23 septembre, 2006

Chacun cherche son chat

Ce film dont je n’ai qu’un vague souvenir – vague mais plaisant – a été diffusé il y a relativement peu de temps sur M6, à une heure indue (rassurez-vous, pas en japonais). Je me souviens m’être fait la réflexion que c’était bien la peine de renoncer à « Mort sur la Lune », « La Guerre du Fer » ou autre joyeusetés de la grande époque fauchée de M6, si c’était pour programmer des films d’auteurs à 1h du matin. Evidemment, je ne pouvais pas me douter que la petite chaîne qui monte se piquait alors de jouer à Mme Irma.

Mardi soir, Stuart a profité de notre manque de vigilance pour s’offrir une virée champêtre. Jusqu’alors, il avait surtout limité son terrain d’exploration aux terrasses et balcons voisins. A deux ou trois reprises, il avait bien fait le grand saut pour courir le guilledoux ou tracer un lapin plus gras que lui, mais nous l’avions toujours retrouvé dans l’heure. Je sais ce que vous allez me dire, d’autres me l’ont dit : un chat revient toujours (mouais, sauf quand il ne revient pas). Le seul souci, c’est que cet étourdi n’a jamais réussi à mémoriser le digicode, qu’il sort toujours sans ses clés et qu’il s’est montré tout bonnement incapable de se servir du visiophone (puisque on vous serine qu’on occupe un appartement de grand standing !). Cela dit, comme c’est un bavard infatigable, un jour qu’il s’était fait la malle à notre insu, il a miaulé jusqu’à ce qu’on comprenne qu’il était coincé au pied de l’immeuble. Mais ça, c’était en plein jour.

Or, avec un chat, l’heure de tous les risques, c’est à la nuit tombée. Son instinct de fauve le saisit et le souvenir désagréable de l’épisode précédent se dissipe. Quand on lui ouvre la porte pour le faire rentrer, il s’en écarte alors vivement en voisant un miaulement coquin signifiant « je t’ai bien eu ! ». On ferme la porte en se disant que le chat facétieux finira bien par supplier qu’on le fasse entrer quand il aura faim. Et il ne revient pas. On se couche alors très tard, après plusieurs battues dans les environs, et on dort très mal, la porte-fenêtre ouverte, à l’affût du moindre miaulement. À 4h, on se réveille, pris d’une vive angoisse, on repart en vadrouille pour rentrer bredouille. On part au boulot l’angoisse au cœur, avec l’espoir de plus en plus ténu de le retrouver à son retour.

Le mercredi après-midi est interminable ; plus les heures passent, plus l’idée qu’il revienne vous semble incongrue. On est ressorti le chercher, bien sûr, mais bientôt, la certitude de faire chou blanc vous étreint et vous n’avez même plus le courage de risquer un coup d’œil par la fenêtre. C’est alors que surviennent ces maudites hallucinations auditives : on se rue sur la terrasse, en vain. On hait de plus en plus ces gamines aryennes qui émettent ces quasi-miaulements… On les maudit, on rentre, on pleure. On se traîne dans l’appartement, on va échouer sur le lit ruminer ses terreurs. On s’imagine le moment où il va enfin surgir de nulle part et, tout aussitôt, on s’en veut d’être si imprudemment optimiste. On le sent bien, il est peut-être plus sage de se préparer au pire, à l’idée d’un vide privé à jamais de certitudes. Alors la machine à fantasmes prend le pli contraire et vous donne à voir les pires horreurs.

On s’arrache à nos draps devenus insupportables. On tente de se distraire, mais on manque de fondre en larmes en donnant du foin virtuel à son mouton numérique. On sent bien qu’on ne pourra pas travailler ; il nous semble même impossible, à vrai dire, qu’on trouve le courage de se lever le lendemain. On ravale un sanglot en passant à proximité de la litière ou du bol de croquettes à moitié vide. Et puis, sur les coups de 16 heures, c’est une angoisse insoutenable qui vous étrangle et, sous les yeux de l’être aimé qui lutte héroïquement de son côté contre son chagrin en s’activant comme il peut, un flot de larmes intarissables s’écoule sur vos joues: la pensée que votre chat, adoré et maudit, souffre quelque part sans que vous en sachiez rien paralyse votre raison. Vous ânonnez ad libitum les mêmes mots ( « je peux plus supporter je peux plus supporter j’y arriverai pas ») en grimaçant atrocement et en espérant que la fatigue finisse par l’emporter. On imprime quelques affichettes, alors même que le matin vous avez dit que ça voudrait dire qu’il est mort – on n’a jamais cru à l’efficacité des affichettes. On n’a rien de mieux à faire, alors... Il a fallu trouver une photo du chat, ç’a été douloureux. V. a parsemé le bois et les rues alentours de ces avis de recherche.

Le reste de la soirée, on est comme inerte. Exsangue. Votre homme, parce qu’il en a encore la force ou parce qu’il a besoin de s’éloigner de votre souffrance qui le renvoie si durement à la sienne, tente une dernière expédition. Vous vous demandez comment il le peut encore : au début, vous aviez l’espoir de retrouver le chat; il ne vous reste que la terreur sûre et certaine de revenir sans rien. Il est l’heure de passer quelques coups de fil. Pas la force d’appeler vos parents. Mais, prévenus par V. qui les a joints depuis son portable, c’est eux qui vous appellent. On peut à peine articuler deux mots avant de rouvrir les vannes, minablement. « C’est ça les chats, on ne peut rien y faire. On ne peut pas les contraindre ». La sagesse même, mais on a mal quand même. Saby Banana, elle, vous raconte sa première séance d’escrime, et ça vous fait du bien ces petits choses de la vie. On esquisse même un sourire, parfois… Et comme Saby a perdu Fripounet et qu’elle est la marraine de Stu, on sait qu’elle comprend. Elle dit qu’il faut reprendre un chat tout de suite ; elle, ça l’a aidé. On ne peut pas s’empêcher de se figurer la tête de Stuart en constatant à son retour qu’il a une nouvelle petite sœur, et puis on n’ose plus trop y croire.

24 heures qu’il a disparu. On se couche. On se dit que jamais plus il ne viendra se caler tout contre vos jambes, dans le lit. On pense que s’habituer à cette absence est inévitable. La supportera-t-on vraiment ? On s’endort. Au matin, votre homme s’extirpe péniblement du lit. Il traîne la patte péniblement en direction de la cuisine. Il hurle, soudain, il vous appelle. Le chat ! le chat est là, dans ses bras !

Par quel prodige il a bien pu se retrouver sur notre terrasse, nous ne pensions ne jamais le savoir. Mais notre voisin du haut a tout vu en promenant Bête du Gévaudan à 4 heures du matin. Ce vaurien, peut-être encouragé en cela par la proximité du monstre, a effectué un bond de plus de deux mètres depuis une lucarne du rez-de-chaussée du bâtiment en L. Ce chat est doté de super-pouvoirs, c’est impensable !

On se sent enfin vaguement honteux de s’être mis dans des états pareils. On se dit que ce n’est qu’un chat, que la douleur de perdre un enfant, elle, doit être insupportable. On se promet de n’en avoir jamais (c’est bien parti pour). Mais on sait, au fond, qu’on n’aurait pas pu réagir autrement…

G.

22 septembre, 2006

Teasing

Ici, bientôt, vous saurez comment j'ai failli en finir avec le blog et la raison de l'éprouvant silence de ces derniers jours. Mais là, ça va mieux ;)

G

19 septembre, 2006

La C.H. (crise de honte)

Se rentre compte en classe qu'on a une tache suspecte (très, même à mes yeux) près de la braguette en suivant le regard ébahi d'une élève... Très embarrassant!

G.

18 septembre, 2006

Laisse les gondoles…

Si vous avez suivi les articles précédents (enfin, surtout celui-ci), vous savez que depuis quelques semaines, nous vivons dans le Rainbow Warrior (le Mayflower, à la rigueur ; l’idée, c’est que ça tangue). Notre beau parquet se soulève et craque à chacun de nos pas – le bureau sera le premier à sombrer (trop dommage pour le boulot).

L’artisan a fini par affréter une camionnette, avec le fournisseur dans la soute et le tout joli commercial à la barre – en fait, on a noyé exprès notre parquet sous des litres de flotte pour le seul plaisir de le revoir. Tout le monde a l’air gêné d’être là, c’est la méga-fête ! Il semble que ça ne soit ni la qualité du bois, ni le talent des poseurs qui soit en cause (c’est vrai qu’ils bossent bien). Le problème, c’est toujours cette région immonde et vaseuse l’humidité. Bon, l’humidité, on connaît : on a vécu trois ans dans un appartement où le visage de la Vierge se dessinait sur le mur à la moindre goutte de pluie. Il faut croire qu’Amiens, c’est Venise en moche et avec Robien pour doge youki . Dès qu’on se glissait dans les draps, on avait la sensation d’être douché pour le lendemain, c’était pratique. Et puis là-bas aussi, le sol se soulevait, sauf que c’était des dalles d’une matière inidentifiable qui se cassaient comme des Petits Lu (et qui absorbait toute la crasse, c’était le bon temps…)

Alors on se disait qu’en achetant un logement neuf, on trouverait forcément mieux. Vous savez, et patati et patata, avec les nouvelles normes d’isolation, on a un environnement plus sain (à l’exception toujours notable des solvants et autres composés volatiles, mais on parle humidité, là, et pas lutte contre le cancer). Eh bien, tenez-vous bien : il semblerait que le fort taux d’humidité de l’appart s’explique précisément par son excellente isolation. On a écouté - assez perplexes, je dois le dire - le fournisseur nous faire l’éloge de notre isolation, sur fond de craquements de parquet. On était ravis…
« Vous voulez dire que dans tous les logements neufs, le parquet gondole ?
_ Euh ben, ç’t-à-dire… »
Et avec une parfaite maîtrise de la vulgarisation scientifique, il nous explique que ça dépend de tout un tas de trucs. Ne m’en demandez pas plus, tout ce que je sais, c’est que tout le monde n’a pas notre poisse.

« C’est ça l’avantage des matériaux vivants, hein ! ». Effectivement, je n’aurais su mieux dire ! Mais que faire, au juste, pour espérer améliorer la situation ? Recouper trop tôt le parquet serait une erreur (je ne peux m’empêcher de penser à tous ces gens qui doivent maigrir avant de se faire liposucer ; mais je ne me vois pas mettre notre parquet au pain sec, et encore moins à l’eau !). Il faut trouver un moyen d’assécher notre bois. Et c’est là qu’intervient le chauffage électrique, alors qu’il fait 26° dehors. On regretterait presque d’avoir fait changer les grille-pains fournis à la livraison de l’appart pour des radiateurs à inertie de qualité suédoise. Cela dit, le spécialiste du bois nous garantit que ça assèche tout autant – et à vrai dire, ça ne change pas grand’chose : en achetant un appart muni de chauffage électrique, je pense qu’on a fait de toute façon l’affaire de l’année ; vivement que les prix augmentent, surtout s’il faut chauffer pendant la canicule ! Sinon, il y a aussi les absorbeurs d’eau au carbonate de calcium, un petit produit bien inoffensif (lavez-vous les mains après chaque manipulation). Et enfin, il faut éviter de balancer des seaux d’eau sur le bois, tant pis pour les super hydro-batailles qu’on avait prévues pour l’été prochain. Cela dit, il semble que notre parquet pourra un jour recouvrer son état initial, et c’est en soi une bonne nouvelle.

G

16 septembre, 2006

Techno-connasse

Ce n’est déjà pas bien marrant, quand on a bossé tous les jours de la semaine, d’être réquisitionné le samedi matin au bahut dans le cadre des journées de pré-rentrée (qui ont toujours lieu, en toute logique, après la rentrée, quelquefois même au mois de juin…). Mais la corvée de devoir se présenter à une assemblée de parents n’est rien, vraiment rien, en comparaison du supplice qu’est la collègue-connasse.

Vraiment, je suis un garçon charmant, un collègue idéal et quand je pète un plomb en salle des profs, c’est sur le mode fou-rire. Avec ceux qui me gonflent un peu, j’adopte une distance polie. Quant à ceux qui me gonflent énormément… Eh bien jusqu’à présent, croyez-le ou non, cela ne m’était jamais arrivé. C’était avant elle, la techno-connasse. Elle se vend aux parents d’élèves comme un baril de lessive, mais de lessive high-tech. J’y reviens…

Tout commence dans une ambiance bonne enfant en salle des profs. Les parents arrivent au compte goutte et discutent encore le bout de gras dans la cour. Dans la salle des profs, qui autour de la machine à café, qui la clope au bec, qui affalé sur un fauteuil (moi, bien sûr), qui devant la photocopieuse (même le samedi matin, il y a toujours un fanatique devant la photocopieuse), chacun révise ses fiches ou, moins prévoyant, gribouille une bafouille au dos d’un billet d’absence. Tout le monde râle, pour la forme – sauf Le Cas qui discute cordialement avec son casier (ne la regardez JAMAIS, sinon elle vous tient la jambe 20 minutes). Après tout, ça me permet de faire connaissance avec mon charmant petit collègue d’anglais, il y a sort plus pénible. Petit à petit, la masse se disperse en direction des salles où les parents sont réunis par classe. Moi j’ai un peu de temps devant moi ; le collègue d’anglais aussi, c’est une affaire qui roule. D’ailleurs, on a une classe en commun, et c’est par elle que nous décidons de commencer.
Entrée dans la salle. Les parents nous dévisagent un moment (trop de profs sexys dans ce bahut, hein ?). Le prof principal nous cède immédiatement la parole. Les parents semblent plus concernés que leurs rejetons, ça se passe impeccablement. J’étais même à l’aise, tiens !
Dix minutes après, je sors de la classe, en me disant que cette matinée de corvée va être vite pliée, finalement. En plus, j’ai mon petit laïus bien en tête : plus qu’une classe, ça va aller comme sur des roulettes.

Ça, c’était sans compter sur elle, la garce cybernétique. Je débarque dans la salle et Schrek (le prof principal de la classe) m’accueille avec une vague lueur de panique dans l’œil. Il me prend à part : « Euh… si tu as d’autres classes à voir, tu peux y aller : Ghislaine en a encore pour vingt bonnes minutes, et quand elle est lancée… ». Sauf que je n’ai pas d’autre classe à voir, et que Ghislaine en a en fait pour une heure et demie de palabre à n’en plus finir. Il faut dire qu’elle a tout un tas de trucs à raconter, en particulier sur elle-même. Le plus beau, c’est qu’elle n’a que la moitié de la classe. Mais c’est pas grave, parce que tous les parents non concernés vont pouvoir juger à quel point elle vaut mieux que sa collègue qui a en charge l’autre moitié. Vous comprenez, elle est tellement branchée nouvelles technologies et pédagogie de projets que l’autre pauvre conne ne peut pas s’aligner. « C’est triste, mais c’est comme ça ». Elle ponctue son discours fleuve (plus long que du Castro, c’est possible) par des « Je suis vraiment un électron libre !», des « vous voyez toute l’énergie que je mets là-dedans » ou encore des « je ne suis quand même pas la seule en France à faire ça »; ; j’attends à tout moment un « regardez comme je suis géniale » qui ne viendra jamais, finalement. Mais on a bien compris le message.

Alors évidemment, on finit par entendre dans la salle des « mais comment qu’c’est qu’on fait qu’nos enfants y z’y ont pô droit ? ». Schrek rame comme un malade pour rassurer tout le monde et essayer d’accélérer les choses. Mais la techno-connasse dont le video-projecteur s’assoupit régulièrement (on ne peut pas faire son propre éloge et faire avancer sa ridicule présentation powerpoint), a ses propres solutions à proposer. Au passage, elle raconte tous les contacts qu’elle a à l’étranger pour son projet, parle toute les dix minutes des Roumains qui sont trèèèèèèèès gentils, mais tellement pauvres que l’échange des ressources n’aura pas grand intérêt (mais elle a pris grand plaisir à parler avec Vazil - oui, il s'appelle Vazil - pendant une heure, grâce à la téléphonie par internet ; même si elle n’a rien compris, c’est pas cher, alors on s’en fout). Grâce à techno-connasse, on apprend que la dame du troisième rang a de la famille à Bucarest, une autre en Allemagne et que tout ce beau monde parle français. « C’est tellement formidable de pouvoir s’appuyer sur des gens comme vous ! »

Ce qui est formidable avec ce genre de sangsue qui fait semblant de ne pas remarquer que la file des profs qui attendent de parler ne cesse de croître, c’est que, même son tour passé, elle peut remettre le couvert. Shreck a enfin réussi à la faire taire et à passer la parole au collègue de physique (il est là depuis le début, le pauvre !). Il parle cinq minutes. Je m’attends à ce que ce soit mon tour, mais la techno-connasse est déjà sur le coup : « Et qu’est-ce qu’on pourrait faire pour travailler en interdisciplinarité ? ». Après mon intervention, elle arrive encore à caser ses conseils de maman et le parcours sans faute de sa progéniture. Je suis parti avant la fin et je parie que quelques parents auraient payé pour être à ma place !

G.

Broyeur de noir

Lu à l’entrée de Coucouville sur un panneau blanc, de travers parce que c’est mode :
« le café, c’est extra ! »

Ouais, c’est vrai que c’est extra, le café. Il paraît que ça donne la pêche quand on a peu dormi. Moi, en ce moment, je m’offre des nuits de 11 heures et je n’ai jamais été aussi fatigué. Un petit café (qu’a fait quoi ?), ça changerait quelque chose ?
Ouais, le café, c’est extra. Surtout quand c’est moi qui prépare l’expresso pour mon ange pêcheur de soleils, retenu par un mégachomp’ déchaîné qu’il faut plonger dans une source chaude (c’est du boulot d’être Super Mario !). Ça sera encore mieux quand il aura enfin son vrai robot café (autre que moi) Nespresseria X truc bidule de Krupps qui fait TOUT, depuis le broyage du grain jusqu’à l’expulsion du moût de café.
C’est à ce point de ma rêverie que mon regard se pose sur la suite du panneau : « inscription à la maison paroissiale » Ah ? Le curé de Coucouville distribue des filtres gratis ? Chouette alors ! Un doute m’assaille soudain (chouette, un curé ?) ; bien sûr, il fallait lire : « le caté, c’est extra ». Yeûrkk !

13 septembre, 2006

Axiome couronné

Ma mère spirituelle et collègue:
"Clémentine, ne met pas de paille sur le canapé, bitoniau est venue ce matin."
"bitoniau", c'est la femme de ménage.
Méprisante? Non, étourdie!

V.

Si les dieux le veulent…

Puisse ce blog, s’il existe toujours, se nommer dans un an : Quai de Sarthe, Quai de Mayenne, Quai de Sélune. Quai de Vilaine, même. Mais plus Quai de Somme !
Amiénie, la rupture est consommée : tu empestes, tu es laide, vulgaire, et d’une bêtise crasse. Est-ce qu’il nous aura fallu autant de temps pour nous en apercevoir ?

G.

Le Village des Damnés

Moins d’un an après notre installation, ce chez nous que nous avons si ardemment désiré, si impatiemment attendu pendant d’incompréhensibles travaux de dépollution (on construit, on teste, on rase, on recommence) commence à prendre mauvaise tournure. Qu’elle me semble lointaine la satisfaction première, lointaines aussi les premières déconvenues, encore légères. Aujourd’hui, tout a laissé place à une immense répugnance. Moi qui suis un garçon pacifique et arrangeant, je me sens capable d’agresser physiquement tout employé de cette célèbre entreprise du bâtiment (et des médias) qui sous-traite leurs travaux à des boîtes qui elles-mêmes font appel à des intérimaires qui, cochons acharnés, connaissent la maçonnerie à peu près aussi bien que moi, qui suis manuel comme un manchot empereur.Tout à l’heure, le téléphone a sonné et, grâce à la technologie moderne, j’ai vu « Bouygues » s’afficher sur mon écran (oups, je l’ai dit). J’ai préféré filtrer l’appel, sous peine de me laisser emporter par la vague de rage que je sens poindre à chaque instant…

Je préfère d’ailleurs modifier la situation d’énonciation (truc de prof) de cet article pour endiguer tout remugle de haine. Soit Dame du haut, heureuse propriétaire de la bête du Gévaudan mais simple locataire d’un balcon aussi encombré que le souk de Marrakech, d’où tombent hebdomadairement objets contondants (croquettes de 1kg, planches de bois, ballons fluos…), bibelots en verre et seaux de bave au beau milieu de notre terrasse ; soit Schtroumpf, son fils de quatre ans.

Dame du Haut : « Schtroumpf, j’ai une grande nouvelle à t’annoncer : on va bientôt emménager dans une de ces ravissantes masures maisonnettes qui sont en train d’être torchées par X au nom de Y pour le compte de Z sur la commande de Bouy… construites en face. C’est chouette, hein ! Tu pourras te faire arracher la tête par la bête du Gévaudan dans un carré de pelouse de 8m2 jouer avec le chien dans le jardin, avoir un clapier fissuré une chambre rien que pour toi ! En plus, tu pourras jouer avec toute cette marmaille de créatures angoissantes et blondes qu’on croirait sorties d’un film de Wolf Rilla (The Village of the Damned, 1960) ou de Cronenberg, qui tournent en vélo autour du pâté de maisons des heures durant plein d’enfants hideux qui font la roue entre les voitures et se roulent dans la fange du chantier. Tu pourras aller explorer avec eux les abords empuantis boisés de la résidence, démonter le lit qui est en train de pourrir au début de la rue ou tripoter les restes des poubelles brûlées, vu que Bouygues (oups je l’ai dit) se défausse de ses responsabilités et laisse se détériorer ce qu’il n’a même pas fini de (faire faire faire) bâtir. Vivement qu’on déménage, hein ? »


G, vaguement misanthrope cet après-midi.

10 septembre, 2006

Désolé

V: _ Tu voudras quoi, comme tasse pour ton petit-déjeuner?
G: _ La Jérusalem délivrée

Jalousies

Si je mets ce mot au pluriel, c’est que je n’ai jamais compris qu’il recouvre des réalités si différentes, que l’on puisse être jaloux sans être jaloux. Si l’idée première doit définir le comportement de celui/celle qui veille jalousement sur qui/ce qu’il aime, ce terme désigne tout aussi bien l’envie (un peu comme, dans les 7 péchés capitaux, on confond envie et gourmandise). Petit Robert confirme et m’apprend au passage que jalousie et zèle ont la même étymologie.
Ex : Il est tellement jaloux qu’il interroge sa femme dès qu’elle rentre à la maison avec dix minutes de retard ≠ Il est jaloux du sourire niaiseux de Mister France.

Je ne suis pas jaloux si l’on s’en tient au premier de ces sens, ce qui étonne beaucoup les gens. D’une part, je ne crois pas que passer les 3/4 du temps pour une harpye renforce l’amour ; d’autre part, j’ai confiance en mon homme et en l’amour qu’il me porte. Ne vous y trompez pas, je suis terrorisé à l’idée de le perdre. Mais je doute que ce soit un autre garçon qui me l’enlève (et encore moins une fille).
Naïveté ? Je ne crois pas. Ce n’est pas une certitude acquise au bout de 7 ans de vie commune : il en a toujours été ainsi. Je ne dis pas qu’il est absolument impossible que V. ait un coup de cœur pour un autre. Serait-ce autre chose qu’une relation platonique, si ce n’est qu’une passade, je ne crierais pas au scandale. Et dans le cas beaucoup plus improbable où il tomberait violemment amoureux, que pourrais-je bien y faire ? Casser des assiettes ? Je ne vois pas de quel secours serait la jalousie. Mais bien sûr, un jaloux ne pourrait raisonner ainsi…
Par jeu, les rares fois où V. mentionne son ex, j’affecte d’ignorer que je ne suis pas son tout premier amour. Hein, qui ça ? J’vois pas… Ce n’est rien qu’un gimmick.


Le jaloux travaille contre son amour. J’ai un ami que je ne peux plus voir parce que son copain s’est mis en tête que j’étais un genre de prédateur. L’autre jour, j’ai risqué un scandaleux « bonjour » sur MSN messenger. Trente secondes après, le dit copain me saute dessus à la volée : « N’embête pas mon copain ! », puis, avec un décalage assez significatif, « MDR ». Seulement, même sous couvert de lol ou de mdr, je trouve cela extrêmement angoissant.
« Il a très peur de me perdre », répond alors son copain, mi-agacé, mi-attendri (le restera-t-il longtemps ?). Si je devais rendre des comptes à chaque instant, je deviendrais quant à moi totalement barjo. Bizarrement, il semblerait que ce garçon ne fasse ce numéro qu’avec moi (c’est sans doute parce que je suis irrésistible – ou alors qu’on m’a taillé une drôle de réputation en Amiénie ;-))

Quant à l’autre forme de jalousie, c’est-à-dire l’envie, j’en suis la victime quotidienne (oui, je suis jaloux du sourire niaiseux de Mister France, et alors ?). Je n’ai toujours pas admis le principe de réalité : on ne peut pas être polymorphe. Mais c’est un autre débat !

G.

09 septembre, 2006

Relations commerciales 3

A la maison, j’ai un homme qui est très joueur : il est très fort pour me pêcher des soleils à Super Mario Sunshine par exemple (dommage qu’il n’ait plus beaucoup de temps pour exercer son instinct de chasseur). Mais ses partenaires de jeu préférés, ce sont les télémarketers. Hier, c’est la gentille Elodie qui a appelé pour le compte de Médiamétrie. Alors forcément, dès que mon homme a décroché, la machine à pipeau s’est mise en branle : j’ai vu un sourire s’esquisser sur se lèvres, sa voix devenir doucereuse ; je me suis dit que la pauvre Elodie allait en voir des vertes et des pas mûres.

Autant certaines de ces communications téléphoniques peuvent s’avérer surgonflantes et mériter tous les canulars possibles, autant-là, j’étais vraiment gêné. Aussitôt après que V. ait cordialement accepté de répondre à cette enquête sur une quelconque station de radio, Elodie a voulu savoir où elle nous appelait. Eclat taquin dans l’œil de mon homme : « Beaulieu sur mer , dans le 06» (alors qu'évidemment, on se les gèle en Amiénie). Voilà, au bout de deux mots, Elodie est déjà destabilisée : « Ben euh ? C’est-à-dire que je croyais appeler dans le nord de la France, moi ! Vous n’êtes pas au 03…. ? »
Là, j’aurais été mon homme, je lui aurais demandé pourquoi elle me pose une question dont elle connaît déjà la réponse. Non, en fait, si j’avais été mon homme, j’aurais tout bêtement répondu la vérité… Mais le modèle que j’ai quasiment épousé, lui, n’entend pas faire machine arrière : c’est un transfert d’appel ! Si Elodie habitait dans le Nord de la France, elle serait contente, elle aussi, de pouvoir s’enfuir 3 semaines aux abords de la Méditerranée.

Seulement, Elodie semble très très embarrassée : elle va devoir demander à son responsable si elle peut quand même procéder à son sondage. Apparemment, elle va se renseigner et revient encore plus contrite (et c’est là que j’ai presque ressenti de la peine) : si c’est un transfert d’appel, nous payons aussi la communication. Avec une intonation magnanime, mon homme lui répond que ça n’a aucune importance, qu’il peut bien payer la communication si ça peut l’aider. Grand Seigneur, mon lion puissant et généreux ? Ou refusant de voir se volatiliser si tôt une occasion de s’amuser un peu ? Accordons-lui le bénéfice du doute…

Je n’ai pas entendu la suite de la communication : j’ai supplié V. de couper le haut-parleur parce que, trop con, mon seuil de tolérance de mon surmoi avait été allégrement franchi. Hélas, ce fut un pétard mouillé : Elodie avait déjà suffisamment de réponses correspondant à l’âge et au lieu de résidence de mon aimé. Game Over ! Mais mon homme est un conquérant : Elodie lui a demandé si elle pourrait le rappeler à l’occasion d’un prochain sondage. Même joueur joue encore…

G.

08 septembre, 2006

Si quelqu’un pouvait m’aider !

Avis aux pro de la mode qui, je le sais, ne se lassent pas de parcourir avec fièvre les pages enchantées de ce blog : je suis à la recherche de mon nouveau look, sage et bohême, glamour et chic, élégant sans être mondain (et tant qu’à faire, des fringues qui ne coûtent pas la peau du cu… des coui…contours des yeux). Pour une femme encore, ça doit bien se trouver, mais pour un mec ! C’est catastouffe.com !

Cernons mieux notre affaire : il faut que ça fasse mmmmmm’sexy, mais attention, garçon sérieux ! Jeune mais pas branchouille, en deux mots ab-so-lu-ment di-vin. Un look assorti à ma nouvelle voiture, quoi (quoi ? oui, rouge, si vous voulez…). Ne vous occupez pas de ce qu’il y aura à l’intérieur des vêtements : c’est du pur canon garanti d’origine (bon, ne prévoyez quand même pas trop large pour les pectoraux…) !

Une suggestion ? Mademoiselle, je vous écoute ! Oui, c’est vrai, je pourrais commencer par passer chez le coiffeur… Oui, mais quelle coupe ? Alors, il me faudrait une coupe sage et bohême, glamour et chic… (ad lib.)

G

Sur le pont, moussaillon!

Ça fait une semaine que j’ai le cœur au bord des lèvres : notre salon tangue, notre bureau chavire, notre chambre sombre – et nous n’avons même pas de lit bateau ! Bien qu’il ne soit ni en teck, ni en merbeau, notre parquet joue au paquebot et nous contraint à avoir le pied marin. Il se gondole tandis que nous ramons… Il se soulève (vive la pose flottante !) et craque sous chacun de nos pas : j’ai l’impression de vivre dans un bateau fantôme, le Picard volant. Et à chaque fois que l’un de nous esquisse le projet fou de naviguer jusqu’aux toilettes, il se prépare à franchir le détroit de Magellan.
L’artisan, lui, n’a pas l’air de sortir de son mouillage…
G.

07 septembre, 2006

C'est ça le Chili

S : Ah oui, elle est très rouge, quand même!

06 septembre, 2006

Mais mon dieu qu'elle est belle!


ça y est. C'est fait. Je me fais l'effet d'un sans coeur. Des tas de gens seraient tout bonnement contents, mais moi ça me chagrine. Vous n'imaginez pas quelles catastrophes ponctuent ma vie : j'ai acheté une nouvelle voiture.
Alors oui, ça fait un moment que j'ai rongé mes freins (bah oui, hein, une voiture ça n'en a pas qu'un seul!), que je suis impatient de le conduire, mon nouveau kart.
Mais ça signifie aussi que j'ai dû abandonner ma Queenie. Notre première voiture, celle qui a accompagné nos débuts en Amiénie. Fin d'une ère. J'ai eu la satisfaction de lui offrir un dernier trajet sous le soleil avant de la laisser à une nouvelle naissance. Elle redeviendra, peut-être, la première voiture d'un être de coeur...
J'interromps ici cette petite note nostalgique; mon homme va encore me trouver ridicule avec mon attachement viscéral aux choses. Je n'y peux plus grand'chose : ça me vient de bien loin. Suis-je donc le seul à avoir été marqué à vie par la scène où l'âme des objets s'anime dans le dessin animé L'Oiseau bleu?

G.

04 septembre, 2006

Découverte du mois

Oui, je sais que la dernière découverte date d'il y a moins d'un mois (c'était la jeune Burdigalaise qui est passée aujourd'hui dans les liens permanents), mais on est passé à Septembre - faut bien que ça ait ses petits avantages... En plus, je n'ai plus d'imagination pour mes propres articles. En fait, j'ai des sujets d'articles sous le coude mais :

1) J'ai la flemme

2) Je vois mal comment je pourrais amener un sujet comme "la peau de Zouzouk (réponse bientôt pour les curieux)

3) Mon homme n'est pas content parce que j'ai glandé toute la journée alors qu'il distribuait des mini-emplois du temps à des amuse-gueules; alors n'imaginez pas que je vais pouvoir rester là à deviser peinard avec vous. Allez hop : un torchon, du liquide vaisselle et en avant pour les verres de Biot.

Allez donc plutôt jeter un coup d'oeil à cette Patate pourrite!

02 septembre, 2006

Nature morte

Glamour toujours suite

A ceux qui ont lu l'article précédent, je tiens à préciser que, et non, on ne m'identifie pas forcément à une tapette au premier coup d'oeil. Pour preuve, l'accueil que m'a réservé, l'après-midi de ce même jour de pré-rentrée, un collègue au lycée de Coucouville :

" Ah salut! Encore parmi nous?
_ Euh oui... encore cette année du moins (est-ce que tu pourrais arrêter de hurler, là? c'est vraiment insupportable...)
_ Tu vas être aux anges! Tu interviens dans une classe de 30 jeunes filles! Le rêve hein!"

C'est bon d'être à ce point connu de ses collègues...

G.



Glamour toujours

L’ambiance à Patelinvillers en ce jour de rentrée était au pouêt-pouêt. Allez savoir pourquoi, tout le monde avait l’air d’être heureux de reprendre le boulot. Le souci des petits bahuts, c’est qu’il n’y a pas un fort taux de renouvellement du personnel. Il y avait pourtant quelques opportunités, mais les places sont occupées par des gens que je connaissais déjà. Il y a bien un nouveau gestionnaire et un prof de maths qui assurera 6 heures de cours, mais ce n’est pas spécialement la fête des mirettes…

Et ce détail n’a évidemment pas échappé à notre maître cuistot qui, dès le café, a commencé à jouer les langues de vipères (j’adooore). Bon, j’ai moins adoré quand il m’a fait remarquer que j’avais grossi. J’ai eu beau m’expliquer, protester que j’avais juste gagné en muscles, il m’a sorti que j’étais taillé comme une bête d’orage (je ne veux même pas savoir ce que ça veut dire, ordure). Plus tard, à l’apéro – oui, j’ai décidé de n’aborder que l’essentiel, ce matin -, il a remis ça, mais comme le cocktail était moins explosif que l’an dernier, j’ai réussi à ne pas me rouler sous la table dès la première gorgée. Ça ne m’a pas empêché de me faire capter une fois de plus par le cuisinier.

A un moment, Secrétaire Parfaite s’est furtivement glissée derrière M., un collègue qui arbore une queue de cheval filasse, a enserré cette dernière et s’est écrié : « Ah ! J’ai touché ta queue ! ». Je n’ai pu réprimer un « ça commence bien ! » à voix haute mais que je ne destinai qu’à moi. Sauf que le cuistot a entendu, et il a commencé à m’asticoter. J’ai fait une moue pour lui faire comprendre que la queue de M. ne m’intéressait vraiment pas ; la réaction ne s’est pas fait attendre : « Ouais, je suis d’accord avec toi ; ce n’est pas celle que j’aurais envie de toucher non plus ». Regard lourd de sous-entendu. Tout va bien, c’est une rentrée comme les autres !

G.

31 août, 2006

Brève de plage



Comment mon homme fait-il pour sympathiser avec tout ce que la Terre peut porter de petits démons?

G.

La confusion des liens

J’ai toujours senti confusément que l’amour entre garçons, du moins tel que je le vis moi, a quelque chose d’incestueux. Dans mon imaginaire, il convoque le bataillon sacré de Thèbes (ἱερὸς λόχος) : les amants allaient par deux au combat ; soucieux d’être glorieux aux yeux de l’être aimé, ils redoublaient de vaillance. En parlant d’eux, dirait-on aujourd’hui qu’ils étaient frères d’armes ? Et de telles fraternités, on en trouvait encore au Moyen-Âge, consommées peut-être…
J’ai aussi en mémoire un cours de philo dans lequel le prof avait déclaré, je ne sais plus à quelle occasion, que l’homosexualité masculine trouvait son origine dans une relation ambiguë au père ou au frère. Je prendrais une telle affirmation avec des pincettes, ayant renoncé pour mon bien-être personnel à m’interroger sur la cause de mon orientation sexuelle. Mais dans ma relation avec mon Homme, il y a un fond d’inceste symbolique. Quelques jours de vacances dans nos familles respectives se sont chargés de nous le rappeler.

Ainsi, mon jeune beau-frère était impatient de voir « ses frères » et mes parents ne cessent de nous appeler « les garçons » ou « les enfants », reprenant sans l’adapter la formule qui nous désignait, moi et mon vrai frère. En vacances, répondant aux questions d’une commerçante un peu invasive qui demandait si V. et moi étions ses garçons, pour simplifier l’explication, ma mère a simplement acquiescé. La vendeuse a eu tout loisir d’y croire ; avec de très grosses œillères, très grosses et très opaques, c’était peut-être crédible… A la place de ma mère, j’aurais certainement fait la même chose : on n’a pas forcément envie d’étaler sa vie devant une inconnue dont on se fiche comme d’une guigne.

Il n’empêche que ça laisse une impression un peu dérangeante… Mineurs à vie – le PACS ne remplacera jamais le mariage (civil, évidemment)-, sans grand espoir de devenir pères, vivons nous en camarades, en frères ou en amants ?

G.

Le plus mauvais...

Je vous l'avais promis avant de partir (comme le chantait si bien Eve Angéli; pour les amateurs, la star sera encore au plus grand salon de l'érotisme cette année, à Rouen) : voici le plus mauvais dessert du monde !
JustifierOfficiellement, cela se nomme une abricotine, et c'est une recette minceur. Pour sûr, après avoir goûté à la chose, on ne risque plus de se goinfrer! La consistance en est très curieuse : ni vraiment solide, ni tout à fait liquide... Cela s'apparenterait plutôt à ces précipités qu'on nous faisait faire en cours de chimie. Evidemment, l'amertume en est épouvantable. Un vrai plat d'Amiénie!

G.

30 août, 2006

Retour - 2

Le retour en Amiénie a provoqué en nous un violent choc (a)culturel. En l'espace de quelques dizaines de minutes, tous les inconvénients de cette ville, de concert, nous ont violemment sauté à la gueule (je voulais écrire figure, mais désolé, une ville qui pue comme ça n'a pas le droit à l'euphémisme). Après un séjour sur un site merveilleux, il fallait bien nous rappeler avec insistance tout ce qui nous fait détester notre terre d'exil : c'est bizarre comme sur une plage magnifique, sous un soleil radieux, entre lauriers roses et eucalyptus, trèèèèèèès loin de son univers quotidien, on a tendance à minimiser les dégâts de son cadre habituel.
Le pire, c'est que quand on a débarqué en Amiénie, il ne pleuvait même pas. C'est encore plus angoissant : on ne peut même pas incriminer la météo dans l'amertume qui sourd sombrement en nous. Même sous le soleil, c'est Totale Dévastation. Les constructions neuves ont déjà l'allure de ruines, les odeurs sont épouvantables, les autochtones sont laids (pardon de tout coeur aux Picards que je connais et dont certains sont très beaux : mais le fait est qu'aujourd'hui, nous avons vu défiler sous nos yeux une faune abjecte et innombrable).

On pense pouvoir se claquemurer à l'abri chez soi. En triant son courier, on apprend qu'il faut d'urgence aller chercher un recommandé à la Poste. Il y a un an, j'aurais un peu râlé en voyant la queue à la Poste centrale. J'aurais bien fait une demi-heure de queue supplémentaire pour échapper au bureau de poste auquel est rattaché notre "nouveau" chez nous. Pour ceux qui ignorent tout de la topographie amiénienne, il faut savoir que notre résidence, vendue comme un bien de standing (formidable : la porte du gararge a fonctionné trois semaines en tout et pour tout depuis la livraison, mais comme on a un ascenseur qui parle et un miroir rutilant dans le hall, on ne va pas faire la fine bouche) dans un quartier en devenir (va falloir nous envoyer un sacré contingent de missionnaire pour assurer la reconversion), dépend administrativement du Pigeonnier, quartier de sinistre réputation. Le truc, c'est que géographiquement, on est à deux pas du centre ville, mais dès qu'on a loupé le passage du facteur, il faut renoncer aux bienfaits de la civilisation.

Vous rentrez dans la Poste du Pigeonnier et, par accident, votre oeil innocent se pose sur une affichette atrocement imprimée d'un dessin humouristique accompagné d'une légende on ne peut plus juridique : un lieu où on vous rappelle qu'on ne doit pas menacer les guichetiers n'inspire pas une confiance souveraine. Mais même sans insultes, un lieu peut vite devenir invivable... J'avoue que j'ai quelquefois (oh, si peu!) recours à l'hyperbole sur ce blog; mais là, promis, je n'exagère rien : dans la salle minuscule, deux femmes édentées entourées d'une ribambelle de gamins attendent leur tour dans le brouhaha de leur progéniture. Dans le lot, une hideuse préado, mules Barbie et effet racine, commmence à hurler qu'il faut ouvrir d'autres guichets. Elle engueule un monsieur qui travaille à la Poste parce qu'il ne fait pas la queue pour demander un renseignement à un collègue. Un autre gamin tyrannise un distributeur de boissons (quelle idée aussi d'aller installer un engin pareil ici!), tandis qu'un de ses frères, inexplicablement armé de deux bouts de bois, tape sur les plus jeunes en beuglant.
C'est enfin au tour des deux dames; elles rappellent à elles leurs gosses dispersés. C'est alors que deux de ces adorables Groseilles (difficile de ne pas penser à La Vie est un long fleuve tranquille) entreprennent de sauter par dessus les cordons installés pour canaliser les usagers. Evidemment, ils ne sautent pas assez haut, entrainant dans leur chute les plots métalliques. Les mères (la mère et la grand-mère? difficile à dire tant la misère vieillit les traits) qui, en plus, n'ont pas les papiers nécessaires, crient de plus en plus fort : "Vivement l'école!". Quand les mômes commencent à vraiment se chamailler, l'une d'elles lance un : " hé, vous êtes pas à l'école, ici!" qui nous laisse encore cois...

Alors c'est ça, l'école, pour ces adultes-là, ces adultes qui n'hésitent pas à cracher des "bordels" et des "putains" devant leurs enfants? Un lieu où il est normal de se conduire comme des bêtes? Un genre de clos où on laisse les mômes se défouler juste pour soulager les parents dans la journée? L'école, c'est le Bronx? On sait qu'elle peine de plus en plus à briser le déterminisme social. Etant donnée l'image d'elle que certains parents transmettent à leurs enfants, on ne s'étonnera plus de rien...
Le petit dernier, dans sa poussette, s'agitait énormément. En me disant qu'il était promis au sort de ses frères, j'ai ressenti un puissant malaise. Bienvenue en Amiénie...

G.

Retour - 1

C'est évident : si Epictète avait connu les voyages en train, il n'aurait pas fait son malin avec le stoïcisme. A quelques jours de la rentrée, j'avais justement besoin qu'on me rappelle combien les enfants sont parfois doués d'une perspicacité ébouriffante.
Une petite brunette passant à côté de ma valise : " Oh, y en a qui partent en voyage". Pas possible! C'est peut-être parce qu'on est dans une gare, bécasse!

A noter que le mioche qui parle de vous à 2 cm de vos oreilles sur le mode "y en a qui" devait être l'accessoire indispensable de l'été. Ainsi, quelques heures plus tard : " Y en a qui descendent à Le Mans!" - J'ai horreur des gens qui disent "à Le Mans"; les a-t-on tenu au courant des règles de base du français? Il était bien temps que je descende, du reste, parce que 5 heures dans le wagon nurserie où les braillements des nourrissons se répondent comme autant d'appels des muezzins, je n'en pouvais plus.

Encore pourrait-on essayer de se montrer indulgent avec ces enfants trop jeunes pour apprendre les rudiments de la politesse (on ne fait pas comme si les gens étaient des débiles incapables de comprendre qu'on parle d'eux). Mais que dire de cette créature suprêmement intelligente d'environ 16 ans qui a jacassé sans discontinuer à tout propos (les Marseillais y sont oufs, mais pas tant que les Corses, et la mamie au chemisier pistache, elle est trop faaaaaashion...) ?
"Bidule, il a pas fait son complexe d'Euclide!" (sic)

Devant l'air ahuri de sa copine (avec une prof comme ça, ma cocotte, t'es pas bien barrée dans la vie), elle ajoute : "tu sais, je t'avais expliqué; c'est le mec qui a tué son vieux et qui a épousé sa reum mais il le savait pas et vice et versa..." Comme quoi, on apprend des choses : moi, je croyais que le complexe d'Euclide, c'était quand une droite pas assez rallèle se sentait bien seule à pouvoir passer par un point donnée. C'était la rentrée avant l'heure, en fait...

Qui a dit que les voyages en TGV étaient plus reposants que la voiture, hein?

G.

16 août, 2006

See you soon

Nouvelle interruption de Quai de Somme. La modération des commentaires a été suspendue jusqu'à notre retour, même si la blogosphère sommeille et qu'il y a peu de chances que nous retrouvions des messages à notre retour.
Avec un peu de patience, vous découvrirez la photo du plus mauvais dessert du monde et vous saurez comment nous avons mérité le Bricolo d'Or. D'ici là, prenez du bon temps!

See you soon

Nouvelle interruption de Quai de Somme. La modération des commentaires a été suspendue jusqu'à notre retour, même si la blogosphère sommeille et qu'il y a peu de chances que nous retrouvions des messages à notre retour.
Avec un peu de patience, vous découvrirez la photo du plus mauvais dessert du monde et vous saurez comment nous avons mérité le Bricolo d'Or. D'ici là, prenez du bon temps!

12 août, 2006

Autour d'un fer à repasser 2

"J'ai envie que ce soit la rentrée... Pas pour travailler, hein, je te rassure! Mais j'ai envie d'aller au bahut et de porter de jolies tenues"

G.

Autour d'un fer à repasser

Oh lala! Je me rappelle pourquoi j'ai horreur du repassage! MAis comment c'est possible de faire autant de faux-plis?

G

Sentier des petites perles

Entendu dans un calamiteux reportage (pris en cours de route, peu de temps avant son terme, hélas) sur les concours de coiffure :

"Je ne me considère pas comme un coiffeur, mais comme un artiste en capillisculpture"

Police du style

Faites un petit tour chez cette intégriste du look... Et moi qui ose sortir avec des fringues non repasséees, je me ferais charcuter si je la croisais !

11 août, 2006

Veinarde et Bombasse

Veinarde était dans la même prépa que moi, au lycée Infini. Mes contacts avec elle se résumaient au strict minimum. C’était à mes yeux loin d’être la plus brillante et pourtant c’est elle qui s’est hissée le plus haut dans la carrière des lettres – au prix d’un bûchage intensif. Je ne pensais vraiment pas la revoir et, à vrai dire, il m’a fallu quelques minutes pour la reconnaître au mariage de Tonky. Veinarde est une fille bourrée de qualités, je le reconnais, mais son principal attrait, celui qui justifie à lui tout seul son pseudonyme, reste Bombasse, son petit ami depuis le lycée. Je pense que toutes ses anciennes copines du lycée ont dû la maudire mille et mille fois pour la longévité de leur amour. Je la maudirais moi-même, si leur loyauté l’un envers l’autre n’était pas le seul lien qui me rattachait à Bombasse.

Car Bombasse accompagnait sa dame au mariage, comme tout bon chevalier servant…
Il y a des garçons qui embellissent avec le temps ; c’est injuste, mais des garçons comme Bombasse n’en sont pas à cette forfaiture près. Corps d’athlète (ce n’est pas une image, c’en est un), gueule d’ange, grand ( au premier coup d’œil, j’ai évalué sa taille au double de la mienne – j’ai failli me rompre les cervicales rien qu’en le regardant… mais à bien y réfléchir, il doit mesurer un peu moins de 3m48), tête bien faite, architecte fortuné, intelligent, chaleureux, élégant (à croquer dans son costume marron glacé – ou sans !), sexy, grrrrrrr…

Il faudrait que je vous dise comment V., qui ne l’avait encore jamais vu, a passé la soirée à discuter avec lui de maison écolo (soit dit en passant, il semble que les Québéquois soient imbattables dans ce domaine ; pense à te faire bâtir une maison bioclimatique, Alcib !). Mais je ne lui en veux pas, parce que j’ai moi aussi passé une partie de la soirée à baver devant lui (ah, ça s’est vu ?). En fait, j’étais même dégoûté de ne pas avoir mieux potassé mon « Maison écologique ».

Il faudrait que je vous dise comment j’ai fait promettre à Paulinette de le placer à notre table à son propre mariage – vu le nombre d’intéressé(e)s, on dressera une table circulaire tout autour de sa chaise. Que je vous dise, encore, comment, aigris, nous (c’est un nous très collectif) avons passé toute la soirée à imaginer ses défauts… Et moi qui l’ai vu en tenue d’Adam, il y a quelques années, dans des circonstances des plus chastes, je peux certifier qu’il n’y a de vice de forme à aucun endroit ! Que je vous dise, enfin, comment nous avons bu ses paroles – et même si ç’avait été des conneries monumentales, on aurait bu sans ciller ! Mignon comme tout, il a même affecté de croire que la recherche en littérature avait une utilité… Le bilan, le triste bilan, c’est que l’homme parfait existe, et qu’il est hétéro.

*

Mon homme et moi avions plus d’une heure de route pour aller chez mes parents où nous avions prévu de dormir. Nous nous sommes donc éclipsés, au grand dam de la mariée qui pensait nous faire dormir sur place (si on avait su… pardon Tonky !) juste après le café. En faisant nos adieux à Veinarde et Bombasse (euh… on se fait la bise, hein !), nous avons procédé à un échange de mail, griffonnés sur une page de « Habitat naturel » (mon homme dispose un arsenal époustouflant de magazines écolo), avons promis de nous revoir (parce qu’il est évident que dès que nous en aurons l’occasion, nous foncerons chez eux ; 800 bornes, c’est si vite fait ! Cela dit, Bombasse, vaguement natif de Picardie, a de la famille pas très loin de chez nous ; c’est sans doute ça, le vice caché ) et avons regretté de part et d’autres d’être restés si longtemps sans nouvelles. Rien que de très classique : on les reverra sans doute dans 15 ans. Et on parie combien qu’il sera encore à tomber ?

Alors que les invités commençaient à se trémousser, Veinarde, gentille jusqu’au bout (je crois que je la déteste), s’est étonnée que Zouzouk (mon amie la plus proche du lycée Infini) et moi, réputés danseurs vedettes, soyons parmi les premiers à partir. C’est sûr que dans nos soirées de jeunesse, elle m’a connu trempé jusqu’à l’os… Avec tout ça, j’ai raté la soupe à l’oignon !

G.

PS : Encore tous nos vœux de bonheur à la magnifique Tonky et à son veinard de mari !

Tels Pères, tel Mac

Notre I-mac a parfaitement saisi l'esprit de la maison, je crois. Le Mix de soirée qui séléctionne aléatoirement 25 fois d'affilée un tube de Madonna, c'est plutôt suspect, non?

Déco

Notre amie L.N. a eu un voisin qui avait choisi pour sa décoration intérieure le seul motif du canari. C'est l'une des raisons qui l'a fait déménager... Je ne pense pas être aussi bizarre que ce monsieur, mais j'ai envie de parsemer cette page d'oiseaux. Je me lasserai peut-être, vous très certainement. J'ai besoin d'aérer ce blog, de changer un peu son apparence. Cela dit, ces volatiles restent des antiquailleries. Personne n'a dit que, moi, je devais changer!

G.

Découverte du mois

J'ai découvert ce blog totalement par hasard en tapotant sur google
"allô sabrina, c'est ta prof de français", parce que j'ai entendu sur Rire et chanson France Inter (arrête, G.! là, tu n'es pas crédible) le sketche tordant d'un comique non identifié que j'aurais aimé retrouver. Comme cette collègue bloggeuse officie sur canalblog, elle saura par quel biais j'ai eu accès à sa page, mais je serais toujours moins ridicule que celui qui y est arrivé en cherchant : "culotte de la prof".

Comme je suis toujours mal à l'aise quand il s'agit de placer dans ma colonne de liens des sites à l'insu de leur auteur, je me laisse le temps de la découvrir davantage, voire de lui laisser un commentaire un jour, si l'occasion se présente, avant de la classer dans mes favoris. Cela dit, la présence d'un "blog de fille" - l'expression, qui n'a rien de désobligeant, est empruntée à son blog - détonera sacrément dans une liste de blogs presque exclusivement pédé (là non plus, ça n'a rien de désobligeant, m'enfin!). Parce que même celui-ci - j'adore, mais là non plus je n'ose pas l'ajouter à mes liens... alors je dévore son blog en catimini - n'est pas un vrai blog de fille (qui l'eut crû?).
Bon, en fait Mariecaro ne ferait pas tant que ça figure d'exception : ça reste un blog de prof, après tout! Affaire à suivre

G.

10 août, 2006

Hérédité

Quand je vivais encore chez mes parents, à chaque fois que je ramenais des amies à la maison (bizarrement, je ne m’enfermais jamais avec elles dans ma chambre…), c’était toujours le même refrain :
« Qu’est-ce qu’elle est belle ta mère !»
Quand mon père était là aussi, certaines rajoutaient, peut-être un brin gênées : « Et ton papa est très gentil… ».Evidemment, pour tout fils qui se respecte, a fortiori quand il préfère les garçons, notre mère est la plus belle femme au monde. Mais objectivement, pour avoir vu des photos de jeunesse de ma maman, je peux vous certifier qu’elle aurait fait un bien joli mannequin… Je n’étais pas peu fier d’aller aux réunions parents-profs avec elle, d’une part parce qu’elle n’avait que des louanges à entendre sur sa progéniture, d’autre part parce que j’étais persuadé qu'elle éblouissait mes profs.

Passée la satisfaction d’avoir épaté les copines, je me rendais bien compte qu’il y avait quelque chose d’assez vexant dans une surprise aussi sincèrement manifestée. Etait-il si inimaginable que ma mère soit une beauté ? D’accord, j’étais je suis une petite chose chétive, mais ma mère m’a quand même transmis la moitié de mon patrimoine génétique (dont le huitième de sang italien) : j’ai eu le droit au daltonisme, à la peau fragile et à la circulation sanguine calamiteuse, pourquoi est-ce que je n’aurais pas aussi les bons côtés, hein ?

Du coup, à 14 ans, j’avais acquis la certitude qu’à 15 ans, je serai devenu une splendeur ; à 14, je pensais que ce serait à 15 ; à 15, j’avais grand espoir qu’à 16 ans, je deviendrais le genre de bombasse sur lequel on se retourne dans la rue. N’importe quoi ! Cela dit, j’attends toujours !
Si ça tombe, tiens, j’aurais mieux fait de naître avec deux X !

G.

09 août, 2006

Diplomatie 2

Au moment même où, revenant des Normandies, on s'engageait sur notre belle rue refaite à neuf pendant l'été (sauf devant chez nous, faut quand même pas pousser!), le portable sonne. Ce genre de truc arrive, même à nous. Remarquez que je dis "nous"; parce que, fusionnels jusqu'au bout (là, je crois que je vais finir par énerver), on a un portable pour deux. A vrai dire, c'est plutôt celui de mon homme, mais comme il est au volant, c'est moi qui décroche. Allez savoir, c'est peut-être ça qui a destabilisé mon interlocuteur :

Ma pomme, de sa plus belle voix : allô
Poussinou perplexe, limite paniqué: euh... je ne suis pas sur le portable de G et V?
Moi : Ben si. C'est G.
Lui : P'tain! Mais c'est quoi cette voix virile! T'as mué pendant les vacances?

Vous le prendriez comment, vous ? Mal hein? C'est décidé, pour la rentrée, je me façonne une voix de crooner.

G.

Micheline et moi

Ayant traversé les Normandies de part en part, de long en large et réciproquement, nous avons beaucoup écouté la radio durant la dernière quinzaine. Notre périple nous a ainsi permis de découvrir Radio Fraternité (mais comment vivions-nous auparavant ?) et les fabuleuses « Micheline et moi-même » (sic… à répéter toutes les deux phrases) nous présentant dans le plus franc amateurisme une recette de radis au vinaigre…

« Alors ça, c’est original, Micheline. Parce que les radis, on ne sait jamais comment les servir!
_ Oui, c’est souvent cru avec du beurre.
_ Remarquez, c’est très bon comme ça, les radis, Micheline. Les recettes les plus simples sont les meilleures, Micheline…
_ Oui, ben on ne vous demande pas votre avis. Les radis, ça sera au vinaigre et aux aromates, et puis c’est tout! »

Elles sont trop sympa, « Micheline et moi-même » : elles nous livrent leurs petits secrets même quand ce n’est pas encore l’heure de la rubrique astuces, et c’est toujours un truc édifiant du genre : ne sortez pas le plat du four à mains nues.

*

Même si j’ai un faible pour toute émission donnant l’air d’être l’œuvre de gosses ou de bricoleurs peu doués, le principal atout de Radio Fraternité réside dans sa ligne éditoriale que l'on pourrait résumer ainsi : Jésus est notre sauveur. Nous ne l’avons pas compris tout de suite (bon, j’avoue que j’avais des soupçons au nom de la station, mais après tout, on peut être fraternel et laïc, non ?). Il nous aura fallu deux bonnes minutes pour comprendre que le sujet de la première chanson que nous y avons entendue, une marmelade lénifiante, était le parrainage des enfants en Afrique. Du coup, on n’a pas été très surpris d’entendre un autre catho à guitare s’extasier « Ma Sœur, Je veux chanter avec toâ / Que Jésus est la source de notre joâ ».

J’ai hélas omis de retenir la fréquence… Je n’ai pas bien fait mon Job (ouarf…).

G.

Mama Africa

En bon usager des médias, vous savez que l’été est la saison du recyclage. Toutes les ondes regorgent alors d’émission de bilans, de best of ou de bêtisiers. Dans le même esprit, mais un brin plus classe qu’Arthur, France Inter propose quotidiennement un voyage à bord d’un chronoscaphe (ouais, la mise en scène de l’émission est d’un ringard hallucinant, genre faussement futuriste à la Bogdanov), à la découverte d’événements plus ou moins marquants du XXème siècle. Ainsi ce petit sujet sur Miriam Makeba :

« I was born ….
V. : _ Mais pourquoi elle ne parle pas français ?
G : _ Ben euh… Comment t’expliquer… Y a des gens qui ne parlent pas français parce qu’ils sont pour ainsi dire estrangers, à tort ou à raison d’ailleurs parce que… m’enfin… On considère généralement que les Sud-Africains sont précisément des estran…
V : _ Ah ? C’est pas Marie Myriam ?
G : _On n’a jamais surnommée Marie Myriam Mama Africa, tu sais (je ne crois pas qu’on se soit beaucoup creuser la tête à lui trouver un surnom, à vrai dire…)
V : _ C’est pour ça ! Je me demandais ce que ça pouvait bien donner un chanson de Marie Myriam intitulée Pata Pata… »

Brève écolo et côlon

Pour qui l’ignorerait encore, je partage la vie d’un écologiste au grand cœur dont le rêve le plus ardent est de vivre dans une maison bioclimatique. Au quotidien, ça donne des dialogues attendrissants :
« Chéri, un sucre dans ton café ? Tu ne trouves pas que le café aurait meilleur goût entre des murs offrant un déphasage de 12 heures ? », « Je suis si bien avec toi. Sans doute grâce aux vertus isolantes de la paille de lavande » ou encore : « Chéri, je t’aime. Tu m’offres une maison bioclimatique ? ».

Puisque le romantisme n’est pas mort, voici une brève trouvée dans le magazine La Maison écologique, à la page 7 du numéro de juillet :
« Début avril s’est tenue la 1ère rencontre internationale des toilettes sèches à Saint Merd de Lapleau, en Corrèze »
C’est toujours bien de constater qu’engagement moral et autodérision peuvent aller de pair.

G.

08 août, 2006

Diplomatie

Courte halte amiénienne : manuscrits de messages et pochette rouge attendront encore un peu avanty d'atterrir sur le ouèbe. En coup de vent, juste une petite leçon de diplomatie pour regonfler l'ego de vos amis célibataires :

Ton gel et tes capotes ne sont pas périmés?

Mon homme est vraiment un ange...

G.

27 juillet, 2006

A bientôt

Quai de Somme ferme provisoirement boutique. Nous revenons bientôt. D'ici là, passez du bon temps!

25 juillet, 2006

Une mort, une naissance...

Une mort, une naissance, c'est en quelque sorte le principe directeur de toute bonne série américaine - il suffit de regarder Urgences pour s'en convaincre. D'un point de vue métaphorique, c'est aussi l'horizon de cette fin juillet. Bientôt, un mariage international que nous souhaitons le plus heureux possible; trois jours après, c'est opération cartons chez une amie qui effectue un rangement douloureux de sa vie. Une mort, une naissance. Et un souffle de changement.

Comment nous avons supporté l’équipe de France après péremption

Là, ceux qui nous connaissent doivent logiquement se poser de sérieuses questions. Qu’a-t-on bien pu faire à leurs PD préférés ? Un quelconque savant fou les a-t-il remplacés par des droïdes dans le but abject de conquérir la terre ? Faut-il envoyer les Totally Spies à la rescousse ?

Rassurez-vous : ce n’est pas parce que plus personne ne parle plus de la coupe du monde que je vais m’y coller, même si je suis connu pour agir à contre-temps. De toute façon, le seul match qu’on ait maté, invités obligent, je l’ai passé à faire des jeux de mots pathétiques sur les noms des joueurs ou de clicheteuses blagues simili racistes, et à évaluer le sex-appeal des athlètes (résultat des courses : bof). Mais hier, ma vie a changé : mon homme et moi avons affiché à l’Amiénie toute entière notre amour pour la planète "allez les Bleus" : nous avons essayé une voiture.

En effet, après 4 ans de loyaux services, de Luna Park sur les routes verglacées, de vandalisme nocturne, de baptême du pneu et de couinement intensif par ma faute, ma Cendrier 3 a mérité un maître un peu plus soigneux. Ma Queenie, je t’aime : avec toi, j’ai fait mes premières armes. Tu resteras ma toute première voiture, mon mythe fondateur à moi. Mais sois tranquille, celle qui va te succéder gardera ton esprit « kart », sauf qu’elle, elle en aura aussi la taille !

Hier, nous avons donc essayé ton successeur pressenti : l’Aygo. L’essai fut concluant : le bijou répond à mes attentes. Et pourtant, on s’est bien payé la honte dans cette voiture qui proclamait dans une espèce d’ironie tragique : « Allez les Bleus ». J’ai intercepté quelques œillades interloquées, mais dans l’ensemble, mon surmoi exacerbé a su endurer l’épreuve : le temps d’une demi-heure, j’ai accepté sereinement de passer pour un gros blaireau. Mais bon, comme notre future Aygo risque fort d’être rouge pétant (le très chic gris éclipse exigeant trois mois de délai), mon homme craint que je ne me prépare plusieurs années de beaufitude…

G.

24 juillet, 2006

Le bon gémeaux

Il y a des gens pour me dire que je suis un garçon compliqué. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis simple, mais n’allez pas imaginer une palette infinie de comportements. Je ne fonctionne, en bon gémeaux, qu’en mode binaire.

Bien sûr, l’écrasante majorité des gens verse dans le rythme à deux temps : content/ pas content ; optimiste/pessimiste ; en forme/ état larvaire ; sucré/ salé ; hot horny horn/ cold coldie cold ; agressif/ mollusque ; sérieux/ facétieux…
Cependant, la plupart se contente d’alterner ces états contradictoires (faisons l’impasse sur la petite proportion, aux marges de l’humanité, qui reste bloquée sur la même case toute leur vie, imbéciles heureux ou monstres sanguinaires). Moi, je les superpose. Et si l’on peine parfois à me comprendre, c’est que je dois composer avec deux tendances théoriquement incompatibles. Je suis tiraillé entre deux modèles :

- Le pôle « Quirite », l’austère citoyen romain sauce Caton l’Ancien, idéal de rigueur. Le type qu’on appelle monsieur, qui fronce les sourcils, contrôle tout et veut imposer le respect. Celui que l’on craint un peu. Obtus, limite psycho-rigide, on se l’imaginerait presque U.M.P. (on le préférera en Hussard noir de la République). Il combine Dignitas, Gravitas, Virtus.

- Le pôle « Graeculus », le petit grec plutôt lascif, espiègle, charmeur. Eternel adolescent, il fonde tous ses rapports sociaux sur la séduction et le jeu. Il est difficile à cerner et, paradoxalement, tout est simple à ses yeux. On le prend parfois pour un manipulateur ; on ne fait pas plus naïf. Il se veut sémillant et spirituel, tout en reconnaissant sa mollesse.

Radicalement opposés, ces deux penchants trouvent pourtant un même motif : une soif avide de reconnaissance. Et il n’est pas bien sûr que l’un ou l’autre y parvienne…

G.

23 juillet, 2006

Spectralia 5

N. au lycée, était une élève plutôt brillante mais, de l'avis de tous nos profs, une fille difficilement supportable. Un jour, alors qu'elle avait passé tout le cours d'histoire à discuter avec sa voisine, elle captura au vol une expression du prof qui la stupéfia, et, à la suprise générale, leva la main. De sa voix débordante d'entrain :

"Monsieur! Monsieur! C'est quoi un paradoxe allemand?"

Tout le monde écarquilla les yeux. Elle s'enfonça davantage, admettant à demi-mot qu'elle ne savait foutre rien de ce que le prof pouvait bien raconter à ce moment-là mais que, elle n'était pas folle, il avait bien parlé de paradoxe allemand. En citoyenne curieuse de la construction européenne, il fallait absolument qu'elle sache de quoi il retournait.
Paradoxalement, le prof esquissa un genre de sourire résigné et laissa filer l'affaire.

Cette anecdote et quelques autres, lui valurent le titre d'Ingénue de la classe. Ce n'est pourtant pas elle qui demanda au prof de philo qui dictait une bibliographie : "Mais c'est qui ce PUF dont vous parlez tout le temps?"

G.

La race honnie

Pas toujours facile d’être tolérant. Nous sommes tous des persécuteurs en puissance : xénophobes, homophobes, misogynes, fleurons de la lutte des classes, élitistes, populistes, antisémites (au sens large, Juifs et Arabes remontant à la même souche sémitique), misanthropes pour les plus radicaux…

Ma haine à moi se cristallise sur la détestable catégorie des profs à cadeaux. Je nourris à l’encontre de ces happy few une jalousie tenace, féroce, à crever. Parce qu’on a beau affecter l’indifférence, affirmer haut et fort avec une pointe de reproche dans les yeux qu’on n’est pas là pour se faire aimer, on en meurt tous d’envie – certains sacrifieraient même leur caravane ou tous leurs points CASDEN !. On a tous le fantasme de marquer nos élèves à vie (bien qu’en début de carrière, je sais que j’y suis déjà parvenu : certains me maudiront encore dans trente ans), d’être à l’origine de puissantes vocations, de bouleversements fabuleux. On n’a jamais envie d’être celui dont on oubliera le nom ; déjà, on n’oubliera pas ma tronche, grâce à mon armée de sosies.

Alors quand certains collègues reviennent de cours avec une boîte de chocolats (bon, ça, j’ai jamais vu) ou se voient remettre une photo encadrée ou une lampe marocaine lors du spectacle de fin d’année, tandis qu’on ne vous a jamais offert que (liste exhaustive et véridique) : un singe en plastique choco pop’s (message à peine voilé), une rognure de papier d’Arménie (je pue ?), un dessin de squelette ( !) et un petit pimouss’, on a tôt fait d’être pris d’une folie meurtrière.

Heureusement, il y a une justice immanente : le cadeau d’élève est le plus souvent une abomination. Demandez à L.N. (ouais, y en a même dans mon cercle d’amis des rénégats comme ça !) qui, tout en détestant obstinément les animaux, est contrainte de collectionner les photos de chiots, de dauphins et de bébés phoques ou des bracelets crocos. Sachez que l’on fait aussi des choses hideuses en porcelaine à destination exclusive, semble-t-il, du corps enseignant (hein Grégory ! Traître).

Mais bon, juste une fois, quoi, j’aimerais que ça soit mon tour !

G.

21 juillet, 2006

J’en pâtis

Samedi soir, M6 diffuse un objet télévisuel qui s’apparente pour moi à un supplice hertzien. Je ne suis pas du genre à être outré à tout bout de champ, pourtant. Suis-je donc le seul que les bêtisiers de la Nouvelle Star mette mal à l’aise, je veux dire physiquement mal à l’aise : au point même que je ne peux pas rester dans une pièce où quelqu’un regarde pareils morceaux d’anthologie – et en sortant, je pousse encore des cris d’orfraie.

Quand j’étais enfant, ma propension à l’empathie se manifestait surtout à l’écoute des émissions de radio où les auditeurs sont à l’antenne. Je paniquais à l’idée qu’ils bafouillent, qu’ils se rendent ridicules par une question à la con ou en tapant un scandale (oui, j’ai horreur du scandale, aussi). Ma maman écoutait souvent Le Téléphone sonne sur Inter, en faisant la cuisine. Je voulais rester auprès d’elle, l’aider un peu. Mais à chaque fois que l’animateur prenait un nouvel auditeur en ligne, les premières secondes étaient une véritable torture. Quand l’intervenant faisait preuve d’aisance, d’à-propos et de concision, je me décrispais. D’autres fois, il fallait que je déserte la cuisine. Aujourd’hui encore, il m’arrive d’éteindre le poste, mais le plus souvent je fuis autant que possible ce style d’émission. La nazerie « La Compil » (ça vous manque pas trop le riz ?) m’aurait mis dans le même état, si c’était l’auditrice – et non l’animatrice – qui avait été grotesque. Mais c’était déjà limite…

Ce qui ne laisse pas de m’interroger, c’est que je puisse mater l’Île de la Tentation sans le moindre scrupule. Est-ce parce que les candidats ont des vacances de rêve ou parce qu’ils donnent l’impression d’être des professionnels de la télé (coachés, lissés, formatés à fond – difficile d’avoir de l’empathie pour des coquilles creuses). En fait, ce n’est qu’aux dilettantes que je peux m’identifier…

G.

Requête

Je peux avoir le téléphone du bricoleur minou du Question maison diffusé ce matin?

Les Aventures de Saby Banana

Texto reçu ce matin :
ki ki c ki fait
tomber ses
tampons dans le
bus à paris et ki
se trompe de tgv?

La même qui, il y a 9 ans, félicitait une copine pour le bac qu'elle n'avait pas eu?

Pensée du jour

Il y a des gens que l'on aime sans qu'on puisse jamais les comprendre.

G.

Un jour, une histoire

Chez mes parents, j’ai fait provision de DVD de film pointus (Eisenstein, Lynch, Lang, Mizoguchi, Herzog…), histoire de parfaire ma connaissance cinématographique plus que branlante. Et au final, je larve devant l’Île de la Tentation et les téléfilms de M6 (Un jour, une histoire… un concept ?)

Le téléfilm d’hier s’intitulait Un dimanche sur deux. Il s’ouvre sur un horripilant rouquin de 6 ans avec maman débordante d’amour.
« Attache ta ceinture, maman t’aime (…) Sois poli avec la dame, mon chéri (…) les aveugles aussi ont droit à la vie, mon bébé » (euh… là je brode, mais bon, vous avez compris l’esprit). A l’école, le prof lisse à mourir, look alike de Georges Clooney, après avoir encouragé l’insupportable bambin dans son amour pour les vers de terre (!), l’invite à nourrir Horace. Il ouvre une boîte et laisse le mioche choisir la souris vivante qu’il jettera au boa. Classe, le CP !

Plus tard, l’insoutenable morveux, fagoté dans un atroce gilet vert en laine agrémenté d’un nœud pap’, fait la morale à son papa, look alike de Buce Willis chevelu, tandis qu’une musique incessante n’en finit pas de nous vriller les tympans : « Quand tu fumes, ça va aussi dans mes poumons, et il faut être gentil avec les gens, même les gros, et se brosser les dents après chaque repas » (ok, là aussi j’extrapole).

Il découvre la nouvelle femme de son poupa et ses enfants : il y a la petite pétasse et le demi-frère Ben que l’on subodore démoniaque, parce qu’il porte sa casquette vissée à l’envers. La belle mère, choucroute héroïque, coud un costume en amiante pour le Halloween du mouflet. On pressent que, sous des dehors affables et prévénants, elle escompte phagocyter la relation mère-fils si complice, en profitant de l’investissement de la môman dans sa carrière d’infirmière , alors qu’elle, elle est femme au foyer (la garce !). A retenir : les gentilles mamans divorcées des téléfilms U.S., tout comme les papas veufs des téléfilms allemands, ont forcément une vocation altruiste.

Notre fan de vers de terre est à n’en pas douter un bout de chou ett’ sett’sionnel, qui regarde des cartoons en V.O. (pour des raisons de budget, les bruits d’ambiance n’ont pas été doublés). Evidemment, je ne saurais vous confirmer ces hypothèses, car je n’ai pas tenu au-delà de la demi-heure. Faut pas déconner!

G.

20 juillet, 2006

Pour R.

Et zut! J'ai encore oublié la pochette rouge!

G.

Vendeur intimidant ne cherchant pas client

Il existe en Amiénie une boutique de vêtements masculins un peu spéciale. Au vu de la vitrine – je n’ai jamais glissé un orteil à l’intérieur, raison à suivre -, ça dégorge surtout du Hugo Boss ; mais cela n’a aucune importance car ce qu’on examine dans la boutique, ce ne sont pas les fringues mais les vendeurs, sans doute les plus désoeuvrés du monde. Peut-être aussi les plus canons – ce qui expliquerait qu’on ne croise aucun vrai beau mec dans les rues amiéniennes : ils travaillent (il faut dire que tout le monde ne peut pas être un feignant de prof, un parasite de chômeur, un glandeur d’étudiant ou, pire, un jean-foutre de retraité !).

Observons donc un top model vendeur au travail, dans une boutique perpétuellement déserte : été comme hiver, qu’il grêle ou qu’il bruine, il se prépare son cancer au poumon de demain, en fumant clope sur clope, sur le seuil de la boutique, en vous jetant un regard hostile, méprisant ou contempteur selon votre degré de hypitude - Autant dire qu’il vous en barre l’accès. Mais comme c’est un brun ténébreux aux cils d’antilope, on lui pardonne ou presque.

Hormis le délai dans lequel cette bombasse de vendeur finira sous respirateur artificiel, la vraie question est : comment ce magasin tient-il le coup ? Fantaisie d’oisif millionnaire qui veut jouer au chef d’entreprise ou couverture pour la tentaculaire mafia syrienne ? A moins que ce ne soit qu’un avant poste de la SEITA. Un volontaire pour mener l'enquête ?

G.

Totally Spies

Entendu ce matin dans Totally Spies :
Clover à un charmant farmer du Mid-west: "Si vous avez besoin de moi pour inpecter votre maïs, je suis à votre disposition".

Moralité : les dessins animés sont comme les comptines; destinés prioritairement aux enfants, ils sont le plus souvent obscènes.Entendu de ma propre bouche de grand enfant devant Totally Spies (seuls les connoisseurs apprécieront).

G : "Oh non! Putain! les comm' poudr'!!!!!!"

devant le spectacle terrifiant de la précieuse quincaillerie informatique de nos espionnes de choc broyée dans un ascenseur maléfique - je sens que je vais donner envie aux gens de découvrir la série, moi...

19 juillet, 2006

Subliminale

" Pour un militant comme moi, c'est une consécration!
_ Pour une fois qu'il y en a une qui tient ses promesses!
_ Vous aussi, goûtez l'élue des Français!"

Non, vous avez vraiment cru à une publicité pour la Danette crème brûlée? Petits naïfs! Ne serait-ce pas plutôt une campagne subliminale pour Ségolène Royal?

G.

Procrastination et prétéritions

Peu d' articles postés ces temps derniers, mais beaucoup d'idées en réserve. Pour qu'elles ne restent pas à l'état de projet, il faudrait que je me bouge un peu, je sais bien. Qu'elles ne connaissent pas toutes le sort d'un brouillon intitulé "L'aventurière de la chausse perdue", datant de la période des grands froids et qui, si je me décidais enfin à l'écrire, tomberait totalement à contre-temps. Remarquez, ça apporterait à ce blog caniculaire une pointe d'exotisme : découvrir comment Saby Banana a mystérieusement égaré une chaussette à Carrefour puis inspecté à quattre pattes les rayons du magasin avant qu'un sursaut d'orgueil ne lui fasse renoncer à cette fantaisie ("Personne à gauche? Personne à droite? Et hop, je me relève, l'air dégagé"). Mais fi des saisons! Il n'y a pas de péremption qui tienne quand il s'agit de découvrir les aventures de Saby Banana. D'ailleurs, pourquoi s'éreinter à vous transcrire des témoignages de seconde main? Nous agirions pour le mieux en lui accordant le statut d'administratrice sur ce blog.

Raconter notre fabuleuse terrasse-partie du 8 juillet aurait sans doute aussi un petit goût avarié. Dois-je donc passer sous silence l'une des seules occasions que nous ayons de nous retrouver entre non picards ? Au début de chaque été, avec nos amis les plus anciens, nous nous réunissons. Ce genre de rituel permet de ne pas éroder des liens mis à mal par la distance, géographique ou afférente à des choix de vie (nous sommes à l'âge où nos amies deviennent mamans ou songent à le devenir... et qu'on le veuille ou non, la maternité modifie assez radicalement les rapports sociaux).
Ce rendez-vous fait souvent office de pendaison de crémaillère (très) différé : si Poussinou (picard) et LN (éxilée comme nous en cette rieuse contrée) connaissaient notre appartement dans ses moindres recoins, et que MAB et Paupau flanquées de leurs hommes respectifs (pas top élégant comme expression, non?) nous avaient fait l'amitié de venir nous voir en décembre, beaucoup n'avaient pas eu le bonheur de découvrir notre petit Disneyland amiénois (est-il vraiment utile de rappeler que notre voisine, c'est Blanche-Neige?). Notre munifiscente terrasse immarcessiblement (na!) fleurie par les soins amoureux de mon homme aura donc été baptisée dans les règles de l'art : le lobby pro-champagne renversé y aura veillé.

Je m'arrêterai ici pour les nouvelles de seconde fraîcheur. Les bloggeurs aussi connaissent leurs périodes de soldes : il fallait épurer le stock avant de présenter la nouvelle saison!

G.

14 juillet, 2006

Radio cliché

Entendu sur France Bleu Normandie. Le principe de l'émission "La Compil" a été mille et mille fois exploré : les auditeurs appellent leur station préférée pour choisir la chanson qu'ils veulent écouter et, au passage, taillent une bavette avec l'animateur. Ce qui fait la différence dans ce genre d'émission, c'est donc la verve, le talent, la générosité du préposé à l'antenne. Et le réseau France Bleu dispose d'animateurs top-classe.

L'animatrice top-classe : "Nous avons Yang Tsoung en ligne. Bonjour, Yang Tsoung. Je n'ai pas trop écorché votre nom au moins?
Yang Tsoung : _ Tout à fait.
Animatrice top-classe : C'est de quelle origine, votre nom?
Y.T. : _ Je suis d'origine chinoise.
A.T.C. : _ C'est-à-dire?" (A.T.C. est une journaliste d'investigation dans l'âme, ça se sent)

Suit un passionnant échange au cours duquel on apprend, en gros, que Yang Tsoung est d'origine chinoise. La gentille auditrice est une femme posée qui pèse scrupuleusement chacun de ses mots. On sent que l'animatrice top-classe regrette un peu sa question, ce qui ne l'empêchera pas de récidiver.

A.T.C. : " Et ça vous manque pas trop, la Chine?
Y.T. : _ Je suis heureuse en France.
A.T.C. : _ Nan, parce qu'en général quand on vient d'un pays où y'a du monde tout l'temps, ça fait bizarre après. Surtout qu'en Chine, on peut manger à n'importe quelle heure. Et ça, après, ça manque!
Y.T. : _ Euh ben non, ça va...
A.T.C. : _ Et le riz? ça vous manque pas trop, le riz?
Y.T. : _ C'est-à-dire que... ben, j'en fais de temps en temps "(quelle exubérance, ces chinois! En plus, on sent bien qu'ils se renferment sur eux-mêmes quand ils s'installent à l'étranger : vous vous rendez compte? Ils se cuisinent du riz au mépris de nos traditions culinaires séculaires! est-ce qu'on se cuisine du riz, nos autres, bons Français?).
Suit un passionnant monologue où l'animatrice nous raconte sa passion pour les voyages et pour l'Asie, continent fabuleux où on peut manger à toute heure (ça semble être une idée fixe; grâce à la magie de la radio, on se l'imaginera comme une grosse goulue). Elle aimerait bien aller en Chine un de ces quatre, parce qu'elle est tombée drôlement amoureuse de la Thaïlande. Mais il est temps d'en revenir à nos moutons...
A.T.C. : " Ah lala! Beaucoup d'exotisme grâce à vous ce soir! Qu'est-ce que vous avez envie d'écouter?
Y.T. : _ Johnny Halliday"

Si j'osais, en ce jour de fête nationale, je dirais que c'était un véritable feu d'artifice. Et on sait combien les Chinois sont doués dans ce domaine aussi. Mais en quoi ces infatigables travailleurs ne sont-ils pas doués, hein madame l'animatrice? On raconte même qu'au beau milieu des fusées, des pétards et des dragons dansants, les Chinois s'installent dans des bouibouis où ils peuvent manger à toute heure...
G.

11 juillet, 2006

Tout doit disparaître


Le final d'une série que l'on aime est forcément émouvant. Là, sur notre canapé anthracite, s'épanchèrent les grandes eaux de Versailles. Si vous avez envie d'y aller de vos propres larmes, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

07 juillet, 2006

Le tracteur patriote


Grotesque grotesquerie... Entre le pêcheur qui taquine le goujon sous les couleurs de la France et ce tracteur patriote, le quartier prend des airs de 8 mai 11 novembre plutôt (vu le temps). Vous avez dit que ça se terminait quand cette foutue coupe?

G.

05 juillet, 2006

Babel

Le français à l'opéra sonne comme une langue étrangère. Limite extra-terrestre, en fait...

G.

Problème

Soit une bouteille de Vichy Célestins de 1,5 l, promenée en vain de l'Amiénie à la Rieuse Patrie d'un célèbre écrivain françois, soient 280 km aller-retour avec moult virages, et restée 7 heures dans une voiture sous un soleil de plomb.
Soit un magnifique parquet en jatoba, pose flottante, rougeoyant sous le soleil d'une fin d'après-midi picarde.
Soit un (très joli) garçon (quoique) maladroit et globalement assoiffé, dévissant hâtivement la-dite bouteille.
Question : le parquet a-t-il un teint Vichy-Célestins, le secret des jolis teints?

G.

03 juillet, 2006

Chat Sherpa 2

Finalement, il n'y a pas d'heure pour prendre de la hauteur.

Ouf, y a une justice!


10,6...pas de quoi rougir des résultats en littérature de ma classe. Les bons élèves ont eu de très bonnes notes (encore bravo), les sérieux pas sûrs d'eux s'en sont tirés quelquefois avec les honneurs et beaucoup d'élèves sur lesquels je n'aurais pas parié ont eu la moyenne ou ont limité la casse. Bilan des courses : les seules surprises sont de bonnes surprises; ils étaient convenablement préparés, je peux me détendre. Je suis content pour eux!
Deux élèves sèchement refusées. Petite pensée pour elles, mais on savait que ce serait difficile. La liste des recalées n'est hélas pas fermée : le ballotage des cinq admissibles à l'oral ne semble pas vraiment favorable. Affaire à suivre... Et félicitations pour tous les autres!

G.

02 juillet, 2006

Chat Sherpa

Tous les soirs, à partir de 20H, c’est l’appel des hauteurs pour notre Stuart, converti en pro de la varappe. On l’a vu à l’œuvre ce crétin des Alpes ! Son amplitude impressionnante, toute serpentine, lui permet de se hisser sans peine sur les claustra séparant les balcons ; ses longues pattes de funambule le retiennent sur cette épaisseur de 5 cm. Et l’instant d’après, le voici qui crapahute à l’étage supérieur! Il a tout juste pris la peine de renifler son pote Rimbaud, avant de se demander comment gagner le niveau supérieur.
On ne va quand même pas le tenir en laisse, ce fléau ! Chat Sherpa à grand'chose...

G.

01 juillet, 2006

Passe-partout

J’ignore ce qui est le plus angoissant : ne ressembler à rien ou être le doublon de tout le monde. Il suffit d’observer un adolescent pour savoir combien il a besoin de se fondre dans la masse tout en cherchant à se démarquer des autres. Je ne suis pas bien sûr que les adultes soient si différents que leurs cadets, mais posséder un physique passe-partout a quelque chose de très irritant.

Olivier Mine, Jean-Pierre Léaud (jeune), Rowan Atkinson ou Devedjan (en même temps, difficile de ressembler à l’un sans ressembler à l’autre)…. Voici des sosies plus ou moins flatteurs que l’on m’a un jour ou l’autre attribués. C’est sans compter sans des milliers d’anonymes. Vos collègues vous voient passer à toute heure et dans diverses voitures dans les patelins les plus improbables ; des gens que vous connaissez à peine vous identifient dans la salle d’attente d’un médecin (« T’es sûr que c’était pas toi ? Dommage, t’aurais vraiment été beau gosse ! – Merci ! ») ; une fille de votre classe au lycée ne pouvait pas vous regarder sans penser à son meilleur ami de maternelle. Il y a quelques jours à peine, j’ai appris que Coco pense à moi tous les matins en apercevant un jeune inconnu : « Tu n’as pas un frère ou un cousin sur Amiens ? Il te ressemble vraiment beaucoup. C’est un mec brun (évidemment), un peu rêveur (pas étonnant non plus), tout fin (normal, puisqu’il me ressemble), très joli garçon (normal, puisqu’il me ressemble !), gay sans l’ombre d’un doute (mouais, y a pas à dire, ça me ressemble…) ».

Le jour où l’un de mes multiples sosies se décide à commettre un meurtre, pas sûr que j’en sorte indemne. Et si une fille vient me gifler en pleine rue, je ne m’en formaliserais pas davantage; ça voudra toujours dire que mes doubles peuvent être hétéro, pour changer. Tout de même, on aimerait avoir de soi, même s'il ne s'agit que de son physique, une image sans pareille. D’un autre côté, le soupirant qui s’épanche en long et en large sur la forme unique au monde de vos narines n’est pas moins soûlant. Faut-il vraiment choisir ?

G.