22 décembre, 2006

Trêve de Noël


Joyeuses fêtes à tous et à très bientôt!

Two Pitous

21 décembre, 2006

Brimé

Lorsque mon homme m'a dit de dresser les assiettes et que je lui ai réclamé le fouet qui était suspendu à côté de lui, il a refusé. Brimé que je suis dans ma ferveur calembourgesque!

G.

P.S. : il y a deux ans, j'avais choisi comme bonne résolution de limiter mes jeux de mots. Le premier janvier à 2 heures du matin, j'avais déjà explosé mon quota de "comment vas-tu, yaux de poêle", comme si le simple fait de l'interdit faisait résonner mon crâne de milliers de calembourgs... Depuis, j'ai appris à me méfier des engagements sur le long terme (sauf avec mon homme, évidemment!).

Et vous, vous allez prendre quoi comme bonne résolution?

20 décembre, 2006

Attentat au corps caverneux

Pot de Noël : quelques collègues autour d'un verre de poiré et d'une tranche de gâteau battu (ne cherchez pas, il faut être amiénien pour trouver à ce truc-là quelque chose de spécial; partout ailleurs, on appelle ça brioche). On se dit que ça va être mortel; mais bon, il faut faire bonne figure et faire semblant de se passionner pour l'avenir de l'UNSS.

Qui aurait pu imaginer que ce serait là le théâtre d'une sauvage agression sexuelle attentée sur MA personne ? Le pot de fin d'année ou comment se faire peloter par un collègue avide de mon physique ébourriffant hétéro...

Ce jeune père de famille se lance dans le récit d'une aventure subaquatique. Peut-être un brin immergé dans le poiré, il accompagne bientôt le geste à la parole. Au moment où un courant violent l'emporte, il trébuche et se rattrape comme il le peut à ce qu'il trouve de plus proéminent à portée de main : mon paquet qui n'en demandait pas tant (rhââ ces mecs, soupirent déjà quelques lectrices).
Se rendant brusquement compte de ce qu'il vient d'empoigner si gaillardement, un peu mortifié, il a ce geste touchant (c'est le cas de le dire) mais au combien inapproprié, si caractéristique de la boulette que l'on cherche à réparer : il m'époussette l'entrejambe.

Je l'ai vu faire, mi-coi, mi-amusé. Et je crois que lui aussi a été le spectateur impuissant de ce geste réflexe. A moins que ce prof de sciences nat' ait juste voulu réactualiser ses connaissances en anatomie!

G.

Munchkin

"Je suis une guerrière Hobbit transexuelle avec un poulet sur la tête!

_ Mon chéri, toi qui es un elfe, tu ne veux pas m'aider à tuer cette "Horreur non-euclidienne indicible", ch'bâtard de Poussinou lui a collé une petite amie!

_ Rien de plus facile avec ma râpe à fromage de la paix!"

Qui n'a jamais rêvé de prononcer ces paroles? (euuuuuuuh...) En tout cas, hier soir, on a bien rigolé!

G.

Brève de Banana 2

Tu sais comment j'ai su que ce mec était pédé? Il m'a fait penser à toi


Merci Sabichette adorée...

G.

14 décembre, 2006

Brève de Banana

" Bon, est-ce que je regarde Classé Confidentiel ce soir à la télé? Dans mon magazine, c'est écrit "magazine culturel"... Tu crois que c'est librement utilisable en classe?"

Infidélité

Cuistot me fait des infidélités... Ce midi au self :

"Bonjour G.! Tiens, au fait, il y a un autre G. maintenant (je porte un prénom bien rare, faut dire).
_ Bah oui! (difficile à oublier)
_ Mais vous êtes aussi mignons l'un que l'autre. Comme ça pas de jaloux! En fait, j'ai une petite préférence, mais je ne te dis pas laquelle!"

Beûtard!

13 décembre, 2006

C'est du propre!

Pourquoi Stuart a-t-il de la confiture de fraises sur le ventre???
V.

12 décembre, 2006

Pétage de plomb

Le Serment des Horaces, Jacques-Louis David (et pas Jean Louis, hein, qui lui est un autre genre d'artiste), 1785

Une petite lecture d'image, ça permet de varier les approches, et ça, c'est pédagogoguique. Là, il s'agissait de montrer que, sur cette toile comme dans l'Horace de Corneille, il existe une tension entre épique et pathétique (oui, mais on s'en fout un peu, aboule le pétage de plomb!). Mais surtout, ça vous dynamise un cours; jugez plutôt :

Fortenthème : la superposition des trois Horaces met en évidence leur fraternité.
G : D'après Tite-Live, il s'agit même de triplés. Comment l'artiste a-t-il encore souligné leur union?
Rouquinou : Ils se touchent...
Beerman : Aaaaaaaah! C'est des pédés! gnarkgnarkgnark
G., touchant de naïveté et croyant tout arranger : Bah nan! Ils sont frères! (moue réprobatrice)
Beerman : Yeuuuuuuuuuurk! C'est dégueulasse! Stenkorpiiiiir!

Inutile de dire qu'il faut ramer pour rattraper ça...

Plus tard. Le prof s'embrouille un peu et parle d'"un jumeau"...

Georges : Heinnnnnnnnn! Sn'importe quoi! Un jumeau ça existe pas, heinnnnnnnnn! Y en a forcément deux! Pfffffffffffffffffff (la totalité de la classe s'échauffe)
G. (avec un brin de mauvaise foi) : Bien sûr que ça existe au singulier! Vous irez voir dans un dico et vous me recopierez dix fois la définition!

Et là, parce que c'était vendredi, qu'on est en décembre et moi au bout du rouleau, en ce moment, je suis parti sur le mode hystérie pour le quart d'heure restant. J'aime moyennement quand les choses m'échappent, surtout quand ces choses, c'est mon sang froid...

G.

11 décembre, 2006

Cadal (pardon3)

V: Il nous faudrait un petit plateau en laque, ce serait chouette!
G : Ouais! Un petit plateau en laque design, de chez Kovsky!



10 décembre, 2006

Miss Rance

Hip hip hip youki! Miss Rance est picarde, cette année! En plus, c'est une hypokhâgneuse, alors! La Picardie, c'est notre pays. Nous allons évidemment annuler notre demande de mutation, vu l'importance de l'événement.

Geneviève tenait la forme, cette année : ils l'ont fait venir au milieu de l'émission, tellement elle était pompette! Et à la fin, Tata Yoyo ramassait les confettis argentés avec son chapeau.

Observation très classe de la coach des miss : "Si vous êtes des poulpes, fallait le dire!". Des surprises, cette année :
  • Miss Dauphiné n'est pas dauphine
  • Miss Mayotte n'était pas top en maillot
  • Miss Limousin, joli visage mais bras anorexissimes et surtout mal-entendante de naissance, n'a pas été consacrée (juste première dauphine). C'était sans doute un malentendu...
  • Certaines miss étaient vraiment effrayantes; ce n'est pas nouveau. Mais c'est la première fois qu'aucune d'elles n'est arrivée en phase finale.
  • Le jury était très classe aussi : Michel Sardou, Titoff, Jitrois, Liane Foly... Que des gens extrêment qualifiés en matière de bon goût.
Mais pendant toute l'émission, moi je ne me posais qu'une seule question : pendant son mandat, est-ce que Miss France cotise pour sa retraite?

G.

07 décembre, 2006

Leur plus belle chanson 4

Pour célébrer notre anniversaire de PACS, j'aimerais qu'on chante tous en choeur cette chanson trop vite oubliée (rhôô) intitulée "Génération Anti-pacs" du groupe éponyme. Perso, je trouve que la chanson propagandiste est injustement tenue pour un genre mineur. Heureusement que les Pitous sont là pour rectifier le tir!

Souvenez-vous : il y a 7 ans, des gens habillés en smarties tremblaient pour le taux de natalité de la France qui allait, bien entendu, s'effondrer à cause du Pacs. Y a pas à tortiller du fion (bande de folles!) : c'est logique, on vous dit.
Ce qu'on ignore trop souvent, c'est que cette belle cause idéologique allait signer l'acte de naissance d'un style musical absolument inouï, jamais égalé depuis : le rap-techno-lyrique slammé. Pour réussir ce cocktail top classe, vous avez besoin :

  • d'un mec bien blaireau. Son accent doit faire beauf, mais c'est sans doute de la contrefaçon ( syndrôme : "j'habite Neuilly mais je fais mon caïd pour être pris au sérieux")
  • d'une chanteuse lyrique qui détone et détonne.
  • d'un synthé, bien sûr. Pas possible sans boîte à rythme, hein!
  • d'un max d'onomatopées et de gens qui sussurent "génération antipacs" (franchement, ils foutent les jetons : on dirait des vampires!)
  • et de paroles béton
Et pour ces fameuses paroles, suivez le guide! Le postulat, c'est connu, c'est qu'un lobby homosexuel oeuvre dans l'ombre pour le naufrage de la France. La pratique, ça donne ça :

Couloirs de l'assemblée (hein hein)
Sondages préfabriqués (j't'assure)
Opinion calculée (ben oui)
Le PACS avance masqué

Note : les trucs entre parenthèses, c'est pas des ajouts de ma part; et ça donne un sacré cachet au morceau!
Des vendeurs d'illusions
Veulent nous compter par paires (j'te dis)
Au prix d'une intrusion (j't'assure)
Au mépris des repères
Renote : là, faut avouer qu'il y un puissant travail sur la langue : d'ingénieuses reprises phoniques. En revanche, on a vite fait le tour des commentaires à la fin des vers.

Dans la rue on s'éveille
Dans la rue on se lève
Génération antipaaaaaaaacs

(...)
Car dans leur société
L'amour n'est pas promesse (mmmmm)
Aucune pérennité
Je te prends je te laisse (han han yéhè qssch)

Renonote : alors là, le mot pérennité il sonne génialement dans la bouche du blaireau.
Ne risquons pas nos corps
Dans leur contrat précaire (j’t’assure)
Leur triste loi du sort (hein hein)
Provoque la colère

Note : l’intonation du mot colère est jouissive. Il a l’air tout content !
« Leur », ça désigne bien sûr la puissante mafia gay.

Des millions de rebelles
Uniront leurs efforts
Contre ce faux modèle
De la loi du plus fort

Et là, tous les effets sonores se mêlent, la chanteuse lyrique entre en transe et s’évade dans les aigus. Le blaireau braille, les vampires chuintent. Un déchirant ooooooooooooooooh final se perd dans le lointain et vous arrache un soupir d’émotion.

Tout ça pour vous dire, qu'il y a cinq ans aujourd'hui que les Pitous sont pacsés (toujours pas réussi à faire vaciller la France, mais on finira bien par réussir, avec le secours des Francs-maçons ;-))

G

P.S. : Si quelqu'un peut me dire comment mettre le morceau en ligne, rien ne vaut l'écoute, je crois!
P.P.S. : Pour les besoins de l'article, je me suis tapé le morceau en boucle. Alors respect!

06 décembre, 2006

Mégapatate

Je sais pas vous, mais moi, je tiens une de ces formes! Un vrai moral de winner! En ce moment, entre deux séries de copies, je me ménage des petits moments de loisirs pour préparer des cours aux petits oignons avec plein d'activités nouvelles à l'intérieur du dedans. Ajoutez à cela un sommeil réparateur : y a pas à dire, se coucher à une heure du matin pendant une quinzaine, ça vous change un homme! Je crois aussi que les jours qui racourcissent parachèvent cette santé o-lym-pienne.

Alors quand ma chef a parachuté comme un fait accompli et devant des parents que le collège serait ouvert pendant les vacances de Pâques sans avoir consulté personne, j'ai sauté sur l'occaze, vous pensez bien! Il ne s'agirait pas d'activités aussi futiles que des ateliers théâtre qui feraient connaître l'école autrement (ça intéresserait qui, ça?), mais d'un projet aussi novateur que le bachotage.

Et puis ce que je préfère, c'est que frais et dispos, je suis une crème. Un ange bienveillant. Tenez, aujourd'hui, j'ai déchiré la feuille d'un élève parce qu'il me demandait s'il avait bon, avant de lui coller un exercice infaisable et noté. D'ailleurs, je vais de fou-rire en fou-rire, un vrai signe d'équanimité chez moi. Ouais, j'ai vraiment trop la pêche...

G.

P.S. : ce qui est ultra-chouette aussi, c'est que tous mes collègues sont dans le même état. Du coup, on a le projet de monter un club med' à Patelinvillers. Venez quand vous voulez!

Go west?

Notre demande de mutation est dans la boîte. Nous saurons en février si notre exil picard prend fin. Sinon, rien n'est perdu : on finira bien par déguerpir de là! Et comme mon homme a transformé notre chez nous en palais (post à venir), on se consolera bien vite.

N'empêche, mettre le cap sur l'Ouest, c'est bien tentant!

G.

Bonne pioche!

Ma collègue à la voix de canard (Daisy pour les intimes) victime d'une natalite aiguë a été remplacée par un petit mec sexy. Dommage! ;-)


Et vous, vous préférez qui?

G.

05 décembre, 2006

Prochainement dans...

la vie trépidante des Pitous d'Amiénie...

Nous n'avons pas publié depuis pas mal de jours; c'est que la semaine fut très chargée (expansionnage d'horaires, vie sociale intense, tournée phénoménale dans toute l'Europe à l'occasion de la sortie de notre... moulage devant télé, à bout de force).
Mais nous allons nous ressaisir avant de nous laisser emporter par la mollesse de Noël. A venir dans ces pages que vous lirez avec délectation (si!) :
  • Bree, sors de ce corps! où vous découvrirez quelle fureur domestique s'est emparée de mon homme.
  • le récit exaltant d'un week-end parisianien exaltant, à l'occasion du salon "Bâtir écologique", à la Cité des Sciences et de l'Industrie. Paris et ses merveilles immortelles : Mab, Taphanie, son homme et Lanaine (à ne pas confondre avec Lalaine la petite nièce de Mickey)
  • la rebellion de Brasil-Brasil, en plein âge ingrat, qui se fait scarifier sur les deux joues pour faire sa pouffe dans le quartier.
  • Quelques pétages de plomb parce que c'est vraiment la saison.
A bientôt!

29 novembre, 2006

Vous prendrez bien un peu de gelée de thé, très chère?

Mardi soir j'ai fait de la gelée de thé. Pour ceux qui ne connaitraient pas et seraient sceptiques sur la recette, je conseille la dégustation d'une gelée Earl Grey Impérial Mariages Frères sur une petite tranche de brioche.
Après quelques essais, j'ai réussi à obtenir une gelée très sympathique avec un thè très parfumé (type "Esprit de Noël"). C'est donc sans méfiance que je me suis mis aux fourneaux mardi soir. J'avais tort.

Pour faire (et rater) une gelée de thé:
- faire un litre de thé fort et très parfumé (les puristes conseillent de filtrer savamment le breuvage pour éviter l'opacification de la gelée... personnellement je laisse toujours une ou deux feuilles de thé trainer dans la casserole.)
- incorporer du sucre, de préférence du fructose du fait de son pouvoir sucrant une fois et demi supérieur au bête sucre et de ses propriétés gélifiantes (je n'ai aucune idée du dosage: j'ai commencé comme pour une gelée de fruits avec 500g pour un litre, soit l'équivalent de 750g avec du sucre de base: bon mais très sucré. J'ai réduit la doses de moitié sans dommage gustatif et mardi j'ai fait au pif: shlouc, une louchée.)
- après ébulition, ajouter un gélifiant, dilué dans un peu d'eau au préalable: pour moi il n'y a que l'agar-agar, gélifiant végétal naturel vendu 1,50 euros en magasins bio type Rayons Verts. (mardi j'ai mis deux sachets pour un litre comme conseillait la notice et j'ai laissé bouillir... plus d'une demie heure: le breuvage avait réduit quelque peu).
- verser dans des pots ébouillantés, fermer et laisser refroidir avant de ranger au réfrigérateur pour assurer la conservation.
Résultat: une gelée fondante et parfumée, couleur ambre, subtilement sucrée
(Résultat: un bloc caramel laiteux/opaque, grumeleux... Merci V.)




28 novembre, 2006

Pardon 2

" Tu sais quel événement majeur s'est déroulé en 1111?
_ Euh... bah c'était sous quel roi, ça? Avant St Louis, non?
_ C'est l'invasion des Huns! (1111, mouarf)
_ C'est vraiment une blague à Huns balle, ça!
_ Moi, elle me fait rire Attila-rigot!"

Armenager: fin d'une longue histoire

Une multitude d'appels surtaxés plus tard, l'arnaque s'arrête pour moi. Vendredi, nous avons reçu notre "petit" chèque. J'ai attendu qu'il soit encaissé (je craignais encore le chèque sans provision - paranoïa quand tu nous tiens!) pour vous l'annoncer. Quelle belle arnaque! Imaginez un peu les intérêts qu'ils perçoivent avec l'argent encaissé et ce que rapportent les fameux numéros surtaxés et ces commerciaux qui baladent le client de service en service, lui raccrochent au nez (cela m'est arrivé au moins cinq fois), lui racontent des mensonges (on a essayé de me "satisfaire autrement"... le mystère reste entier!).
Bref, n'achetez jamais chez Armenager!

V.

26 novembre, 2006

Abyssale expérience du vide

Un des aspects chouettes de mon boulot, c’est qu’on nous donne mille occasions de progresser. Déjà, au quotidien, on apprend la patience. On devient vite de drôles de caméléons capables de toutes les adaptations (et de toutes les dissimulations). Tous les jours, on reçoit de petits courriers dans nos casiers, qu’on est probablement les seuls au monde à pouvoir décrypter (et pas tout, encore) et qui nous disent ce que c’est qu’être bon dans notre boulot. N’allez pas croire que nos années d’études servent à nous mettre au diapason des exigences des élèves : elles nous préparent juste à essayer de comprendre ce qu’on attend de nous. Et des fois, je me dis que j’ai dû interrompre top tôt mes études…

Mais en plus de ce quotidien riche en enseignements, on a mis en place rien que pour nous, le P.A.F. dans ta goule (Plan Académique de Formation dans ta goule). Le plus souvent Des fois, on tombe sur des formateurs passionnants, des collègues qui réfléchissent pendant des années au sujet, ne cessent d’expérimenter des solutions et vous communiquent l’envie d’essayer des tas d’activités. D’autres fois, on est un peu moins conquis, mais enfin on en tire toujours quelque chose de positif : il y a toujours une idée ou deux à glâner.
A midi, on échange avec des collègues nos expériences de formation, parce qu’on est comme ça, nous, de vrais work alcoholics. C’est là qu’on entend parler pour la première fois de la Louve Blanche. Puis les témoignages alarmistes se multiplient. C’est une légende urbaine qui circule dans les milieux autorisés, sans doute très exagérée : les profs, ça n’arrête pas d’exagérer, de toute façon. Et de se plaindre, en plus. Personne ne peut être aussi incompétent et rester formateur aussi longtemps. Et puis tout échange est bon à quelque chose, non ?

Non. Je vous en conjure, il faut me croire : j’ai rencontré la Louve Blanche. Je vais essayer de vous faire le récit de cette rencontre avec le vide. Déjà, même quand elle a commencé à parler, la Louve Blanche donne l’impression qu’elle attend quelqu’un ; quelqu’un de sérieux qui viendrait la tirer de ce mauvais pas. Ça faisait très première partie de concert. L’assemblée sent très vite que quelque chose cloche: je n’ai jamais vu une foule devenir hostile aussi vite, et pourtant je suis prof ! La Louve commence par écouter nos questions ; est-elle soucieuse de satisfaire à nos attentes… ou n’a-t-elle rien préparé de sérieux ? Très vite, la question se pose. L’exercice tourne au remplissage de temps. Elle est très floue, se contredit, noie le poisson, en se montrant parfois désagréable. Il devient bien vite évident qu’elle n’est pas plus experte que nous. Bien sûr qu’elle traite est censée traiter un sujet délicat ; c’est même pour ça qu’on est venus si nombreux (il y a fort à parier que, si son nom avait été donné au moment des inscriptions, le stage aurai été annulé faute de participants).
Très vite, l’assistance ne l’écoute plus. D’ailleurs, elle a le charisme d’une poutre et ne sait pas s’imposer.Un silence relatif s’installe quand l’un de nous intervient, mais dès qu’elle reprend la parole, on comprend vite que ça ne sert à rien de tendre l’oreille. . A ma gauche, Poussinou me demande si je n’ai pas un BIBA qui traîne. A ma droite, Grégory me souffle : « tu pourras dire : JE SAIS, maintenant »

Pour meubler, elle a prévu de nous passer un extrait de film, pour nous montrer ses pratiques. Pourquoi pas. Dès son arrivée, elle avait vérifié avec un surveillant que le matériel marchait bien. Au moment de l’utiliser, damnation ! plus rien ne fonctionne ! Elle se démène pendant un quart d’heure dans l’indifférence générale. En fait, elle utilisait juste la mauvaise télécommande. Personnellement, je n’ai pas bien saisi ce qu’elle essayait de démontrer avec son film, si ce n’est qu’elle voulait nous repasser vingt fois la même séquence pour gagner du temps. Quelques répliques cultes, quand même :

- « là, on croirait que c’est du Schubert et en fait… c’est du Brahms ! » (fantastique, voilà de quoi tenir en haleine une vingtaine de collégiens)

- « vous voyez ! plein de maisons avec des fenêtres ! on voit bien, là, que ça va être un film d’espionnage »

- « ça se passe à la quarante dix-neuvième minute »

Moi qui suis un empathique né, je me suis senti trèèèèèèès mal à l’aise pour elle dès les premières minutes de son intervention. Pendant la pause déjeuner, on s’est tâtés pour savoir si on y retournerait ou si on arrêtait le massacre. Et bien, croyez-le ou non, on y est retourné. Première surprise, nous avions surestimé la déperdition des effectifs. Une petite dizaine de gens en moins seulement, comme quoi les profs ont une forte conscience morale.
Deuxième surprise : au bout d’une demi-heure, rien ne se passe vraiment. A vrai dire, même lorsque la Louve reprend la parole, on sent bien que rien ne se passera plus. Elle a distribué des textes, elle veut vaguement nous faire bosser dessus, mais impossible de comprendre ce qu’elle attend. On sent le lynchage imminent. « Vous préférez quoi ? On travaille tous sur un texte ou bien on travaille par groupe ? Qui est au collège ? Qui est au lycée ? Bah ! Travaillez par groupe d’affinités sur le texte que vous voulez ! On travaille ce texte-là, tout le monde est d’accord ? ». Au terme d’une série de consignes contradictoires, elle s’assoit et discute avec un petit groupe. Personne n’a compris ce qu’il faut faire, tout le monde discute. J’essaie mollement de me mettre au boulot, mais je sais déjà qu’Elle ne tirera rien de nos efforts. Il faut bien admettre que cette journée n’aura servi à rien. Trois quart d’heure passent encore. A côté de moi, quelqu’un émet la possibilité de quitter la salle. On est dix à se lever. Lorsqu’on passe devant la Louve, elle lève les yeux au ciel. Pas de doute, c’est nous les blaireaux. Elle n’a pas l’air de se remettre en question. Je serais incapable de faire ce qu’elle fait, trop de scrupules. Chapeau bas !

G.