18 septembre, 2006

Laisse les gondoles…

Si vous avez suivi les articles précédents (enfin, surtout celui-ci), vous savez que depuis quelques semaines, nous vivons dans le Rainbow Warrior (le Mayflower, à la rigueur ; l’idée, c’est que ça tangue). Notre beau parquet se soulève et craque à chacun de nos pas – le bureau sera le premier à sombrer (trop dommage pour le boulot).

L’artisan a fini par affréter une camionnette, avec le fournisseur dans la soute et le tout joli commercial à la barre – en fait, on a noyé exprès notre parquet sous des litres de flotte pour le seul plaisir de le revoir. Tout le monde a l’air gêné d’être là, c’est la méga-fête ! Il semble que ça ne soit ni la qualité du bois, ni le talent des poseurs qui soit en cause (c’est vrai qu’ils bossent bien). Le problème, c’est toujours cette région immonde et vaseuse l’humidité. Bon, l’humidité, on connaît : on a vécu trois ans dans un appartement où le visage de la Vierge se dessinait sur le mur à la moindre goutte de pluie. Il faut croire qu’Amiens, c’est Venise en moche et avec Robien pour doge youki . Dès qu’on se glissait dans les draps, on avait la sensation d’être douché pour le lendemain, c’était pratique. Et puis là-bas aussi, le sol se soulevait, sauf que c’était des dalles d’une matière inidentifiable qui se cassaient comme des Petits Lu (et qui absorbait toute la crasse, c’était le bon temps…)

Alors on se disait qu’en achetant un logement neuf, on trouverait forcément mieux. Vous savez, et patati et patata, avec les nouvelles normes d’isolation, on a un environnement plus sain (à l’exception toujours notable des solvants et autres composés volatiles, mais on parle humidité, là, et pas lutte contre le cancer). Eh bien, tenez-vous bien : il semblerait que le fort taux d’humidité de l’appart s’explique précisément par son excellente isolation. On a écouté - assez perplexes, je dois le dire - le fournisseur nous faire l’éloge de notre isolation, sur fond de craquements de parquet. On était ravis…
« Vous voulez dire que dans tous les logements neufs, le parquet gondole ?
_ Euh ben, ç’t-à-dire… »
Et avec une parfaite maîtrise de la vulgarisation scientifique, il nous explique que ça dépend de tout un tas de trucs. Ne m’en demandez pas plus, tout ce que je sais, c’est que tout le monde n’a pas notre poisse.

« C’est ça l’avantage des matériaux vivants, hein ! ». Effectivement, je n’aurais su mieux dire ! Mais que faire, au juste, pour espérer améliorer la situation ? Recouper trop tôt le parquet serait une erreur (je ne peux m’empêcher de penser à tous ces gens qui doivent maigrir avant de se faire liposucer ; mais je ne me vois pas mettre notre parquet au pain sec, et encore moins à l’eau !). Il faut trouver un moyen d’assécher notre bois. Et c’est là qu’intervient le chauffage électrique, alors qu’il fait 26° dehors. On regretterait presque d’avoir fait changer les grille-pains fournis à la livraison de l’appart pour des radiateurs à inertie de qualité suédoise. Cela dit, le spécialiste du bois nous garantit que ça assèche tout autant – et à vrai dire, ça ne change pas grand’chose : en achetant un appart muni de chauffage électrique, je pense qu’on a fait de toute façon l’affaire de l’année ; vivement que les prix augmentent, surtout s’il faut chauffer pendant la canicule ! Sinon, il y a aussi les absorbeurs d’eau au carbonate de calcium, un petit produit bien inoffensif (lavez-vous les mains après chaque manipulation). Et enfin, il faut éviter de balancer des seaux d’eau sur le bois, tant pis pour les super hydro-batailles qu’on avait prévues pour l’été prochain. Cela dit, il semble que notre parquet pourra un jour recouvrer son état initial, et c’est en soi une bonne nouvelle.

G

1 commentaire:

Madame Patate a dit…

Nous on rêve d'acheter un truc, mais d'un autre côté pour l'instant, les infiltrations d'eau dans le mur c'est pas notre problème mais celui du proprio, c'est quand même bien reposant.

Petites pensées encourageantes.

(Dommage qu'il soit plat le parquet sinon c'était parfait pur s'entrainer au ski de bosses)