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30 juin, 2007

Baroud d'honneur du Bolivien

Etre dans la fonction publique ne préserve pas de tous les dangers : le tyranneau est une espèce que l'on rencontre de temps à autres dans des postes de direction.
Le Bolivien est à ce titre un prototype d'élite : il se crispe sur son pouvoir de nuisance et multiplie les crises d'autorité contre-productives. Il a fait de Coucouville un endroit où les gens n'aiment pas venir travailler (pour autant qu'on puisse encore travailler malgré l'absence totale d'organisation). Au bout de deux ans, il s'est fait tellement détester que les collègues de l'époque ont fait grève contre lui (je sais que le prof traîne la réputation d'être un animal râleur, mais il en a d'ordinaire après le système ou le manque de moyens : c'est rarissime que ça tourne au conflit de personne!). Rien ne s'est arrangé dans les années qui ont suivi.

Un manager de légende
Surnommé P'tite Quéquette par certains, parce qu'il se plaît particulièrement à humilier les femmes, le Bolivien est un tordu de compétition (petite et tordue, voilà qui fait envie). La bonne nouvelle, c'est qu'il a enfin obtenu sa mutation. L'effet pervers, c'est que plus rien ne l'arrête. Il a décidé de laisser de lui un souvenir impérissable : le monstre est déchaîné.
Les premières victimes, ce sont les grands naïfs qui font les choses dans les règles. A l'époque où il n'y a plus un seul élève (aucun, zéro, nada, queud') au bahut, certains ravis de la crèche pensent pouvoir obtenir une autorisation d'absence pour un prétexte aussi futile que signer un compromis d'achat à 300 bornes de là, même contre récupération d'heures (ce qui est en soi une absurdité totale, vu le contexte), même sans traitement. Bonne mère, comment peut-on être aussi nigaud? Raison officielle du refus : un compromis, ça peut se signer un samedi matin, peu importe si les vendeurs sont disponibles ou pas. Raison réelle : un non pavlovien. De haute lutte, j'ai arraché un semi accord oral du chef adjoint, à la limite de la désobéissance civile. A côté de ça, tous les jours, d'autres profs ne viennent pas au lycée sans rien dire à personne, et sans être inquiétés.
Honnêtement, je ne vois toujours pas ce qu'il avait à gagner à compromettre mon installation dans ma nouvelle académie. Quand je pense que ce #@*ù a fait son sucré quand il a su dans quelle région j'allais, qu'il m'a demandé de le tenir au courant quand j'en saurais plus, et surtout que je l'ai fait par respect, je me dis que ça ne sert à rien de s'embarrasser de la politesse. J'attends qu'il me convoque dans son bureau, je sens que je me ferais plaisir...

Un sens inné de l'absurde
Le Bolivien a érigé le manque de souplesse en style de vie, ce qui en fait un manager d'exception. Un employé émotionnellement fragile demande deux jours de congé pour organiser le mariage de sa fille? Tssss... refusé, bien sûr! Résultat : un arrêt maladie de quinze jours. C'est une façon originale de détruire le moral des gens, de creuser le trou de la Sécu tout en désorganisant durablement la vie du bahut... Et des décisions aussi mal inspirées sont la signature de sa désastreuse gestion en ressources humaines.
Pour ce qui est de l'an prochain, un seul mot d'ordre : terre brûlée. Il ne sera pas dit que l'apôtre de l'emm*rdement maximum quittera Coucouville sans l'avoir sabordé! Et, pour paraphraser un de ses tours préférés, il y a arrivé (sic).

29 juin, 2007

Peuffy

Je suis tombé par hasard sur un article jamais publié. Il est du coup totalement obsolète. Mais comme ça me fait un post à peu de frais, je recycle.

J'ai une élève qui vit dangereusement. Elle s'appelle Peuffy, la malheureuse. En même temps, ce n'est pas son vrai nom, vous vous imaginez bien... Cela dit, son vrai nom ne vaut pas vraiment mieux. C'est une fille très franc du collier, comme il en existe bien d'autres en la belle cité picarde de Coucouville. Dans l'ensemble, c'est une grande gueule, mais une brave fille. Au moins, elle met un peu de vie dans cette classe de mollusques (c'est mal d'insulter ses mollusques élèves) extrêmement passive et particulièrement gourde engourdie.
Peuffy ignore le concept de retenue (pas l'heure de colle, hein! ça, elle connaît!). Un jour que j'étais sur mon 31 (ce costume était la seule chose repassée portable - je ne tiens pas mon t-shirt "mayonnaise" pour portable), à mon entrée dans la salle, elle a écarquillé les yeux et a éclaté de rire. Brave fille.

Une autre fois, lors d'un cours particulièrement laborieux, la demoiselle a brisé net mes louables efforts pour obtenir un début d'investissement de leur part et a dévié totalement le cours de son objectif, en posant la question :

"Mais monsieur, ça sert à quoi, l'art?
_ C'est une question qui relève plutôt de la philosophie...
_ A quoi ça sert, la philosophie?"

Rattapé par mon naturel cabotin, je me suis lancé dans le numéro habituel que je réserve à toute question existentielle mettant en doute l'intérêt de la moindre activité proprement humaine, au moindre signe de civilisation (parce que, bizarrement, elle ne se demandent jamais à quoi ça sert de taper LOVE au 36**** ou de mollusquer devant la méthode Cauet) :
"Mais ça ne sert à rien! A rien du tout! C'est comme les ordinateurs, les voitures ou les centrales nucléaires! On pourrait vivre tout nus, à gambader dans la campagne en grignotant des racines!"

Franc succès. Encouragé, l'histrion déploie tous ses effets : il fait de grands moulinets avec les bras, feint de se récrier, pointe l'index vers le ciel. Ce grand art meuble les dix dernières minutes d'un cours qui n'avait jamais vraiment démarré (il faut dire que j'avais passé un quart d'heure à expliquer à Mounia, auto-renommée Pamela, que ça pouvait être utile d'avoir ses affaires pour travailler et que, si, la punition était justifiée - tout bon professionnel de l'éducation vous dira qu'il faut éviter ce genre de débat stérile, mais les bons professionnels de l'éducation s'arrangent toujours pour éviter les classes où rien ne se passe jamais...)
Au moment de sortir, alors qu'une autre de mes classes s'apprête à rentrer, Peuffy ne trouve rien de mieux à faire que de se planter devant mon bureau et s'esclaffer bruyamment : "Vous n'auriez pas dû dire ça! C'est malin je vous imagine tout nu, maintenant!"
J'ai particulièrement aimé la petite moue dégoûtée...


07 juin, 2007

Paires minimales

Il serait naturel de croire que les fins d'années sont de tout repos. Rappelons ici la parenté entre naturel et naïf. La vérité, c'est que la proximité des vacances est éprouvante. Non seulement, les mômes sont énervés, mais leur petit nombre (je parle ici du lycée où les cours finissent plus tôt qu'au collège) interdit tout espoir de cours constructif. Peu et peu motivés, nos élèves... Allez donc essayer de faire autre chose que de l'occupationnel (de la garderie, quoi) dans ces conditions. Le problème, c'est que je ne suis vraiment pas fan du pendu, surtout par séance de deux heures.

Le salut du prof de français en ces périodes troublées, c'est le jeu d'écriture - et grâce aux Surréalistes (soyez bénis, Saint Breton, Saint Eluard et Saint Cetera!), ça s'inscrit même dans le Programme! Au menu, entre autres, Cadavres exquis, Paires Minimales et L'Un dans l'Autre. Inutile de vous décrire les yeux ronds des adolescents au moment où je leur annonce le programme, qui évoque vaguement le kama-sutra. Inutile aussi, de mentionner leur peu d'entrain : quand je leur fais remarquer que dans "jeu d'écriture", il y a jeu, ils me rétorquent qu'il y a surtout écriture et que écriture = corvée. Tout cela m'a inspiré une de ces formules dont j'ai le secret : "Alors, mes Paires Minimales, je peux m'asseoir dessus?" (sic) - les fins d'année me rendent espiègle.

Passons sur mes difficultés de pédagogue et mes jeux de mots un peu lestes pour nous concentrer sur les règles à suivre. On appelle paire minimale un couple de paronymes qui ne diffèrent que d'un phonème (un son, quoi). Ciel et miel forment ainsi une de ces paires. Dresser un inventaire n'est évidemment pas une fin en soi. Aussi connu sous le nom de jeu des conditionnels, cette activité consiste à imaginer ce que deviendrait ce monde si l'un devenait l'autre - c'est une illustration littéraire de la non-nécessité du monde, de la contingence de l'existence (oui, je suis chi*nt exprès). On essaiera autant que possible d'y mêler humour ou poésie.

Exemples by myself : Si les miroirs devenaient tiroirs, tous les Narcisse de la terre se plieraient en quatre pour se faire plus beaux.
Si la chute devenait chatte, les plus malheureux retomberaient sur leurs pattes
L'un des élèves proposa cette petite perle : Si la soupe devenait loupe, on mangerait à l'oeil

A vous d'essayer?
Si les fraises devenaient braises...
Si la paresse se faisait caresse...
Si les livres devenaient lèvres...
Si...

Ce jeu laisse rêveur. Je ne me console pas d'avoir perdu les premières paires que j'ai produites, il y a bientôt neuf ans. Si le coeur vous en dit, laissez en commentaires vos inventions (sur simple demande, j'ai des stocks entiers de paronymes!)

Dans un billet à venir, je vous livrerai les règles du jeu de L'Un dans l'Autre qui vise à la création d'énigmes.

G

P.S. : Rien à voir, mais ce même jour, j'ai engueulé l'adjoint du patron. Il faut vraiment que j'arrête de sauter des repas...

31 mai, 2007

Peur bleue

Imaginez : vous voyez votre boss pour l'une des dernières fois. Il se traîne une réputation de vautour depuis que vous le connaissez et, bien qu'il se soit retranché depuis plusieurs mois dans sa tour d'Ivoire, vous savez qu'elle est amplement méritée.

Comme vous savez que vous allez partir (le boss était apparemment le seul à l'ignorer : "mais pourquoi vous dites que vous n'êtes plus là l'an prochain? Aaaah, d'accord, je comprends mieux la fin de votre lettre, maintenant!" - tiens, il l'a lue, finalement!) , vous assistez à cette réunion avec beaucoup de détachement. Elle se passe plutôt mal, d'ailleurs : l'ambiance est tendue, vos collègues sont sur les nerfs. Pas vous.
Et voilà qu'à la fin, après avoir fait sourdre des menaces qui ne vous concernent plus, voilà que Le Bolivien se pique de badiner avec vous:

Le Bolivien : " Alors, vous allez où?
Pitou G : _ Académie de Caen (je ne vais pas m'abaisser à formuler des phrases complètes pour lui, quand même! La-co-nique, le Pitou)
Le Bolivien : _ C'est une académie que je connais bien, ça! Vous me direz où vous serez, quand vous en saurez plus?
Pitou G : _ Evidemment (que non, banane, j'espère bien ne plus te revoir!)
Le Bolivien : _ Vous avez demandé Caen, je présume...
Pitou G : _ Pas du tout. J'ai demandé principalement l'Orne, et quelques coins de la Manche.
Le Bolivien (avec l'oeil qui frise) : _ Et vous avez demandé quoi en premier? (mais c'est pas vrai, il est coriace, aujourd'hui!)
Pitou G : _ J'ai demandé A...
Le Bolivien : _ C'est pô croyable! J'ai de la famille, moi, à A... Mon frère y travaille!
Pitou G : _ Dans l'Education Nationale? (je crois que j'ai eu l'air paniqué)
Le Bolivien : _ Non, pas du tout
Pitou G : _ Ah oui, c'est incroyable hein. Comme quoi, y a des emplois à A..." (je crois que j'ai poussé un soupir de soulagement)

Je vais lancer une recherche sur les pages jaunes, quand même. Histoire d'éviter le voisinage du frère du Bolivien...

G.

03 mai, 2007

A l'Ouest

Avant les vacances, j'ai demandé à mes élèves de lire un célèbre récit de Chateaubriand (je ne mets pas le titre; trop grosse parano de voir débarquer les mômes sur ce blog!) se passant en Amérique du Nord (et je vous préviens, il est interdit de mettre le titre dans les commentaires, sous peine de colère homérique! Tu es prévenu Timy... euh, tu lis pas Chateaubriand, Timy?)(c'est méchant, ça? non, qui lit Chateaubriand pour son plaisir, de toute façon?).
Dans l'énoncé du travail que je leur donne à faire sur le bouquin figure le mot "Indien". Et comme nous venons de terminer l'étude d'un autre bouquin de JC Carrière (si j'en vois un qui essaie de glisser le titre dans les commentaires, gare à son matricule!) avec des Indiens dedans, la réaction ne s'est pas fait attendre :

"Oh non! Encooooooore des Indiens!
_ Ouaip, je suis dans mon trip cow-boy en ce moment (gros sourire béat et voix aguicheuse)"

Dites, ils sont mignons, au moins, les mecs de Brokeback Mountain? Parce que si c'est pour me farcir du Candeloro en Lucky Luke, c'est la mort du p'tit cheval!

G.

13 avril, 2007

Hourrah!

Il paraît que le vendredi 13 porte chance (ou pas du tout). A moi, il a seulement porté des vacances, mais c'est déjà un bon début!
Il était temps qu'elles viennent, d'ailleurs, ces vacances, parce que bosser avec une pimbêche psycho-rigide en mal d'enfants, il y a mieux. Oui, je sais, il y a pire aussi (mari d'une pimbêche psycho-rigide en mal d'enfants, ça ne doit pas être la joie, par exemple). Bref, un peu de repos, un peu de temps pour bloguer, je ne suis pas contre...

G.

09 avril, 2007

La peau du Bolivien

Je m'en fous. L'an prochain, je me casse, lui aussi. Il retourne dans sa région, moi dans la mienne. C'est le moment de me payer sa peau, au Bolivien (le proviseur de Coucouville). Etait-il obligé d'envoyer à la moitié de son équipe ce courrier désagréable dont je vous donne les premières lignes : "Votre présence n'a pas été constatée lors de la journée solidarité" (comprendre la journée que l'on doit aux vieux personnes âgées - mea culpa, la canicule, c'était de ma faute). Le plus beau, c'est que ce courrier a été aussi distribué , dans le plus pur esprit démocratique, à des collègues qui y étaient présents. Pas à tous les absents; ç'aurait été trop simple, trop transparent, pas assez bolivien. Les présents injustement accusés sont allés râler; ils se sont vu répondre un obscur : "désolé, on n'a pas croisé les informations". J'ai une administration formidable (désolé pour le devoir de réserve).

Moi, je n'étais pas présent à cette journée : j'étais au mariage de mon beau-père. Mais je n'ai pas trop aimé les insinuations du-dit courrier. Alors j'ai fait ce que je fais de mieux : j'ai écrit. Face à ma feuille, je donne libre cours à ma rage qui s'entretient elle-même. En face à face, je suis bien trop arrangeant. Et là, vraiment, je ne veux pas prendre le risque de m'écraser devant lui. J'avoue, c'est un terrain facile et j'ai le choix des armes : je suis bien plus à l'aise avec le langage que lui (c'est pas difficile).


Monsieur le Proviseur,

J’effectuerai la totalité de la journée de solidarité au sein de mon collège de rattachement, le collège Minnie Pouce de Patelinvillers, à moins que vous n’estimiez que, travaillant dans deux établissements, je dois deux journées à mon administration. Il m’est tout à fait possible, sous réserve de l’accord de Mme la Principale, de vous fournir un certificat d’assiduité, afin que vous vérifiiez la sincérité de cet engagement.


Pour ce qui est de mon investissement dans la vie du lycée, on ne pourra nier que consacrer deux demi-journées, prises sur mon temps libre et à titre gracieux, pour évaluer à l’oral des élèves de 1ère, constituent une implication suffisante, quand la plupart des établissements scolaires rémunèrent les professeurs en heures supplémentaires pour ce genre de tâches. Est-il nécessaire de rappeler que je n’enseigne pas en classe de 1ère cette année et qu’on ne saurait tenir ces oraux blancs comme faisant partie de mon service normal ? Cela seul atteste de ma bonne foi et de ma conscience professionnelle dont la remise en cause serait vécue comme une offense.


Je rappellerai aussi la difficulté qu’il y a à concilier ses obligations envers ses deux établissements de service. C’est du moins l’expérience ressentie au cours des quatre années de complément de service que j’ai endurées. J’espère que mon successeur saura s’en accommoder au mieux. Je lui souhaite, sinon un dévouement supérieur au mien, le don d’ubiquité.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Proviseur, l'expression de ma considération distinguée.

Pitou G.


Pour le mot ubiquïté, j'espère qu'il aura eu la curiosité de regarder dans un dico. Je m'attendais à avoir de ses nouvelles, mais rien ne point à l'horizon. Je suppose que tant que j'ai mis une majuscule à Proviseur, tout est pour le mieux...

08 avril, 2007

La C.H. (crise de honte) 2

C'est la récré. Quelques élèves restent en classe pour plancher sur leur devoir. Une jeune fille frappe à la porte de ma salle et demande à me parler.

JF : Je voudrais aller en prépa et il y a un dossier à faire compléter par mes profs. Comme je n'ai pas de français cette année et qu'il y a une case à remplir, j'ai pensé que vous pourriez le faire...
G : Vous aviez qui en français, l'an dernier?
JF : Bah... Vous!

Je vous ai déjà dit que je n'étais pas physionomiste?

Ce que j'ai appris cette semaine

  • La cathédrale d'Amiens a été bâtie au XXème siècle (j'étais là quand ils ont coulé la dalle de béton)
  • Les Juifs sont des Jedi
  • L'Etat juif est la Suisse (d'où les banques, j'imagine...)
  • Les Juifs sont musulmans (oui, oui, j'ai appris tout ça en une poignée de secondes. Epatant, hein?)
  • Louis XVI fut au pouvoir sous le Second Empire

Ah oui... Y a ça aussi :

  • Ma collègue V. est une conn************************sse!

07 avril, 2007

Souci de sosie

Parking de Coucouville. Dolce et Gabbana D. et G., seuls.

D : Dis... Une question me brûle les lèvres (oh lala! je me demande bien laquelle! Quel suspense!). Maintenant que je sais que tu vas partir, j'ose... (mystère, mystère)
G : Vas-y (je ne sais à quoi m'attendre!)
D : Ton conjoint, c'est un ou une?
G : Un.
D : Je m'en doutais. Tu sais pourquoi? Mon meilleur pote est aussi un...
G : ...
D : un...
G : Inverti?
D : Ouais, c'est ça. Il est h'hwhwhomo, quoi. Et il me fait beaucoup penser à toi. Vous avez pas mal de points communs.
G : Ah? Il a toujours l'air endormi?
D : ça ne te choque pas ce que je dis, j'espère...
G : Non, ça me rappelle juste des souvenirs.

Depuis le temps qu'on me rappelle que je suis un cliché sur pattes, je vais finir par comprendre que je suis l'archétype du prof de lettres pédé, brun, beau, suprêmement intelligent qui lit lisait Télérama, écoute France Inter et vote pour les... (tssss on a dit : pas de politique sur ce blog!). Enfin bref : qui dit à peu près n'importe quoi, à longueur de temps.

Mais si on lit si clairement en moi, d'où vient que le K. me confonde avec un collègue de bio qui n'a rien de sexy?
G.

27 mars, 2007

Gay-tapin

Il y a à Coucouville un planning de la semaine toujours très attendu : on y découvre toujours des informations capitales, exposées dans le meilleur des styles.
Cette semaine, à l'honneur : "Lutte contre le racisme et l'homophonie" (sic)

Gare à vous, Pin, Pain, Peint et Peins! Le lycée de Coucouville vous a percé à jour, bande de racailles!

16 mars, 2007

Vendredi pas 13

J'envie ma collègue Positivine. Elle peut vous démontrer par A+B (normal pour une prof de maths) qu'elle est en week-end le lundi soir ("tu comprends, je ne bosse pas le mardi matin, ni le mercredi; il ne reste que le jeudi et le vendredi, mais là, c'est déjà le week-end"). Usant du même genre d'arguments, elle arrive presque à vous convaincre qu'au mois de mars, l'année est déjà finie.
Sauf que moi, je suis incapable de me sentir en week-end dès le vendredi. C'est un jour que je déteste, interminable qu'il est avec son lot de mauvaises surprises. Il y a cependant des exceptions.

Ce vendredi-là a commencé comme tous ses diables de congénères, à base de c*nn*rds sur la route, de purée de pois picarde, de gamines qui vous regardent méchamment parce que vous leur demandez pour la 3ème fois avec une patience d'ange d'enlever leur manteau ("j'ai froooid" geint la grue collée à son radiateur), d'autres qui sèchent allégrement en vous prenant pour la reine des truffes, d'autres encore qui exigent de vous un miracle parce que le bouquin qu'ils ont à acheter depuis le 15 décembre et à lire depuis le 1er février n'était pas à la librairie l'avant-veille ("et comment que j'fais pour le devoir de cet après-midi, hein?", ton de reproche de rigueur, parce qu'il faut pas déconner, c'est évident que c'est ma faute s'il va se planter, ce pauvre coeur!)

Après avoir deviné que mes élèves de l'après-midi étaient dans le bâtiment X, au 4ème étage, pour assister à une palpitante conférence sur les drogues dispensées dispensée par les gendarmes (c'est la conférence qui est dispensée par les gendarmes, pas les drogues, hein!), j'étais paisiblement en train de contempler un diaporama de carcasses de voitures éventrées, de plaies béantes et de cadavres, quand j'ai eu la surprise de voir débarquer mon p'tit collègue Minou. Il se glisse jusqu'au fond de la salle et me sussure à l'oreille :

"J'ai une faveur à te demander
_ Au lycée, tu n'y penses pas? les élèves pourraient nous voir, m'enfin!. Tu veux qu'on aille en parler dans le couloir? (c'était sûr qu'il était PD, celui-là)
_ On sera sans doute plus à l'aise (la présence des gendarmes, ça inhibe, bizarrement)

Nous quittons la salle au moment où une dame de 30 ans en paraissant 80 expose d'abominables cicatrices datant de l'époque où elle s'arrachait la chair des bras pour en chasser les insectes hallucinés. Alors, qu'avait-il de si urgent à m'exposer me demander, mon collègue?

Bah votre serviteur est finalement resté honnête et droit. Minou m'a juste demandé de lui céder une heure de cours, en accord avec la direction (pffffff! non seulement il est maso, mais il n'a aucun goût, ce mec!). Du coup, le week-end a commencé plus tôt que prévu! Youki!

G.

P.S. : ben finalement, les cakos qui n'avaient pas lu le bouquin ont obtenu un sursis pour le devoir. Tout le monde est gagnant!

18 février, 2007

Conversation un soir de fête

S : Je n'ai pas la télé. Je n'écoute pas la radio. Je ne lis plus la presse écrite. Je n'ai pas internet. De toute façon, je n'ai pas le temps de savoir ce qui se passe dans le monde : il faut que je prépare ce foutu débat pour l'ECJS (éducation civique juridique et sociale, ou un truc dans le genre)

G : Et c'est quoi le thème?

S (éclat de rire): Les médias!

15 janvier, 2007

Magie à Patatland

Certains confrères bloggeurs se plaignent régulièrement des lutins farceurs (chez nous, on appelle ça des Makouis). J'ai découvert ce matin que celui qui se cache dans notre armoire est plutôt sympathique : il corrige!
Nous sommes donc les heureux logeurs du seul Lutin Correcteur au monde. Vous remarquerez que nous avons mis du temps à détecter sa présence. C'est que cet astucieux génie est assez paresseux (c'était trop beau) : il n'a annoté qu'une seule copie; et encore s'est-il arrêté avant la fin! Des erreurs orthographiques corrigées d'une fine écriture rouge...
Au début, je n'ai rien soupçonné. Je me suis contenté d'écrire dans la marge : "ne corrigez pas vos erreurs d'une autre couleur, et surtout pas en rouge" (c'est vrai, quoi, le rouge c'est ma couleur à moi! faut minimum le CAPES pour avoir le droit de l'employer sur une copie!). Mais ce matin, l'élève concernée m'a regardé avec des yeux ronds. Ce n'était pas elle. Tout ce que j'ai trouvé à dire c'est : "Il y a un lutin correcteur dans mon armoire" (sic). Le mystère reste entier...

Autre puissant sortilège au lycée de Patatlard Coucouville, ce matin, un sort de confusion a violemment atteint une élève. J'ai cru un temps que j'en étais la victime, moi qui suis du genre tête-en-l'air. Mais manifestement, la demoiselle l'est plus que moi.
Etourdie s'approche de moi dans la salle des professeurs où je gisais mollement en soupirant corrigeais vaillamment avec un noble port de tête. Et pendant qu'elle se confond en excuses - vraiment, vraiment, elle est désolée de rendre sa copie en retard; elle voulait me la mettre dans mon casier, mais c'est aussi bien de me la donner en main propre - je rassemble ce qu'il me reste d'esprit : non, décidément, je ne l'ai pas en cours cette année...
C'est alors qu'elle me tend une copie de Science et Vie de la Terre. Bon, je sais que je suis capable d'à peu près tout et que la polyvalence est à la mode, mais quand même ! Devant mon air interloqué, elle a fini par faire le ménage dans ses neurones... A sa décharge, elle m'a rendu tellement de devoirs en retard, l'an dernier, qu'on peut porter cette distraction sur le compte du réflexe de Pavlov!

G.

12 décembre, 2006

Pétage de plomb

Le Serment des Horaces, Jacques-Louis David (et pas Jean Louis, hein, qui lui est un autre genre d'artiste), 1785

Une petite lecture d'image, ça permet de varier les approches, et ça, c'est pédagogoguique. Là, il s'agissait de montrer que, sur cette toile comme dans l'Horace de Corneille, il existe une tension entre épique et pathétique (oui, mais on s'en fout un peu, aboule le pétage de plomb!). Mais surtout, ça vous dynamise un cours; jugez plutôt :

Fortenthème : la superposition des trois Horaces met en évidence leur fraternité.
G : D'après Tite-Live, il s'agit même de triplés. Comment l'artiste a-t-il encore souligné leur union?
Rouquinou : Ils se touchent...
Beerman : Aaaaaaaah! C'est des pédés! gnarkgnarkgnark
G., touchant de naïveté et croyant tout arranger : Bah nan! Ils sont frères! (moue réprobatrice)
Beerman : Yeuuuuuuuuuurk! C'est dégueulasse! Stenkorpiiiiir!

Inutile de dire qu'il faut ramer pour rattraper ça...

Plus tard. Le prof s'embrouille un peu et parle d'"un jumeau"...

Georges : Heinnnnnnnnn! Sn'importe quoi! Un jumeau ça existe pas, heinnnnnnnnn! Y en a forcément deux! Pfffffffffffffffffff (la totalité de la classe s'échauffe)
G. (avec un brin de mauvaise foi) : Bien sûr que ça existe au singulier! Vous irez voir dans un dico et vous me recopierez dix fois la définition!

Et là, parce que c'était vendredi, qu'on est en décembre et moi au bout du rouleau, en ce moment, je suis parti sur le mode hystérie pour le quart d'heure restant. J'aime moyennement quand les choses m'échappent, surtout quand ces choses, c'est mon sang froid...

G.

16 novembre, 2006

Choc des 'tits ans


Il y a 4 ans, on me demandait encore ma carte d'identité pour rentrer en boîte, et on laissait entrer sans vérifier des jeunots d'à peine 18 ans. Déjà optimiste, je savais que ça ne durerait pas et qu'à l'âge où on a envie de paraître plus jeune, je ferai plus vieux. Mais quand même, pas si tôt!

Aujourd'hui, une collègue de mon âge m'a sorti : "on verra quand je serai aussi vieille que toi". Ce genre de méprise, on l'attend de la bouche des gamins qu'on se coltine tous les jours au boulot : au-delà de 17 ans, on tient du fossile et on a tôt fait de remonter aux années 50 (entre autres compétences dérisoires, les repères temporels ne sont pas leur fort). Mais de la part d'une collègue, zut quoi! En plus, elle a déjà deux gamins, elle! A 27 ans, ça refroidit un chouia, mais pas au point de se jeter dans un cryogénisateur...
N'empêche, ma théorie selon laquelle la peau flasque ne vient qu'avec les enfants vient de prendre un sérieux coup sur le museau (affaissé, le museau!)

G.

06 novembre, 2006

Coquille

Ce matin, sur la route de Coucouville (chouette, la rentrée...) un petit rien m'a égayé : par 4 mètres sur 3, une affiche m'invitait à découvrir ma nouvelle boutique Optitruc à "Cocuville".
Pas doué, l'afficheur...

Bon, pour les naïfs, je précise quand même que Coucouville c'est pas le vrai nom du patelin, hein, mais que le vrai nom n'est pas moins con et que la coquille sur l'affiche, du coup, elle était beaucoup moins drôle. En fait, j'ai juste grommelé "savent pas écrire, ces cons!" et j'ai maudit ma journée... Avouez que la version fantasmée est plus sympa!

G.

11 octobre, 2006

La Claque

Ce que je m’apprête à faire est d’une malhonnêteté intellectuelle rare… Je sais, enfreindre la propriété artistique, c’est mal, c’est très très mal. Circonstance aggravante : se moquer des gens, c’est pas gentil, c’est pêché, c’est peccato. Mais les faits remontent à deux ans, m’sieur l’avocat général. Et puis, franchement, quel être humain ayant par devers lui pareil trésor hésiterait à le partager avec ses précieux lecteurs, hein ? QUI ?
Pas moi. En rangeant le foutoir qui nous sert de bureau, à l’assaut des amoncellements de papiers, je l’ai retrouvée. La claque. C’est à la fois son titre et son effet ; avouez que c’est bien trouvé. C’est parce que l’auteur est un génie, et précoce s’il vous plait !

Lorsque ma collègue d’espagnol a visé le nom d’Augusto sur la liste d’appel, elle s’est dit : chic ! Elle avait sa tête de classe. Depuis, oh depuis, elle a bien déchanté : Augusto n’était guère plus doué en espagnol qu’en français. Mais en fait, ce garçon cachait un immense talent qu’il a gardé secret jusqu’au mois de mai.
Ce talent, c’est celui de booster le flux de visiteurs de ce blog, en faisant fleurir les recherches google folles tordues. Mais je crois que vous vous en rendrez vite compte. Un petit retour en arrière s’impose pour vous expliquer comment je suis rentré en possession de l’unique manuscrit (m’enfin, on l’a abondamment photocopié depuis, rassurez-vous). J’étais lancé dans une enthousiasmante séquence sur la poésie romantique et avec l’origuinalité qui me caractérise, j’avais choisi Le Lac de Lamartine pour faire émerger les thèmes de prédilection du dit mouvement. J’ai été surpris de voir Augusto prendre activement son cours, mais pas au point de mener une enquête ; mon collègue d’anglais l’a menée pour moi, intrigué de voir l’élève le plus mou du monde écrire. Ecrire trop pour être honnête. Surtout quand il s’agit d’écouter une cassette.

« Qu’est-ce que c’est, ça !
_ Euh ! Prendez-le pas, prendez-le pas : c’est mon cours de français ! »
Il n’en fallait pas plus pour aiguillonner la curiosité de mon collègue. Et là, la claque ! (je sais, j’abuse). Il est grand temps de vous en livrer de larges extraits. ATTENTION AUX ÂMES PRUDES !
*
Ça commence vaguement comme un cours de français, et ça glisse doucement vers la nouvelle cochonne, avec une espèce de verve homérique. Je ne résiste pas à l’envie de vous donner l’équivalent de « l’aurore aux doigts de rose » qui vient ponctuer la production d’Augusto : ça donne « et soudain c’est le drame, la Martine retourna son joli petit cul ». Et ça, c’est peut-être le passage le plus inoffensif… Je vous passe le début, pénible mixte de cours et de débordement d’hormones (« poème composé de 4 bites en 1 composer d’alexandrins ce qui nous donne 1 de 50cm »), pour en arriver aux passages croustillants…

« Tout en se promenant, martine fait la brouette à poil pendant que le poète lui met son obus de 50 cm et la c’est le drame un cheval se pointe et met sa b… »

Bon, la suite c’est un peu dur, quand même. Je passe.

« alors la martine a une idée elle vit un ecureil est metta des noissette sur sa chatte est l’ecureil viain sur sa chatte et la martine mit la noissette dans sa chatte et l’ecureil entra »

Bah en fait, cet extrait-là ne valait guère mieux. Admirez au passage la maîtrise de la langue. Je passe l’éblouissant morceau de bravoure où les « oisseau » sont à la recherche d’une miche de pain (et devinez où elle est cachée !). Suite :

« le poète s’amuse bien avec la sulfateuse à moustache sa sulfateuse est tellement rapide que la martine commence à avoir une douleur au niveau du cul (…) et elle joui cômme une grosse truit, cômme dit la chanson : sa s’en va et sa revient » mais sauf que lui il en était a 100 coups de bite par minute :
Sauf que la c’est le drame, la martine tourna son jolie petit cu… »

Et là, c’est vraiment le drame (il ne croyait pas si bien dire, le bougre) : l’œuvre est figée pour l’éternité sous cette forme inachevée. Même expurgé, il faut avouer que ça reste effroyablement sordide. Dites-vous qu’il y en a trois pages comme ça, et que je vous ai épargné le pire (incroyable, hein ?).

G.

16 septembre, 2006

Techno-connasse

Ce n’est déjà pas bien marrant, quand on a bossé tous les jours de la semaine, d’être réquisitionné le samedi matin au bahut dans le cadre des journées de pré-rentrée (qui ont toujours lieu, en toute logique, après la rentrée, quelquefois même au mois de juin…). Mais la corvée de devoir se présenter à une assemblée de parents n’est rien, vraiment rien, en comparaison du supplice qu’est la collègue-connasse.

Vraiment, je suis un garçon charmant, un collègue idéal et quand je pète un plomb en salle des profs, c’est sur le mode fou-rire. Avec ceux qui me gonflent un peu, j’adopte une distance polie. Quant à ceux qui me gonflent énormément… Eh bien jusqu’à présent, croyez-le ou non, cela ne m’était jamais arrivé. C’était avant elle, la techno-connasse. Elle se vend aux parents d’élèves comme un baril de lessive, mais de lessive high-tech. J’y reviens…

Tout commence dans une ambiance bonne enfant en salle des profs. Les parents arrivent au compte goutte et discutent encore le bout de gras dans la cour. Dans la salle des profs, qui autour de la machine à café, qui la clope au bec, qui affalé sur un fauteuil (moi, bien sûr), qui devant la photocopieuse (même le samedi matin, il y a toujours un fanatique devant la photocopieuse), chacun révise ses fiches ou, moins prévoyant, gribouille une bafouille au dos d’un billet d’absence. Tout le monde râle, pour la forme – sauf Le Cas qui discute cordialement avec son casier (ne la regardez JAMAIS, sinon elle vous tient la jambe 20 minutes). Après tout, ça me permet de faire connaissance avec mon charmant petit collègue d’anglais, il y a sort plus pénible. Petit à petit, la masse se disperse en direction des salles où les parents sont réunis par classe. Moi j’ai un peu de temps devant moi ; le collègue d’anglais aussi, c’est une affaire qui roule. D’ailleurs, on a une classe en commun, et c’est par elle que nous décidons de commencer.
Entrée dans la salle. Les parents nous dévisagent un moment (trop de profs sexys dans ce bahut, hein ?). Le prof principal nous cède immédiatement la parole. Les parents semblent plus concernés que leurs rejetons, ça se passe impeccablement. J’étais même à l’aise, tiens !
Dix minutes après, je sors de la classe, en me disant que cette matinée de corvée va être vite pliée, finalement. En plus, j’ai mon petit laïus bien en tête : plus qu’une classe, ça va aller comme sur des roulettes.

Ça, c’était sans compter sur elle, la garce cybernétique. Je débarque dans la salle et Schrek (le prof principal de la classe) m’accueille avec une vague lueur de panique dans l’œil. Il me prend à part : « Euh… si tu as d’autres classes à voir, tu peux y aller : Ghislaine en a encore pour vingt bonnes minutes, et quand elle est lancée… ». Sauf que je n’ai pas d’autre classe à voir, et que Ghislaine en a en fait pour une heure et demie de palabre à n’en plus finir. Il faut dire qu’elle a tout un tas de trucs à raconter, en particulier sur elle-même. Le plus beau, c’est qu’elle n’a que la moitié de la classe. Mais c’est pas grave, parce que tous les parents non concernés vont pouvoir juger à quel point elle vaut mieux que sa collègue qui a en charge l’autre moitié. Vous comprenez, elle est tellement branchée nouvelles technologies et pédagogie de projets que l’autre pauvre conne ne peut pas s’aligner. « C’est triste, mais c’est comme ça ». Elle ponctue son discours fleuve (plus long que du Castro, c’est possible) par des « Je suis vraiment un électron libre !», des « vous voyez toute l’énergie que je mets là-dedans » ou encore des « je ne suis quand même pas la seule en France à faire ça »; ; j’attends à tout moment un « regardez comme je suis géniale » qui ne viendra jamais, finalement. Mais on a bien compris le message.

Alors évidemment, on finit par entendre dans la salle des « mais comment qu’c’est qu’on fait qu’nos enfants y z’y ont pô droit ? ». Schrek rame comme un malade pour rassurer tout le monde et essayer d’accélérer les choses. Mais la techno-connasse dont le video-projecteur s’assoupit régulièrement (on ne peut pas faire son propre éloge et faire avancer sa ridicule présentation powerpoint), a ses propres solutions à proposer. Au passage, elle raconte tous les contacts qu’elle a à l’étranger pour son projet, parle toute les dix minutes des Roumains qui sont trèèèèèèèès gentils, mais tellement pauvres que l’échange des ressources n’aura pas grand intérêt (mais elle a pris grand plaisir à parler avec Vazil - oui, il s'appelle Vazil - pendant une heure, grâce à la téléphonie par internet ; même si elle n’a rien compris, c’est pas cher, alors on s’en fout). Grâce à techno-connasse, on apprend que la dame du troisième rang a de la famille à Bucarest, une autre en Allemagne et que tout ce beau monde parle français. « C’est tellement formidable de pouvoir s’appuyer sur des gens comme vous ! »

Ce qui est formidable avec ce genre de sangsue qui fait semblant de ne pas remarquer que la file des profs qui attendent de parler ne cesse de croître, c’est que, même son tour passé, elle peut remettre le couvert. Shreck a enfin réussi à la faire taire et à passer la parole au collègue de physique (il est là depuis le début, le pauvre !). Il parle cinq minutes. Je m’attends à ce que ce soit mon tour, mais la techno-connasse est déjà sur le coup : « Et qu’est-ce qu’on pourrait faire pour travailler en interdisciplinarité ? ». Après mon intervention, elle arrive encore à caser ses conseils de maman et le parcours sans faute de sa progéniture. Je suis parti avant la fin et je parie que quelques parents auraient payé pour être à ma place !

G.

Broyeur de noir

Lu à l’entrée de Coucouville sur un panneau blanc, de travers parce que c’est mode :
« le café, c’est extra ! »

Ouais, c’est vrai que c’est extra, le café. Il paraît que ça donne la pêche quand on a peu dormi. Moi, en ce moment, je m’offre des nuits de 11 heures et je n’ai jamais été aussi fatigué. Un petit café (qu’a fait quoi ?), ça changerait quelque chose ?
Ouais, le café, c’est extra. Surtout quand c’est moi qui prépare l’expresso pour mon ange pêcheur de soleils, retenu par un mégachomp’ déchaîné qu’il faut plonger dans une source chaude (c’est du boulot d’être Super Mario !). Ça sera encore mieux quand il aura enfin son vrai robot café (autre que moi) Nespresseria X truc bidule de Krupps qui fait TOUT, depuis le broyage du grain jusqu’à l’expulsion du moût de café.
C’est à ce point de ma rêverie que mon regard se pose sur la suite du panneau : « inscription à la maison paroissiale » Ah ? Le curé de Coucouville distribue des filtres gratis ? Chouette alors ! Un doute m’assaille soudain (chouette, un curé ?) ; bien sûr, il fallait lire : « le caté, c’est extra ». Yeûrkk !