’âge et au lieu de résidence de mon aimé. Game Over ! Mais mon homme est un conquérant : Elodie lui a demandé si elle pourrait le rappeler à l’occasion d’un prochain sondage. Même joueur joue encore…

G.

21 décembre, 2005

Relations commerciales opus 2

Un jeune homme urbain. Une dame à l'accent inidentifiable à l'autre extrémitié du téléphone.

Dame : "_ Bonjour monsieur. Je me permets de vous appeler pour vous faire part des offres promotionnelles de Canal Satellite.
Jeune homme : _ Mais c'est formidaaaaable. Figurez-vous que je me demandais justement ce que devenait Canal Satellite!
Dame : _ Canal Satellite vous fait bénéficier pendant SIX MOIS de tarifs préférentiels...
Jeune homme : _ NON? Incroyable!
Dame : _ soit DEUX MOIS d'abonnement totalement gratuit.
Jeune homme : _ Ce que vous m'apprenez là me sidère littéralement, madame!
Dame : Canal Satellite, c'est le football à volonté!
Jeune homme : Fou! Fou! C'est fou!
Dame : _ Et Canal Satellite vous offre le modem dans le cadre de la télévision par Adsl.
Jeune homme : _ C'est époustouflant! Trop d'émotions d'un coup, là... Ecoutez : rappelez-moi dans six mois ou un an; je vous dirai ce que j'en pense. Au revoir et bonne journée.

Il est cruel, hein? Il m'a mis au supplice autant que cette pauvre dame qui manisfestement, ne savait pas à qui elle se frottait! (ils pourraient se passer le mot entre call-centers, quand même!). Mais c'est comme ça que je l'aime.

G.

14 décembre, 2005

Relations commerciales

Monsieur,

Le tablier Chef faisant l'objet du solde de votre commande du 20 novembre sera disponible la semaine prochaine, soit une livraison sous 15 jours environ,
Je vous adresse nos excuses pour ce délai,
Cordialement,
Rachel
Service Client LINVOSGES


Réponse du berger à la bergère Rachel

Chère Rachel,
J'accepte avec plaisir vos excuses accompagnant les petites informations sur les délais.
Mais je dois dire que je suis très déçu d'un tel retard venant d'une société à l'image aussi sérieuse que Linvosges.
Je pensais avoir pris les devants pour ma commande de Noël (passée tout de même le 20/11!), et il manquera un cadeau sous le sapin.
Imaginez-vous ma tristesse? J'espère que vous comprenez ma déception et ferez tout votre possible pour qu'elle soit oubliée fort vite, afin que je puisse continuer à promouvoir votre belle marque dans mon entourage.
Dans l'attente de votre diligente réponse, soyez assurée, Rachel, de ma considération distinguée.

Vincent V.

PS: j'ai reçu aujourd'hui la première partie de cette commande: la couverture Banquise est très belle, le chemin de table offert est assez joli. En revanche je trouve les photophores "flocons" très laids. Merci d'oeuvrer pour la suppression des cadeaux hideux: il vaut mieux offrir les frais de port!

Je crois que j'aime bien avoir l'occasion d'écrire des courriers d'emmerdeur... Peut-on en conclure quelque chose?