31 octobre, 2005

Les Pitous chez Mr bricolage

Non, ce n'est pas le premier titre d'une série de livres jeunesse qui détrônera un certain magicien binoclard, mais juste l'épreuve qualifiante inaugurale dans notre quête d'une décoration achevée. L'ordalie avant la récompense: affres du choix du bon rouleau, conjectures infinies sur l'utilisation correcte de la grille à dégorger et enfin la longue attente dans la file ou comment prendre une bonne piqûre de réel au contact du bricolier alençonnais lambda, triste visage. Les clients derrière nous, constatant ad libitum un embouteillage caissier. Le personnel au seillant gilet rouge, l'air effaré et affairé, vaquant à des tâches mystérieuses. Que faire? Constater à quel point ce magasin est mal tenu: nous attendons à côté d'un chariot de transport supportant un énorme carton ouvert. Un peu plus loin des arbres fruitiers dépérissent sous les néons cruels. Des paniers offrent au regard un amoncellement d'objets, piteux ornements de Noël pour les plus identifiables, dont la laideur est accentuée par le dégueulis qui tient lieu de présentation. Mon sens de l'esthétique souffre; j'en veux à cette société qui fabrique à l'autre bout de la planète des produits inutiles et laids. Interrogation: qu'est-ce que cette tige surmontée d'un toupet de plumes violettes et prunes? Je l'imagine planté dans un chignon, mais son rapport avec le monde du père Noël m'échappe totalement.

Misanthrope, va!

Leo

30 octobre, 2005

Tigresse de Norvégie


Gare à vous si cette terrible râleuse vient à loucher ! C'est qu'elle est sur le point de vous filer une baffe!

Moz - Mozette - Mozouchkaia - Pestouille - Marie-Madeleine - L'Affreuse

Un petit nuage fait chat


Juvéna, la plus affable des chattes sous son magnolia stellata. On dirait une madonne!

Juvéna de l'Amrita - Juvie - Juve - Poupoune - L'aristo - Mon lamantin échoué - Canichatéckel - Ma Douce - Ma Princesse

29 octobre, 2005

Au Carlton (partie 2)

C'est d'un pas décidé que nous avons bondi hors du petit salon désuet pour rejoindre la salle du "pot de l'amitié", comme l'a complaisamment nommé le responsable Bouygues pour la région Nord... Une fois de plus, mon rêve de glamour s'est envolé: ce ne serait pas pour cette fois le cocktail très chic. Ceci dit, le champagne était plus que buvable, même si les petits fours étaient très moyens. Enfin, le plus important, la rencontre de quelques voisins: petite déception, beaucoup des personnes présentes étant des investisseurs (environ 60 % des copropriétaires), il faudra attendre encore pour se faire une idée du voisinage. Avec l'aisance qui me caractérise (sic!) et surtout galvanisé par le champagne, je me suis brillamment présenté à tout ce qui tenait une coupe de bulles. Ai parlé avec un petit brun peu disert étudiant en médecine, une jolie blonde en médecine également (mais en 3e année, n'en déplaise au cliché), un jeune couple sympa et une autre jeune femme au look étudié, immédiatement prénommée Miss Dior (le pouvoir fantasmatique d'une marque affichée comme bijou... c'est ridicule, je le sais, mais pourtant je n'y suis pas insensible - le Lion aime ce qui brille.) J'ai bon espoir d'entretenir des relations agréables avec toutes ces personnes, d'autant qu' incapable de fermer ma grande bouche, je brigue déjà un poste (dont personne ne veut!) au comité syndical. Bref, nous avons passé une soirée sympathique et mes amis de Bouygues ont apprécié mon inénarrable sens de l'humour: c'est incroyable comme trois flutes de champagne me mettent en verve! Mais compliment ou pas, on ne payera pas ces fichus frais annexes pour des travaux mal faits...


Leo

Enigme

Mon père l'a encore rappelé hier, j'étais un bébé rieur, malgré une forte propension à la chute. Le genre à rire des petits malheurs qui attristent d'ordinaire les enfants. Que s'est-il passé, au moment K, pour que je me laisse prendre au jeu de la mélancolie, pour que je devienne cette créature mordue par l'angoisse ?

G.

26 octobre, 2005

Parenthèse interactive

Comme vous pouvez le constater, nous tergiversons sur la police à adopter. Pour plus d'uniformité - parce que l'uniformité c'est bien, comme le diraient les amis Mussolini et Ceausescu -, incapable de trancher, je sollicite votre avis. Préférez-vous ceci ou bêtement ceci?

Comme vous pouvez le constater, nous tergiversons sur la police à adopter. Pour plus d'uniformité - parce que l'uniformité c'est bien, comme le diraient les amis Mussolini et Ceausescu -, incapable de trancher, je sollicite votre avis. Préférez-vous ceci ou bêtement ceci?

Au Carlton

19h35, nous passons les portes du grand hôtel d'Amiens, nous sommes presque à l'heure. Perdu: la charmante commerciale nous fait remarquer 1) que nous sommes en vacances 2) que nous avons 40 minutes de retard. Un petit 3) discourtois pour cette dame me vient à l'esprit mais après tout c'est de ma faute si je n'ai pas noté correctement l'heure.
Nous entrons dans un petit salon à moulures (peintes dans des couleurs criardes et baveuses), une quarantaine de personnes sont assises, nous prenons place rapidement sous les regards peu amènes de la foule pas en délire. Très rapidement je ne regrette pas d'avoir zappé la première partie: les explications sur la pollution et son traitement sont claires, mais plusieurs personnes posent des questions inintéressantes: qu'aurions nous risqué si rien n'avait été fait? Bien, on s'est basé sur l'hypothèse où une personne vivrait 70 ans dans une maison du domaine, mangeant les légumes du potager, sniffant l'herbe du jardin. Eh bien il pourrait y avoir des risques pour elle s'il se trouvait une poche de goudron dans le sol...
Quel luxe de précautions, c'est admirable. Au final, nous ne risquons plus rien chez nous. Evidemment, pensé-je, si l'on fume, que l'on mange des produits issus de l'agriculture intensive, que l'on respire lorsqu'on se promène en ville ou que l'on utilise des produits d'entretien, on a une chance sur trois de développer un cancer ultérieurement.
Mais on ne risque rien à Bonvallet.
Pensant au cocktail qui allait suivre et à la livraison prochaine des logements, j'étais plutôt content, même si mon pauvre petit Guillaume qui luttait pour ne pas recouvrir l'assemblée de sa méchante toux m'inquiétait quelque peu. J'étais simplement frappé de voir à quel point les gens tiraient une tronche de six pieds de long: une vieille dame bijoutée et impeccablement permanentée de noir scillait des yeux l'assemblée, assez âgée. J'avoue que je me suis demandé un instant si l'ambiance serait agréable entre voisins. Heureusement, est arrivée l'heure des raffraichissements...

Leo

25 octobre, 2005

Aphorisme africanique

"N'empêche que si l'Africanie n'existait pas, j'aurais moins de mal dans mon métier"
Sabrina

Justice

"Nous voulons la justice, toute la justice, rien que la justice". La formule est grandiose. Il n'y a guère que Douste-Blazy pour la rendre grotesque.

N.B. : je suis bien conscient de la portée hautement polémique de ce post, étant donné que vous êtes nombreux, parmi nos lecteurs, à soutenir notre bon ministre.

Hyacinthe et Zéphyr

Remède

Vous aussi vous en avez assez de partager votre lit avec l'homme de vos rêves? Toussez!

24 octobre, 2005

Diagnostic

Pourquoi fais-je laryngite sur laryngite? Cette question! Ma voix enrouée est si sexy! Et là, je ne vous parle même pas des mouchoirs usagés (so cute!)

Guillaume

Notre voisine, c'est Blanche-Neige!

Nous ne nous installons évidemment pas à Eurodisney, mais pas davantage sur le quai de Somme comme on nous l'avait laissé entendre. Sur le papier officiel qui nous notifie la date de livraison de l'appartement ainsi que notre adresse telle qu'elle devra être rédigée sur tout courrier nous étant adressé, nous avons appris que nous vivrons... rue de l'orée du bois! Où est le smiley sur le point de vomir qui rendrait compte de notre état d'esprit (c'est pourtant vrai qu'il manque de dynamisme, ce blog!)? L'orée du bois, c'est un voyage imaginaire : Vincent se voit transporté avec effroi dans ces quartiers pavillonnaires qu'il aborre, type le Val Fleuri ou Lotissement des Jonquilles. Moi qui ai passé chaque instant de ma vie dans des rues au nom mystérieux, me voilà plongé dans le monde du concret sans magie... Dernière frayeur, mais non la moindre : ce nom de rue est de ceux que l'on abandonne lorsqu'il s'agit de rendre hommage à une personnalité locale comme... comme LUI, oui! Vous nous imaginez vivre rue Gilles de Robien?
En un mot : quai de Somme = classe. L'orée du bois = Dame Boucleline. Faudra-t-il pour autant réintituler notre blog?

23 octobre, 2005

Liste II

"Connais-toi toi-même"
"Regarde le terme d'une longue vie"
"Sache saisir l'instant propice"
"La plupart des hommes sont mauvais"
"Méditer est tout"
"Le mieux est la mesure"
"Garantie vaut préjudice"

Liste

Solon d'Attique
Chilon de Sparte
Pittacos de Lesbos
Bias de Priène
Périandre de Corinthe
Cléobule de Lindos
Thalès de Milet

22 octobre, 2005

Dédicace à ceux qui s'ennuient

A l'article de la mort, mais néanmoins muni de mon homme et d'une tarte à l'abricot, je me rends à l'autre bout de la ville pour illuminer de ma présence une soirée sympathique - elle le fut en grande partie grâce à la dite présence, ne nous en cachons pas ;-) Et pourtant, c'est entre gens de bonne compagnie que nous avons dû encaisser l'inencaissable : "il est bien votre blog, mais il manque de dynamisme". Damnation!
Tout estourbis, nous attendons des suggestions. Il faut, paraît-il en changer la présentation : mettre de la couleur, des photos. Il est ici utile de rappeler combien j'ai galéré pour ajouter trois malheureux liens, transformant à l'occasion un blog convivial en salon de torture tout hérissé de majuscules... Merci à Maître Raf' pour son intervention salvatrice (tu mérites désormais l'épithète Sôter). Nous avons beau eu vivement protester ("mais c'est à la rédaction des textes que nous apportons tous nos soins", pourquoi pas le coup de la beauté intérieure! ah ces pitous, quels naïfs!), il va falloir passer à l'acte...
Appel à l'aide : toute personne capable d'insérer sur un blog des photos d'animaux ou d'Anne Geddes, des fonds d'écran Polly Pocket ou des polices ideographiques sera mis à contribution. Geo, Natho (c'est pour la rime) et surtout toi, Coco, vous ne pourrez plus insinuer à l'avenir qu'on s'ennuie sur notre page!

Guillaume

21 octobre, 2005

Ôde aux jolies couronnées...

A Stéphanie, mon amie depuis la terminale, pour ses cris suraigus, sa palette de rire, ses tics de langage (Pouk! ), sa bonne humeur contagieuse, ses petites chansonettes sans paroles ni air, ses talents de couturière, son don pour la version latine ("De cette victoire il ne semble pas qu'une telle récompense d'autrui qui est d'apprendre soit attribuée à Miltiade afin qu'il puisse être compris plus facilement par la nature même de cette même cité"), son sens du rythme, de la décoration (Oh! De la fourure bleue ciel! Oh! Un autel à Elvis avec des loupiotes clignotantes!)...
Pour tout cela et tout ce que j'ai omis ici: merci!

A Stéphanie, ma collègue depuis deux ans, pour son insouciance (elle a "oublié" il y a peu qu'elle avait cours: elle papotait avec la CPE depuis un quart d'heure lorsqu'un surveillant est venu lui demander si elle voulait qu'ils prennent en charge ses élèves pendant qu'elle règlait ses problèmes - urgents - pendant ce temps... lol) son étourderie (Vous connaissez beaucoup de gens qui perdent leurs clés trois fois par semaine?), ses lubies (pendant une semaine, elle passait des heures sur Ebay, enchérissant comme une folle pour décrocher... des Polly Pocket pour sa fille. Bilan: 4 boîtes achetées, une dizaine de gamines frustrées d'avoir perdu). Pour ses trouvailles lexicales, (parlant des vieux livres d'histoire qui auraient dû être changés: "Ils vont encore se taper les rognasses!"; au sujet d'une activité qui générait du bruit en classe: "Là c'est pas le moment d'ouvrir la boîte à papotes!"). Pour ses décisions pédagogiques surprenantes: (une dictée par semaine en 3e, avec faute "de la semaine" à 4 points!). Pour son sens de l'esthétique, sa garde-robe étudiée, son endurance au shopping virtuel (elle me bat!) mais aussi ses convictions écologiques.

Parce qu'elle est capable de s'écrier en salle des profs, de but en blanc après le repas: "Je suis pour la vasectomie!"

Voilà des femmes qu'on n'oublie pas!

20 octobre, 2005

Ouarf ouarf

Depuis son inspection, ma collègue D. est sur un petit nuage. Elle décompresse totalement et oublie même ses cours à la maison. Du grand art pour cette prof qui impressionne les élèves et certains de ses collègues. Détail amusant, elle se pique de m'appeler Guitou, désormais. Avouez que ça tombe bien, je trouve cet hypocoristique particulièrement seyant. Classe pour tout dire. Guitou, Michou, Dédé, Bébert... de l'art consommé du surnom!
Lundi, juste avant la sonnerie de 8 heures, D. me charrie parce que je renseigne en avance le bulletin d'appel - pas la liste des absents, hein, juste les informations essentielles : classe, salle, date, heure, numéro de téléphone, numéro INSEE, signe et ascendant solaire et lunaire et sacro-saint NUMEN (les gens de la maison apprécieront). Je ne sais plus comment c'est venu dans la conversation, mais LE compliment a surgi. " Les deux premières années, on ne te parlait pas trop. Il faut dire qu'avec ta tête de roquet renfrogné, on n'osait pas trop t'approcher".
Guillaume, redouté de ses collègues mais à peine pris au sérieux par ses élèves : c'est une nouvelle approche de la pédagogie. M'enfin, je suis presque fier de moi : il m'est arrivé un truc inattendu. A la fin du cours, alors que c'était l'heure de la récréation, six ou sept de mes premières sont restés pour me parler de l'oeuvre qu'on étudie en ce moment, en posant des questions très pertinentes, en plus. J'ai bien fait d'introduire un peu d'humour dans ma deuxième heure - et heureusement que j'ai résisté à l'envie de les féliciter de ne pas avoir éclaté d'un rire gras à la lecture d'une métaphore assez ambiguë de l'auteur ("le bâton blanc disparaissait en moi"). Pour le coup, je me serais (encore) grillé!

Thoinot Arbeau: j'aurais voulu l'écrire

Belle, qui tient ma vie
Captive dans tes yeux,
Qui m'a l'âme ravie
D'un souris gracieux.
Viens tôt me secourir,
Ou me faudra mourir.

Pourquoi fuis-tu mignarde?
Si je suis près de toi
Quand tes yeux je regarde
Je m'y perds dedans moi
Car tes perfections
Changent mes actions.

Approche donc, ma belle,
Approche-toi, mon bien.
Ne me sois plus rebelle,
Puisque ton cœur est mien.
Pour mon mal apaiser,
Donne-moi un baiser.

Trop d'honneur!

Je tiens à remercier tous les gens du métier qui ont reconnu notre talent et qui y ont cru jusqu'au bout. C'est à eux que je dédie ce Thon d'Or, du blog le moins lu de l'hémisphère Nord. Avec tout mon amour, et le secret espoir d'être le moins lu de la planète - en toute modestie (désolé Twaki Nok', j'écrase ton blog sur les champignons en Terre-Adélie)

Guilaume (j'allais me corriger, mais pour quel lecteur? ;))