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13 mai, 2007

Heureux visons

Heureux visons... L'épicentre de l'Europe se décale vers l'Est. La fourrure va revenir à la mode.

Réunion à Celtovillers pour regarder l'Eurovision. Dans le salon de Poussinou, la lutte était plus vive que sur la scène d'Helsinki : certains convives ont fait pression pour regarder un match de foot. Pffffffff! On ne regarde pas du foot à une soirée Eurovision! Il n'y a donc plus rien de sacré?

Le niveau était moins affligeant que l'an dernier, il faut le reconnaître. Parmi nous, il y avait des jurés particulièrement sévères (genre dont la moyenne, tous les ans, n'excède pas 5/20 - oui, on fait les choses bien : on note). Et bien même eux voyaient les Fatals Picards dans les cinq premiers (double chauvinisme, national et régional).




Sarbel, le roi de l'épaule sauteuse (Grèce)







Sur mon trio de tête (dans l'ordre : Ukraine, Royaume-Uni et France), il y en a deux dans les choux (ex aequo, en plus!). Les hôtesses de l'air du monde civilisé sont moins à la mode que les connasses de l'Est, faut croire. Que la France finisse avant dernière avec La Pouchain, on l'avait bien cherché. Mais là, tout de même...

Bon, en même temps, on sait comment ça marche, les votes : la chanson, tout le monde s'en fout un peu. Ceux qui sont chargés de communiquer les résultats (en général, c'est un défilé de bombasses; mention spécial au petit Israëlien, cette année) ne s'en cachent même plus : "And twelve points go to ouuuuuuuur neighbouuuuuurs, Sweeeeeeden" braille la Lynda Lacoste danoise. Les Moldaves votent pour les Roumains, les Anglais pour les Irlandais (ce furent bien les seuls; l'Europe semble bouder le flûtiau), le Belarus pour la Russie, le Monténégro pour la Serbie (il y a deux ans, c'était le même pays, en même temps), les Allemands pour la Turquie (comme tous les ans). Chaque peuple a toujours voté pour ses voisins : on appelle ça le vote diplomatique (sauf la Belgique qui ne vote même plus pour la France...). Le phénomène semble quand même s'être amplifié ces dernières années, sauf pour les plus vieux participants qui, du coup, sont condamnés aux dernières places.

Quelques bizarreries, quand même, dans cette Europe des régions. On constatera que l'Eurovision est l'occasion de réconciliations spectaculaires : l'ancienne Yougoslavie fait de nouveau bloc et la Turquie donne la note maximale à l'Arménie (avec son arbre à papier toilette et son minou à pipeau) qui n'oublie pas son ancien bourreau. A quoi bon voter une loi sur le génocide arménien si ce pays zappe la France et plébiscite l'ennemi d'hier? C'est à vous dégoûter de la politique ;-)Espingouinie

Cela dit, soyons honnête, dans mes critères de notation de cette année, j'ai intégré moi aussi un système de bonus/malus politique (-5 pour la Hongrie, +2 pour la Turquie; j'avais prévu un -5 pour Malte, mais ils ont été éliminés trop tôt) en plus de mes catégories traditionnelles (langue, costume, jeu de scène, testostérone/bombasse et... j'oublie toujours le cinquième critère*)

Mais Eurosement heureusement, l'Eurovision est surtout l'occasion de partager un moment de complicité avec de talentueux animateurs télé. Hélas, ce n'était pas facile de suivre les commentaires de Tex et Lepers dans le salon de Poussinou à cause du brouhaha. On pourrait croire qu'on n'a rien perdu; mais deux perles de Lepers qui ont réussi à se frayer un chemin jusqu'à mes oreilles me font penser le contraire :
"Attention à la Lettonie!" et "Madame est Serbie". Julien, je t'aime (mais si on pouvait t'échanger avec le monsieur Loyal finlandais, je serais un fidèle de Question pour un Champion).


Mikko Leppilampi, le Julien Lepers finlandais.






G.

* mais bien sûr, le 5ème critère, c'est la chanson elle-même!

10 mars, 2007

Moins belle la vie

On ne pouvait pas les laisser quinze jour sans surveillance : le temps de revenir, ils nous avaient tué du pédé!

Bravo les scénaristes de Plus belle la vie!

16 février, 2007

Pathos politique

Dans une campagne présidentielle, les coups bas sont en principe assénés par des adversaires. Il arrive que certains se sabordent comme des grands.

Un candidat, que nous désignerons par le pseudonyme de Vilip de Filier par pure charité vendéenne chrétienne, parcourt la presse avec son équipe de campagne devant des caméras :
"C'est nul! C'est nul, mais c'est nul! On ne parle de nous que pour ***** (sujet effectivement tellement dérisoire que je l'ai oublié)"
Répartie cinglante de sa chargée de campagne, grande brune élégante qui, à cet instant, déforme son visage altier en une moue désabusée : "Au moins, on parle de nous".
Désespérance palpable.

Est-ce la certitude d'une débâcle qui pousse ainsi un candidat à baisser la garde à ce point devant une caméra? Pauvre animal politique!

07 février, 2007

Laisser aller


Petite conversation à table, pour tenter d'oublier le contenu marécageux de nos assiettes coucouvillaises.
G : Qu'est-ce que tu as fait ce week-end.
S : Je suis allé au théâtre voir Le moine. C'était assez noir, mais vraiment superbe. Sinon, hier, je suis allée au cinéma voir Daratt. Et toi, tu as vu quoi de beau, dernièrement?
G : Euhh... Jennifer Lopez dans un marshmallowliwoodien, ça compte?

Ouais, il y a eu du laisser-aller culturel, ces derniers temps siècles. Mais mon homme veille au grain. Nouveau week-end parisien en perspective, mais cette fois, on la verra cette expo sur les trésors engloutis (V. a réservé, parce qu'on a besoin de ce genre de contraintes, nous autres larves de canapé...)

G.

30 janvier, 2007

ROMA/AMOR


Si ce blog manque d'article de fond ces temps-ci, c'est parce que nous nous consacrons à 100% à notre mission éducative sommes plongés dans la série Rome.

Visuellement, c'est un vrai petit bijou : la Ville ne fait ni trop neuve (effet toc assuré), ni musée avant l'heure. Elle est, vivante, telle qu'elle devait paraître en ces temps troublés d'agonie républicaine. Toutes les deux minutes, je m'exclame donc :

"Splendide domus! Je pourrais montrer ça à des 5èmes!" ou encore "Regarde, il y a même les imagines! Et un laraire dans l'atrium!", si ce n'est "Octave porte encore sa bulla et la toge prétexte " voire "Divin Marc-Antoine qui tient audience au milieu de sa cour entièrement à poil! Je pourrais montrer ça à... (euh, bah non finalement)" (euh... c'est quoi ce filet de bave qui vient d'inonder mon clavier) (de bave, j'ai dit) (pardon).

Le problème, c'est que ce n'est pas une série à mettre entre sous tous les yeux. Parce que des Marc-Antoine - là, ça ne se voit pas, mais je me pâme - ou des Attia qui montrent les secrets de leur anatomie, y en a presque autant que des carnages sanglants ou des scènes de trépanation sans anesthésie... Bref, pour montrer ça à des mômes, il faut passer par la case montage.

Une période aussi passionnante méritait bien une série aussi réussie (en plus, ça me donne l'occasion de serrer dans mes bras mon amour quand il tremble devant une énième décapitation...)

G.

05 janvier, 2007

Heureux qui Québéquois...

Des fois, on regretterait presque de n'être pas né de l'autre côté de l'Atlantique (même s'ils ont Isabelle Boulet Boulay), et pas que pour de bonnes raisons...

Heureux qui Québéquois voit d'autres horizons
Et tévé Canoë; que ne suis-je Beckye (c'est pour la rime graphique)
Ou Criquette Rockwell, auguste Québéquie ?
Hélas! c'est comme ça, le coeur a ses raisons

(là, voyez, pour ce madrigal, je m'attends à recevoir le prix Nobel de littérature)
Et vous savez le plus drôle? Isabelle Boulay y tient un petit rôle. Comme quoi...

G.

10 décembre, 2006

Miss Rance

Hip hip hip youki! Miss Rance est picarde, cette année! En plus, c'est une hypokhâgneuse, alors! La Picardie, c'est notre pays. Nous allons évidemment annuler notre demande de mutation, vu l'importance de l'événement.

Geneviève tenait la forme, cette année : ils l'ont fait venir au milieu de l'émission, tellement elle était pompette! Et à la fin, Tata Yoyo ramassait les confettis argentés avec son chapeau.

Observation très classe de la coach des miss : "Si vous êtes des poulpes, fallait le dire!". Des surprises, cette année :
  • Miss Dauphiné n'est pas dauphine
  • Miss Mayotte n'était pas top en maillot
  • Miss Limousin, joli visage mais bras anorexissimes et surtout mal-entendante de naissance, n'a pas été consacrée (juste première dauphine). C'était sans doute un malentendu...
  • Certaines miss étaient vraiment effrayantes; ce n'est pas nouveau. Mais c'est la première fois qu'aucune d'elles n'est arrivée en phase finale.
  • Le jury était très classe aussi : Michel Sardou, Titoff, Jitrois, Liane Foly... Que des gens extrêment qualifiés en matière de bon goût.
Mais pendant toute l'émission, moi je ne me posais qu'une seule question : pendant son mandat, est-ce que Miss France cotise pour sa retraite?

G.

25 novembre, 2006

Rappel aux média

L'anorexie n'est pas une mode, c'est un trouble mental. Il faut aller chercher ses causes un peu plus loin que sur les couvertures de magazines...

J'en profite pour vous recommander chaudement un livre de jeunesse : Sobibòr, de Jean Molla. Ceux qui ont de solides connaissances historiques sur la Seconde Guerre Mondiale se demandront peut-être quel rapport il existe entre ce camp de concentration polonais et l'anorexie mentale. Je vous laisse découvrir la réponse, mais sachez qu'aucun de ces thèmes n'est ici accessoire. Si le dénouement est loin d'être inattendu, ce livre reste une bénédiction. Bonne lecture.

G.

08 novembre, 2006

Le syndrôme Muriel

Pourquoi est-ce qu’à chaque fois qu’on nous inflige une comédie sur le mariage, on nous promet la comédie de l’année ? Il y a maintenant une paire d’années, j’ai regardé Muriel, alléché par une bande annonce qui annonçait mensongèrement une grosse poilade. Je n’ai pas regretté, parce que c’est un film fabuleux ; mais il faut avouer qu’en dépit de moments vraiment drôles, c’est une comédie plutôt déprimante.

Lundi soir, j’ai eu l’imprudence de regarder Mariages ! alors que je tiens Jean Dujardin en horreur. Mon homme m’a dit que ça serait drôle, je me suis laissé amadouer par la perspective d’une petite soirée télé en n’amoureux, et il a passé la soirée à téléphoner pendant que je m’enfonçais dans le cauchemar. Là aussi, on avait claironné partout : mouarf, PT2 rire !!!!! Le film est tout ce que vous voulez : glauque, sordide, pompeux, pathétique, pénible, monstrueux, mais drôle (?!), à aucun moment.

Quand on veut faire rire avec le mariage, est-il irrémédiable de flirter avec le tragique ? Même Quatre Mariages et un enterrement, pour le coup très drôle, se sent obligé de finir au cimetière. Il semble que la cérémonie, dont on attend toujours qu’elle soit bien huilée, appelle la glissade (trop d’huile, sans doute). Dans Mariages ! les noces idylliques qui se transforment en cataclysme, ça m’a rappelé l’aîné australien, à une ou deux ou trois moult réserves près :

- Muriel n’est pas un navet

- Muriel m’a fait acheter l’intégrale d’Abba, alors qu’il n’y a positivement aucune chance que j’achète la merdasse bontempi du grand malade mental qui a composé la B.O. de Mariages !

- Les personnages de Mariages ! sont tous grotesques et je plains Lio de tout mon cœur lorsque je repense au dénouement du film et à la dernière image affligeante au symbolisme avarié. C’est con, parce qu’une image finale, comme la dernière ligne d’un roman, a un pouvoir énorme (en tout cas sur moi) et entre pour beaucoup dans l’impression que j’ai d’un film. Alors la femme libre qui va nu pied au beau milieu de la route en suivant les pointillés au son d’un carnage musical, ça tombe totalement à plat. Surtout après la scène clicheteuse du plongeon des deux jeunes mariés et du découpage de cheveux (vous comprenez, une femme aux cheveux longs, elle est forcément prisonnière de ses préjugés petits-bourgeois). Les autres acteurs, je ne peux pas les plaindre : Seigner et Dujardin sont bien assortis à la médiocrité de l’ensemble et Alexis Loret, s’il est un régal pour les yeux, est à ce point l’incarnation du fadasse qu’il n’arrivera jamais à m’apitoyer (pas de pitié pour les top-models ! niak niak niak).

- Muriel est un film cruel et subtil. Dans Mariages ! (qui se montre surtout cruel avec les nerfs du spectateurs), on voit le briquet mais pas la moindre étincelle. Pire que tout, après s’être vaguement montré corrosif, il tombe dans la bluette qui s’acharne à sauver une morale des plus étroites: le Loret ne s’était pas fait sucer par le travelo, finalement, juste par une quelconque connasse (ouf, il est bon pour le mariage, alors ! On a eu peuuuuuur !)

En fait, si ce n’est un thème commun, un décalage énorme entre l’attente et le résultat et le fait que j’ai chialé devant les deux films (mais vraiment pas pour les mêmes raisons !), je m’aperçois que cette comparaison n’a aucun fondement. J’offre donc une pièce montée aux courageux qui ont suivi jusqu’à la fin. Congratulations !

G.



18 octobre, 2006

Diegogol

Ça devient dur d’aller bosser, le mercredi matin, quand mon homme prend son petit-déj’ devant Bonjour Diego. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a moyen de scotcher devant ce monde où les animaux sauvages parlent tous anglais… mal, mais anglais. Je m’interroge sur l’utilité d’apprendre l’anglais à des mômes – qui vont s’empresser de croire qu’un puma ou un chinchilla (tant qu’à faire, apprenons les incontournables du règne animal) parlent en anglais – avec un accent de chiotte.


Je n’ai vu que deux morceaux d’épisodes, mais la trame narrative semble toujours la même. Diego part à la rescousse d’animaux en détresse, après avoir identifié le-dit animal à l’aide de Clic l’appareil. Clic nous gratifie alors d’un clip immonde au cours duquel il s’auto-congratule avec sa voix de casserole. Finalement il soumet trois animaux au téléspectateur. Un petit truc pour vous aider (attention Spoiler) : le bon, c’est toujours le troisième. Une fois la pauvre victime identifiée – ce matin, c’était un pauvre bébé chinchilla coincé sur une branche au-dessus d’une cascade -, Diego vous explique tout de ses particularités. Et là, je m’interroge : petit, j’aurais été mort d’angoisse en voyant Diego me demander de lui désigner les oreilles du chinchilla, plutôt que de courir le sauver… Je crois que les scénaristes, sous des dehors d’écologistes, sont en vérité de dangereux et de sadiques bourreaux des bêtes…

Diego, en tout cas, ça n’a pas l’air de le stresser des masses, car il sait qu’il peut compter sur Sac de s’cours. Deuxième clip hideux et répétitif, au terme duquel nos chères têtes blondes sont invitées à trouver le moyen le plus adéquat pour la mission du jour. « Est-ce qu’un lave-linge pourra nous aider à sauver Chincha le bébé chinchilla ? ». Un petit truc pour les aider, c’est toujours le troisième… Ah ? je vous l’ai déjà dit ? Au moins, vos marmots auront appris à compter… Bref, aujourd’hui Sac de s’cours s’est changé en deltaplane, parce qu’un sac, ça se tansforme, c’est connu. V. m’a fait remarquer que ce sauvetage est l’exact opposé de celui de Kerry dans J’emporterai ton âme où un jean suffisait à sauver des eaux l’héroïne, piégée comme un chinchilla… remarquez que ça valait le coup, parce que Chincha était tellement contente de retourner chez sa Mummy et son Daddy, qu’elle nous a offert quelques pas de la trop méconnue danse du Chinchilla…

La semaine dernière Diego était de corvée de tatou. C’était encore plus interactif, parce que le téléspectateur devait prévenir le tatou à chaque fois qu’il apercevait un redoutable loup à crinière, et lui crier : « Roll into a ball », ce qui donnait version Diego quelque chose comme : « wowinwowowoll » qui ne sont pas sans rappeler un mystérieux chef indien croisé ici.



ça a pourtant l’air mignon tout plein, un loup à crinière…







La bonne nouvelle, c’est que j’arriverai bien à suivre un épisode entier pendant mes vacances !

G.

12 octobre, 2006

C’était peut-être un daim !

L’affiche est grotesque, puisque l’héroïne de ce navet – que je m’étonne de ne pas avoir trouvé sur Nanarland) est inexplicablement rejetée au second plan (c’est la blonde à boucles : j’ai eu du mal à la reconnaître parce que je m’étais habitué à la voir sans son jean). Le titre est lui aussi inexplicable. Il est à l’image du film, à vrai dire. Il y a quelques années, nous l’avions déniché sur M6. Poussinou l’a acheté, le fou, et nous l’avons revu avec lui mardi soir.

Je pense que les scénaristes se sont dit : « on va faire un récit extraordinairement complexe en mélangeant les strates temporelles ; ça sera super classieux. On soufflera l’oscar à David Lynch ! En plus, on multipliera les fausses allusions et les détails inutiles ». Pour l’Oscar, c’était pas gagné d’avance. Mais pour paumer le spectateur le plus averti, c’est un pari gagné.

Déjà, j’ai soupçonné ce film d’être un deux en un, tant la première partie semble sans rapport avec ce qui va suivre : un jeune couple en voiture se retrouve bloqué sous la neige. Gentleman, le bellâtre oblige sa copine à sortir de la bagnole et à la tirer avec un câble. Pour des raisons évidentes, nous la surnommerons Rodolphe. Enfin, c’est peut-être pas utile de lui donner un nom, vu qu’on ne parlera bientôt plus d’elle. Le mec semble être un vague salaud, me direz-vous. Oui, en fait, c’est même le message central du film, semble-t-il : les garçons sont des monstres. Mais c’est aussi peut-être une fausse piste lancée par les scénaristes. C’est un point important, nous y reviendrons.

Rodolphe n’est pas tranquille : elle a vu une silhouette inquiétante (un mec hirsute avec un manteau de fourrure, en fait) courir entre deux buissons. Bellâtre la rassure avec ces mots puissants qu’on réentendra de nombreuses fois dans le film : « c’était peut-être un daim ! ». Un camion arrive à toute berzingue et dégomme la voiture . Rodolphe et Bellâtre s’en sortent indemnes, ce qui est un exploit quand on considère l’abominable film bleu dont le réalisateur a recouvert la caméra pour suggérer la tempête de neige. Le conducteur du camion, lui, est en piteux état : il a été éjecté de son véhicule qui s’est empressé d’exploser. Bellâtre s’approche (il insiste pour amener sa copine au plus proche du drame : quel homme !). il pose un doigt sur le coup du camionneur. Celui-ci se réveille et les engueule ; ensuite, il se rend compte horrifié (on le serait à moins) qu’il est coupé en deux. L’instant d’après, il est mort. La blonde Rodolphe se laisse persuader par son mec d’aller chercher du secours. Hélas, elle marche sur un piège à loup. Ensuite, on voit le couple attaché par les poignets à une branche d’arbre, leur torse maculé de sang, leur corps supplicié.

Evidemment, ça aurait été trop simple de voir tout ça d’une traite. La séquence est entrecoupée de scènes où on voit la blonde bouclée qui se confie à un psy (Rodolphe et Bellâtre, c’est l’un de ses rêves traumatisants), où elle assiste au match de basket de son lycée (Sasquatch : j’adore le nom) et se fait draguer dans un bar. On comprend qu’elle a été embrigadée par son prof de biologie avec quelques copains pour une virée en montagne. Régulièrement, Kerry, l’héroïne a des visions où elle se retrouve face à un Indien qui verse dans la philo de comptoir et se lance dans des whowhowho qui évoquent quelquefois une enfilade de rôts. Puissant.

Kerry se fait séduire par un joli brin de garçon qu’on appellera Simplet, mais on sent qu’elle n’est pas à l’aise avec les mecs. Elle est plutôt cynique et indifférente. Arrivent deux pin-up (dixit le film) qui s’assoient à la table d’un groupe de mecs et où se trouve aussi la meilleure amie de Kerry – par une sorte d’heureux hasard, tous ceux-là constituent la fine équipe qui ira à la montagne. L’une de ces deux filles (plan nichons) lâche alors : « Ah la la, c’est pas drôle ce qui arrive à Simplet (grosse poilade) : Kerry, elle a des problèmes émotionnels (repoilade) » (plan nichons). Tout cela n’est pas du goût de la bonne copine.

Prise au piège, Kerry est obligée de ramener Simplet dans sa voiture. Bon, là on n’a pas fait très attention, parce que c’était quand même soirée raclette et, franchement, on a eu la flemme de rembobiner le DVD (zut… je m’aperçois que, faute de cassettes, le verbe « rembobiner ».va décéder). A un moment, quand même, leur conversation a pris un tour intéressant qui nous a fait dresser l’oreille :

Kerry : j’espère que tu ne dis pas ça dans l’espoir que je mette ma petite culotte sur ta tête !

Deux minutes après, ils se bécottent et même un peu plus. Alors, dans un plan majestueux, on voit Simplet enfiler sur sa tête la petite culotte de Kerry. Magique.

Après quelques whowhowho du chef indien et deux ou trois séances de psy, on comprend que si Kerry a des problèmes émotionnels, c’est qu’elle a été attouchée par son beau-père. Entre-temps, on a aussi assisté au départ pour la montagne, et notamment à un formidable clip où les adolescents se bombardent de boules de neige. C’est toujours utile, un clip, pour meubler. Ça faisait très Alerte à Malibu au chalet. Grâce aux bienfaits de l’hypnose, Kerry se revoit enfant, espèce de Nelly Olsen hideuse et enrubannée. On la voit aussi de temps en temps avec une camisole dans une salle capitonnée, en train de tourner sur elle-même, de se faire piquer par le psy ou courtiser par Simplet (oui oui, tout ça avec la camisole), sans qu’on comprenne où, quand, comment (ni surtout : pourquoi!). Parfait brouillage temporel : tout spectateur normal est alors complètement paumé. La quintessence de cette stratégie est atteinte lors d’une hallucinante succession de plans : Kerry dans la forêt/ Kerry en camisole (la scène de la montagne est-elle son délire ?)/ Kerry qui se réveille après avoir rêvé qu’elle se réveillait après avoir rêvé qu’elle se réveillait après avoir rêvé qu’elle se réveillait… 5 plans consécutifs de réveils brutaux dans des endroits différents, je pense que c’est un record inégalé dans la mise en abîme. Et ça fait beaucoup pour 6 secondes de films…

Malgré quelques autres retours au cabinet du psy, l’intrigue se concentre alors sur l’escapade en montagne. La sortie pédagogique tourne à la panique quand Kerry aperçoit un homme sauvage (« c’est peut-être un daim ! »). Sauf que le daim trucide le prof de bio et enlève, sans qu’on sache trop pourquoi, Kerry et sa copine. Dans une scène transparemment symbolique, l’homme sauvage pointe un épieu vers le bassin de Kerry, avant de s’en aller. Kerry frotte ses liens contre un rocher et se casse avec sa copine, laissant son prof de bio à demi-mangé. Pendant ce temps, les autres ont couru partout dans les bois en se cassant la gueule dès que possible, et ont tenté de faire redémarrer la camionnette, avant de se rendre compte que le coup des fils que l’on connecte ensemble, ça ne marche pas pour les modèles récents. Ils arrivent à faire fonctionner la radio et joignent la police. Et là, pouf, il fait nuit.

Les adolescents se sont barricadés dans le chalet, mais le sous-sol, au plafond duquel pendouillent étrangement des bouts de moquette et de laine de verre, est bien mal fréquenté. L’un des jeunes se fait harponner par un javelot. Sur ce, les policiers arrivent, sans doute les plus nuls de toute l’histoire du cinéma : ils s’énervent pour un rien et agissent en dépit du bon sens. La logique voudrait qu’ils se fassent embrocher en deux minutes. Et c’est ce qui arrive. Là, on se rend compte qu’il y a en fait toute une meute de daims d’hommes sauvages. Kerry et sa copine qui sont arrivées un peu après les policiers, s’enfuient avec les survivants – la confusion est telle qu’on ne sait pas trop qui a survécu, à vrai dire. Ils se ruent dans une bagnole et démarrent à toute allure, direction les chutes d’eau. La voiture plonge dans le fleuve, certains se noient. Le frère de Kerry, un avorton insupportable qu’elle retrouvera plus tard, disparaît momentanément. Kerry, accrochée à un rocher à trente centimètres du bord, lâche la main de sa copine qui est emportée dans la chute d’eau (et hop ! un mannequin en mousse). C’est le moment pour l’héroïne, de piquer un petit roupillon, normal.

Au réveil, Kerry se décide à franchir la rivière. Comment faire ? Réussira-t-elle à enjamber le ruisselet qui la sépare de la terre ferme ? Elle avise une branche, enlève son jean, le déchire, et se hisse avec ce lasso de fortune sur l’arbre. Deux secondes après, elle redescend de l’arbre à un tout autre endroit. Avec sa loque de jean en guise de pareo, le nombril à l’air, pieds nus, Kerry commence une longue errance dans une forêt quelquefois enneigée, quelquefois non. Elle retrouve son frère et même Simplet, que l’on avait laissé noyé. Le T-Shirt de Simplet est artistiquement lacéré (avis aux amateurs de pectoraux saillants), et ses sourcils ont poussé. Simplet, vous l’aurez compris, a commencé sa transformation en monstre, car tout homme se change en loup-garou quand grimpe son taux de testostérone. L’avorton de frère devient lui aussi un de ces prédateurs… La fin est assez confuse : tout le monde tombe dans un ravin (soit trente secondes de roulé-boulé). Et puis on retrouve Kerry chez le psy. Elle en a marre de sa thérapie, envoie balader le praticien. Attention à la chute : on voit alors Kerry embrasser affectueusement sa maman et son beau-père, l’ordure qui était censée l’avoir attouchée, et dire qu’elle ne veut plus voir ce psy…

Le beau-père violeur était une fausse piste, l’Indien était purement décoratif, on n’a jamais plus entendu parler de Rodolphe et Bellâtre, et les garçons ne sont pas des méchants. En revanche, la psychanalyse, c’est mal. Beau bilan, parfaitement incohérent. Si vous sortez de ce film sain d’esprit, c’est que vous étiez auparavant un dangereux psychopathe !

G.

PS : et rechute après la chute... Le lendemain, Kerry rejoint ses amis pour la fameuse virée à la montagne qui, en fait, n'a pas encore eu lieu. Ahah, suspense! En plus, ça permet de réutiliser de la bobine...

08 octobre, 2006

Vive les reportages!

Vue à la télé par Taphanie, dans un reportage sur l'amour des gens pour leurs chiens, cette dame qui chouchoute ses deux Yorkshires et leur brosse minutieusement les quenottes :

"Bah oui, c'est un dentifrice pour humains. Pour handicapés, même, je crois"

Mais c'est quoi la particularité d'un dentifrice pour handicapés?C'est une formule qui empêche de s'étouffer avec sa propre salive?

G.

09 août, 2006

Micheline et moi

Ayant traversé les Normandies de part en part, de long en large et réciproquement, nous avons beaucoup écouté la radio durant la dernière quinzaine. Notre périple nous a ainsi permis de découvrir Radio Fraternité (mais comment vivions-nous auparavant ?) et les fabuleuses « Micheline et moi-même » (sic… à répéter toutes les deux phrases) nous présentant dans le plus franc amateurisme une recette de radis au vinaigre…

« Alors ça, c’est original, Micheline. Parce que les radis, on ne sait jamais comment les servir!
_ Oui, c’est souvent cru avec du beurre.
_ Remarquez, c’est très bon comme ça, les radis, Micheline. Les recettes les plus simples sont les meilleures, Micheline…
_ Oui, ben on ne vous demande pas votre avis. Les radis, ça sera au vinaigre et aux aromates, et puis c’est tout! »

Elles sont trop sympa, « Micheline et moi-même » : elles nous livrent leurs petits secrets même quand ce n’est pas encore l’heure de la rubrique astuces, et c’est toujours un truc édifiant du genre : ne sortez pas le plat du four à mains nues.

*

Même si j’ai un faible pour toute émission donnant l’air d’être l’œuvre de gosses ou de bricoleurs peu doués, le principal atout de Radio Fraternité réside dans sa ligne éditoriale que l'on pourrait résumer ainsi : Jésus est notre sauveur. Nous ne l’avons pas compris tout de suite (bon, j’avoue que j’avais des soupçons au nom de la station, mais après tout, on peut être fraternel et laïc, non ?). Il nous aura fallu deux bonnes minutes pour comprendre que le sujet de la première chanson que nous y avons entendue, une marmelade lénifiante, était le parrainage des enfants en Afrique. Du coup, on n’a pas été très surpris d’entendre un autre catho à guitare s’extasier « Ma Sœur, Je veux chanter avec toâ / Que Jésus est la source de notre joâ ».

J’ai hélas omis de retenir la fréquence… Je n’ai pas bien fait mon Job (ouarf…).

G.

21 juillet, 2006

Requête

Je peux avoir le téléphone du bricoleur minou du Question maison diffusé ce matin?

Un jour, une histoire

Chez mes parents, j’ai fait provision de DVD de film pointus (Eisenstein, Lynch, Lang, Mizoguchi, Herzog…), histoire de parfaire ma connaissance cinématographique plus que branlante. Et au final, je larve devant l’Île de la Tentation et les téléfilms de M6 (Un jour, une histoire… un concept ?)

Le téléfilm d’hier s’intitulait Un dimanche sur deux. Il s’ouvre sur un horripilant rouquin de 6 ans avec maman débordante d’amour.
« Attache ta ceinture, maman t’aime (…) Sois poli avec la dame, mon chéri (…) les aveugles aussi ont droit à la vie, mon bébé » (euh… là je brode, mais bon, vous avez compris l’esprit). A l’école, le prof lisse à mourir, look alike de Georges Clooney, après avoir encouragé l’insupportable bambin dans son amour pour les vers de terre (!), l’invite à nourrir Horace. Il ouvre une boîte et laisse le mioche choisir la souris vivante qu’il jettera au boa. Classe, le CP !

Plus tard, l’insoutenable morveux, fagoté dans un atroce gilet vert en laine agrémenté d’un nœud pap’, fait la morale à son papa, look alike de Buce Willis chevelu, tandis qu’une musique incessante n’en finit pas de nous vriller les tympans : « Quand tu fumes, ça va aussi dans mes poumons, et il faut être gentil avec les gens, même les gros, et se brosser les dents après chaque repas » (ok, là aussi j’extrapole).

Il découvre la nouvelle femme de son poupa et ses enfants : il y a la petite pétasse et le demi-frère Ben que l’on subodore démoniaque, parce qu’il porte sa casquette vissée à l’envers. La belle mère, choucroute héroïque, coud un costume en amiante pour le Halloween du mouflet. On pressent que, sous des dehors affables et prévénants, elle escompte phagocyter la relation mère-fils si complice, en profitant de l’investissement de la môman dans sa carrière d’infirmière , alors qu’elle, elle est femme au foyer (la garce !). A retenir : les gentilles mamans divorcées des téléfilms U.S., tout comme les papas veufs des téléfilms allemands, ont forcément une vocation altruiste.

Notre fan de vers de terre est à n’en pas douter un bout de chou ett’ sett’sionnel, qui regarde des cartoons en V.O. (pour des raisons de budget, les bruits d’ambiance n’ont pas été doublés). Evidemment, je ne saurais vous confirmer ces hypothèses, car je n’ai pas tenu au-delà de la demi-heure. Faut pas déconner!

G.

20 juillet, 2006

Totally Spies

Entendu ce matin dans Totally Spies :
Clover à un charmant farmer du Mid-west: "Si vous avez besoin de moi pour inpecter votre maïs, je suis à votre disposition".

Moralité : les dessins animés sont comme les comptines; destinés prioritairement aux enfants, ils sont le plus souvent obscènes.Entendu de ma propre bouche de grand enfant devant Totally Spies (seuls les connoisseurs apprécieront).

G : "Oh non! Putain! les comm' poudr'!!!!!!"

devant le spectacle terrifiant de la précieuse quincaillerie informatique de nos espionnes de choc broyée dans un ascenseur maléfique - je sens que je vais donner envie aux gens de découvrir la série, moi...

19 juillet, 2006

Subliminale

" Pour un militant comme moi, c'est une consécration!
_ Pour une fois qu'il y en a une qui tient ses promesses!
_ Vous aussi, goûtez l'élue des Français!"

Non, vous avez vraiment cru à une publicité pour la Danette crème brûlée? Petits naïfs! Ne serait-ce pas plutôt une campagne subliminale pour Ségolène Royal?

G.

14 juillet, 2006

Radio cliché

Entendu sur France Bleu Normandie. Le principe de l'émission "La Compil" a été mille et mille fois exploré : les auditeurs appellent leur station préférée pour choisir la chanson qu'ils veulent écouter et, au passage, taillent une bavette avec l'animateur. Ce qui fait la différence dans ce genre d'émission, c'est donc la verve, le talent, la générosité du préposé à l'antenne. Et le réseau France Bleu dispose d'animateurs top-classe.

L'animatrice top-classe : "Nous avons Yang Tsoung en ligne. Bonjour, Yang Tsoung. Je n'ai pas trop écorché votre nom au moins?
Yang Tsoung : _ Tout à fait.
Animatrice top-classe : C'est de quelle origine, votre nom?
Y.T. : _ Je suis d'origine chinoise.
A.T.C. : _ C'est-à-dire?" (A.T.C. est une journaliste d'investigation dans l'âme, ça se sent)

Suit un passionnant échange au cours duquel on apprend, en gros, que Yang Tsoung est d'origine chinoise. La gentille auditrice est une femme posée qui pèse scrupuleusement chacun de ses mots. On sent que l'animatrice top-classe regrette un peu sa question, ce qui ne l'empêchera pas de récidiver.

A.T.C. : " Et ça vous manque pas trop, la Chine?
Y.T. : _ Je suis heureuse en France.
A.T.C. : _ Nan, parce qu'en général quand on vient d'un pays où y'a du monde tout l'temps, ça fait bizarre après. Surtout qu'en Chine, on peut manger à n'importe quelle heure. Et ça, après, ça manque!
Y.T. : _ Euh ben non, ça va...
A.T.C. : _ Et le riz? ça vous manque pas trop, le riz?
Y.T. : _ C'est-à-dire que... ben, j'en fais de temps en temps "(quelle exubérance, ces chinois! En plus, on sent bien qu'ils se renferment sur eux-mêmes quand ils s'installent à l'étranger : vous vous rendez compte? Ils se cuisinent du riz au mépris de nos traditions culinaires séculaires! est-ce qu'on se cuisine du riz, nos autres, bons Français?).
Suit un passionnant monologue où l'animatrice nous raconte sa passion pour les voyages et pour l'Asie, continent fabuleux où on peut manger à toute heure (ça semble être une idée fixe; grâce à la magie de la radio, on se l'imaginera comme une grosse goulue). Elle aimerait bien aller en Chine un de ces quatre, parce qu'elle est tombée drôlement amoureuse de la Thaïlande. Mais il est temps d'en revenir à nos moutons...
A.T.C. : " Ah lala! Beaucoup d'exotisme grâce à vous ce soir! Qu'est-ce que vous avez envie d'écouter?
Y.T. : _ Johnny Halliday"

Si j'osais, en ce jour de fête nationale, je dirais que c'était un véritable feu d'artifice. Et on sait combien les Chinois sont doués dans ce domaine aussi. Mais en quoi ces infatigables travailleurs ne sont-ils pas doués, hein madame l'animatrice? On raconte même qu'au beau milieu des fusées, des pétards et des dragons dansants, les Chinois s'installent dans des bouibouis où ils peuvent manger à toute heure...
G.

11 juillet, 2006

Tout doit disparaître


Le final d'une série que l'on aime est forcément émouvant. Là, sur notre canapé anthracite, s'épanchèrent les grandes eaux de Versailles. Si vous avez envie d'y aller de vos propres larmes, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

25 mai, 2006

Rêverie

Elle n'est pas telle que je la rêvais, moins noble et moins bienveillante à la fois. Mais elle est émouvante, image très personnelle et moderne d'un mythe historique. Evidemment, les contraintes du scénario ont amplifié certains caractères: la duchesse de Polignac est à cet égard une caricature des plus amusantes. On la voit ainsi débarquer dans la loge de la Dauphine qu'elle ne connaît pas et s'extasier sur les performances des amants russes devant une Marie-Antoinette amusée.
Me plait tout particulièrement, entre éventail et chapeau, le regard.
V.