11 août, 2006

Veinarde et Bombasse

Veinarde était dans la même prépa que moi, au lycée Infini. Mes contacts avec elle se résumaient au strict minimum. C’était à mes yeux loin d’être la plus brillante et pourtant c’est elle qui s’est hissée le plus haut dans la carrière des lettres – au prix d’un bûchage intensif. Je ne pensais vraiment pas la revoir et, à vrai dire, il m’a fallu quelques minutes pour la reconnaître au mariage de Tonky. Veinarde est une fille bourrée de qualités, je le reconnais, mais son principal attrait, celui qui justifie à lui tout seul son pseudonyme, reste Bombasse, son petit ami depuis le lycée. Je pense que toutes ses anciennes copines du lycée ont dû la maudire mille et mille fois pour la longévité de leur amour. Je la maudirais moi-même, si leur loyauté l’un envers l’autre n’était pas le seul lien qui me rattachait à Bombasse.

Car Bombasse accompagnait sa dame au mariage, comme tout bon chevalier servant…
Il y a des garçons qui embellissent avec le temps ; c’est injuste, mais des garçons comme Bombasse n’en sont pas à cette forfaiture près. Corps d’athlète (ce n’est pas une image, c’en est un), gueule d’ange, grand ( au premier coup d’œil, j’ai évalué sa taille au double de la mienne – j’ai failli me rompre les cervicales rien qu’en le regardant… mais à bien y réfléchir, il doit mesurer un peu moins de 3m48), tête bien faite, architecte fortuné, intelligent, chaleureux, élégant (à croquer dans son costume marron glacé – ou sans !), sexy, grrrrrrr…

Il faudrait que je vous dise comment V., qui ne l’avait encore jamais vu, a passé la soirée à discuter avec lui de maison écolo (soit dit en passant, il semble que les Québéquois soient imbattables dans ce domaine ; pense à te faire bâtir une maison bioclimatique, Alcib !). Mais je ne lui en veux pas, parce que j’ai moi aussi passé une partie de la soirée à baver devant lui (ah, ça s’est vu ?). En fait, j’étais même dégoûté de ne pas avoir mieux potassé mon « Maison écologique ».

Il faudrait que je vous dise comment j’ai fait promettre à Paulinette de le placer à notre table à son propre mariage – vu le nombre d’intéressé(e)s, on dressera une table circulaire tout autour de sa chaise. Que je vous dise, encore, comment, aigris, nous (c’est un nous très collectif) avons passé toute la soirée à imaginer ses défauts… Et moi qui l’ai vu en tenue d’Adam, il y a quelques années, dans des circonstances des plus chastes, je peux certifier qu’il n’y a de vice de forme à aucun endroit ! Que je vous dise, enfin, comment nous avons bu ses paroles – et même si ç’avait été des conneries monumentales, on aurait bu sans ciller ! Mignon comme tout, il a même affecté de croire que la recherche en littérature avait une utilité… Le bilan, le triste bilan, c’est que l’homme parfait existe, et qu’il est hétéro.

*

Mon homme et moi avions plus d’une heure de route pour aller chez mes parents où nous avions prévu de dormir. Nous nous sommes donc éclipsés, au grand dam de la mariée qui pensait nous faire dormir sur place (si on avait su… pardon Tonky !) juste après le café. En faisant nos adieux à Veinarde et Bombasse (euh… on se fait la bise, hein !), nous avons procédé à un échange de mail, griffonnés sur une page de « Habitat naturel » (mon homme dispose un arsenal époustouflant de magazines écolo), avons promis de nous revoir (parce qu’il est évident que dès que nous en aurons l’occasion, nous foncerons chez eux ; 800 bornes, c’est si vite fait ! Cela dit, Bombasse, vaguement natif de Picardie, a de la famille pas très loin de chez nous ; c’est sans doute ça, le vice caché ) et avons regretté de part et d’autres d’être restés si longtemps sans nouvelles. Rien que de très classique : on les reverra sans doute dans 15 ans. Et on parie combien qu’il sera encore à tomber ?

Alors que les invités commençaient à se trémousser, Veinarde, gentille jusqu’au bout (je crois que je la déteste), s’est étonnée que Zouzouk (mon amie la plus proche du lycée Infini) et moi, réputés danseurs vedettes, soyons parmi les premiers à partir. C’est sûr que dans nos soirées de jeunesse, elle m’a connu trempé jusqu’à l’os… Avec tout ça, j’ai raté la soupe à l’oignon !

G.

PS : Encore tous nos vœux de bonheur à la magnifique Tonky et à son veinard de mari !

Tels Pères, tel Mac

Notre I-mac a parfaitement saisi l'esprit de la maison, je crois. Le Mix de soirée qui séléctionne aléatoirement 25 fois d'affilée un tube de Madonna, c'est plutôt suspect, non?

Déco

Notre amie L.N. a eu un voisin qui avait choisi pour sa décoration intérieure le seul motif du canari. C'est l'une des raisons qui l'a fait déménager... Je ne pense pas être aussi bizarre que ce monsieur, mais j'ai envie de parsemer cette page d'oiseaux. Je me lasserai peut-être, vous très certainement. J'ai besoin d'aérer ce blog, de changer un peu son apparence. Cela dit, ces volatiles restent des antiquailleries. Personne n'a dit que, moi, je devais changer!

G.

Découverte du mois

J'ai découvert ce blog totalement par hasard en tapotant sur google
"allô sabrina, c'est ta prof de français", parce que j'ai entendu sur Rire et chanson France Inter (arrête, G.! là, tu n'es pas crédible) le sketche tordant d'un comique non identifié que j'aurais aimé retrouver. Comme cette collègue bloggeuse officie sur canalblog, elle saura par quel biais j'ai eu accès à sa page, mais je serais toujours moins ridicule que celui qui y est arrivé en cherchant : "culotte de la prof".

Comme je suis toujours mal à l'aise quand il s'agit de placer dans ma colonne de liens des sites à l'insu de leur auteur, je me laisse le temps de la découvrir davantage, voire de lui laisser un commentaire un jour, si l'occasion se présente, avant de la classer dans mes favoris. Cela dit, la présence d'un "blog de fille" - l'expression, qui n'a rien de désobligeant, est empruntée à son blog - détonera sacrément dans une liste de blogs presque exclusivement pédé (là non plus, ça n'a rien de désobligeant, m'enfin!). Parce que même celui-ci - j'adore, mais là non plus je n'ose pas l'ajouter à mes liens... alors je dévore son blog en catimini - n'est pas un vrai blog de fille (qui l'eut crû?).
Bon, en fait Mariecaro ne ferait pas tant que ça figure d'exception : ça reste un blog de prof, après tout! Affaire à suivre

G.

10 août, 2006

Hérédité

Quand je vivais encore chez mes parents, à chaque fois que je ramenais des amies à la maison (bizarrement, je ne m’enfermais jamais avec elles dans ma chambre…), c’était toujours le même refrain :
« Qu’est-ce qu’elle est belle ta mère !»
Quand mon père était là aussi, certaines rajoutaient, peut-être un brin gênées : « Et ton papa est très gentil… ».Evidemment, pour tout fils qui se respecte, a fortiori quand il préfère les garçons, notre mère est la plus belle femme au monde. Mais objectivement, pour avoir vu des photos de jeunesse de ma maman, je peux vous certifier qu’elle aurait fait un bien joli mannequin… Je n’étais pas peu fier d’aller aux réunions parents-profs avec elle, d’une part parce qu’elle n’avait que des louanges à entendre sur sa progéniture, d’autre part parce que j’étais persuadé qu'elle éblouissait mes profs.

Passée la satisfaction d’avoir épaté les copines, je me rendais bien compte qu’il y avait quelque chose d’assez vexant dans une surprise aussi sincèrement manifestée. Etait-il si inimaginable que ma mère soit une beauté ? D’accord, j’étais je suis une petite chose chétive, mais ma mère m’a quand même transmis la moitié de mon patrimoine génétique (dont le huitième de sang italien) : j’ai eu le droit au daltonisme, à la peau fragile et à la circulation sanguine calamiteuse, pourquoi est-ce que je n’aurais pas aussi les bons côtés, hein ?

Du coup, à 14 ans, j’avais acquis la certitude qu’à 15 ans, je serai devenu une splendeur ; à 14, je pensais que ce serait à 15 ; à 15, j’avais grand espoir qu’à 16 ans, je deviendrais le genre de bombasse sur lequel on se retourne dans la rue. N’importe quoi ! Cela dit, j’attends toujours !
Si ça tombe, tiens, j’aurais mieux fait de naître avec deux X !

G.

09 août, 2006

Diplomatie 2

Au moment même où, revenant des Normandies, on s'engageait sur notre belle rue refaite à neuf pendant l'été (sauf devant chez nous, faut quand même pas pousser!), le portable sonne. Ce genre de truc arrive, même à nous. Remarquez que je dis "nous"; parce que, fusionnels jusqu'au bout (là, je crois que je vais finir par énerver), on a un portable pour deux. A vrai dire, c'est plutôt celui de mon homme, mais comme il est au volant, c'est moi qui décroche. Allez savoir, c'est peut-être ça qui a destabilisé mon interlocuteur :

Ma pomme, de sa plus belle voix : allô
Poussinou perplexe, limite paniqué: euh... je ne suis pas sur le portable de G et V?
Moi : Ben si. C'est G.
Lui : P'tain! Mais c'est quoi cette voix virile! T'as mué pendant les vacances?

Vous le prendriez comment, vous ? Mal hein? C'est décidé, pour la rentrée, je me façonne une voix de crooner.

G.

Micheline et moi

Ayant traversé les Normandies de part en part, de long en large et réciproquement, nous avons beaucoup écouté la radio durant la dernière quinzaine. Notre périple nous a ainsi permis de découvrir Radio Fraternité (mais comment vivions-nous auparavant ?) et les fabuleuses « Micheline et moi-même » (sic… à répéter toutes les deux phrases) nous présentant dans le plus franc amateurisme une recette de radis au vinaigre…

« Alors ça, c’est original, Micheline. Parce que les radis, on ne sait jamais comment les servir!
_ Oui, c’est souvent cru avec du beurre.
_ Remarquez, c’est très bon comme ça, les radis, Micheline. Les recettes les plus simples sont les meilleures, Micheline…
_ Oui, ben on ne vous demande pas votre avis. Les radis, ça sera au vinaigre et aux aromates, et puis c’est tout! »

Elles sont trop sympa, « Micheline et moi-même » : elles nous livrent leurs petits secrets même quand ce n’est pas encore l’heure de la rubrique astuces, et c’est toujours un truc édifiant du genre : ne sortez pas le plat du four à mains nues.

*

Même si j’ai un faible pour toute émission donnant l’air d’être l’œuvre de gosses ou de bricoleurs peu doués, le principal atout de Radio Fraternité réside dans sa ligne éditoriale que l'on pourrait résumer ainsi : Jésus est notre sauveur. Nous ne l’avons pas compris tout de suite (bon, j’avoue que j’avais des soupçons au nom de la station, mais après tout, on peut être fraternel et laïc, non ?). Il nous aura fallu deux bonnes minutes pour comprendre que le sujet de la première chanson que nous y avons entendue, une marmelade lénifiante, était le parrainage des enfants en Afrique. Du coup, on n’a pas été très surpris d’entendre un autre catho à guitare s’extasier « Ma Sœur, Je veux chanter avec toâ / Que Jésus est la source de notre joâ ».

J’ai hélas omis de retenir la fréquence… Je n’ai pas bien fait mon Job (ouarf…).

G.

Mama Africa

En bon usager des médias, vous savez que l’été est la saison du recyclage. Toutes les ondes regorgent alors d’émission de bilans, de best of ou de bêtisiers. Dans le même esprit, mais un brin plus classe qu’Arthur, France Inter propose quotidiennement un voyage à bord d’un chronoscaphe (ouais, la mise en scène de l’émission est d’un ringard hallucinant, genre faussement futuriste à la Bogdanov), à la découverte d’événements plus ou moins marquants du XXème siècle. Ainsi ce petit sujet sur Miriam Makeba :

« I was born ….
V. : _ Mais pourquoi elle ne parle pas français ?
G : _ Ben euh… Comment t’expliquer… Y a des gens qui ne parlent pas français parce qu’ils sont pour ainsi dire estrangers, à tort ou à raison d’ailleurs parce que… m’enfin… On considère généralement que les Sud-Africains sont précisément des estran…
V : _ Ah ? C’est pas Marie Myriam ?
G : _On n’a jamais surnommée Marie Myriam Mama Africa, tu sais (je ne crois pas qu’on se soit beaucoup creuser la tête à lui trouver un surnom, à vrai dire…)
V : _ C’est pour ça ! Je me demandais ce que ça pouvait bien donner un chanson de Marie Myriam intitulée Pata Pata… »

Brève écolo et côlon

Pour qui l’ignorerait encore, je partage la vie d’un écologiste au grand cœur dont le rêve le plus ardent est de vivre dans une maison bioclimatique. Au quotidien, ça donne des dialogues attendrissants :
« Chéri, un sucre dans ton café ? Tu ne trouves pas que le café aurait meilleur goût entre des murs offrant un déphasage de 12 heures ? », « Je suis si bien avec toi. Sans doute grâce aux vertus isolantes de la paille de lavande » ou encore : « Chéri, je t’aime. Tu m’offres une maison bioclimatique ? ».

Puisque le romantisme n’est pas mort, voici une brève trouvée dans le magazine La Maison écologique, à la page 7 du numéro de juillet :
« Début avril s’est tenue la 1ère rencontre internationale des toilettes sèches à Saint Merd de Lapleau, en Corrèze »
C’est toujours bien de constater qu’engagement moral et autodérision peuvent aller de pair.

G.

08 août, 2006

Diplomatie

Courte halte amiénienne : manuscrits de messages et pochette rouge attendront encore un peu avanty d'atterrir sur le ouèbe. En coup de vent, juste une petite leçon de diplomatie pour regonfler l'ego de vos amis célibataires :

Ton gel et tes capotes ne sont pas périmés?

Mon homme est vraiment un ange...

G.

27 juillet, 2006

A bientôt

Quai de Somme ferme provisoirement boutique. Nous revenons bientôt. D'ici là, passez du bon temps!

25 juillet, 2006

Une mort, une naissance...

Une mort, une naissance, c'est en quelque sorte le principe directeur de toute bonne série américaine - il suffit de regarder Urgences pour s'en convaincre. D'un point de vue métaphorique, c'est aussi l'horizon de cette fin juillet. Bientôt, un mariage international que nous souhaitons le plus heureux possible; trois jours après, c'est opération cartons chez une amie qui effectue un rangement douloureux de sa vie. Une mort, une naissance. Et un souffle de changement.

Comment nous avons supporté l’équipe de France après péremption

Là, ceux qui nous connaissent doivent logiquement se poser de sérieuses questions. Qu’a-t-on bien pu faire à leurs PD préférés ? Un quelconque savant fou les a-t-il remplacés par des droïdes dans le but abject de conquérir la terre ? Faut-il envoyer les Totally Spies à la rescousse ?

Rassurez-vous : ce n’est pas parce que plus personne ne parle plus de la coupe du monde que je vais m’y coller, même si je suis connu pour agir à contre-temps. De toute façon, le seul match qu’on ait maté, invités obligent, je l’ai passé à faire des jeux de mots pathétiques sur les noms des joueurs ou de clicheteuses blagues simili racistes, et à évaluer le sex-appeal des athlètes (résultat des courses : bof). Mais hier, ma vie a changé : mon homme et moi avons affiché à l’Amiénie toute entière notre amour pour la planète "allez les Bleus" : nous avons essayé une voiture.

En effet, après 4 ans de loyaux services, de Luna Park sur les routes verglacées, de vandalisme nocturne, de baptême du pneu et de couinement intensif par ma faute, ma Cendrier 3 a mérité un maître un peu plus soigneux. Ma Queenie, je t’aime : avec toi, j’ai fait mes premières armes. Tu resteras ma toute première voiture, mon mythe fondateur à moi. Mais sois tranquille, celle qui va te succéder gardera ton esprit « kart », sauf qu’elle, elle en aura aussi la taille !

Hier, nous avons donc essayé ton successeur pressenti : l’Aygo. L’essai fut concluant : le bijou répond à mes attentes. Et pourtant, on s’est bien payé la honte dans cette voiture qui proclamait dans une espèce d’ironie tragique : « Allez les Bleus ». J’ai intercepté quelques œillades interloquées, mais dans l’ensemble, mon surmoi exacerbé a su endurer l’épreuve : le temps d’une demi-heure, j’ai accepté sereinement de passer pour un gros blaireau. Mais bon, comme notre future Aygo risque fort d’être rouge pétant (le très chic gris éclipse exigeant trois mois de délai), mon homme craint que je ne me prépare plusieurs années de beaufitude…

G.

24 juillet, 2006

Le bon gémeaux

Il y a des gens pour me dire que je suis un garçon compliqué. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis simple, mais n’allez pas imaginer une palette infinie de comportements. Je ne fonctionne, en bon gémeaux, qu’en mode binaire.

Bien sûr, l’écrasante majorité des gens verse dans le rythme à deux temps : content/ pas content ; optimiste/pessimiste ; en forme/ état larvaire ; sucré/ salé ; hot horny horn/ cold coldie cold ; agressif/ mollusque ; sérieux/ facétieux…
Cependant, la plupart se contente d’alterner ces états contradictoires (faisons l’impasse sur la petite proportion, aux marges de l’humanité, qui reste bloquée sur la même case toute leur vie, imbéciles heureux ou monstres sanguinaires). Moi, je les superpose. Et si l’on peine parfois à me comprendre, c’est que je dois composer avec deux tendances théoriquement incompatibles. Je suis tiraillé entre deux modèles :

- Le pôle « Quirite », l’austère citoyen romain sauce Caton l’Ancien, idéal de rigueur. Le type qu’on appelle monsieur, qui fronce les sourcils, contrôle tout et veut imposer le respect. Celui que l’on craint un peu. Obtus, limite psycho-rigide, on se l’imaginerait presque U.M.P. (on le préférera en Hussard noir de la République). Il combine Dignitas, Gravitas, Virtus.

- Le pôle « Graeculus », le petit grec plutôt lascif, espiègle, charmeur. Eternel adolescent, il fonde tous ses rapports sociaux sur la séduction et le jeu. Il est difficile à cerner et, paradoxalement, tout est simple à ses yeux. On le prend parfois pour un manipulateur ; on ne fait pas plus naïf. Il se veut sémillant et spirituel, tout en reconnaissant sa mollesse.

Radicalement opposés, ces deux penchants trouvent pourtant un même motif : une soif avide de reconnaissance. Et il n’est pas bien sûr que l’un ou l’autre y parvienne…

G.

23 juillet, 2006

Spectralia 5

N. au lycée, était une élève plutôt brillante mais, de l'avis de tous nos profs, une fille difficilement supportable. Un jour, alors qu'elle avait passé tout le cours d'histoire à discuter avec sa voisine, elle captura au vol une expression du prof qui la stupéfia, et, à la suprise générale, leva la main. De sa voix débordante d'entrain :

"Monsieur! Monsieur! C'est quoi un paradoxe allemand?"

Tout le monde écarquilla les yeux. Elle s'enfonça davantage, admettant à demi-mot qu'elle ne savait foutre rien de ce que le prof pouvait bien raconter à ce moment-là mais que, elle n'était pas folle, il avait bien parlé de paradoxe allemand. En citoyenne curieuse de la construction européenne, il fallait absolument qu'elle sache de quoi il retournait.
Paradoxalement, le prof esquissa un genre de sourire résigné et laissa filer l'affaire.

Cette anecdote et quelques autres, lui valurent le titre d'Ingénue de la classe. Ce n'est pourtant pas elle qui demanda au prof de philo qui dictait une bibliographie : "Mais c'est qui ce PUF dont vous parlez tout le temps?"

G.

La race honnie

Pas toujours facile d’être tolérant. Nous sommes tous des persécuteurs en puissance : xénophobes, homophobes, misogynes, fleurons de la lutte des classes, élitistes, populistes, antisémites (au sens large, Juifs et Arabes remontant à la même souche sémitique), misanthropes pour les plus radicaux…

Ma haine à moi se cristallise sur la détestable catégorie des profs à cadeaux. Je nourris à l’encontre de ces happy few une jalousie tenace, féroce, à crever. Parce qu’on a beau affecter l’indifférence, affirmer haut et fort avec une pointe de reproche dans les yeux qu’on n’est pas là pour se faire aimer, on en meurt tous d’envie – certains sacrifieraient même leur caravane ou tous leurs points CASDEN !. On a tous le fantasme de marquer nos élèves à vie (bien qu’en début de carrière, je sais que j’y suis déjà parvenu : certains me maudiront encore dans trente ans), d’être à l’origine de puissantes vocations, de bouleversements fabuleux. On n’a jamais envie d’être celui dont on oubliera le nom ; déjà, on n’oubliera pas ma tronche, grâce à mon armée de sosies.

Alors quand certains collègues reviennent de cours avec une boîte de chocolats (bon, ça, j’ai jamais vu) ou se voient remettre une photo encadrée ou une lampe marocaine lors du spectacle de fin d’année, tandis qu’on ne vous a jamais offert que (liste exhaustive et véridique) : un singe en plastique choco pop’s (message à peine voilé), une rognure de papier d’Arménie (je pue ?), un dessin de squelette ( !) et un petit pimouss’, on a tôt fait d’être pris d’une folie meurtrière.

Heureusement, il y a une justice immanente : le cadeau d’élève est le plus souvent une abomination. Demandez à L.N. (ouais, y en a même dans mon cercle d’amis des rénégats comme ça !) qui, tout en détestant obstinément les animaux, est contrainte de collectionner les photos de chiots, de dauphins et de bébés phoques ou des bracelets crocos. Sachez que l’on fait aussi des choses hideuses en porcelaine à destination exclusive, semble-t-il, du corps enseignant (hein Grégory ! Traître).

Mais bon, juste une fois, quoi, j’aimerais que ça soit mon tour !

G.

21 juillet, 2006

J’en pâtis

Samedi soir, M6 diffuse un objet télévisuel qui s’apparente pour moi à un supplice hertzien. Je ne suis pas du genre à être outré à tout bout de champ, pourtant. Suis-je donc le seul que les bêtisiers de la Nouvelle Star mette mal à l’aise, je veux dire physiquement mal à l’aise : au point même que je ne peux pas rester dans une pièce où quelqu’un regarde pareils morceaux d’anthologie – et en sortant, je pousse encore des cris d’orfraie.

Quand j’étais enfant, ma propension à l’empathie se manifestait surtout à l’écoute des émissions de radio où les auditeurs sont à l’antenne. Je paniquais à l’idée qu’ils bafouillent, qu’ils se rendent ridicules par une question à la con ou en tapant un scandale (oui, j’ai horreur du scandale, aussi). Ma maman écoutait souvent Le Téléphone sonne sur Inter, en faisant la cuisine. Je voulais rester auprès d’elle, l’aider un peu. Mais à chaque fois que l’animateur prenait un nouvel auditeur en ligne, les premières secondes étaient une véritable torture. Quand l’intervenant faisait preuve d’aisance, d’à-propos et de concision, je me décrispais. D’autres fois, il fallait que je déserte la cuisine. Aujourd’hui encore, il m’arrive d’éteindre le poste, mais le plus souvent je fuis autant que possible ce style d’émission. La nazerie « La Compil » (ça vous manque pas trop le riz ?) m’aurait mis dans le même état, si c’était l’auditrice – et non l’animatrice – qui avait été grotesque. Mais c’était déjà limite…

Ce qui ne laisse pas de m’interroger, c’est que je puisse mater l’Île de la Tentation sans le moindre scrupule. Est-ce parce que les candidats ont des vacances de rêve ou parce qu’ils donnent l’impression d’être des professionnels de la télé (coachés, lissés, formatés à fond – difficile d’avoir de l’empathie pour des coquilles creuses). En fait, ce n’est qu’aux dilettantes que je peux m’identifier…

G.

Requête

Je peux avoir le téléphone du bricoleur minou du Question maison diffusé ce matin?

Les Aventures de Saby Banana

Texto reçu ce matin :
ki ki c ki fait
tomber ses
tampons dans le
bus à paris et ki
se trompe de tgv?

La même qui, il y a 9 ans, félicitait une copine pour le bac qu'elle n'avait pas eu?

Pensée du jour

Il y a des gens que l'on aime sans qu'on puisse jamais les comprendre.

G.

Un jour, une histoire

Chez mes parents, j’ai fait provision de DVD de film pointus (Eisenstein, Lynch, Lang, Mizoguchi, Herzog…), histoire de parfaire ma connaissance cinématographique plus que branlante. Et au final, je larve devant l’Île de la Tentation et les téléfilms de M6 (Un jour, une histoire… un concept ?)

Le téléfilm d’hier s’intitulait Un dimanche sur deux. Il s’ouvre sur un horripilant rouquin de 6 ans avec maman débordante d’amour.
« Attache ta ceinture, maman t’aime (…) Sois poli avec la dame, mon chéri (…) les aveugles aussi ont droit à la vie, mon bébé » (euh… là je brode, mais bon, vous avez compris l’esprit). A l’école, le prof lisse à mourir, look alike de Georges Clooney, après avoir encouragé l’insupportable bambin dans son amour pour les vers de terre (!), l’invite à nourrir Horace. Il ouvre une boîte et laisse le mioche choisir la souris vivante qu’il jettera au boa. Classe, le CP !

Plus tard, l’insoutenable morveux, fagoté dans un atroce gilet vert en laine agrémenté d’un nœud pap’, fait la morale à son papa, look alike de Buce Willis chevelu, tandis qu’une musique incessante n’en finit pas de nous vriller les tympans : « Quand tu fumes, ça va aussi dans mes poumons, et il faut être gentil avec les gens, même les gros, et se brosser les dents après chaque repas » (ok, là aussi j’extrapole).

Il découvre la nouvelle femme de son poupa et ses enfants : il y a la petite pétasse et le demi-frère Ben que l’on subodore démoniaque, parce qu’il porte sa casquette vissée à l’envers. La belle mère, choucroute héroïque, coud un costume en amiante pour le Halloween du mouflet. On pressent que, sous des dehors affables et prévénants, elle escompte phagocyter la relation mère-fils si complice, en profitant de l’investissement de la môman dans sa carrière d’infirmière , alors qu’elle, elle est femme au foyer (la garce !). A retenir : les gentilles mamans divorcées des téléfilms U.S., tout comme les papas veufs des téléfilms allemands, ont forcément une vocation altruiste.

Notre fan de vers de terre est à n’en pas douter un bout de chou ett’ sett’sionnel, qui regarde des cartoons en V.O. (pour des raisons de budget, les bruits d’ambiance n’ont pas été doublés). Evidemment, je ne saurais vous confirmer ces hypothèses, car je n’ai pas tenu au-delà de la demi-heure. Faut pas déconner!

G.

20 juillet, 2006

Pour R.

Et zut! J'ai encore oublié la pochette rouge!

G.

Vendeur intimidant ne cherchant pas client

Il existe en Amiénie une boutique de vêtements masculins un peu spéciale. Au vu de la vitrine – je n’ai jamais glissé un orteil à l’intérieur, raison à suivre -, ça dégorge surtout du Hugo Boss ; mais cela n’a aucune importance car ce qu’on examine dans la boutique, ce ne sont pas les fringues mais les vendeurs, sans doute les plus désoeuvrés du monde. Peut-être aussi les plus canons – ce qui expliquerait qu’on ne croise aucun vrai beau mec dans les rues amiéniennes : ils travaillent (il faut dire que tout le monde ne peut pas être un feignant de prof, un parasite de chômeur, un glandeur d’étudiant ou, pire, un jean-foutre de retraité !).

Observons donc un top model vendeur au travail, dans une boutique perpétuellement déserte : été comme hiver, qu’il grêle ou qu’il bruine, il se prépare son cancer au poumon de demain, en fumant clope sur clope, sur le seuil de la boutique, en vous jetant un regard hostile, méprisant ou contempteur selon votre degré de hypitude - Autant dire qu’il vous en barre l’accès. Mais comme c’est un brun ténébreux aux cils d’antilope, on lui pardonne ou presque.

Hormis le délai dans lequel cette bombasse de vendeur finira sous respirateur artificiel, la vraie question est : comment ce magasin tient-il le coup ? Fantaisie d’oisif millionnaire qui veut jouer au chef d’entreprise ou couverture pour la tentaculaire mafia syrienne ? A moins que ce ne soit qu’un avant poste de la SEITA. Un volontaire pour mener l'enquête ?

G.

Totally Spies

Entendu ce matin dans Totally Spies :
Clover à un charmant farmer du Mid-west: "Si vous avez besoin de moi pour inpecter votre maïs, je suis à votre disposition".

Moralité : les dessins animés sont comme les comptines; destinés prioritairement aux enfants, ils sont le plus souvent obscènes.Entendu de ma propre bouche de grand enfant devant Totally Spies (seuls les connoisseurs apprécieront).

G : "Oh non! Putain! les comm' poudr'!!!!!!"

devant le spectacle terrifiant de la précieuse quincaillerie informatique de nos espionnes de choc broyée dans un ascenseur maléfique - je sens que je vais donner envie aux gens de découvrir la série, moi...

19 juillet, 2006

Subliminale

" Pour un militant comme moi, c'est une consécration!
_ Pour une fois qu'il y en a une qui tient ses promesses!
_ Vous aussi, goûtez l'élue des Français!"

Non, vous avez vraiment cru à une publicité pour la Danette crème brûlée? Petits naïfs! Ne serait-ce pas plutôt une campagne subliminale pour Ségolène Royal?

G.

Procrastination et prétéritions

Peu d' articles postés ces temps derniers, mais beaucoup d'idées en réserve. Pour qu'elles ne restent pas à l'état de projet, il faudrait que je me bouge un peu, je sais bien. Qu'elles ne connaissent pas toutes le sort d'un brouillon intitulé "L'aventurière de la chausse perdue", datant de la période des grands froids et qui, si je me décidais enfin à l'écrire, tomberait totalement à contre-temps. Remarquez, ça apporterait à ce blog caniculaire une pointe d'exotisme : découvrir comment Saby Banana a mystérieusement égaré une chaussette à Carrefour puis inspecté à quattre pattes les rayons du magasin avant qu'un sursaut d'orgueil ne lui fasse renoncer à cette fantaisie ("Personne à gauche? Personne à droite? Et hop, je me relève, l'air dégagé"). Mais fi des saisons! Il n'y a pas de péremption qui tienne quand il s'agit de découvrir les aventures de Saby Banana. D'ailleurs, pourquoi s'éreinter à vous transcrire des témoignages de seconde main? Nous agirions pour le mieux en lui accordant le statut d'administratrice sur ce blog.

Raconter notre fabuleuse terrasse-partie du 8 juillet aurait sans doute aussi un petit goût avarié. Dois-je donc passer sous silence l'une des seules occasions que nous ayons de nous retrouver entre non picards ? Au début de chaque été, avec nos amis les plus anciens, nous nous réunissons. Ce genre de rituel permet de ne pas éroder des liens mis à mal par la distance, géographique ou afférente à des choix de vie (nous sommes à l'âge où nos amies deviennent mamans ou songent à le devenir... et qu'on le veuille ou non, la maternité modifie assez radicalement les rapports sociaux).
Ce rendez-vous fait souvent office de pendaison de crémaillère (très) différé : si Poussinou (picard) et LN (éxilée comme nous en cette rieuse contrée) connaissaient notre appartement dans ses moindres recoins, et que MAB et Paupau flanquées de leurs hommes respectifs (pas top élégant comme expression, non?) nous avaient fait l'amitié de venir nous voir en décembre, beaucoup n'avaient pas eu le bonheur de découvrir notre petit Disneyland amiénois (est-il vraiment utile de rappeler que notre voisine, c'est Blanche-Neige?). Notre munifiscente terrasse immarcessiblement (na!) fleurie par les soins amoureux de mon homme aura donc été baptisée dans les règles de l'art : le lobby pro-champagne renversé y aura veillé.

Je m'arrêterai ici pour les nouvelles de seconde fraîcheur. Les bloggeurs aussi connaissent leurs périodes de soldes : il fallait épurer le stock avant de présenter la nouvelle saison!

G.

14 juillet, 2006

Radio cliché

Entendu sur France Bleu Normandie. Le principe de l'émission "La Compil" a été mille et mille fois exploré : les auditeurs appellent leur station préférée pour choisir la chanson qu'ils veulent écouter et, au passage, taillent une bavette avec l'animateur. Ce qui fait la différence dans ce genre d'émission, c'est donc la verve, le talent, la générosité du préposé à l'antenne. Et le réseau France Bleu dispose d'animateurs top-classe.

L'animatrice top-classe : "Nous avons Yang Tsoung en ligne. Bonjour, Yang Tsoung. Je n'ai pas trop écorché votre nom au moins?
Yang Tsoung : _ Tout à fait.
Animatrice top-classe : C'est de quelle origine, votre nom?
Y.T. : _ Je suis d'origine chinoise.
A.T.C. : _ C'est-à-dire?" (A.T.C. est une journaliste d'investigation dans l'âme, ça se sent)

Suit un passionnant échange au cours duquel on apprend, en gros, que Yang Tsoung est d'origine chinoise. La gentille auditrice est une femme posée qui pèse scrupuleusement chacun de ses mots. On sent que l'animatrice top-classe regrette un peu sa question, ce qui ne l'empêchera pas de récidiver.

A.T.C. : " Et ça vous manque pas trop, la Chine?
Y.T. : _ Je suis heureuse en France.
A.T.C. : _ Nan, parce qu'en général quand on vient d'un pays où y'a du monde tout l'temps, ça fait bizarre après. Surtout qu'en Chine, on peut manger à n'importe quelle heure. Et ça, après, ça manque!
Y.T. : _ Euh ben non, ça va...
A.T.C. : _ Et le riz? ça vous manque pas trop, le riz?
Y.T. : _ C'est-à-dire que... ben, j'en fais de temps en temps "(quelle exubérance, ces chinois! En plus, on sent bien qu'ils se renferment sur eux-mêmes quand ils s'installent à l'étranger : vous vous rendez compte? Ils se cuisinent du riz au mépris de nos traditions culinaires séculaires! est-ce qu'on se cuisine du riz, nos autres, bons Français?).
Suit un passionnant monologue où l'animatrice nous raconte sa passion pour les voyages et pour l'Asie, continent fabuleux où on peut manger à toute heure (ça semble être une idée fixe; grâce à la magie de la radio, on se l'imaginera comme une grosse goulue). Elle aimerait bien aller en Chine un de ces quatre, parce qu'elle est tombée drôlement amoureuse de la Thaïlande. Mais il est temps d'en revenir à nos moutons...
A.T.C. : " Ah lala! Beaucoup d'exotisme grâce à vous ce soir! Qu'est-ce que vous avez envie d'écouter?
Y.T. : _ Johnny Halliday"

Si j'osais, en ce jour de fête nationale, je dirais que c'était un véritable feu d'artifice. Et on sait combien les Chinois sont doués dans ce domaine aussi. Mais en quoi ces infatigables travailleurs ne sont-ils pas doués, hein madame l'animatrice? On raconte même qu'au beau milieu des fusées, des pétards et des dragons dansants, les Chinois s'installent dans des bouibouis où ils peuvent manger à toute heure...
G.

11 juillet, 2006

Tout doit disparaître


Le final d'une série que l'on aime est forcément émouvant. Là, sur notre canapé anthracite, s'épanchèrent les grandes eaux de Versailles. Si vous avez envie d'y aller de vos propres larmes, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

07 juillet, 2006

Le tracteur patriote


Grotesque grotesquerie... Entre le pêcheur qui taquine le goujon sous les couleurs de la France et ce tracteur patriote, le quartier prend des airs de 8 mai 11 novembre plutôt (vu le temps). Vous avez dit que ça se terminait quand cette foutue coupe?

G.

05 juillet, 2006

Babel

Le français à l'opéra sonne comme une langue étrangère. Limite extra-terrestre, en fait...

G.

Problème

Soit une bouteille de Vichy Célestins de 1,5 l, promenée en vain de l'Amiénie à la Rieuse Patrie d'un célèbre écrivain françois, soient 280 km aller-retour avec moult virages, et restée 7 heures dans une voiture sous un soleil de plomb.
Soit un magnifique parquet en jatoba, pose flottante, rougeoyant sous le soleil d'une fin d'après-midi picarde.
Soit un (très joli) garçon (quoique) maladroit et globalement assoiffé, dévissant hâtivement la-dite bouteille.
Question : le parquet a-t-il un teint Vichy-Célestins, le secret des jolis teints?

G.

03 juillet, 2006

Chat Sherpa 2

Finalement, il n'y a pas d'heure pour prendre de la hauteur.

Ouf, y a une justice!


10,6...pas de quoi rougir des résultats en littérature de ma classe. Les bons élèves ont eu de très bonnes notes (encore bravo), les sérieux pas sûrs d'eux s'en sont tirés quelquefois avec les honneurs et beaucoup d'élèves sur lesquels je n'aurais pas parié ont eu la moyenne ou ont limité la casse. Bilan des courses : les seules surprises sont de bonnes surprises; ils étaient convenablement préparés, je peux me détendre. Je suis content pour eux!
Deux élèves sèchement refusées. Petite pensée pour elles, mais on savait que ce serait difficile. La liste des recalées n'est hélas pas fermée : le ballotage des cinq admissibles à l'oral ne semble pas vraiment favorable. Affaire à suivre... Et félicitations pour tous les autres!

G.

02 juillet, 2006

Chat Sherpa

Tous les soirs, à partir de 20H, c’est l’appel des hauteurs pour notre Stuart, converti en pro de la varappe. On l’a vu à l’œuvre ce crétin des Alpes ! Son amplitude impressionnante, toute serpentine, lui permet de se hisser sans peine sur les claustra séparant les balcons ; ses longues pattes de funambule le retiennent sur cette épaisseur de 5 cm. Et l’instant d’après, le voici qui crapahute à l’étage supérieur! Il a tout juste pris la peine de renifler son pote Rimbaud, avant de se demander comment gagner le niveau supérieur.
On ne va quand même pas le tenir en laisse, ce fléau ! Chat Sherpa à grand'chose...

G.

01 juillet, 2006

Passe-partout

J’ignore ce qui est le plus angoissant : ne ressembler à rien ou être le doublon de tout le monde. Il suffit d’observer un adolescent pour savoir combien il a besoin de se fondre dans la masse tout en cherchant à se démarquer des autres. Je ne suis pas bien sûr que les adultes soient si différents que leurs cadets, mais posséder un physique passe-partout a quelque chose de très irritant.

Olivier Mine, Jean-Pierre Léaud (jeune), Rowan Atkinson ou Devedjan (en même temps, difficile de ressembler à l’un sans ressembler à l’autre)…. Voici des sosies plus ou moins flatteurs que l’on m’a un jour ou l’autre attribués. C’est sans compter sans des milliers d’anonymes. Vos collègues vous voient passer à toute heure et dans diverses voitures dans les patelins les plus improbables ; des gens que vous connaissez à peine vous identifient dans la salle d’attente d’un médecin (« T’es sûr que c’était pas toi ? Dommage, t’aurais vraiment été beau gosse ! – Merci ! ») ; une fille de votre classe au lycée ne pouvait pas vous regarder sans penser à son meilleur ami de maternelle. Il y a quelques jours à peine, j’ai appris que Coco pense à moi tous les matins en apercevant un jeune inconnu : « Tu n’as pas un frère ou un cousin sur Amiens ? Il te ressemble vraiment beaucoup. C’est un mec brun (évidemment), un peu rêveur (pas étonnant non plus), tout fin (normal, puisqu’il me ressemble), très joli garçon (normal, puisqu’il me ressemble !), gay sans l’ombre d’un doute (mouais, y a pas à dire, ça me ressemble…) ».

Le jour où l’un de mes multiples sosies se décide à commettre un meurtre, pas sûr que j’en sorte indemne. Et si une fille vient me gifler en pleine rue, je ne m’en formaliserais pas davantage; ça voudra toujours dire que mes doubles peuvent être hétéro, pour changer. Tout de même, on aimerait avoir de soi, même s'il ne s'agit que de son physique, une image sans pareille. D’un autre côté, le soupirant qui s’épanche en long et en large sur la forme unique au monde de vos narines n’est pas moins soûlant. Faut-il vraiment choisir ?

G.

30 juin, 2006

Délibérons, libérons

Radieuse cité historique de la langue française (1539), 10h du matin.

Même si les Fées se sont penchées de très près sur mon berceau, elles ne m’ont pas doté du don d’ubiquité. Que faire quand on appartient à deux jurys pour savoir où siéger ? Plusieurs critères entrent en jeu. J’ai eu du pot (bisous Marraines les Fées !), tous convergeaient vers le même jury…

1) Le nombre de copies. 61 contre 60.
2) La moyenne. N’est-il pas charitable d’essayer de remonter le moins bon des deux paquets ?
3) Le nombre de professeurs présents dans la salle. On va là où il y a le moins de monde, évidemment.
4) Le degré de luminosité de la salle
5) La tronche de celle qui préside le jury. L’autre a vraiment l’air trop pète-sec…
6) Euh… Il est prof de quoi le minou, là-bas ? Je dois bien ça à ma curiosité !

Voilà un protocole décisionnel quasi-scientifique. Les (vraies) délibérations se sont passées sans heurts, faute de tête de lard parmi mes collègues. Chacun y a mis du sien. Des fois, faut pas croire, mais ça fonctionne le service public à la française !

G.

28 juin, 2006

No no never!


"Putain, elle a vieilli Laura Ingalls!"
Cousine de Poussinou

27 juin, 2006

Nuit blanche chez Poussinou

Le coffre rempli de jeux de société d'un autre âge et d'une bouteille de limocello, nous mîmes les gaz vers Celtecourt-en-Picheurdie où notre ami Poussinou est devenu un propriétaire comblé. Bilan des courses : on n'a pas attendu les nouvelles technologies pour savoir se poiler. Nos lointains ancêtres des années 80 avaient déjà la recette du bonheur : deux bouts de carton, trois bidules en plastique et un peu d'imagination, et MM. Parker ou Ravensburger vous concoctaient des soirées princières.
A trois sur la pelouse, sur un arrière fond musical assuré par l'anniversaire de Maurice dans la salle des fêtes voisine, nous avons joué successivement à Scrupules, Therapy et Lifestyle (hélas pas Dé-connaissance de Patrick Sébastien), bref, que des classiques. Et étant donné nos éclats de rire (qui a déjà entendu Poussinou rire saura que je n'exagère pas), il n'est pas sûr qu'on n'ait pas gêné les joyeux lurons de la grande fête d'à côté...
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Part one : Apéro Scrupules
L'inconvénient majeur du jeu de plateau, c'est qu'il monopolise la table. Où poser radis, olives et cornichons? La solution, c'est Scrupules, le seul jeu de plateau sans plateau. A bien y regarder, on n'a pas non plus trouvé de règle du jeu... Nous avons donc fait comme si nous n'avions pas vu ces drôles de cartes à double-face fourche/auréole, afin de nous concentrer sur l'essentiel : les questions.
Scrupules, c'est le jeu qu'aurait inventé Saby Banana si elle avait travaillé chez MB au lieu d'être bêtement à l'école primaire, elle qui a rythmé mes années lycée de ces "Tu préférerais être sourd ou aveugle? ou mieux "Tu préférerais que tous tes amis meurent le même jour ou un seul chaque année à la même date et tu sais pas qui?". Vous l'avez compris : Scrupules possède un fort potentiel.
C'est donc entre deux verres de gnôle que nous avons répondu à des questions essentielles comme : "Vous passez au jeu de la vérité (oui, c'est un peu daté). On vous demande si vous avez trompé votre conjoint(e). Utilisez-vous votre joker? (autant dire oui directement!) ou encore "Vous êtes directeur d'une école de jeunes gens. Vous faites passer un entretien d'embauche à un excellent pédagogue, mais que vous soupçonné d'être homosexuel. L'engagez-vous quand même?" (ça va pas mieux? NON, cela va sans dire!). Inutile de dire que les questions finbissent par se répéter un peu. Et c'est là qu'on s'aperçoit que nos prises de position ne sont pas toujours très cohérentes...

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Part two : dîner ****
Poussinou s'est pris pour Bree Van De Kamp. Entre les merguez et la Tatin de magrès de canard aux pommes, il a fait son choix : cuisine.

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Part three : Thérapy post-cenal
Après s'en être mis plein la panse, on essaie de comprendre pourquoi. C'est Parker qui va nous y aider, à l'aide de pions en forme de divans qu'il faut garnir de picots de couleurs (une couleur correpondant à un âge de la vie, de la petite-enfance au cosmos, joli euphémisme des Lacaniens des jeux de plateaux). L'intérêt du jeu résidant tout entier dans les séances de thérapies où chacun a l'occasion de psychanalyser son adversaire, formule qui ne laisse pas de m'émerveiller.
"Dis-moi, Ghislaine, quel joueur autour de cette table serait à ton avis le plus à l'aise sur une plage naturiste?" - Allez savoir pourquoi, ça n'a pas fait débat...
Le patient écrit sa réponse, le thérapeute aussi. On compare les résultats et si ça coïncide, tout le monde est content le patient repart guéri (faut dire que c'est une thérapie de choc) et l'analyste gagne un picot. Bon, faut admettre qu'à trois, c'est pas bien compliqué...

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Part Four : thé/ digestif Lifestyle
Autant le dire tout de suite, Lifestyle, c'est notre coup de coeur. Et dire que nous fûmes sceptiques! Le jeu social par excellence où il faut savoir se projeter dans les pensées de l'autre? Le principe est assez simple : vous tirez une carte-question relevant d'une des 7 catégories (environnement, habitat, cuisine, vacances...) puis tirez 5 photographies de la même catégorie. Vous vous assurez qu'elles peuvent répondre à la question posée, vous en écartez une et puis vous les classez par ordre de préférence, en plaçant des jetons face cachée.
Exemple : quel plat vous fait le plus envie maintenant?
Photo : pizza - soupe de cresson - méchoui - sorbet à la poire (exit, soupe à la tomate!)
Les autres candidats doivent deviner votre classement. En l'occurrence, il n'a fait aucun doute que mon homme avait envie d'une pizza et pas du tout de soupe au cresson... Les joueurs, hormis le joueur cobbaye, avancent leur pion en fonction de leurs bonnes réponses. Pas chien, monsieur Ravensburger nous donne ses recommandations pour passer une bonne soirée :
"Nous conseillons à tous les joueurs et plus spécialement à celui qui estsur la sellette, d'expliquer pourquoi ils ont placé telle photo en 1, telle eutre en 2 etc... De ce fait, vous alimenterez des discussions toujours très intéressantes".
Eh bien on n'a pas regretté une seconde le conseil. Vivement que nous essayions la variante champion!

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Part five : parce que nous ne sommes pas des hommes des cavernes
Il commençait à faire humide, sur les coups de 3 heures du matin. La musette à Maurice avait fini par stopper ses tchik-tchik-poum-poum. J'avoue qu'on a fini la nuit un peu piteusement à jouer sur la game cube à Mario Party. Mon homme a brillament remporté la coupe au cours d'une émouvante cérémonie virtuelle à laquelle Poussinou n'a pas pu assister, violemment rattrapé par le sommeil et son 'tit punch maison.

Cet article est comme la soirée : il ne connaît pas de chute.

G.

24 juin, 2006

Metaphysis 5

Pourquoi les comptines que l'on chante avec le plus d'innocence aux jeunes enfants sont-elles les plus obscènes?

23 juin, 2006

Youkiiiiii

Youkiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Y a pas à dire : 120 copies, ça pèse son poids sur la conscience. Même toutes notées et anotées, l'idée d'avoir sabré l'une plus que l'autre me hante. C'est là que je regrette d'être perfectionniste : comme s'il existait LA note juste! Bon, cela dit, je vais quand même y rejeter un coup d'oeil, histoire d'harmoniser l'ensemble.

G.

22 juin, 2006

Merchandising

R. me signale l'existence de gel douche à l'extrait de yoghourt (p'tain, je sais jamais où qu'il est le h!). Déjà, faut pas le faire tourner, le flacon, sous peine de se laver à l'emmenthal (ce h là est moins con, il est Suisse, pas Bulgare : on voit tout de suite de quel côté du Danube est la civilisation!)
Je suggère dans le même ordre d'idée :
  • le yahourt à la quiche
  • le shampoing au boudin noir
  • le parfum Saucisson d'Auvergne (et ça, sans déconner, je saute dessus!)
D'autres propositions?

G

Et un grand soupir de remotivation !

Plus que 12. La pression se lève doucement. Il restera encore à harmoniser l'ensemble.

Il est temps de faire une liste de quelques perles, assez rares du reste, les mauvaises copies versant plus dans l'imposture intellectuelle que dans le grand guignolesque...
  • Des trouvailles langagières : la superchérie, vis-vers-ça, calomniser (je passe sur l'usage calamiteux du passé simple : à l'issue de leurs études secondaires, pourquoi le maîtriseraient-ils mieux qu'en 6ème?), il n'a pas therme (ça, ça reste un mystère, même en contexte).
  • Des formulations malencontreuses : tout le monde cherche à se convoiter; lorsqu'Atalante (Adonis, en fait) meurt durant une chasse, Vénus est très triste et elle continue à faire des fêtes; ils assistent à la levée du roi (je ne pensais pas que Louis XIV était une belette).
  • Une histoire revisitée : La Bruyère était un simple ouvrier, un paysan; Les amours de Zeus et Galilée.
Avoir enduré tout ça - pas sans plaisir, au fond - , je saute de joie à l'idée que 120 corrections devraient financer mon budget cornichons pour la quinzaine semaine!

G.

Hein?

5, oui, j'ai bien écrit CINQ, visites simultanées sur ce blog? Qui me fait cette blague?

G.

21 juin, 2006

Et un grand cri d'encouragement !

Plus que 25 !!! Youki!

G.

Apophtegme (ça arrive)

Il est des relations dont il faut savoir se sortir, digne ou pas.

G.

Aphorisme boîtager

La Faim commence quand on mange ses saucisses-lentilles directement dans la boîte.

G.

19 juin, 2006

27, est-ce si désastreux?

J'ai délaissé ce blog pour cause de semaine surchargée. En toute logique, c'est précisément quand on a beaucoup de choses à raconter qu'on n'a pas le loisir de le faire. Que de retard à combler! A tout seigneur tout honneur : jeudi dernier, j'ai eu 27 ans.

Cela fait tellement longtemps que je m'y prépare que j'ai le sentiment de les avoir depuis un an. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais accroché avec le 26. Du coup, je suis tout étonné de ne me retrouver qu'avec 27 ans! Moralité : Anticiper, c'est le meilleur moyen de rajeunir. Autre bonne nouvelle, Rafaele est revenu de Puputt précisément le jour de mon anniversaire, en guise de cadeau, j'espère! Comme je suis total déphasé, je viens de m'en rendre compte. J'ai passé un super week-end avec ma famille, venue exprès en Amiénie, mon homme et mon fidèle tas de copies que je ne quitte plus...

Car il faut bien que j'aborde aussi le chapitre des nouvelles maussades qui ont fait de mon anniversaire un jour assez maussade qui est passé inaperçu à mes propres yeux. Au chapitre des anecdotes, j'ai fait une moisson de 120 copies de bac. En soi, ça ne me déplait pas. En plus, ça fait partie "tant au niveau moral que juridique des obligations inhérente à la fonction d'enseignant" (bien formaté, hein?). En bonus, je ne suis pas déchargé de mes cours au collège. Mais comme ça représente approximativement 60 heures de correction, pas le temps de me farcir des cours à préparer. J'ai prévenu les amuse-gueule : "les mioches, je vous cloque devant la télé et vous me laissez corriger, ok?". 60 heures, soit deux copies (en fait 4, puisqu'il y a deux mini-dissert dans cette épreuve) par heure. Cela semble peu, mais c'est la moyenne avouée par d'autres collègues présents à la réunion. Quand on est lancé, on en fait trois dans l'heure; mais comme on est naze après la quatrième, la moyenne repasse systématiquement à deux. Wouarf.

Et comme j'ai vraiment envie de consacrer du temps à des nazeries, en plus de mon quota de douze copies par jour auquel je refuse catégoriquement de renoncer (je sais être rigide, moi!), je dois témoigner le soir comme plaignant à un simili-conseil de discipline, où il a fallu extorquer deux mots d'excuses proférés avec agacement et sans me regarder par la petite canaille qui avait gravé une table à ma gloire. Ma présence était vraiment indispensable, vu les éléments nouveaux que j'ai pu apporter ("euh... bah... si tout a été dit..."). J'étais juste là pour appitoyer les membres du conseil. Avant de m'y pointer, je me suis demandé si je devais avoir l'air misérable, comme le voulait la tradition latine, avant de me souvenir que ça valait uniquement pour les accusés. Là est le problème : j'avais vraiment le sentiment d'être le fautif et elle, la victime. je me souviens encore des paroles de sa mère, en rendez-vous particulier juste après l'incident : "de toute façon, vous n'êtes pas idiot, vous savez bien ce qui se dit sur vous depuis quatre ans! Mon fils déjà m'en parlait à l'époque"... J'ai pas voulu avoir l'air de me justifier, ni de me dédouaner. Donc, j'ai eu l'air con. Je suis ressorti de là en rage, juste assez cynique pour le conseil de classe qui a suivi. Je suis vengé, la dame a pleuré lors du conseil au point de devoir sortir. Passons allégrement.

Sinon, toujours à titre de réjouissance, Saby Banana nous a appris qu'elle ne croquerait plus son MM's. 6 ans de gourmandise qui s'arrêtent là, tout de même. Les poissons de mon homme ont bouilli suite à un incident technique. Le restau d'anniversaire était on ne peut plus décevant... J'oublie quelque chose? N'en jetez plus. J'en garde un peu pour les jours à venir. Allons, on se console : les fins d'années scolaires sont rarement sereines en dépit des apparences!

G.

Ascèse

Aux gentils zigotos auxquels nous manquerions : désolé de ne pas être plus présent sur le blog. Je suis rentré en ascèse depuis mercredi dernier, date de remise de mes copies de bac. Bonne nouvelle, j'en ai fait plus de la moitié. Mauvaise nouvelle, ça veut dire qu'il m'en reste une cinquantaine...
Je vis en reclus, coupé du monde. Pour éviter toute tentation, l'ordi reste éteint. Aujourd'hui, j'ai voulu m'octroyer une petite exception pour récompenser mon abnégation et ma rigueur (je ne me croyais pas capable de me plier à une telle discipline) et... j'ai été inefficace comme jamais. L'usure. J'ai tellement peur de trop me relâcher et de ne pas réussir à m'y remettre que j'ai un peu tiré sur la corde, je crois....
Pour les autres tentations technologiques, je tiens bon : ni radio, ni télé. Même pour les infos. Même à table. Si c'est pour entendre parler de foot, de toute façon, j'aime autant écouter le ronronnement du micro-ondes! A bientôt, dans une ambiance plus propice à la détente...

G.

13 juin, 2006

Taedium vitae

Des fois, il faut encaisser de ces trucs...

G

12 juin, 2006

Des animaux et des hommes

Exercice de vocabulaire sur les expressions animalières:
- Voyons Vincent, dis-moi quel animal est fidèle, d'après toi.
- Le dindon, répond mon gentil 6e.
- Le dindon est un animal fidèle? demandé-je un peu goguenard.
- Parfois.

Vision réjouissante d'un petit garçon vivant une grande amitié avec un dindon aimé après plusieurs déconvenues avec des congénères infidèles.

V.

Sérénade au clair de lune

Maou-mi
miaou-ou
maglouuu
miou-mi

Soirée tranquille sur notre terrasse. La nuit est douce. L'immeuble connaît une animation digne d'un village provençal, et nous autres, humains, ne sommes pas les seuls à en profiter...
Stuart l'acrobate exerce ses talents sur toutes les terrasses et balcons de l'étage et ponctue chacun de ses pas d'un commentaire de velours. Notre chat est un bavard : il semble érailler sa voix chevrotante à tout propos. Pas facile, au quotidien, d'en comprendre l'intention. Mais ce soir, c'est assez clair : monsieur nargue, monsieur fait son intéressant. En effet, tandis qu'il parade plus ou moins noblement, librement en tout cas, son compère Rimbaud, au deuxième étage, l'observe avec envie derrière ses barreaux.
Le dialogue a duré trois plombes, quelquefois agrémenté de quelques aboiements caverneux de Kérobéro, le molosse du dessus qui doit peser deux fois mon poids (bave comprise). A force de provocations, notre redoutable dévoreur de mouches réussit à pousser Rimbaud au crime. Qui aurait dit que Stu jouerait un jour les c(h)aïds, la ra... chacaille? Son petit voisin enfreint la loi, au grand dam de sa maîtresse, et gagne le balcon adjacent dont il aura bien du mal à revenir. Et qu'importe s'il est puni pour le restant de la soirée, il s'est fait un nouveau copain, un brin voyou.

G.

L'admiratrice anonyme

Me voilà soulagé : toute la gent féminine ne me déteste pas. J'avais bien besoin d'un petit réconfort après les inscriptions faisant mes louanges découvertes la semaine dernière (pour mémoire : batard, boufon, enculé, PD, gros PD, la pute, gros bite tout pouri...). Ainsi j'apprends ce matin que l'assistante middle-westienne qui a regagné ses pénates a donné des nouvelles à ma collègue d'anglais.
"Elle m'a demandé de tous vous saluer, et tout particulièrement toi, G."
Clin d'oeil appuyé.

G.

11 juin, 2006

Triste monde tragique ?

On répète à l'envi que les gens d'aujourd'hui ne sont pas solidaires. A écouter les médias, si les gens n'interviennent pas lors de violences perpétrées en public, c'est par égoïsme. Balivernes! Faut-il être stupide pour croire les gens incapables d'empathie à ce point! Ne savons-nous pas tous inconsciemment qu'il faut aider pour espérer être aidés en retour? C'est un phénomène de groupe, rien d'autre, qui nous paralyse : il y aura bien quelqu'un dans cette foule qui sera plus qualifié que nous pour intervenir? Deux exemples à l'appui.

Je l'avoue, j'ai moi-même été un de ces stupides êtres humains frappés par le phénomène de groupe; et pas plus tard que cette année. Moi, individu responsable, j'ai vu une femme assez âgée tomber de l'autre côté de le rue à une heure d'affluence, et tenter de se relever seule pour retomber plus pitoyablement encore. Allons, il y avait un groupe de lycéens juste à côté d'elle! Ils semblaient ne même pas l'avoir vue. C'était quand même étrange, cette scène : j'en suis venu à douter de la réalité de cette chute. Que croyez-vous que j'ai fait? J'ai fait semblant de ne rien avoir vu et me suis maudit mille fois sur le trajet du retour. J'ai eu honte à me haïr, vraiment, sincèrement. A vomir presque de ma propre lâcheté... Si j'avais été seul dans la rue au moment de cette chute, je suis persuadé que je serais venu à son aide. C'est bien le regard de nos semblables qui nous inhibe.

Un autre exemple de ce phénomène, moins mortifiant mais à peine, remonte à l'époque de ma première année d'enseignement. Tout jeune stagiaire dans la Manche, je prenais le bus (après plus d'une heure de train) pour rejoindre le bahut. J'y retrouvais souvent une collègue d'espagnol. Un matin, une rixe éclate entre deux jeunes pour une histoire de regard de travers (le plus sordide est que c'en fut le motif réel, unique et atrocement banal), et ce à deux pas de nous. Prostration : alors que ces deux zouaves se talochent joyeusement, je reste comme deux ronds de flan à tergiverser pour décider de l'attitude à avoir. Oh! quelques secondes à peine, juste le temps pour ma collègue (plus proche, certes, on se réconforte comme on peut) de se précipiter vers eux, sans prendre la peine, elle, d'intellectualiser. Elle s'interposa en les grondant. Comme elle avait pris l'initiative d'agir, je me suis senti en droit, enfin, d'intervenir. En les maintenant à distance l'un de l'autre, j'ai même cueilli un coup dans le tibia - une broutille en comparaison de l'estafilade infligée à l'estime de moi-même.

*
* *
Mais tout ceci m'emmène assez loin du souvenir qui a motivé l'écriture de cet article, un souvenir témoignant en faveur d'une vision optimiste de l'homme. Car, en fin de compte, nos vies sont ponctuées de bienfaiteurs que nous ne pourrons jamais remercier. Je veux rendre hommage ici à une bienfaitrice anonyme pour un geste minuscule, mais qui, je crois, a contribué à forger mon sens moral.

Pendant que mes parents arpentaient les rayons de feu Continent, l'achat gagnant, mon frère et moi, comme bien d'autres enfants, restions dans le coin BD de la grande surface. Comme il se devait, j'emportais dans ce temple de la consommation mon petit porte-monnaie - une espèce de bourse fort peu pratique mais au cuir velouté et à l'odeur caractéristique qui sera pour moi, à jamais, l'odeur de l'argent. Il était blotti au fond de ma poche. Il faut croire que celle-ci n'était guère profonde et que la-dite bourse était fort peu renflée : en tout cas, peu de temps après avoir retrouvé mes parents dans le magasin, je me suis aperçu que je l'avais perdue.

Brusque sursaut d'angoisse, comme j'en ai connu des milliers depuis (était-il le sursaut fondateur, ou déjà une réplique?). Retour haletant au rayon BD. Je scrute le sol avec mon papa. Rien. L'angoisse monte d'un cran - je sais, c'est dérisoire, mais rien n'était dérisoire, surtout pas les objets, aux yeux du petit garçon très sensible que j'étais. Mon père m'a alors traîné jusqu'à l'accueil du magasin. Reconstruction de ma mémoire? Il me semble que je vois encore le visage du monsieur : "Tiens : c'est une petite fille de ton âge qui nous l'a apporté!". Je ne sais pas pourquoi, le mystère qui entourait l'identité de ma bienfaitrice a excité mon imagination : je la connaissais peut-être!

Bien des années plus tard, au lycée, lorsque j'ai sympathisé avec Nadja, ce souvenir est remonté à la surface. Sans que je sache pourquoi, j'ai acquis la certitude que c'était elle, ma petite bienfaitrice...

G.

P.S. : à bien y réfléchir, j'ai dû connaître mon premier sursaut d'angoisse à la perte - heureusement provisoire - de ma douce Cassolette, un 14 juillet.

10 juin, 2006

Citation 2

Les filles, ça trouve toujours des rimes en -ASSE pour parler de leurs copines.

Hébus, troll, in Lanfeust.

09 juin, 2006

Anthropologie

Il est des garçons aux moeurs bizarres : les hommes défilent, le restau reste.

G.

L'homme du jour : épilogue

L'enquête fut diligente, mes soupçons confirmés, la sanction proportionnée. Je reste bouche-bée devant le pouvoir de consolation de mon chef, devant lequel je m'étonnai de la violence des inscriptions : "Oui, hein, c'est vraiment de la haine qu'elle exprimait là".
Pas gloups.
Maintenant, il ne me reste plus qu'à remailler la classe.

G.

L'homme du jour 3

Stupéfaction. Le petit mot gravé sur une table (celui-là) n'était que la face visible de l'iceberg. Hier, j'ai découvert une explosion d'insultes à mon envers sur une table et le mur concomittant. C'était fleuri mais pas très original, avec un certain souci de variété mais pas de l'orthographe. L'objet n'est pas ici de les reproduire, pas de faire part de cet étrange sentiment de viol et d'humiliation mais de m'interroger. Je sais qu'ailleurs, c'est une pratique commune. Pas de couteau, pas de crachat en pleine face, pas de menace... De quoi je me plains?

C'est vraiment déroutant d'être victime d'un tel déchainement sans avoir l'impression d'avoir fait quoi que ce soit susceptible de l'expliquer. Le plus insidieux est que ça instille le doute. On aura beau dire que certains de ces gosses ne sont pas doués pour l'école, ils le seront tous et toujours pour trouver les failles. La perversité a de beaux jours devant elle, cette noble institution qu'est l'école est une féconde pépinière.

G

Gemellae meae

Qu'elle fut douce la lecture de ta lettre, Mab, ma soeur Mab! Et que j'ai hâte de te revoir!

G

07 juin, 2006

Versatile jeunesse

L. est prostré. Il chiale, n'a pas ses affaires, joue dangeureusement du compas (vite confisqué, avec équerre, ciseaux et tout instrument potentiellement mortel), fait mine de vouloir s'énucléer ou se taillader les artères : sa copine a eu l'inconséquence de le larguer à la récré juste avant mon cours (connasse!). Cela va de soi, arrivé en juin, je ne vais pas exiger de lui qu'il se mette à travailler. Alors il s'acharne sur la couverture de son cahier où il avait gravé : L+ Connasse for ever ("Euh... je te conseille de ne jamais te faire de tatouage!), comme il avait gravé en octobre L + Godiche, en novembre L+ Bécasse et en février L + Nunuche. Mystère, mystère : les mecs moches ne restent jamais célibataires au collège; mais ce n'est pas l'objet de cet article.
Les affres de la dépression se referment sur notre brave Pierrot lunaire. Puis, insensiblement, il commence à ricaner, le bougre. Sur l'équerre qu'il a piquée à sa voisine, il inscrit quelque chose au blanco. Je m'approche, plein d'espoir (c'est forcément son cours, non?) : "MIAM 19 cm"

Primo : à 13 ans, chapeau bas
Secundo : je savais la jeunesse changeante (pas au point de se passionner pour mon cours, mais bon...), mais tout de même!

G.

06 juin, 2006

L'homme du jour 2

Assassine, cette inscription rose dans une écriture exagérément enfantine (afin qu'on ne reconnaisse pas le tracé?) :

"M. S j m pa té cour y son pouri vas te fair..."

L'inspecteur G. mène l'enquête; ça va pleurer dans les chaumières!

L'homme du jour

Comment calmer le cuistot de Patelinvillers? Bromure? Là, c'était plus de la drague à la petite semaine à la photocopieuse, en comité réduit!

"Oh qu'il est beau avec son coup de soleil!
_ Et encore, tu n'as pas vu mes bras! (note pour moi-même : ne plus chercher de répartie avec lui)
_ Bah je sais pas, tu ne montres que ta figure! Fous toi à poil, qu'on puisse en profiter!"

La scène? un réfectoire plein à craquer. Rien que de très intime!

G.

31 mai, 2006

éphémérides (le plus possible SVP)

Ah! Quel joli mois de Novembre nous avons-là!

Fleuries mes rosis

V: _ J'ai semé des Ipomés.
G: _ Et tu les as retrouvés?

Du chic et du toc

Le poil lisse et brillant, le teint de rose, la crinière soigneusement agencée, la chemise fraîchement repassée, le pantalon chic, l'oeil de faon, je m'avance, magistral, et pose devant le bureau.
"Il est beau votre sac, m'sieur".
Comble du comble, elle ne parlait même pas de mon cartable, mais du sac en papier décoré que je tenais dans l'autre main.
"Merci, Gitana, je préfère quand tu dis que je sens bon..."

G.

Phrase du jour

N'empêche, le Vatican, c'est pas glamour

G

y a des jours comme ça

Après avoir vainement cherché à ouvrir ma salle de classe avec les clés de chez nous, j'ai essayé avec mes clés de voiture. Au cas où...

G.

25 mai, 2006

Je chante les armes et l'homme

Pour le plaisir d'entendre du Virgile scandé.
Dédicace à Saby, parce qu'elle sera toujours la seule à m'appeler en toute urgence à 22 heures pour que je lui scande un vers...

G.

Rêverie

Elle n'est pas telle que je la rêvais, moins noble et moins bienveillante à la fois. Mais elle est émouvante, image très personnelle et moderne d'un mythe historique. Evidemment, les contraintes du scénario ont amplifié certains caractères: la duchesse de Polignac est à cet égard une caricature des plus amusantes. On la voit ainsi débarquer dans la loge de la Dauphine qu'elle ne connaît pas et s'extasier sur les performances des amants russes devant une Marie-Antoinette amusée.
Me plait tout particulièrement, entre éventail et chapeau, le regard.
V.

L'oeil de l'expert


Aller voir Marie-Antoinette avec V., ça doit être un peu comme aller voir Troie avec moi; au moment où la pas encore Dauphine découvre Versailles à 14 ans, ça donne :


" Pff, c'est du mobilier Louis XVI ! ça date de 1786!"

No comment

G.


24 mai, 2006

carnet noir

Bisous à Geo qui quitte la toile! Allons, l'Eden, ça sera au quotidien!

23 mai, 2006

un peu de légèreté

Depuis qu'on a emmené de braves petits 5èmes voir, à notre insu, un spectacle plutôt destiné à des (hum) adultes - si possible amateurs de vieux chanteurs de 65 ans en string ou déguisé en "chien de l'enfer" avec queue à l'arrière et à l'avant, ou encore de danseuses arrivant avec une pancarte "fouffe power" et la-dite fouffe matérialisée par un triangle laineux - , depuis cette sortie, disais-je, nos braves têtes blondes prennent de mauvais penchants. Preuve à l'appui.

Etude de l'image :
Vercingétorix devant César, Lionel Royer (1899)
A : Près de la queue du cheval, y a comme des fils d'or...

Je suis sûr qu'il y a un mois, ce serait passé comme une lettre à la poste. Mais là, ce fut la débandade (facile). Il a fallu les laisser se marrer comme des baleines pendant cinq minutes. Ah qu'ils grandissent vite!

G.

Parenthèse enchantée

Mon homme trouve que je ne parle pas assez de lui ici. Alors : groume

G.

De l’élaboration d’une grille de notation…

pour l’eurovision.

Samedi 20 mai. J’ai récolté une moisson de bac blancs, mais ça attendra : en professionnel de la notation, j’ai décidé de bâtir une grille pour noter de façon quasi-scientifique, sans pour autant occulter la part artistique, les prestations des candidats de l’Euro-youki-vision 2006. C’est chose fort complexe de bâtir un barême qui se respecte !

Voici les critères retenus :
- Bombasse mégaglam : 4 points. L’eurovision, c’est fait pour nous faire rêver. Le sex-appeal, c’est primordial. La chaudasse part toujours gagnante (en l’occurrence, la chaudasse est russe).
- Choré :3 points. Si Séverine Ferrer avait été qualifiée, la choré signée Bruno – Quadricolor –Vandelli aurait fait un carton.
- Costumes : 2 points. Le blanc était à la mode cette année. Mouais…
- Ça bouge : 2 points. On n’est pas là pour s’endormir sur du Virginie Pouchain.
- Vernac’ (vernaculaire) : 2 points. J’y tiens : pour moi, l’eurovision n’a de sens que si les candidats chantent dans leur langue maternelle. Ça rime à quoi de voir des Grecs chanter en anglais ? Notez qu’Irlande et Malte, dont l’anglais n’est qu’une des langues officielles, n’ont pas la totalité des points. Il faut faire des choix courageux et oser le gaelic ou le maltais, non mais !
- Titre : 1 point. A mort les nazeries du genre « I do » ou les messages de boyscouts !
Je désespérais de n’avoir que 14 points dans ma notation avant de me rendre compte d’un truc « Ah non ! j’ai oublié d’évaluer la chanson ! ». Donc :
- Chanson, voix, originalité : 6 points, excusez du peu.

Mais je ne pouvais m’en tenir là. Une bonne notation doit pouvoir s’adapter à toute situation. J’ai donc mis au point un système de bonus/malus :
- Bonus tare physique +1. A chacun sa chance. On peut marquer l’eurovision de sa canne blanche sans être une bombasse. J’ai créé ce bonus en me souvenant du candidat espagnol de l’année 2000 (très grand cru) : cet homme aveugle s’était laissé abusé par sa maquilleuse qui lui avait tartiné les lèvres de tant de gloss qu’on avait l’impression que son micro était enduit de saindoux..
- Bonus lalalala ou faux +1. Ne pas chanter juste est à mon avis un facteur qualifiant à l’eurovision. Si en plus il y a des onomatopées, c’est le Pérou (au fait, pourquoi y a pas le Pérou à l’Eurovision ?)
- Bonus LV2 (langue vivante) +1 : un bon démago prendra soin de dire quelques mots dans une autre langue (l’anglais ne comptera pas), au moins dans la langue du pays accueillant, histoire de se faire mousser. On en a déjà vu agiter des petits drapeaux : ça marche aussi.
- Bonus nom +1 : un nom exotique ou parfaitement grotesque, ça peut rapporter !
- Bonus M comme Monaco +2. En hommage à Monaco, prématurément éliminée, mais aussi parce que j’ai une tendresse particulière pour la Macédoine depuis la grandiose prestation du groupe XXL (2000 : grand cru, j’insiste), j’ai décidé d’accorder 2 points aux pays commençant par un M : Malte (en 2000, c’était bien aussi !), Macédoine, Moldavie et… « Moi, j’aime tellement la Turquie, que je regrette que ça ne soit pas la Murquie ; comme ça ils auraient eu le bonus ». Qu’à cela ne tienne, nos cousins anatoliens sont devenus murcs le temps d’une soirée, même si la médiocre prestation de cette Gwen Stefani du pauvre a fait naître en moi des regrets. Au fait, pourquoi les candidates murques ont-elles toujours des faux-airs de vampires ?
- Malus – 2 : c’est mou. Mort à la guimauve !

En plus de mon tableau, j’avais aussi une feuille à part pour reporter mes commentaires. Mais j’avais tellement de boulot avec mon tableau (les limites de la perfection) que je n’ai pas été très bon côté annotations…
Restait à renommer tous les pays : Norvégie, Espinguinie, Rouquinie, Roscovie, Bosniaquie, Meultâ, Gaule française, Pour toi Arménie…

Et bien avec tout ça, mon trio de tête fut :
1) Croatie (avec le bonus tare physique et 3 points en bombasse, comme quoi ! mon barême la crédite de 20,5/20)
2) Rosbifie (un genre de rappeur entouré de poupées grimées en écolières, comme quoi !)
3) Danemark (des bombasses d’obédience vaginale).

Signalons que j’ai refusé de noter la Lituanie qui se foutait vraiment du monde, et que les Suomiens (les vainqueurs) arrivaient 8ème chez moi. Gaule française et Israëlie finissent bons derniers avec 0 chacun (comme quoi, j’ai du feeling pour repérer les tocards).

G.

19 mai, 2006

Scandale

L'Europe? Je la hais
Masses sans goût!

G.

16 mai, 2006

Note de l'artiste

Toujours soigner sa sortie. Si vous avez l'intention de vous faire virer, faites le avec brio. Insulter trois profs le même jour, c'est bien; faire preuve de créativité dans l'injure, c'est mieux!

P'tit chien-chien
Femme à barbe
Paquet de rides

Dans les règles de l'art. Vous ne me ferez pas croire qu'il n'avait pas préparé ses adieux!

G.

Culories

De petite choses de 12 ans que j'accompagne ce soir à un concert (damned) me préviennent : demain, ils risquent de ne pas venir parce qu'ils vont faire la grasse matinée rentrer tard. Je m'insurge : moi, demain, je serai là!

Dylan : Oui, mais vous, vous êtes un HOMME (il accompagne cette affirmation d'un geste frénétique du poignet assez suspect).
Moi : Certes.
Dylan : Vous êtes plus énergétique!
Moi : Une barre de céréales est énergétique. Tu as l'intention de me manger?

J'ai failli ajouter : "il te faudrait un gros appétit", mais j'ai soudain eu conscience d'une lecture obscène du verbe "manger". Regard circulaire inquiet... Passé comme une lettre à la poste. Ouf!

G.

15 mai, 2006

J-5

Je vous encourage vivement à jeter un oeil au site du moment, ajouté dans la colonne de gauche. J-5, certes, mais ne mesestimons pas la première étape (et ça, c'est J-3!). Séverine retiendra-t-elle leur attention à tous? Si non, c'est à désespérer de l'Europe!

Les M. et Mme picards


Je me suis trouvé une nouvelle raison d'être : collecter les meilleurs "monsieurs et madames" variante picard. Deux énigmes à soumettre aux plus futés - je n'ai pas encore décidé du gros lot :
  • Monsieur et Madame Peureuchconlo ont un fils. Quel est son ch'tiot nom?
  • Monsieur et Madame Aucaro de Chcar ont une fille (il en faut pour tous les goûts).
Si vous savez répondre ou mieux, si vous connaissez d'autres devinettes dans ce style (il existe d'autres variantes régionales; ça m'intéresse aussi!), vous savez à quel carreau taper!

G.

13 mai, 2006

Un jour, j'ai voulu être #2


Président de la République quand j'ai compris que je ne pourrais pas devenir Roi,
malgré mon excellente connaissance de la vie de Marie-Antoinette et mon bref intérêt pour "Point de vue. Images du monde". Ma scolarité m'éloignant vraisemblablement de toute carrière politique, j'ai compensé ma frustration en devenant délégué de classe au lycée, en classe préparatoire (mais aussi président d'un club de mode comptant quatre membres, dont deux allergiques à la mode), puis en deuxième année d'IUFM. Mon arrivée au collège de Quartmondeville m'a donné l'occasion de cumuler les mandats, tant sont nombreuses les instances d'un établissement, même modeste. Et ELLE?
Je lui donne quelques conseils, à l'occasion!

V.

11 mai, 2006

Brève de 6e

"Monsieur, l'hebdomadaire, c'est un animal?!
- Oui Mallaurie, un animal très spécial: il lui pousse une bosse par semaine."

V.

10 mai, 2006

Rester maître de soi


Il s'agissait de comparer deux bustes d'empereurs : ce Commode en Hercule et un Septime Sévère beaucoup plus sobre. Au cours de l'analyse de l'image, on en vient assez vite à remarquer que la composition et la réalisation de l'oeuvre sont très travaillées.
Invité à relever des éléments pour justifier la perfection technique de la statue, A. (vous allez penser que je n'ai qu'un seul élève; mais qu'y puis-je s'il n'y a que lui pour me livrer pareilles saillies en toute innocence?) me cite : la barbe, les cheveux et... le noeud entre les pattes. J'éclate de rire, me demandant bien à quoi pouvait bien ressembler le noeud entre les pattes de Commode.

La problématique nodale est une approche bien trop négligée par nos historiens; mais comment y remédier?

G.

09 mai, 2006

Point trop n'en faut

Un principe à retenir : n'opérer qu'à un seul changement d'un coup; dans le cas contraire, vous perdez au moins une bonne raison de vous faire remarquer.

En allant à Patelinvillers aujourd'hui, je m'attendais à ce qu'on me félicite pour mon mariage... Comment ça, vous ne suivez pas? ah oui, j'oubliais un détail : à Vichy, on n'a pas trouvé de jeune de moins de 60 ans, mais en contrepartie, nous avons déniché le simplissime anneau d'argent que mon homme voulait m'offrir pour Noël (mais ces quiches de bijoutiers amiénois trouvaient mes doigts trop fins). Depuis, je le porte à l'annulaire gauche, comme un vrai petit hétéro apparié.
Bref, je m'attendais à voir la stupéfaction fondre sur les visages des collègues et élèves. J'avais même concocté la répartie, idéale de polysémie; ça aurait donné ça :

_ Tu t'es marié dans le week-end en catimini? (ombre sur le visage du collègue pas invité)
_ Que nenni! Si je m'étais marié, crois-moi, on en aurait parlé au vingt heures!

Bien sûr, pour le non-initié ça sonne comme une hyperbole, genre je suis un tel Don juan qu'elle n'est pas née la cocotte qui me mettra les fers ( on y croit à mort). L'inverti averti, lui, comprend que PPDA aurait vraiment ouvert son journal sur nos noces.

Et bien de tout ça, nada. Aussi, quelle idée avais-je eu de me faire couper les cheveux le même jour? Là pour le coup, ils n'ont pas été avares de commentaires. Le cuistot, qui n'en est plus à sa première tentative de drague près, m'a même enlevé dix ans de moins (tu vois, Rafaele, je suis moi aussi un éternel adolescent). Cela dit, je suis pas sûr que j'aurais été à son goût quand j'avais 16 ans...
Bon, je garde ma répartie sous le coude : demain est un autre jour!

G.

Retour aux sources

Un retour aux sources aux sens propre et figuré :
Chomel, Hôpital, Lucas, Grande grille, Célestins, bien sûr; les voilà les sources du pays averne, terre de mes aïeux, auxquelles nous nous sommes abreuvés (yeûrk!). Ce week-end, c'était opération séduction à Vichy. Tout d'abord parce qu'on l'a vécu comme un séjour en amoureux dans un hôtel ***; ensuite parce que c'était à la ville des pastilles (c'est quoi ce lien?) de nous séduire...
Jamais à court d'idées, mon homme a décidé de nous lancer dans une flamboyante carrière d'investisseurs immobiliers. En bons professionn dilettantes, nous sommes allés vérifier la validité des informations dont nous disposions sur le programme. Avec toute la rigueur économique qui nous caractérise, le débat a vite tourné à "tu te vois habiter ici, toi?" et autres "il faut combien de points pour muter dans l'Allier, à ton avis?" : n'est pas investisseur qui veut!

Etrange ville, et pas uniquement sur le plan immobilier (les prix font le grand écart entre le modiquissime et l'inconcevable). Je ne parlerais même pas de la période pétainiste qui colle à sa réputation mais qu'elle occulte totalement (on avait pourtant bien choisi notre week-end!). C'est pourtant pour des raisons bêtement matérielles qu'elle s'est vue propulsée provisoirement (ouf!) au rang de capitale : reine auto-couronnée des villes d'eau, elle était nantie d'une considérable capacité hôtelière et d'un réseau téléphonique moderne. Puisque les Vichyssois n'étaient pas plus pétainistes que leurs concitoyens, pourquoi refuser tout de go de se pencher sur son histoire récente?

Ses hôtels, parlons-en... La crise du thermalisme s'est bien évidemment accompagnée de la fermeture de nombreux établissements. Certains ont réussi leur reconversion en appartements, mais beaucoup d'autres sont à l'abandon. Vichy est la ville du patrimoine en sommeil (il a rejoint la mémoire dans le lit nuptial). C'est valable également pour de nombreuses maisons, pourtant idéalement placées, qui seraient belles, même, si elles étaient entretenues. Gâchis, gâchis, gâchis... On se consolera en arpentant ses parcs et en jouissant de ses eaux (yeûrk)

Vichy, ville dynamique? Qui a déjà vu deux petites vieilles se battre pour la même table au salon de thé n'en saurait douter!

G.

P.S. : l'eau de Grande grille possède le goût d'une substance que la décence m'empêche de nommer ici.

04 mai, 2006

Comme le chantait Nolwenn #2

Mercredi matin, 8h.
Frais comme un gardon, je vais chercher mes élèves dans la cour.
A :_ M'sieur, vous avez couru? On dirait que vous avez chaud!

Note pour plus tard : changer de crème hydratante.

G.

29 avril, 2006

Un jour, j'ai voulu être

Rainbow brite, Blondine Arc en ciel in french.
Une petite fille qui lance des paillettes de couleur pour égayer le monde.
A vrai dire je ne suis plus trop sûr du poste que j'aurais aimé occuper: il y avait des préposé(e)s pour chaque couleur et puis les espèces de boules moutono-simiesques qui les accompagnaient, sans oublier le grand cheval de l'héroïne...
Imaginez ce que je ferai de l'Education Nationale si je pouvais repigmenter toutes choses à ma guise!
"Oh Patricia! Un pantalon pied de poule et un pull à carreaux écossais... Schliinng!"
"Ah non Samantha, tu ne peux pas entrer en classe avec tes racines brunes... Schliinng!"
Malheureusement, aucune héroïne ne lutte contre la laideur du trait ni la forme dévoyée.
V.

28 avril, 2006

Ritournelle #1

Tout le monde connaît cette légère angoisse, quand un air, parfois quelques paroles, résonnent obstinément dans votre tête. Quand c'est Le Petit bonhomme en mousse, l'on envisage sérieusement le suicide. Au moins sait-on à qui l'on a affaire. Aujourd'hui, j'entendais sans cesse sur une musique entraînante, très seventies, ces mots:

Jouez jouez musiciens
(...)
Fais-moi rêver comédien
Chante, danse, baladin
(...)
La la la la la la la la la la

Vous la reconnaissez?
Elle représentait la France à l'Eurovision 1976 avec "1, 2, 3".
N'oubliez pas Découvrez Catherine Ferry (je fais du pire tout pire pour elle)

V.

24 avril, 2006

Désintox

Nous prenons ces derniers jours un peu de distance vis-à-vis du net. Pour lutter contre une addiction, rien de tel qu'une autre drogue! Ma dépendance du moment, c'est (de nouveau) Steven Saylor, auteur de "polars antiques". Je complète la collection des enquêtes de Gordien, Roma sub rosa. D'ordinaire, c'est une lecture estivale. J'ai décidé de prendre un peu d'avance sur le calendrier; au sortir de ce rude hiver, on a bien le droit de se faire de petits plaisirs, non? Voyons, voyons... où en suis-je?

*Du Sang sur Rome
*L'Etreinte de Némésis
*L'Enigme de Catilina
* Un Egyptien dans la ville
* Meurtre sur la voie Appia
* Rubicon
* Le Rocher du sacrifice (en cours)
* La Dernière prophétie
* Le Jugement de César

Bilan des courses : encore quatre titres à lire pour en savoir autant que Gordien!

G.

20 avril, 2006

Recta-rat

Pour ceusses qui suivraient mes-aventures rectorales et frais-de-remboursementatoires... J'ai appelé la dame-fantôme chargée des dossiers pour prendre des nouvelles innocemment de MON dossier et la brave personne s'est exclamée:
"Oh! Vous savez, avec la nouvelle LOFT..."

Que les députés sont cons d'intituler une loi "LOLF"! L'acronyme est rédhibitoire et évoque trop furieusement l'émission qui libéra Steevy de la peroxydation, le propulsant aux sommets culturels du Service Public de la Télévision Française.

V.

PS: ceusses qui savent la signification de l'acronyme SANS aller vérifier gagneront... le remboursement (en nature) de leur frais pour venir nous visiter.

That's love

feuilletage d'album

Petite tuerie innocente bis

R : C'est super sympa ton nouveau compteur de visites! Comme ça, je peux voir que... bah... je suis tout seul sur ton blog.
G : Il est là depuis trois plombes. Je l'ai juste changé de place :-(