12 octobre, 2006

C’était peut-être un daim !

L’affiche est grotesque, puisque l’héroïne de ce navet – que je m’étonne de ne pas avoir trouvé sur Nanarland) est inexplicablement rejetée au second plan (c’est la blonde à boucles : j’ai eu du mal à la reconnaître parce que je m’étais habitué à la voir sans son jean). Le titre est lui aussi inexplicable. Il est à l’image du film, à vrai dire. Il y a quelques années, nous l’avions déniché sur M6. Poussinou l’a acheté, le fou, et nous l’avons revu avec lui mardi soir.

Je pense que les scénaristes se sont dit : « on va faire un récit extraordinairement complexe en mélangeant les strates temporelles ; ça sera super classieux. On soufflera l’oscar à David Lynch ! En plus, on multipliera les fausses allusions et les détails inutiles ». Pour l’Oscar, c’était pas gagné d’avance. Mais pour paumer le spectateur le plus averti, c’est un pari gagné.

Déjà, j’ai soupçonné ce film d’être un deux en un, tant la première partie semble sans rapport avec ce qui va suivre : un jeune couple en voiture se retrouve bloqué sous la neige. Gentleman, le bellâtre oblige sa copine à sortir de la bagnole et à la tirer avec un câble. Pour des raisons évidentes, nous la surnommerons Rodolphe. Enfin, c’est peut-être pas utile de lui donner un nom, vu qu’on ne parlera bientôt plus d’elle. Le mec semble être un vague salaud, me direz-vous. Oui, en fait, c’est même le message central du film, semble-t-il : les garçons sont des monstres. Mais c’est aussi peut-être une fausse piste lancée par les scénaristes. C’est un point important, nous y reviendrons.

Rodolphe n’est pas tranquille : elle a vu une silhouette inquiétante (un mec hirsute avec un manteau de fourrure, en fait) courir entre deux buissons. Bellâtre la rassure avec ces mots puissants qu’on réentendra de nombreuses fois dans le film : « c’était peut-être un daim ! ». Un camion arrive à toute berzingue et dégomme la voiture . Rodolphe et Bellâtre s’en sortent indemnes, ce qui est un exploit quand on considère l’abominable film bleu dont le réalisateur a recouvert la caméra pour suggérer la tempête de neige. Le conducteur du camion, lui, est en piteux état : il a été éjecté de son véhicule qui s’est empressé d’exploser. Bellâtre s’approche (il insiste pour amener sa copine au plus proche du drame : quel homme !). il pose un doigt sur le coup du camionneur. Celui-ci se réveille et les engueule ; ensuite, il se rend compte horrifié (on le serait à moins) qu’il est coupé en deux. L’instant d’après, il est mort. La blonde Rodolphe se laisse persuader par son mec d’aller chercher du secours. Hélas, elle marche sur un piège à loup. Ensuite, on voit le couple attaché par les poignets à une branche d’arbre, leur torse maculé de sang, leur corps supplicié.

Evidemment, ça aurait été trop simple de voir tout ça d’une traite. La séquence est entrecoupée de scènes où on voit la blonde bouclée qui se confie à un psy (Rodolphe et Bellâtre, c’est l’un de ses rêves traumatisants), où elle assiste au match de basket de son lycée (Sasquatch : j’adore le nom) et se fait draguer dans un bar. On comprend qu’elle a été embrigadée par son prof de biologie avec quelques copains pour une virée en montagne. Régulièrement, Kerry, l’héroïne a des visions où elle se retrouve face à un Indien qui verse dans la philo de comptoir et se lance dans des whowhowho qui évoquent quelquefois une enfilade de rôts. Puissant.

Kerry se fait séduire par un joli brin de garçon qu’on appellera Simplet, mais on sent qu’elle n’est pas à l’aise avec les mecs. Elle est plutôt cynique et indifférente. Arrivent deux pin-up (dixit le film) qui s’assoient à la table d’un groupe de mecs et où se trouve aussi la meilleure amie de Kerry – par une sorte d’heureux hasard, tous ceux-là constituent la fine équipe qui ira à la montagne. L’une de ces deux filles (plan nichons) lâche alors : « Ah la la, c’est pas drôle ce qui arrive à Simplet (grosse poilade) : Kerry, elle a des problèmes émotionnels (repoilade) » (plan nichons). Tout cela n’est pas du goût de la bonne copine.

Prise au piège, Kerry est obligée de ramener Simplet dans sa voiture. Bon, là on n’a pas fait très attention, parce que c’était quand même soirée raclette et, franchement, on a eu la flemme de rembobiner le DVD (zut… je m’aperçois que, faute de cassettes, le verbe « rembobiner ».va décéder). A un moment, quand même, leur conversation a pris un tour intéressant qui nous a fait dresser l’oreille :

Kerry : j’espère que tu ne dis pas ça dans l’espoir que je mette ma petite culotte sur ta tête !

Deux minutes après, ils se bécottent et même un peu plus. Alors, dans un plan majestueux, on voit Simplet enfiler sur sa tête la petite culotte de Kerry. Magique.

Après quelques whowhowho du chef indien et deux ou trois séances de psy, on comprend que si Kerry a des problèmes émotionnels, c’est qu’elle a été attouchée par son beau-père. Entre-temps, on a aussi assisté au départ pour la montagne, et notamment à un formidable clip où les adolescents se bombardent de boules de neige. C’est toujours utile, un clip, pour meubler. Ça faisait très Alerte à Malibu au chalet. Grâce aux bienfaits de l’hypnose, Kerry se revoit enfant, espèce de Nelly Olsen hideuse et enrubannée. On la voit aussi de temps en temps avec une camisole dans une salle capitonnée, en train de tourner sur elle-même, de se faire piquer par le psy ou courtiser par Simplet (oui oui, tout ça avec la camisole), sans qu’on comprenne où, quand, comment (ni surtout : pourquoi!). Parfait brouillage temporel : tout spectateur normal est alors complètement paumé. La quintessence de cette stratégie est atteinte lors d’une hallucinante succession de plans : Kerry dans la forêt/ Kerry en camisole (la scène de la montagne est-elle son délire ?)/ Kerry qui se réveille après avoir rêvé qu’elle se réveillait après avoir rêvé qu’elle se réveillait après avoir rêvé qu’elle se réveillait… 5 plans consécutifs de réveils brutaux dans des endroits différents, je pense que c’est un record inégalé dans la mise en abîme. Et ça fait beaucoup pour 6 secondes de films…

Malgré quelques autres retours au cabinet du psy, l’intrigue se concentre alors sur l’escapade en montagne. La sortie pédagogique tourne à la panique quand Kerry aperçoit un homme sauvage (« c’est peut-être un daim ! »). Sauf que le daim trucide le prof de bio et enlève, sans qu’on sache trop pourquoi, Kerry et sa copine. Dans une scène transparemment symbolique, l’homme sauvage pointe un épieu vers le bassin de Kerry, avant de s’en aller. Kerry frotte ses liens contre un rocher et se casse avec sa copine, laissant son prof de bio à demi-mangé. Pendant ce temps, les autres ont couru partout dans les bois en se cassant la gueule dès que possible, et ont tenté de faire redémarrer la camionnette, avant de se rendre compte que le coup des fils que l’on connecte ensemble, ça ne marche pas pour les modèles récents. Ils arrivent à faire fonctionner la radio et joignent la police. Et là, pouf, il fait nuit.

Les adolescents se sont barricadés dans le chalet, mais le sous-sol, au plafond duquel pendouillent étrangement des bouts de moquette et de laine de verre, est bien mal fréquenté. L’un des jeunes se fait harponner par un javelot. Sur ce, les policiers arrivent, sans doute les plus nuls de toute l’histoire du cinéma : ils s’énervent pour un rien et agissent en dépit du bon sens. La logique voudrait qu’ils se fassent embrocher en deux minutes. Et c’est ce qui arrive. Là, on se rend compte qu’il y a en fait toute une meute de daims d’hommes sauvages. Kerry et sa copine qui sont arrivées un peu après les policiers, s’enfuient avec les survivants – la confusion est telle qu’on ne sait pas trop qui a survécu, à vrai dire. Ils se ruent dans une bagnole et démarrent à toute allure, direction les chutes d’eau. La voiture plonge dans le fleuve, certains se noient. Le frère de Kerry, un avorton insupportable qu’elle retrouvera plus tard, disparaît momentanément. Kerry, accrochée à un rocher à trente centimètres du bord, lâche la main de sa copine qui est emportée dans la chute d’eau (et hop ! un mannequin en mousse). C’est le moment pour l’héroïne, de piquer un petit roupillon, normal.

Au réveil, Kerry se décide à franchir la rivière. Comment faire ? Réussira-t-elle à enjamber le ruisselet qui la sépare de la terre ferme ? Elle avise une branche, enlève son jean, le déchire, et se hisse avec ce lasso de fortune sur l’arbre. Deux secondes après, elle redescend de l’arbre à un tout autre endroit. Avec sa loque de jean en guise de pareo, le nombril à l’air, pieds nus, Kerry commence une longue errance dans une forêt quelquefois enneigée, quelquefois non. Elle retrouve son frère et même Simplet, que l’on avait laissé noyé. Le T-Shirt de Simplet est artistiquement lacéré (avis aux amateurs de pectoraux saillants), et ses sourcils ont poussé. Simplet, vous l’aurez compris, a commencé sa transformation en monstre, car tout homme se change en loup-garou quand grimpe son taux de testostérone. L’avorton de frère devient lui aussi un de ces prédateurs… La fin est assez confuse : tout le monde tombe dans un ravin (soit trente secondes de roulé-boulé). Et puis on retrouve Kerry chez le psy. Elle en a marre de sa thérapie, envoie balader le praticien. Attention à la chute : on voit alors Kerry embrasser affectueusement sa maman et son beau-père, l’ordure qui était censée l’avoir attouchée, et dire qu’elle ne veut plus voir ce psy…

Le beau-père violeur était une fausse piste, l’Indien était purement décoratif, on n’a jamais plus entendu parler de Rodolphe et Bellâtre, et les garçons ne sont pas des méchants. En revanche, la psychanalyse, c’est mal. Beau bilan, parfaitement incohérent. Si vous sortez de ce film sain d’esprit, c’est que vous étiez auparavant un dangereux psychopathe !

G.

PS : et rechute après la chute... Le lendemain, Kerry rejoint ses amis pour la fameuse virée à la montagne qui, en fait, n'a pas encore eu lieu. Ahah, suspense! En plus, ça permet de réutiliser de la bobine...

11 octobre, 2006

La Claque

Ce que je m’apprête à faire est d’une malhonnêteté intellectuelle rare… Je sais, enfreindre la propriété artistique, c’est mal, c’est très très mal. Circonstance aggravante : se moquer des gens, c’est pas gentil, c’est pêché, c’est peccato. Mais les faits remontent à deux ans, m’sieur l’avocat général. Et puis, franchement, quel être humain ayant par devers lui pareil trésor hésiterait à le partager avec ses précieux lecteurs, hein ? QUI ?
Pas moi. En rangeant le foutoir qui nous sert de bureau, à l’assaut des amoncellements de papiers, je l’ai retrouvée. La claque. C’est à la fois son titre et son effet ; avouez que c’est bien trouvé. C’est parce que l’auteur est un génie, et précoce s’il vous plait !

Lorsque ma collègue d’espagnol a visé le nom d’Augusto sur la liste d’appel, elle s’est dit : chic ! Elle avait sa tête de classe. Depuis, oh depuis, elle a bien déchanté : Augusto n’était guère plus doué en espagnol qu’en français. Mais en fait, ce garçon cachait un immense talent qu’il a gardé secret jusqu’au mois de mai.
Ce talent, c’est celui de booster le flux de visiteurs de ce blog, en faisant fleurir les recherches google folles tordues. Mais je crois que vous vous en rendrez vite compte. Un petit retour en arrière s’impose pour vous expliquer comment je suis rentré en possession de l’unique manuscrit (m’enfin, on l’a abondamment photocopié depuis, rassurez-vous). J’étais lancé dans une enthousiasmante séquence sur la poésie romantique et avec l’origuinalité qui me caractérise, j’avais choisi Le Lac de Lamartine pour faire émerger les thèmes de prédilection du dit mouvement. J’ai été surpris de voir Augusto prendre activement son cours, mais pas au point de mener une enquête ; mon collègue d’anglais l’a menée pour moi, intrigué de voir l’élève le plus mou du monde écrire. Ecrire trop pour être honnête. Surtout quand il s’agit d’écouter une cassette.

« Qu’est-ce que c’est, ça !
_ Euh ! Prendez-le pas, prendez-le pas : c’est mon cours de français ! »
Il n’en fallait pas plus pour aiguillonner la curiosité de mon collègue. Et là, la claque ! (je sais, j’abuse). Il est grand temps de vous en livrer de larges extraits. ATTENTION AUX ÂMES PRUDES !
*
Ça commence vaguement comme un cours de français, et ça glisse doucement vers la nouvelle cochonne, avec une espèce de verve homérique. Je ne résiste pas à l’envie de vous donner l’équivalent de « l’aurore aux doigts de rose » qui vient ponctuer la production d’Augusto : ça donne « et soudain c’est le drame, la Martine retourna son joli petit cul ». Et ça, c’est peut-être le passage le plus inoffensif… Je vous passe le début, pénible mixte de cours et de débordement d’hormones (« poème composé de 4 bites en 1 composer d’alexandrins ce qui nous donne 1 de 50cm »), pour en arriver aux passages croustillants…

« Tout en se promenant, martine fait la brouette à poil pendant que le poète lui met son obus de 50 cm et la c’est le drame un cheval se pointe et met sa b… »

Bon, la suite c’est un peu dur, quand même. Je passe.

« alors la martine a une idée elle vit un ecureil est metta des noissette sur sa chatte est l’ecureil viain sur sa chatte et la martine mit la noissette dans sa chatte et l’ecureil entra »

Bah en fait, cet extrait-là ne valait guère mieux. Admirez au passage la maîtrise de la langue. Je passe l’éblouissant morceau de bravoure où les « oisseau » sont à la recherche d’une miche de pain (et devinez où elle est cachée !). Suite :

« le poète s’amuse bien avec la sulfateuse à moustache sa sulfateuse est tellement rapide que la martine commence à avoir une douleur au niveau du cul (…) et elle joui cômme une grosse truit, cômme dit la chanson : sa s’en va et sa revient » mais sauf que lui il en était a 100 coups de bite par minute :
Sauf que la c’est le drame, la martine tourna son jolie petit cu… »

Et là, c’est vraiment le drame (il ne croyait pas si bien dire, le bougre) : l’œuvre est figée pour l’éternité sous cette forme inachevée. Même expurgé, il faut avouer que ça reste effroyablement sordide. Dites-vous qu’il y en a trois pages comme ça, et que je vous ai épargné le pire (incroyable, hein ?).

G.

Vis tes rêves avec Amiens Métropole

On ne le dira jamais assez, la ville d'Amiens baigne dans les remugles de l'antique station d'épuration un jour sur un environ.
V.

10 octobre, 2006

Un Stu à Etretat?

Ah les après-midi d'octobre, au bord de la mer, quoi de meilleur pour un connard amour de chat? Hein? Comment? Vous pensez que je vous monte un bateau? Ok, j'avoue, c'est pas la plage.
(un indice se cache dans l'image ci-dessus : sauras-tu le retrouver?)

G.

08 octobre, 2006

Vive les reportages!

Vue à la télé par Taphanie, dans un reportage sur l'amour des gens pour leurs chiens, cette dame qui chouchoute ses deux Yorkshires et leur brosse minutieusement les quenottes :

"Bah oui, c'est un dentifrice pour humains. Pour handicapés, même, je crois"

Mais c'est quoi la particularité d'un dentifrice pour handicapés?C'est une formule qui empêche de s'étouffer avec sa propre salive?

G.

06 octobre, 2006

AMAP

Jeudi j'ai adopté un Paysan.
En l'occurence deux paysannes. J'ai adhéré à une AMAP. Non, ce n'est pas un concurrent discount de la référence nationale des gants ménager, mais une Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne.
Et c'est super bien.
Pour 7,5 euros par semaine, je pourrai venir chercher un panier de légume hyper frais, non suremballés, produits localement et certifiés biologiques.
Ainsi, je suis reparti avec: une scarole, une livre de pomme de terre, un radis d'hiver, une livre de poireaux, six oeufs, un kilo de poires, un céléri rave et quelques oignons. Imbattable.
En contrepartie, je m'engage vis à vis de mes productrices pour 24 semaines (soit une saison): elles nous bichonnent nos petits légumes, nous conseillent et nous leur offrons la possibilité de vivre de leur terre. Tout le monde y gagne
Vive les AMAP!
AMAP Potager des Rieux
impasse Marcel à Rivery
tous les jeudis soir de 16h30 à 19h30

V.

Le syndrôme Olivier Martinez

Au bord de la Somme, sous la pluie d'octobre, un joli garçon s'éloigne à vélo d'une masse encore indistincte. Ce qui ressemblait à un gros édredon bleu matelassé s'avère être une jeune fille. Qui sèche des larmes. On suppute une rupture et on s'apprête à passer, indifférent.
L'édredon s'arrache à son bout de quai et s'engage avant vous sur la passerelle. Le garçon à vélo revient et la rejoint. Pire que tout : on va assister au traumatisme post-ruptural. Le témoin s'en serait bien passer, certes. Reste que ça a de la gueule, ce genre de scène. C'est très Nouvelle Vague. Pour un peu, on se prendrait pour une caméra. La jeune fille se débat, le garçon entend bien la raisonner.

Et c'est là qu'intervient le syndrôme Olivier Martinez. Il ouvre la bouche et soudain la scène romantique n'a plus rien de crédible : "Gwendo, arrête de décôner! Faut que tu reviens un peu dans ta tête". Les beaux garçons, quelquefois, ça devrait être interdit de parole...

G.

P.S. : pourquoi le "syndrôme Olivier Martinez"? Vous déconnez, là! Vous n'avez pas vu Le Hussard sur le toit? Y a pas à dire : la bouche fermée, il assurait.
P.P.S. : j'ai aussi diagnostiqué le syndrôme "Olivier Martinez" sur le sosie d'Adrian Brody qui bosse dans mon bahut et semble se prendre davantage pour Lucky Luke (voire Candeloro) que pour le pianiste...
P.P.P.S. : vous croyez que Chopin aurait pu naître en Picardie?

Pas grand chose au fond

Au bout d’un an, je n’aurai plus eu rien à dire ? Je me suis sérieusement posé la question ces deux derniers jours. Bien sûr, je n’ai pas eu beaucoup de temps à consacrer au blog, entre mon boulot (eh oui ! j’avais oublié ce que ça pouvait dévorer comme temps !) et mes soirées en amoureux devant les top Roberto Cavalli et les Manolo Blahnik de Carrie Bradshaw. Mais surtout, il faut bien l’avouer, mon degré d’inspiration était entre le désert de Gobi (hypothèse haute) et Amiens un dimanche (hypothèse basse).
Et puis, tout à coup, il m’est arrivé une foule de petites choses drôles. Alors évidemment, aucune ne mériterait vraiment un article ; mais la convergence de ces anecdotes m’a donné envie de refaire un tour sur notre quai virtuel.

- Ce matin, par exemple, j’ai changé de nom. En entrant dans la salle des profs du lycée de Coucouville, j’ai salué la cantonnade avec l’aisance d’une star du Showbizz. Une collègue a voulu personnaliser sa réponse : « Ah, bonjour Euuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh… G. ». La prochaine fois, connasse, contente-toi de bonjour-tout-court, j’aimerais autant.

- A midi, au self de Patelinvillers (je suis un gens du voyage, je sais), j’ai de nouveau affolé les hormones du cuistot-chef. Je ne pensais pourtant pas à mal en lui faisant remarquer que ses choux de Bruxelles avaient le format de noisettes. Je ne sais pas trop pourquoi il s’est tourné vers son collègue en lui soufflant avec un air confidentiel : « demande à Pitou G. depuis quand il n’a pas vu de noisettes ». Alors oui, forcément, j’ai foncé tête baissée : « Oh tu sais, des noisettes, j’en vois tous les matins ». Il en a laissé tomber l’assiette de ma voisine dans le sauté de porc sauce provençale, et plutôt que de réparer les dégâts, il m’a couvé d’un œil gourmand. Quand, un peu plus tard, j’ai constaté qu’il n’y avait AUCUNE olive noire dans mon sauté prétendument provençal (scandale), j’ai renoncé à aller lui en réclamer, allez savoir pourquoi ;-)

- Ma collègue C. a ramené des délichocs à la récré. Elle s’autoprescrit du chocolat quand l’usure menace et, bonne copine, régale les autres au passage. Elle a du nez, la bougresse, elle a senti que tout le monde saturait face à une recrudescence de mauvaise foi dans le camp adverse : les cahiers de musique qui se retrouvent totalement par hasard sur les genoux d’Untel en cours de français (de toute façon, m’sieur, j’en aurais rien fait), les sarbacanes qui-ne-sont-pas-des-sarbacanes-m’dame-c’est-un-stylo, les changements intempestifs d’agenda-c’est-pas-ma-faute-je-savais-pas-pour-le-devoir… Ouais, bienvenu le chocolat !

- F. et moi, on a réussi à boucler la grille géante de mots-flêchés du supplément du Courrier Picard. Enfin, il reste juste « boule de neige ( _B_ER) et « bonne prise pour les pêcheurs » (O___EES). Si vous avez une idée, n’hésitez pas ! C’est qu’il y a 750 euros en jeu !

- La principale, que je soupçonne de populisme ou d’Alsheimer est passée dans la cour, avec vue plongeante sur ma salle par la fenêtre ouverte, au moment où Pierrot me demandait si, je cite, « ce qu’on a dans le cerveau, c’est des boyaux ». Inutile de dire qu’à cet instant précis, si j’ai compris bien des choses concernant le-dit Pierrot, l’ambiance n’était plus vraiment au travail. J’ai prescrit à Pierrot une alimentation composée uniquement de riz, dans l’espoir de lutter contre sa logorrhée. Le soir, me voyant en train de corriger des copies, cette même principale (et pas sa jumelle diabolique, j’insiste) a dit sans aucune trace d’ironie : « et voilà monsieur S, studieux, comme toujours »… Je suis perplexe.

- Sinon, j’adore les gens qui s’imaginent qu’on ne les entend pas parler de nous, surtout quand ce quelque chose est vaguement pathétique. Situation, au hasard : vous êtes bloqué à une rencontre parents-professeurs pour 5 rendez-vous (c’est ça les disciplines rares) dont le dernier est à 19h40, parce que vous êtes vraiment une bonne poire ; en garçon prévoyant, vous avez pris un semi-remorque de copies, mais vous avez du mal à vous concentrer dessus, parce que la dame qui attend le RDV avec un de vos collègues depuis plus d’ un quart d’heure (parce que lui est populaire, j’imagine) et qui a donc tout le loisir de vous épier dans votre labeur fait bruyamment remarquer : « Il intéresse personne ch’t’homme-lô ! » ; ou alors c’est le gnome de 6ème débordant d’enthousiasme qui raconte à sa maman que, là-bas (index pointé sur la porte de ma salle), c’est m’sieur S (index pointé sur moi) qui les a surveillés pendant qu’ils faisaient un travail en histoire. Je suis sûr que ta maman est ravie de l’apprendre, mon poussin. Bref, j’ai eu la vague impression d’être Annie Pujol dans une vitrine : on ne regarde qu’elle, et elle, transparente, fait comme si de rien n’était, en souriant. En voilà une qui a vraiment mérité sa retraite!

- Poussinou nous a offert le jeu de Patrick Sébastien, le fameux « Déconnaissance », déniché à la réderie d'Amiénie. J’en ai dit assez je pense en disant son nom. Spéciale dédicace à Taphanie :


Bref, il ne se passe pas grand’chose dans ma vie, mais je suis bien content d’être là pour vous le dire !

G.

03 octobre, 2006

Alors, on la souffle...

cette bougie? Peu de temps ce soir : ce n'est pas l'heure du bilan, le temps est à la fête! Gros bisous à tous.

G.

P.S. : pas trouvé de photo de gâteau dans mes archives. A venir.

01 octobre, 2006

Vous soufflez avec nous?

L'aiguille des mois a fait un tour de cadran. Quai de somme fêtera sa première année d'existence après-demain. Pour célébrer l'occasion, je voulais une idée de génie. Après un brainstorming endiablé de cinq minutes, je me suis dit : bah, une photo de gâteau d'anniversaire et ça fera l'affaire.

Vous, bienveillants lecteurs, de longue ou fraîche date, vous êtes cependant invités à écrire un petit mot. Comme dans les plus glorieux jours du blogcrossing, je pensais le publier non en commentaire, mais en article, tout au long du mois d'octobre (enfin, je ne m'attends pas à en avoir 30, bien sûr!). Je suis sûr qu'il y en aura bien un, dans l'inextricable masse de nos visiteurs, pour honorer l'invite.

G.

28 septembre, 2006

Full time job

Les non-profs me voueront peut-être aux gémonies...
Mais assurer sept heures de cours dans une journée, c'est comme l'essorage à 1200 t/minutes pour le cachemire: on a l'air d'une serpillière en ressortant.
Evidemment, ça cause des dommages collatéraux:
- Bon, ce n'est pas compliqué, si vous savez conjuguer "prendre", vous savez tous les conjuguer: vendre, tendre, rendre, pendre... voyons voir, reprenons dans l'ordre alphabétique pour voir si je n'en ai pas oublié: bendre n'existe pas...
Ricanements dans la salle.
- De toute façon, ça ne marche pas : je bends, tu bends, il bend, vous bende...
Ma voix se perd dans la confusion.
- Bref, débrouillez-vous, mais apprenez vos conjugaisons!
Free style forever
V.

NB: G. me fait remarquer que "prendre" n'a rien de commun avec la liste dressée... "vous prendez du temps pour préparer vos cours?"... C'est fini l'inscription pour l'agreg de grammaire???

Corvée de Quiche

Par un abominable concours de circonstances, je me suis retrouvé promu gardien de 6èmes. CE boulot épanouissant consiste à les regarder répondre aux questions de leur manuel d'histoire. On pourrait penser que répondre à 6 questions du genre "En quelle année les Romains ont-ils pillé le temple de Salomon?" alors que 70 après J.C. est écrit en police 22 sur tous les documents de la double page, ça ne demande pas 50 minutes de dur labeur. Et pourtant...
Au bout d'une demi-heure, une gnommette lève la main.

"M'sieur, j'comprins pô la question 2!
- Dans quelle salle du temple est située l'Arche d'Alliance? Arf! Ouais, effectivement c'est pas évident à comprendre...Dur dur, cocotte, va falloir que tu t'accroches. Bon... Tu sais ce que c'est une salle?
- Uuuuuuuuuui
- Bon. Tu sais ce que ça veut dire "dans"?
- Uuuuuuuuuui
- Bien. Bah félicitations Einstein ! Tu comprends la question, alors!
- Naaaaaaaaaaaaaaan!
- L'Arche d'Alliance, un temple, ça te rappelle vaguement un cours, non?
- Uuuuuuuuuuuuuuuui !
- Bah alors, tu comprends la question!
- Uuuuuui, mais je sais pô quoi répondre...
- Bon. Cherche!"

Cela n'a l'air de rien, mais une heure avec des 6èmes, ça donne des envies de meurtre... Mais comment fait mon homme!

G.

P.S. : Et le pompon, c'est quand l'un de ces amuse-gueule est venu à la fin de l'heure me demander si je connaissais pas X, Y et Geo... La poisse! J'ai fait la nouba avec son frangin !

Manuel de survie

Je suis totalement à l'ouest : j'ai oublié de préparer une évaluation pour mes 5èmes, un élève m'a félicité pour "ma coiffure (un bien grand mot pour ce flou capillaire qui me donne l'allure d'un buisson sur pattes) qui assure", mais je suis un DIEU du mot fléché. C'est décidé, F. et moi, nous allons passer pro. Et hop! Voilà une reconversion rondement menée!

G.

Des vessies et des pommes

A Patelinvillers, les toilettes sont fermées aux intercours. Scandaleux, direz-vous? Oui, un peu. Mais ça évite qu'elles ne se changent en piscine et que des convois d'élèves arrivent avec un quart d'heure de retard en classe.

Les 4èmes ont quand même tenté le coup, sans doute beaucoup trop pour être tous honnêtes (de toute façon, ils ont fini par me saouler dans la suite du cours et grand mal leur en a pris : ça doit pleurer dans les chaumières à l'heure où je vous écris); mais dans le lot, gageons que A. qui a passé une heure à se trémousser sur sa chaise, était sincère. Grandegueule, un gamin du genre sournois qui est le premier à crier à l'injustice (et qui a la mauvaise foi de tenir dix minutes sur le mode : "parce que ça exprime pô la cause, la preuve on dit pas à cause que" - si vous avez suivi son raisonnement, c'est que vous êtes un grand malade) m'a prié d'aller voir sur le champ la principale pour lui faire part de leurs doléances. Ben voyons...

"Je ne suis pas l'ambassadeurs de vos vessies"

G.

Almost killing word

A ceux qui prennent leur chaise pour un rocking-chair:
"Vous ferez de la balançoire au jardin d'enfant!"
V.

27 septembre, 2006

Vases communiquants

Hier, dès la sonnerie annonçant la fin de la récréation, je quitte le premier la salle des profs pour aller chercher mes élèves, élèves qui ont l’air bien surpris de me voir. « Euh… on a espagnol ! » Hein ? Quoi ? Qu’est-ce ? Zut… Au temps pour moi, j’ai une heure de creux. « Faut arrêter l’alccol, m’sieur ! ».

Ce matin, une collègue pensant avoir une demi-heure d’avance arrive comme une fleur avec une demi-heure de retard.
« - Vous avez eu un problème ?
- Pourquoi ? On vous a dit que j’avais un problème ? »
Au temps pour elle… Quand l’un est trop pressé que ça finisse, l’autre ne se hâte pas de commencer. L’équilibre est sauf.

G.

25 septembre, 2006

Killing words

"Grégory taisez-vous, vous gaspillez l'oxygène."
V.

L'effet Staline

Voici ma troisième rentrée au collège ruralo-quartmondesque de B.
J'ai indéniablement progressé, effaçant d'année en année mes errements en matière de discipline.
Une question me brûle les lèvres, toutefois.
Ne deviendrais-je pas insidieusement un petit chef hargneux, corrigeant tout ce qui dépasse à coup de badine (verbale, disparition du chatiment corporel oblige...)?
Cette année me voit en effet redresser les torts à tour de bras: ainsi, parce qu'ils avaient mal rangé les livres du cdi j'ai fait faire à toute une classe de 4e des exercices sur l'ordre alphabétique... conçus pour des sixièmes. Je reprends inlassablement les "ouais" par un "on dit oui monsieur!". Dans une salle de classe munie d'une horloge, je laisse mes élèves debout jusqu'à entendre le tic-tac... Mon empire ne s'arrête pas là: je vérifie la rectitude des rangées dans la cour, veille au calme dans les couloirs et les escaliers et ai même fait ramasser à un élève sa volontaire éructation salivaire...
Alors, suis-je la réincarnation de Pol Pot?
V.
PS: prochainement dans ce blog, punitions sadiques et réparties cinglantes!

24 septembre, 2006

L'Aval

Vous le savez, la Picardie et nous, c'est le désamour (voir , et ). Mon homme part donc aux renseignements sur le net pour obtenir des informations sur des coins et des villes qui, a priori, nous intéresseraient. C'est ainsi qu'il a filé sur le site de Laval qui l'a enthousiasmé. Site un peu étrange toutefois puisqu'il y est régulièrement question du Québec...
Euh... Oups... Cette manie de nos cousins d'Amérique de nommer leurs villes comme les nôtres! Il n'est peut-être pas question d'aller s'installer outre-atlantique non plus, malgré toute l'affection qu'on peut avoir pour Alcib! Le site du Laval français est, comment dire, moins attractif!

Tant que je parle de la Belle Province, n'hésitez pas à découvrir l'album de Pierre Lapointe sorti tout récemment : il est sublime (attention au moral, toutefois)!

G.

23 septembre, 2006

Propos de milliardaire

"Tu ne devineras jamais où je suis! En Normandie! Dans une voiture!"

Chacun cherche son chat

Ce film dont je n’ai qu’un vague souvenir – vague mais plaisant – a été diffusé il y a relativement peu de temps sur M6, à une heure indue (rassurez-vous, pas en japonais). Je me souviens m’être fait la réflexion que c’était bien la peine de renoncer à « Mort sur la Lune », « La Guerre du Fer » ou autre joyeusetés de la grande époque fauchée de M6, si c’était pour programmer des films d’auteurs à 1h du matin. Evidemment, je ne pouvais pas me douter que la petite chaîne qui monte se piquait alors de jouer à Mme Irma.

Mardi soir, Stuart a profité de notre manque de vigilance pour s’offrir une virée champêtre. Jusqu’alors, il avait surtout limité son terrain d’exploration aux terrasses et balcons voisins. A deux ou trois reprises, il avait bien fait le grand saut pour courir le guilledoux ou tracer un lapin plus gras que lui, mais nous l’avions toujours retrouvé dans l’heure. Je sais ce que vous allez me dire, d’autres me l’ont dit : un chat revient toujours (mouais, sauf quand il ne revient pas). Le seul souci, c’est que cet étourdi n’a jamais réussi à mémoriser le digicode, qu’il sort toujours sans ses clés et qu’il s’est montré tout bonnement incapable de se servir du visiophone (puisque on vous serine qu’on occupe un appartement de grand standing !). Cela dit, comme c’est un bavard infatigable, un jour qu’il s’était fait la malle à notre insu, il a miaulé jusqu’à ce qu’on comprenne qu’il était coincé au pied de l’immeuble. Mais ça, c’était en plein jour.

Or, avec un chat, l’heure de tous les risques, c’est à la nuit tombée. Son instinct de fauve le saisit et le souvenir désagréable de l’épisode précédent se dissipe. Quand on lui ouvre la porte pour le faire rentrer, il s’en écarte alors vivement en voisant un miaulement coquin signifiant « je t’ai bien eu ! ». On ferme la porte en se disant que le chat facétieux finira bien par supplier qu’on le fasse entrer quand il aura faim. Et il ne revient pas. On se couche alors très tard, après plusieurs battues dans les environs, et on dort très mal, la porte-fenêtre ouverte, à l’affût du moindre miaulement. À 4h, on se réveille, pris d’une vive angoisse, on repart en vadrouille pour rentrer bredouille. On part au boulot l’angoisse au cœur, avec l’espoir de plus en plus ténu de le retrouver à son retour.

Le mercredi après-midi est interminable ; plus les heures passent, plus l’idée qu’il revienne vous semble incongrue. On est ressorti le chercher, bien sûr, mais bientôt, la certitude de faire chou blanc vous étreint et vous n’avez même plus le courage de risquer un coup d’œil par la fenêtre. C’est alors que surviennent ces maudites hallucinations auditives : on se rue sur la terrasse, en vain. On hait de plus en plus ces gamines aryennes qui émettent ces quasi-miaulements… On les maudit, on rentre, on pleure. On se traîne dans l’appartement, on va échouer sur le lit ruminer ses terreurs. On s’imagine le moment où il va enfin surgir de nulle part et, tout aussitôt, on s’en veut d’être si imprudemment optimiste. On le sent bien, il est peut-être plus sage de se préparer au pire, à l’idée d’un vide privé à jamais de certitudes. Alors la machine à fantasmes prend le pli contraire et vous donne à voir les pires horreurs.

On s’arrache à nos draps devenus insupportables. On tente de se distraire, mais on manque de fondre en larmes en donnant du foin virtuel à son mouton numérique. On sent bien qu’on ne pourra pas travailler ; il nous semble même impossible, à vrai dire, qu’on trouve le courage de se lever le lendemain. On ravale un sanglot en passant à proximité de la litière ou du bol de croquettes à moitié vide. Et puis, sur les coups de 16 heures, c’est une angoisse insoutenable qui vous étrangle et, sous les yeux de l’être aimé qui lutte héroïquement de son côté contre son chagrin en s’activant comme il peut, un flot de larmes intarissables s’écoule sur vos joues: la pensée que votre chat, adoré et maudit, souffre quelque part sans que vous en sachiez rien paralyse votre raison. Vous ânonnez ad libitum les mêmes mots ( « je peux plus supporter je peux plus supporter j’y arriverai pas ») en grimaçant atrocement et en espérant que la fatigue finisse par l’emporter. On imprime quelques affichettes, alors même que le matin vous avez dit que ça voudrait dire qu’il est mort – on n’a jamais cru à l’efficacité des affichettes. On n’a rien de mieux à faire, alors... Il a fallu trouver une photo du chat, ç’a été douloureux. V. a parsemé le bois et les rues alentours de ces avis de recherche.

Le reste de la soirée, on est comme inerte. Exsangue. Votre homme, parce qu’il en a encore la force ou parce qu’il a besoin de s’éloigner de votre souffrance qui le renvoie si durement à la sienne, tente une dernière expédition. Vous vous demandez comment il le peut encore : au début, vous aviez l’espoir de retrouver le chat; il ne vous reste que la terreur sûre et certaine de revenir sans rien. Il est l’heure de passer quelques coups de fil. Pas la force d’appeler vos parents. Mais, prévenus par V. qui les a joints depuis son portable, c’est eux qui vous appellent. On peut à peine articuler deux mots avant de rouvrir les vannes, minablement. « C’est ça les chats, on ne peut rien y faire. On ne peut pas les contraindre ». La sagesse même, mais on a mal quand même. Saby Banana, elle, vous raconte sa première séance d’escrime, et ça vous fait du bien ces petits choses de la vie. On esquisse même un sourire, parfois… Et comme Saby a perdu Fripounet et qu’elle est la marraine de Stu, on sait qu’elle comprend. Elle dit qu’il faut reprendre un chat tout de suite ; elle, ça l’a aidé. On ne peut pas s’empêcher de se figurer la tête de Stuart en constatant à son retour qu’il a une nouvelle petite sœur, et puis on n’ose plus trop y croire.

24 heures qu’il a disparu. On se couche. On se dit que jamais plus il ne viendra se caler tout contre vos jambes, dans le lit. On pense que s’habituer à cette absence est inévitable. La supportera-t-on vraiment ? On s’endort. Au matin, votre homme s’extirpe péniblement du lit. Il traîne la patte péniblement en direction de la cuisine. Il hurle, soudain, il vous appelle. Le chat ! le chat est là, dans ses bras !

Par quel prodige il a bien pu se retrouver sur notre terrasse, nous ne pensions ne jamais le savoir. Mais notre voisin du haut a tout vu en promenant Bête du Gévaudan à 4 heures du matin. Ce vaurien, peut-être encouragé en cela par la proximité du monstre, a effectué un bond de plus de deux mètres depuis une lucarne du rez-de-chaussée du bâtiment en L. Ce chat est doté de super-pouvoirs, c’est impensable !

On se sent enfin vaguement honteux de s’être mis dans des états pareils. On se dit que ce n’est qu’un chat, que la douleur de perdre un enfant, elle, doit être insupportable. On se promet de n’en avoir jamais (c’est bien parti pour). Mais on sait, au fond, qu’on n’aurait pas pu réagir autrement…

G.

22 septembre, 2006

Teasing

Ici, bientôt, vous saurez comment j'ai failli en finir avec le blog et la raison de l'éprouvant silence de ces derniers jours. Mais là, ça va mieux ;)

G

19 septembre, 2006

La C.H. (crise de honte)

Se rentre compte en classe qu'on a une tache suspecte (très, même à mes yeux) près de la braguette en suivant le regard ébahi d'une élève... Très embarrassant!

G.

18 septembre, 2006

Laisse les gondoles…

Si vous avez suivi les articles précédents (enfin, surtout celui-ci), vous savez que depuis quelques semaines, nous vivons dans le Rainbow Warrior (le Mayflower, à la rigueur ; l’idée, c’est que ça tangue). Notre beau parquet se soulève et craque à chacun de nos pas – le bureau sera le premier à sombrer (trop dommage pour le boulot).

L’artisan a fini par affréter une camionnette, avec le fournisseur dans la soute et le tout joli commercial à la barre – en fait, on a noyé exprès notre parquet sous des litres de flotte pour le seul plaisir de le revoir. Tout le monde a l’air gêné d’être là, c’est la méga-fête ! Il semble que ça ne soit ni la qualité du bois, ni le talent des poseurs qui soit en cause (c’est vrai qu’ils bossent bien). Le problème, c’est toujours cette région immonde et vaseuse l’humidité. Bon, l’humidité, on connaît : on a vécu trois ans dans un appartement où le visage de la Vierge se dessinait sur le mur à la moindre goutte de pluie. Il faut croire qu’Amiens, c’est Venise en moche et avec Robien pour doge youki . Dès qu’on se glissait dans les draps, on avait la sensation d’être douché pour le lendemain, c’était pratique. Et puis là-bas aussi, le sol se soulevait, sauf que c’était des dalles d’une matière inidentifiable qui se cassaient comme des Petits Lu (et qui absorbait toute la crasse, c’était le bon temps…)

Alors on se disait qu’en achetant un logement neuf, on trouverait forcément mieux. Vous savez, et patati et patata, avec les nouvelles normes d’isolation, on a un environnement plus sain (à l’exception toujours notable des solvants et autres composés volatiles, mais on parle humidité, là, et pas lutte contre le cancer). Eh bien, tenez-vous bien : il semblerait que le fort taux d’humidité de l’appart s’explique précisément par son excellente isolation. On a écouté - assez perplexes, je dois le dire - le fournisseur nous faire l’éloge de notre isolation, sur fond de craquements de parquet. On était ravis…
« Vous voulez dire que dans tous les logements neufs, le parquet gondole ?
_ Euh ben, ç’t-à-dire… »
Et avec une parfaite maîtrise de la vulgarisation scientifique, il nous explique que ça dépend de tout un tas de trucs. Ne m’en demandez pas plus, tout ce que je sais, c’est que tout le monde n’a pas notre poisse.

« C’est ça l’avantage des matériaux vivants, hein ! ». Effectivement, je n’aurais su mieux dire ! Mais que faire, au juste, pour espérer améliorer la situation ? Recouper trop tôt le parquet serait une erreur (je ne peux m’empêcher de penser à tous ces gens qui doivent maigrir avant de se faire liposucer ; mais je ne me vois pas mettre notre parquet au pain sec, et encore moins à l’eau !). Il faut trouver un moyen d’assécher notre bois. Et c’est là qu’intervient le chauffage électrique, alors qu’il fait 26° dehors. On regretterait presque d’avoir fait changer les grille-pains fournis à la livraison de l’appart pour des radiateurs à inertie de qualité suédoise. Cela dit, le spécialiste du bois nous garantit que ça assèche tout autant – et à vrai dire, ça ne change pas grand’chose : en achetant un appart muni de chauffage électrique, je pense qu’on a fait de toute façon l’affaire de l’année ; vivement que les prix augmentent, surtout s’il faut chauffer pendant la canicule ! Sinon, il y a aussi les absorbeurs d’eau au carbonate de calcium, un petit produit bien inoffensif (lavez-vous les mains après chaque manipulation). Et enfin, il faut éviter de balancer des seaux d’eau sur le bois, tant pis pour les super hydro-batailles qu’on avait prévues pour l’été prochain. Cela dit, il semble que notre parquet pourra un jour recouvrer son état initial, et c’est en soi une bonne nouvelle.

G

16 septembre, 2006

Techno-connasse

Ce n’est déjà pas bien marrant, quand on a bossé tous les jours de la semaine, d’être réquisitionné le samedi matin au bahut dans le cadre des journées de pré-rentrée (qui ont toujours lieu, en toute logique, après la rentrée, quelquefois même au mois de juin…). Mais la corvée de devoir se présenter à une assemblée de parents n’est rien, vraiment rien, en comparaison du supplice qu’est la collègue-connasse.

Vraiment, je suis un garçon charmant, un collègue idéal et quand je pète un plomb en salle des profs, c’est sur le mode fou-rire. Avec ceux qui me gonflent un peu, j’adopte une distance polie. Quant à ceux qui me gonflent énormément… Eh bien jusqu’à présent, croyez-le ou non, cela ne m’était jamais arrivé. C’était avant elle, la techno-connasse. Elle se vend aux parents d’élèves comme un baril de lessive, mais de lessive high-tech. J’y reviens…

Tout commence dans une ambiance bonne enfant en salle des profs. Les parents arrivent au compte goutte et discutent encore le bout de gras dans la cour. Dans la salle des profs, qui autour de la machine à café, qui la clope au bec, qui affalé sur un fauteuil (moi, bien sûr), qui devant la photocopieuse (même le samedi matin, il y a toujours un fanatique devant la photocopieuse), chacun révise ses fiches ou, moins prévoyant, gribouille une bafouille au dos d’un billet d’absence. Tout le monde râle, pour la forme – sauf Le Cas qui discute cordialement avec son casier (ne la regardez JAMAIS, sinon elle vous tient la jambe 20 minutes). Après tout, ça me permet de faire connaissance avec mon charmant petit collègue d’anglais, il y a sort plus pénible. Petit à petit, la masse se disperse en direction des salles où les parents sont réunis par classe. Moi j’ai un peu de temps devant moi ; le collègue d’anglais aussi, c’est une affaire qui roule. D’ailleurs, on a une classe en commun, et c’est par elle que nous décidons de commencer.
Entrée dans la salle. Les parents nous dévisagent un moment (trop de profs sexys dans ce bahut, hein ?). Le prof principal nous cède immédiatement la parole. Les parents semblent plus concernés que leurs rejetons, ça se passe impeccablement. J’étais même à l’aise, tiens !
Dix minutes après, je sors de la classe, en me disant que cette matinée de corvée va être vite pliée, finalement. En plus, j’ai mon petit laïus bien en tête : plus qu’une classe, ça va aller comme sur des roulettes.

Ça, c’était sans compter sur elle, la garce cybernétique. Je débarque dans la salle et Schrek (le prof principal de la classe) m’accueille avec une vague lueur de panique dans l’œil. Il me prend à part : « Euh… si tu as d’autres classes à voir, tu peux y aller : Ghislaine en a encore pour vingt bonnes minutes, et quand elle est lancée… ». Sauf que je n’ai pas d’autre classe à voir, et que Ghislaine en a en fait pour une heure et demie de palabre à n’en plus finir. Il faut dire qu’elle a tout un tas de trucs à raconter, en particulier sur elle-même. Le plus beau, c’est qu’elle n’a que la moitié de la classe. Mais c’est pas grave, parce que tous les parents non concernés vont pouvoir juger à quel point elle vaut mieux que sa collègue qui a en charge l’autre moitié. Vous comprenez, elle est tellement branchée nouvelles technologies et pédagogie de projets que l’autre pauvre conne ne peut pas s’aligner. « C’est triste, mais c’est comme ça ». Elle ponctue son discours fleuve (plus long que du Castro, c’est possible) par des « Je suis vraiment un électron libre !», des « vous voyez toute l’énergie que je mets là-dedans » ou encore des « je ne suis quand même pas la seule en France à faire ça »; ; j’attends à tout moment un « regardez comme je suis géniale » qui ne viendra jamais, finalement. Mais on a bien compris le message.

Alors évidemment, on finit par entendre dans la salle des « mais comment qu’c’est qu’on fait qu’nos enfants y z’y ont pô droit ? ». Schrek rame comme un malade pour rassurer tout le monde et essayer d’accélérer les choses. Mais la techno-connasse dont le video-projecteur s’assoupit régulièrement (on ne peut pas faire son propre éloge et faire avancer sa ridicule présentation powerpoint), a ses propres solutions à proposer. Au passage, elle raconte tous les contacts qu’elle a à l’étranger pour son projet, parle toute les dix minutes des Roumains qui sont trèèèèèèèès gentils, mais tellement pauvres que l’échange des ressources n’aura pas grand intérêt (mais elle a pris grand plaisir à parler avec Vazil - oui, il s'appelle Vazil - pendant une heure, grâce à la téléphonie par internet ; même si elle n’a rien compris, c’est pas cher, alors on s’en fout). Grâce à techno-connasse, on apprend que la dame du troisième rang a de la famille à Bucarest, une autre en Allemagne et que tout ce beau monde parle français. « C’est tellement formidable de pouvoir s’appuyer sur des gens comme vous ! »

Ce qui est formidable avec ce genre de sangsue qui fait semblant de ne pas remarquer que la file des profs qui attendent de parler ne cesse de croître, c’est que, même son tour passé, elle peut remettre le couvert. Shreck a enfin réussi à la faire taire et à passer la parole au collègue de physique (il est là depuis le début, le pauvre !). Il parle cinq minutes. Je m’attends à ce que ce soit mon tour, mais la techno-connasse est déjà sur le coup : « Et qu’est-ce qu’on pourrait faire pour travailler en interdisciplinarité ? ». Après mon intervention, elle arrive encore à caser ses conseils de maman et le parcours sans faute de sa progéniture. Je suis parti avant la fin et je parie que quelques parents auraient payé pour être à ma place !

G.

Broyeur de noir

Lu à l’entrée de Coucouville sur un panneau blanc, de travers parce que c’est mode :
« le café, c’est extra ! »

Ouais, c’est vrai que c’est extra, le café. Il paraît que ça donne la pêche quand on a peu dormi. Moi, en ce moment, je m’offre des nuits de 11 heures et je n’ai jamais été aussi fatigué. Un petit café (qu’a fait quoi ?), ça changerait quelque chose ?
Ouais, le café, c’est extra. Surtout quand c’est moi qui prépare l’expresso pour mon ange pêcheur de soleils, retenu par un mégachomp’ déchaîné qu’il faut plonger dans une source chaude (c’est du boulot d’être Super Mario !). Ça sera encore mieux quand il aura enfin son vrai robot café (autre que moi) Nespresseria X truc bidule de Krupps qui fait TOUT, depuis le broyage du grain jusqu’à l’expulsion du moût de café.
C’est à ce point de ma rêverie que mon regard se pose sur la suite du panneau : « inscription à la maison paroissiale » Ah ? Le curé de Coucouville distribue des filtres gratis ? Chouette alors ! Un doute m’assaille soudain (chouette, un curé ?) ; bien sûr, il fallait lire : « le caté, c’est extra ». Yeûrkk !

13 septembre, 2006

Axiome couronné

Ma mère spirituelle et collègue:
"Clémentine, ne met pas de paille sur le canapé, bitoniau est venue ce matin."
"bitoniau", c'est la femme de ménage.
Méprisante? Non, étourdie!

V.

Si les dieux le veulent…

Puisse ce blog, s’il existe toujours, se nommer dans un an : Quai de Sarthe, Quai de Mayenne, Quai de Sélune. Quai de Vilaine, même. Mais plus Quai de Somme !
Amiénie, la rupture est consommée : tu empestes, tu es laide, vulgaire, et d’une bêtise crasse. Est-ce qu’il nous aura fallu autant de temps pour nous en apercevoir ?

G.

Le Village des Damnés

Moins d’un an après notre installation, ce chez nous que nous avons si ardemment désiré, si impatiemment attendu pendant d’incompréhensibles travaux de dépollution (on construit, on teste, on rase, on recommence) commence à prendre mauvaise tournure. Qu’elle me semble lointaine la satisfaction première, lointaines aussi les premières déconvenues, encore légères. Aujourd’hui, tout a laissé place à une immense répugnance. Moi qui suis un garçon pacifique et arrangeant, je me sens capable d’agresser physiquement tout employé de cette célèbre entreprise du bâtiment (et des médias) qui sous-traite leurs travaux à des boîtes qui elles-mêmes font appel à des intérimaires qui, cochons acharnés, connaissent la maçonnerie à peu près aussi bien que moi, qui suis manuel comme un manchot empereur.Tout à l’heure, le téléphone a sonné et, grâce à la technologie moderne, j’ai vu « Bouygues » s’afficher sur mon écran (oups, je l’ai dit). J’ai préféré filtrer l’appel, sous peine de me laisser emporter par la vague de rage que je sens poindre à chaque instant…

Je préfère d’ailleurs modifier la situation d’énonciation (truc de prof) de cet article pour endiguer tout remugle de haine. Soit Dame du haut, heureuse propriétaire de la bête du Gévaudan mais simple locataire d’un balcon aussi encombré que le souk de Marrakech, d’où tombent hebdomadairement objets contondants (croquettes de 1kg, planches de bois, ballons fluos…), bibelots en verre et seaux de bave au beau milieu de notre terrasse ; soit Schtroumpf, son fils de quatre ans.

Dame du Haut : « Schtroumpf, j’ai une grande nouvelle à t’annoncer : on va bientôt emménager dans une de ces ravissantes masures maisonnettes qui sont en train d’être torchées par X au nom de Y pour le compte de Z sur la commande de Bouy… construites en face. C’est chouette, hein ! Tu pourras te faire arracher la tête par la bête du Gévaudan dans un carré de pelouse de 8m2 jouer avec le chien dans le jardin, avoir un clapier fissuré une chambre rien que pour toi ! En plus, tu pourras jouer avec toute cette marmaille de créatures angoissantes et blondes qu’on croirait sorties d’un film de Wolf Rilla (The Village of the Damned, 1960) ou de Cronenberg, qui tournent en vélo autour du pâté de maisons des heures durant plein d’enfants hideux qui font la roue entre les voitures et se roulent dans la fange du chantier. Tu pourras aller explorer avec eux les abords empuantis boisés de la résidence, démonter le lit qui est en train de pourrir au début de la rue ou tripoter les restes des poubelles brûlées, vu que Bouygues (oups je l’ai dit) se défausse de ses responsabilités et laisse se détériorer ce qu’il n’a même pas fini de (faire faire faire) bâtir. Vivement qu’on déménage, hein ? »


G, vaguement misanthrope cet après-midi.

10 septembre, 2006

Désolé

V: _ Tu voudras quoi, comme tasse pour ton petit-déjeuner?
G: _ La Jérusalem délivrée

Jalousies

Si je mets ce mot au pluriel, c’est que je n’ai jamais compris qu’il recouvre des réalités si différentes, que l’on puisse être jaloux sans être jaloux. Si l’idée première doit définir le comportement de celui/celle qui veille jalousement sur qui/ce qu’il aime, ce terme désigne tout aussi bien l’envie (un peu comme, dans les 7 péchés capitaux, on confond envie et gourmandise). Petit Robert confirme et m’apprend au passage que jalousie et zèle ont la même étymologie.
Ex : Il est tellement jaloux qu’il interroge sa femme dès qu’elle rentre à la maison avec dix minutes de retard ≠ Il est jaloux du sourire niaiseux de Mister France.

Je ne suis pas jaloux si l’on s’en tient au premier de ces sens, ce qui étonne beaucoup les gens. D’une part, je ne crois pas que passer les 3/4 du temps pour une harpye renforce l’amour ; d’autre part, j’ai confiance en mon homme et en l’amour qu’il me porte. Ne vous y trompez pas, je suis terrorisé à l’idée de le perdre. Mais je doute que ce soit un autre garçon qui me l’enlève (et encore moins une fille).
Naïveté ? Je ne crois pas. Ce n’est pas une certitude acquise au bout de 7 ans de vie commune : il en a toujours été ainsi. Je ne dis pas qu’il est absolument impossible que V. ait un coup de cœur pour un autre. Serait-ce autre chose qu’une relation platonique, si ce n’est qu’une passade, je ne crierais pas au scandale. Et dans le cas beaucoup plus improbable où il tomberait violemment amoureux, que pourrais-je bien y faire ? Casser des assiettes ? Je ne vois pas de quel secours serait la jalousie. Mais bien sûr, un jaloux ne pourrait raisonner ainsi…
Par jeu, les rares fois où V. mentionne son ex, j’affecte d’ignorer que je ne suis pas son tout premier amour. Hein, qui ça ? J’vois pas… Ce n’est rien qu’un gimmick.


Le jaloux travaille contre son amour. J’ai un ami que je ne peux plus voir parce que son copain s’est mis en tête que j’étais un genre de prédateur. L’autre jour, j’ai risqué un scandaleux « bonjour » sur MSN messenger. Trente secondes après, le dit copain me saute dessus à la volée : « N’embête pas mon copain ! », puis, avec un décalage assez significatif, « MDR ». Seulement, même sous couvert de lol ou de mdr, je trouve cela extrêmement angoissant.
« Il a très peur de me perdre », répond alors son copain, mi-agacé, mi-attendri (le restera-t-il longtemps ?). Si je devais rendre des comptes à chaque instant, je deviendrais quant à moi totalement barjo. Bizarrement, il semblerait que ce garçon ne fasse ce numéro qu’avec moi (c’est sans doute parce que je suis irrésistible – ou alors qu’on m’a taillé une drôle de réputation en Amiénie ;-))

Quant à l’autre forme de jalousie, c’est-à-dire l’envie, j’en suis la victime quotidienne (oui, je suis jaloux du sourire niaiseux de Mister France, et alors ?). Je n’ai toujours pas admis le principe de réalité : on ne peut pas être polymorphe. Mais c’est un autre débat !

G.

09 septembre, 2006

Relations commerciales 3

A la maison, j’ai un homme qui est très joueur : il est très fort pour me pêcher des soleils à Super Mario Sunshine par exemple (dommage qu’il n’ait plus beaucoup de temps pour exercer son instinct de chasseur). Mais ses partenaires de jeu préférés, ce sont les télémarketers. Hier, c’est la gentille Elodie qui a appelé pour le compte de Médiamétrie. Alors forcément, dès que mon homme a décroché, la machine à pipeau s’est mise en branle : j’ai vu un sourire s’esquisser sur se lèvres, sa voix devenir doucereuse ; je me suis dit que la pauvre Elodie allait en voir des vertes et des pas mûres.

Autant certaines de ces communications téléphoniques peuvent s’avérer surgonflantes et mériter tous les canulars possibles, autant-là, j’étais vraiment gêné. Aussitôt après que V. ait cordialement accepté de répondre à cette enquête sur une quelconque station de radio, Elodie a voulu savoir où elle nous appelait. Eclat taquin dans l’œil de mon homme : « Beaulieu sur mer , dans le 06» (alors qu'évidemment, on se les gèle en Amiénie). Voilà, au bout de deux mots, Elodie est déjà destabilisée : « Ben euh ? C’est-à-dire que je croyais appeler dans le nord de la France, moi ! Vous n’êtes pas au 03…. ? »
Là, j’aurais été mon homme, je lui aurais demandé pourquoi elle me pose une question dont elle connaît déjà la réponse. Non, en fait, si j’avais été mon homme, j’aurais tout bêtement répondu la vérité… Mais le modèle que j’ai quasiment épousé, lui, n’entend pas faire machine arrière : c’est un transfert d’appel ! Si Elodie habitait dans le Nord de la France, elle serait contente, elle aussi, de pouvoir s’enfuir 3 semaines aux abords de la Méditerranée.

Seulement, Elodie semble très très embarrassée : elle va devoir demander à son responsable si elle peut quand même procéder à son sondage. Apparemment, elle va se renseigner et revient encore plus contrite (et c’est là que j’ai presque ressenti de la peine) : si c’est un transfert d’appel, nous payons aussi la communication. Avec une intonation magnanime, mon homme lui répond que ça n’a aucune importance, qu’il peut bien payer la communication si ça peut l’aider. Grand Seigneur, mon lion puissant et généreux ? Ou refusant de voir se volatiliser si tôt une occasion de s’amuser un peu ? Accordons-lui le bénéfice du doute…

Je n’ai pas entendu la suite de la communication : j’ai supplié V. de couper le haut-parleur parce que, trop con, mon seuil de tolérance de mon surmoi avait été allégrement franchi. Hélas, ce fut un pétard mouillé : Elodie avait déjà suffisamment de réponses correspondant à l’âge et au lieu de résidence de mon aimé. Game Over ! Mais mon homme est un conquérant : Elodie lui a demandé si elle pourrait le rappeler à l’occasion d’un prochain sondage. Même joueur joue encore…

G.

08 septembre, 2006

Si quelqu’un pouvait m’aider !

Avis aux pro de la mode qui, je le sais, ne se lassent pas de parcourir avec fièvre les pages enchantées de ce blog : je suis à la recherche de mon nouveau look, sage et bohême, glamour et chic, élégant sans être mondain (et tant qu’à faire, des fringues qui ne coûtent pas la peau du cu… des coui…contours des yeux). Pour une femme encore, ça doit bien se trouver, mais pour un mec ! C’est catastouffe.com !

Cernons mieux notre affaire : il faut que ça fasse mmmmmm’sexy, mais attention, garçon sérieux ! Jeune mais pas branchouille, en deux mots ab-so-lu-ment di-vin. Un look assorti à ma nouvelle voiture, quoi (quoi ? oui, rouge, si vous voulez…). Ne vous occupez pas de ce qu’il y aura à l’intérieur des vêtements : c’est du pur canon garanti d’origine (bon, ne prévoyez quand même pas trop large pour les pectoraux…) !

Une suggestion ? Mademoiselle, je vous écoute ! Oui, c’est vrai, je pourrais commencer par passer chez le coiffeur… Oui, mais quelle coupe ? Alors, il me faudrait une coupe sage et bohême, glamour et chic… (ad lib.)

G

Sur le pont, moussaillon!

Ça fait une semaine que j’ai le cœur au bord des lèvres : notre salon tangue, notre bureau chavire, notre chambre sombre – et nous n’avons même pas de lit bateau ! Bien qu’il ne soit ni en teck, ni en merbeau, notre parquet joue au paquebot et nous contraint à avoir le pied marin. Il se gondole tandis que nous ramons… Il se soulève (vive la pose flottante !) et craque sous chacun de nos pas : j’ai l’impression de vivre dans un bateau fantôme, le Picard volant. Et à chaque fois que l’un de nous esquisse le projet fou de naviguer jusqu’aux toilettes, il se prépare à franchir le détroit de Magellan.
L’artisan, lui, n’a pas l’air de sortir de son mouillage…
G.

07 septembre, 2006

C'est ça le Chili

S : Ah oui, elle est très rouge, quand même!

06 septembre, 2006

Mais mon dieu qu'elle est belle!


ça y est. C'est fait. Je me fais l'effet d'un sans coeur. Des tas de gens seraient tout bonnement contents, mais moi ça me chagrine. Vous n'imaginez pas quelles catastrophes ponctuent ma vie : j'ai acheté une nouvelle voiture.
Alors oui, ça fait un moment que j'ai rongé mes freins (bah oui, hein, une voiture ça n'en a pas qu'un seul!), que je suis impatient de le conduire, mon nouveau kart.
Mais ça signifie aussi que j'ai dû abandonner ma Queenie. Notre première voiture, celle qui a accompagné nos débuts en Amiénie. Fin d'une ère. J'ai eu la satisfaction de lui offrir un dernier trajet sous le soleil avant de la laisser à une nouvelle naissance. Elle redeviendra, peut-être, la première voiture d'un être de coeur...
J'interromps ici cette petite note nostalgique; mon homme va encore me trouver ridicule avec mon attachement viscéral aux choses. Je n'y peux plus grand'chose : ça me vient de bien loin. Suis-je donc le seul à avoir été marqué à vie par la scène où l'âme des objets s'anime dans le dessin animé L'Oiseau bleu?

G.

04 septembre, 2006

Découverte du mois

Oui, je sais que la dernière découverte date d'il y a moins d'un mois (c'était la jeune Burdigalaise qui est passée aujourd'hui dans les liens permanents), mais on est passé à Septembre - faut bien que ça ait ses petits avantages... En plus, je n'ai plus d'imagination pour mes propres articles. En fait, j'ai des sujets d'articles sous le coude mais :

1) J'ai la flemme

2) Je vois mal comment je pourrais amener un sujet comme "la peau de Zouzouk (réponse bientôt pour les curieux)

3) Mon homme n'est pas content parce que j'ai glandé toute la journée alors qu'il distribuait des mini-emplois du temps à des amuse-gueules; alors n'imaginez pas que je vais pouvoir rester là à deviser peinard avec vous. Allez hop : un torchon, du liquide vaisselle et en avant pour les verres de Biot.

Allez donc plutôt jeter un coup d'oeil à cette Patate pourrite!

02 septembre, 2006

Nature morte

Glamour toujours suite

A ceux qui ont lu l'article précédent, je tiens à préciser que, et non, on ne m'identifie pas forcément à une tapette au premier coup d'oeil. Pour preuve, l'accueil que m'a réservé, l'après-midi de ce même jour de pré-rentrée, un collègue au lycée de Coucouville :

" Ah salut! Encore parmi nous?
_ Euh oui... encore cette année du moins (est-ce que tu pourrais arrêter de hurler, là? c'est vraiment insupportable...)
_ Tu vas être aux anges! Tu interviens dans une classe de 30 jeunes filles! Le rêve hein!"

C'est bon d'être à ce point connu de ses collègues...

G.



Glamour toujours

L’ambiance à Patelinvillers en ce jour de rentrée était au pouêt-pouêt. Allez savoir pourquoi, tout le monde avait l’air d’être heureux de reprendre le boulot. Le souci des petits bahuts, c’est qu’il n’y a pas un fort taux de renouvellement du personnel. Il y avait pourtant quelques opportunités, mais les places sont occupées par des gens que je connaissais déjà. Il y a bien un nouveau gestionnaire et un prof de maths qui assurera 6 heures de cours, mais ce n’est pas spécialement la fête des mirettes…

Et ce détail n’a évidemment pas échappé à notre maître cuistot qui, dès le café, a commencé à jouer les langues de vipères (j’adooore). Bon, j’ai moins adoré quand il m’a fait remarquer que j’avais grossi. J’ai eu beau m’expliquer, protester que j’avais juste gagné en muscles, il m’a sorti que j’étais taillé comme une bête d’orage (je ne veux même pas savoir ce que ça veut dire, ordure). Plus tard, à l’apéro – oui, j’ai décidé de n’aborder que l’essentiel, ce matin -, il a remis ça, mais comme le cocktail était moins explosif que l’an dernier, j’ai réussi à ne pas me rouler sous la table dès la première gorgée. Ça ne m’a pas empêché de me faire capter une fois de plus par le cuisinier.

A un moment, Secrétaire Parfaite s’est furtivement glissée derrière M., un collègue qui arbore une queue de cheval filasse, a enserré cette dernière et s’est écrié : « Ah ! J’ai touché ta queue ! ». Je n’ai pu réprimer un « ça commence bien ! » à voix haute mais que je ne destinai qu’à moi. Sauf que le cuistot a entendu, et il a commencé à m’asticoter. J’ai fait une moue pour lui faire comprendre que la queue de M. ne m’intéressait vraiment pas ; la réaction ne s’est pas fait attendre : « Ouais, je suis d’accord avec toi ; ce n’est pas celle que j’aurais envie de toucher non plus ». Regard lourd de sous-entendu. Tout va bien, c’est une rentrée comme les autres !

G.

31 août, 2006

Brève de plage



Comment mon homme fait-il pour sympathiser avec tout ce que la Terre peut porter de petits démons?

G.

La confusion des liens

J’ai toujours senti confusément que l’amour entre garçons, du moins tel que je le vis moi, a quelque chose d’incestueux. Dans mon imaginaire, il convoque le bataillon sacré de Thèbes (ἱερὸς λόχος) : les amants allaient par deux au combat ; soucieux d’être glorieux aux yeux de l’être aimé, ils redoublaient de vaillance. En parlant d’eux, dirait-on aujourd’hui qu’ils étaient frères d’armes ? Et de telles fraternités, on en trouvait encore au Moyen-Âge, consommées peut-être…
J’ai aussi en mémoire un cours de philo dans lequel le prof avait déclaré, je ne sais plus à quelle occasion, que l’homosexualité masculine trouvait son origine dans une relation ambiguë au père ou au frère. Je prendrais une telle affirmation avec des pincettes, ayant renoncé pour mon bien-être personnel à m’interroger sur la cause de mon orientation sexuelle. Mais dans ma relation avec mon Homme, il y a un fond d’inceste symbolique. Quelques jours de vacances dans nos familles respectives se sont chargés de nous le rappeler.

Ainsi, mon jeune beau-frère était impatient de voir « ses frères » et mes parents ne cessent de nous appeler « les garçons » ou « les enfants », reprenant sans l’adapter la formule qui nous désignait, moi et mon vrai frère. En vacances, répondant aux questions d’une commerçante un peu invasive qui demandait si V. et moi étions ses garçons, pour simplifier l’explication, ma mère a simplement acquiescé. La vendeuse a eu tout loisir d’y croire ; avec de très grosses œillères, très grosses et très opaques, c’était peut-être crédible… A la place de ma mère, j’aurais certainement fait la même chose : on n’a pas forcément envie d’étaler sa vie devant une inconnue dont on se fiche comme d’une guigne.

Il n’empêche que ça laisse une impression un peu dérangeante… Mineurs à vie – le PACS ne remplacera jamais le mariage (civil, évidemment)-, sans grand espoir de devenir pères, vivons nous en camarades, en frères ou en amants ?

G.

Le plus mauvais...

Je vous l'avais promis avant de partir (comme le chantait si bien Eve Angéli; pour les amateurs, la star sera encore au plus grand salon de l'érotisme cette année, à Rouen) : voici le plus mauvais dessert du monde !
JustifierOfficiellement, cela se nomme une abricotine, et c'est une recette minceur. Pour sûr, après avoir goûté à la chose, on ne risque plus de se goinfrer! La consistance en est très curieuse : ni vraiment solide, ni tout à fait liquide... Cela s'apparenterait plutôt à ces précipités qu'on nous faisait faire en cours de chimie. Evidemment, l'amertume en est épouvantable. Un vrai plat d'Amiénie!

G.

30 août, 2006

Retour - 2

Le retour en Amiénie a provoqué en nous un violent choc (a)culturel. En l'espace de quelques dizaines de minutes, tous les inconvénients de cette ville, de concert, nous ont violemment sauté à la gueule (je voulais écrire figure, mais désolé, une ville qui pue comme ça n'a pas le droit à l'euphémisme). Après un séjour sur un site merveilleux, il fallait bien nous rappeler avec insistance tout ce qui nous fait détester notre terre d'exil : c'est bizarre comme sur une plage magnifique, sous un soleil radieux, entre lauriers roses et eucalyptus, trèèèèèèès loin de son univers quotidien, on a tendance à minimiser les dégâts de son cadre habituel.
Le pire, c'est que quand on a débarqué en Amiénie, il ne pleuvait même pas. C'est encore plus angoissant : on ne peut même pas incriminer la météo dans l'amertume qui sourd sombrement en nous. Même sous le soleil, c'est Totale Dévastation. Les constructions neuves ont déjà l'allure de ruines, les odeurs sont épouvantables, les autochtones sont laids (pardon de tout coeur aux Picards que je connais et dont certains sont très beaux : mais le fait est qu'aujourd'hui, nous avons vu défiler sous nos yeux une faune abjecte et innombrable).

On pense pouvoir se claquemurer à l'abri chez soi. En triant son courier, on apprend qu'il faut d'urgence aller chercher un recommandé à la Poste. Il y a un an, j'aurais un peu râlé en voyant la queue à la Poste centrale. J'aurais bien fait une demi-heure de queue supplémentaire pour échapper au bureau de poste auquel est rattaché notre "nouveau" chez nous. Pour ceux qui ignorent tout de la topographie amiénienne, il faut savoir que notre résidence, vendue comme un bien de standing (formidable : la porte du gararge a fonctionné trois semaines en tout et pour tout depuis la livraison, mais comme on a un ascenseur qui parle et un miroir rutilant dans le hall, on ne va pas faire la fine bouche) dans un quartier en devenir (va falloir nous envoyer un sacré contingent de missionnaire pour assurer la reconversion), dépend administrativement du Pigeonnier, quartier de sinistre réputation. Le truc, c'est que géographiquement, on est à deux pas du centre ville, mais dès qu'on a loupé le passage du facteur, il faut renoncer aux bienfaits de la civilisation.

Vous rentrez dans la Poste du Pigeonnier et, par accident, votre oeil innocent se pose sur une affichette atrocement imprimée d'un dessin humouristique accompagné d'une légende on ne peut plus juridique : un lieu où on vous rappelle qu'on ne doit pas menacer les guichetiers n'inspire pas une confiance souveraine. Mais même sans insultes, un lieu peut vite devenir invivable... J'avoue que j'ai quelquefois (oh, si peu!) recours à l'hyperbole sur ce blog; mais là, promis, je n'exagère rien : dans la salle minuscule, deux femmes édentées entourées d'une ribambelle de gamins attendent leur tour dans le brouhaha de leur progéniture. Dans le lot, une hideuse préado, mules Barbie et effet racine, commmence à hurler qu'il faut ouvrir d'autres guichets. Elle engueule un monsieur qui travaille à la Poste parce qu'il ne fait pas la queue pour demander un renseignement à un collègue. Un autre gamin tyrannise un distributeur de boissons (quelle idée aussi d'aller installer un engin pareil ici!), tandis qu'un de ses frères, inexplicablement armé de deux bouts de bois, tape sur les plus jeunes en beuglant.
C'est enfin au tour des deux dames; elles rappellent à elles leurs gosses dispersés. C'est alors que deux de ces adorables Groseilles (difficile de ne pas penser à La Vie est un long fleuve tranquille) entreprennent de sauter par dessus les cordons installés pour canaliser les usagers. Evidemment, ils ne sautent pas assez haut, entrainant dans leur chute les plots métalliques. Les mères (la mère et la grand-mère? difficile à dire tant la misère vieillit les traits) qui, en plus, n'ont pas les papiers nécessaires, crient de plus en plus fort : "Vivement l'école!". Quand les mômes commencent à vraiment se chamailler, l'une d'elles lance un : " hé, vous êtes pas à l'école, ici!" qui nous laisse encore cois...

Alors c'est ça, l'école, pour ces adultes-là, ces adultes qui n'hésitent pas à cracher des "bordels" et des "putains" devant leurs enfants? Un lieu où il est normal de se conduire comme des bêtes? Un genre de clos où on laisse les mômes se défouler juste pour soulager les parents dans la journée? L'école, c'est le Bronx? On sait qu'elle peine de plus en plus à briser le déterminisme social. Etant donnée l'image d'elle que certains parents transmettent à leurs enfants, on ne s'étonnera plus de rien...
Le petit dernier, dans sa poussette, s'agitait énormément. En me disant qu'il était promis au sort de ses frères, j'ai ressenti un puissant malaise. Bienvenue en Amiénie...

G.

Retour - 1

C'est évident : si Epictète avait connu les voyages en train, il n'aurait pas fait son malin avec le stoïcisme. A quelques jours de la rentrée, j'avais justement besoin qu'on me rappelle combien les enfants sont parfois doués d'une perspicacité ébouriffante.
Une petite brunette passant à côté de ma valise : " Oh, y en a qui partent en voyage". Pas possible! C'est peut-être parce qu'on est dans une gare, bécasse!

A noter que le mioche qui parle de vous à 2 cm de vos oreilles sur le mode "y en a qui" devait être l'accessoire indispensable de l'été. Ainsi, quelques heures plus tard : " Y en a qui descendent à Le Mans!" - J'ai horreur des gens qui disent "à Le Mans"; les a-t-on tenu au courant des règles de base du français? Il était bien temps que je descende, du reste, parce que 5 heures dans le wagon nurserie où les braillements des nourrissons se répondent comme autant d'appels des muezzins, je n'en pouvais plus.

Encore pourrait-on essayer de se montrer indulgent avec ces enfants trop jeunes pour apprendre les rudiments de la politesse (on ne fait pas comme si les gens étaient des débiles incapables de comprendre qu'on parle d'eux). Mais que dire de cette créature suprêmement intelligente d'environ 16 ans qui a jacassé sans discontinuer à tout propos (les Marseillais y sont oufs, mais pas tant que les Corses, et la mamie au chemisier pistache, elle est trop faaaaaashion...) ?
"Bidule, il a pas fait son complexe d'Euclide!" (sic)

Devant l'air ahuri de sa copine (avec une prof comme ça, ma cocotte, t'es pas bien barrée dans la vie), elle ajoute : "tu sais, je t'avais expliqué; c'est le mec qui a tué son vieux et qui a épousé sa reum mais il le savait pas et vice et versa..." Comme quoi, on apprend des choses : moi, je croyais que le complexe d'Euclide, c'était quand une droite pas assez rallèle se sentait bien seule à pouvoir passer par un point donnée. C'était la rentrée avant l'heure, en fait...

Qui a dit que les voyages en TGV étaient plus reposants que la voiture, hein?

G.

16 août, 2006

See you soon

Nouvelle interruption de Quai de Somme. La modération des commentaires a été suspendue jusqu'à notre retour, même si la blogosphère sommeille et qu'il y a peu de chances que nous retrouvions des messages à notre retour.
Avec un peu de patience, vous découvrirez la photo du plus mauvais dessert du monde et vous saurez comment nous avons mérité le Bricolo d'Or. D'ici là, prenez du bon temps!

See you soon

Nouvelle interruption de Quai de Somme. La modération des commentaires a été suspendue jusqu'à notre retour, même si la blogosphère sommeille et qu'il y a peu de chances que nous retrouvions des messages à notre retour.
Avec un peu de patience, vous découvrirez la photo du plus mauvais dessert du monde et vous saurez comment nous avons mérité le Bricolo d'Or. D'ici là, prenez du bon temps!

12 août, 2006

Autour d'un fer à repasser 2

"J'ai envie que ce soit la rentrée... Pas pour travailler, hein, je te rassure! Mais j'ai envie d'aller au bahut et de porter de jolies tenues"

G.

Autour d'un fer à repasser

Oh lala! Je me rappelle pourquoi j'ai horreur du repassage! MAis comment c'est possible de faire autant de faux-plis?

G

Sentier des petites perles

Entendu dans un calamiteux reportage (pris en cours de route, peu de temps avant son terme, hélas) sur les concours de coiffure :

"Je ne me considère pas comme un coiffeur, mais comme un artiste en capillisculpture"

Police du style

Faites un petit tour chez cette intégriste du look... Et moi qui ose sortir avec des fringues non repasséees, je me ferais charcuter si je la croisais !

11 août, 2006

Veinarde et Bombasse

Veinarde était dans la même prépa que moi, au lycée Infini. Mes contacts avec elle se résumaient au strict minimum. C’était à mes yeux loin d’être la plus brillante et pourtant c’est elle qui s’est hissée le plus haut dans la carrière des lettres – au prix d’un bûchage intensif. Je ne pensais vraiment pas la revoir et, à vrai dire, il m’a fallu quelques minutes pour la reconnaître au mariage de Tonky. Veinarde est une fille bourrée de qualités, je le reconnais, mais son principal attrait, celui qui justifie à lui tout seul son pseudonyme, reste Bombasse, son petit ami depuis le lycée. Je pense que toutes ses anciennes copines du lycée ont dû la maudire mille et mille fois pour la longévité de leur amour. Je la maudirais moi-même, si leur loyauté l’un envers l’autre n’était pas le seul lien qui me rattachait à Bombasse.

Car Bombasse accompagnait sa dame au mariage, comme tout bon chevalier servant…
Il y a des garçons qui embellissent avec le temps ; c’est injuste, mais des garçons comme Bombasse n’en sont pas à cette forfaiture près. Corps d’athlète (ce n’est pas une image, c’en est un), gueule d’ange, grand ( au premier coup d’œil, j’ai évalué sa taille au double de la mienne – j’ai failli me rompre les cervicales rien qu’en le regardant… mais à bien y réfléchir, il doit mesurer un peu moins de 3m48), tête bien faite, architecte fortuné, intelligent, chaleureux, élégant (à croquer dans son costume marron glacé – ou sans !), sexy, grrrrrrr…

Il faudrait que je vous dise comment V., qui ne l’avait encore jamais vu, a passé la soirée à discuter avec lui de maison écolo (soit dit en passant, il semble que les Québéquois soient imbattables dans ce domaine ; pense à te faire bâtir une maison bioclimatique, Alcib !). Mais je ne lui en veux pas, parce que j’ai moi aussi passé une partie de la soirée à baver devant lui (ah, ça s’est vu ?). En fait, j’étais même dégoûté de ne pas avoir mieux potassé mon « Maison écologique ».

Il faudrait que je vous dise comment j’ai fait promettre à Paulinette de le placer à notre table à son propre mariage – vu le nombre d’intéressé(e)s, on dressera une table circulaire tout autour de sa chaise. Que je vous dise, encore, comment, aigris, nous (c’est un nous très collectif) avons passé toute la soirée à imaginer ses défauts… Et moi qui l’ai vu en tenue d’Adam, il y a quelques années, dans des circonstances des plus chastes, je peux certifier qu’il n’y a de vice de forme à aucun endroit ! Que je vous dise, enfin, comment nous avons bu ses paroles – et même si ç’avait été des conneries monumentales, on aurait bu sans ciller ! Mignon comme tout, il a même affecté de croire que la recherche en littérature avait une utilité… Le bilan, le triste bilan, c’est que l’homme parfait existe, et qu’il est hétéro.

*

Mon homme et moi avions plus d’une heure de route pour aller chez mes parents où nous avions prévu de dormir. Nous nous sommes donc éclipsés, au grand dam de la mariée qui pensait nous faire dormir sur place (si on avait su… pardon Tonky !) juste après le café. En faisant nos adieux à Veinarde et Bombasse (euh… on se fait la bise, hein !), nous avons procédé à un échange de mail, griffonnés sur une page de « Habitat naturel » (mon homme dispose un arsenal époustouflant de magazines écolo), avons promis de nous revoir (parce qu’il est évident que dès que nous en aurons l’occasion, nous foncerons chez eux ; 800 bornes, c’est si vite fait ! Cela dit, Bombasse, vaguement natif de Picardie, a de la famille pas très loin de chez nous ; c’est sans doute ça, le vice caché ) et avons regretté de part et d’autres d’être restés si longtemps sans nouvelles. Rien que de très classique : on les reverra sans doute dans 15 ans. Et on parie combien qu’il sera encore à tomber ?

Alors que les invités commençaient à se trémousser, Veinarde, gentille jusqu’au bout (je crois que je la déteste), s’est étonnée que Zouzouk (mon amie la plus proche du lycée Infini) et moi, réputés danseurs vedettes, soyons parmi les premiers à partir. C’est sûr que dans nos soirées de jeunesse, elle m’a connu trempé jusqu’à l’os… Avec tout ça, j’ai raté la soupe à l’oignon !

G.

PS : Encore tous nos vœux de bonheur à la magnifique Tonky et à son veinard de mari !

Tels Pères, tel Mac

Notre I-mac a parfaitement saisi l'esprit de la maison, je crois. Le Mix de soirée qui séléctionne aléatoirement 25 fois d'affilée un tube de Madonna, c'est plutôt suspect, non?

Déco

Notre amie L.N. a eu un voisin qui avait choisi pour sa décoration intérieure le seul motif du canari. C'est l'une des raisons qui l'a fait déménager... Je ne pense pas être aussi bizarre que ce monsieur, mais j'ai envie de parsemer cette page d'oiseaux. Je me lasserai peut-être, vous très certainement. J'ai besoin d'aérer ce blog, de changer un peu son apparence. Cela dit, ces volatiles restent des antiquailleries. Personne n'a dit que, moi, je devais changer!

G.

Découverte du mois

J'ai découvert ce blog totalement par hasard en tapotant sur google
"allô sabrina, c'est ta prof de français", parce que j'ai entendu sur Rire et chanson France Inter (arrête, G.! là, tu n'es pas crédible) le sketche tordant d'un comique non identifié que j'aurais aimé retrouver. Comme cette collègue bloggeuse officie sur canalblog, elle saura par quel biais j'ai eu accès à sa page, mais je serais toujours moins ridicule que celui qui y est arrivé en cherchant : "culotte de la prof".

Comme je suis toujours mal à l'aise quand il s'agit de placer dans ma colonne de liens des sites à l'insu de leur auteur, je me laisse le temps de la découvrir davantage, voire de lui laisser un commentaire un jour, si l'occasion se présente, avant de la classer dans mes favoris. Cela dit, la présence d'un "blog de fille" - l'expression, qui n'a rien de désobligeant, est empruntée à son blog - détonera sacrément dans une liste de blogs presque exclusivement pédé (là non plus, ça n'a rien de désobligeant, m'enfin!). Parce que même celui-ci - j'adore, mais là non plus je n'ose pas l'ajouter à mes liens... alors je dévore son blog en catimini - n'est pas un vrai blog de fille (qui l'eut crû?).
Bon, en fait Mariecaro ne ferait pas tant que ça figure d'exception : ça reste un blog de prof, après tout! Affaire à suivre

G.

10 août, 2006

Hérédité

Quand je vivais encore chez mes parents, à chaque fois que je ramenais des amies à la maison (bizarrement, je ne m’enfermais jamais avec elles dans ma chambre…), c’était toujours le même refrain :
« Qu’est-ce qu’elle est belle ta mère !»
Quand mon père était là aussi, certaines rajoutaient, peut-être un brin gênées : « Et ton papa est très gentil… ».Evidemment, pour tout fils qui se respecte, a fortiori quand il préfère les garçons, notre mère est la plus belle femme au monde. Mais objectivement, pour avoir vu des photos de jeunesse de ma maman, je peux vous certifier qu’elle aurait fait un bien joli mannequin… Je n’étais pas peu fier d’aller aux réunions parents-profs avec elle, d’une part parce qu’elle n’avait que des louanges à entendre sur sa progéniture, d’autre part parce que j’étais persuadé qu'elle éblouissait mes profs.

Passée la satisfaction d’avoir épaté les copines, je me rendais bien compte qu’il y avait quelque chose d’assez vexant dans une surprise aussi sincèrement manifestée. Etait-il si inimaginable que ma mère soit une beauté ? D’accord, j’étais je suis une petite chose chétive, mais ma mère m’a quand même transmis la moitié de mon patrimoine génétique (dont le huitième de sang italien) : j’ai eu le droit au daltonisme, à la peau fragile et à la circulation sanguine calamiteuse, pourquoi est-ce que je n’aurais pas aussi les bons côtés, hein ?

Du coup, à 14 ans, j’avais acquis la certitude qu’à 15 ans, je serai devenu une splendeur ; à 14, je pensais que ce serait à 15 ; à 15, j’avais grand espoir qu’à 16 ans, je deviendrais le genre de bombasse sur lequel on se retourne dans la rue. N’importe quoi ! Cela dit, j’attends toujours !
Si ça tombe, tiens, j’aurais mieux fait de naître avec deux X !

G.

09 août, 2006

Diplomatie 2

Au moment même où, revenant des Normandies, on s'engageait sur notre belle rue refaite à neuf pendant l'été (sauf devant chez nous, faut quand même pas pousser!), le portable sonne. Ce genre de truc arrive, même à nous. Remarquez que je dis "nous"; parce que, fusionnels jusqu'au bout (là, je crois que je vais finir par énerver), on a un portable pour deux. A vrai dire, c'est plutôt celui de mon homme, mais comme il est au volant, c'est moi qui décroche. Allez savoir, c'est peut-être ça qui a destabilisé mon interlocuteur :

Ma pomme, de sa plus belle voix : allô
Poussinou perplexe, limite paniqué: euh... je ne suis pas sur le portable de G et V?
Moi : Ben si. C'est G.
Lui : P'tain! Mais c'est quoi cette voix virile! T'as mué pendant les vacances?

Vous le prendriez comment, vous ? Mal hein? C'est décidé, pour la rentrée, je me façonne une voix de crooner.

G.

Micheline et moi

Ayant traversé les Normandies de part en part, de long en large et réciproquement, nous avons beaucoup écouté la radio durant la dernière quinzaine. Notre périple nous a ainsi permis de découvrir Radio Fraternité (mais comment vivions-nous auparavant ?) et les fabuleuses « Micheline et moi-même » (sic… à répéter toutes les deux phrases) nous présentant dans le plus franc amateurisme une recette de radis au vinaigre…

« Alors ça, c’est original, Micheline. Parce que les radis, on ne sait jamais comment les servir!
_ Oui, c’est souvent cru avec du beurre.
_ Remarquez, c’est très bon comme ça, les radis, Micheline. Les recettes les plus simples sont les meilleures, Micheline…
_ Oui, ben on ne vous demande pas votre avis. Les radis, ça sera au vinaigre et aux aromates, et puis c’est tout! »

Elles sont trop sympa, « Micheline et moi-même » : elles nous livrent leurs petits secrets même quand ce n’est pas encore l’heure de la rubrique astuces, et c’est toujours un truc édifiant du genre : ne sortez pas le plat du four à mains nues.

*

Même si j’ai un faible pour toute émission donnant l’air d’être l’œuvre de gosses ou de bricoleurs peu doués, le principal atout de Radio Fraternité réside dans sa ligne éditoriale que l'on pourrait résumer ainsi : Jésus est notre sauveur. Nous ne l’avons pas compris tout de suite (bon, j’avoue que j’avais des soupçons au nom de la station, mais après tout, on peut être fraternel et laïc, non ?). Il nous aura fallu deux bonnes minutes pour comprendre que le sujet de la première chanson que nous y avons entendue, une marmelade lénifiante, était le parrainage des enfants en Afrique. Du coup, on n’a pas été très surpris d’entendre un autre catho à guitare s’extasier « Ma Sœur, Je veux chanter avec toâ / Que Jésus est la source de notre joâ ».

J’ai hélas omis de retenir la fréquence… Je n’ai pas bien fait mon Job (ouarf…).

G.

Mama Africa

En bon usager des médias, vous savez que l’été est la saison du recyclage. Toutes les ondes regorgent alors d’émission de bilans, de best of ou de bêtisiers. Dans le même esprit, mais un brin plus classe qu’Arthur, France Inter propose quotidiennement un voyage à bord d’un chronoscaphe (ouais, la mise en scène de l’émission est d’un ringard hallucinant, genre faussement futuriste à la Bogdanov), à la découverte d’événements plus ou moins marquants du XXème siècle. Ainsi ce petit sujet sur Miriam Makeba :

« I was born ….
V. : _ Mais pourquoi elle ne parle pas français ?
G : _ Ben euh… Comment t’expliquer… Y a des gens qui ne parlent pas français parce qu’ils sont pour ainsi dire estrangers, à tort ou à raison d’ailleurs parce que… m’enfin… On considère généralement que les Sud-Africains sont précisément des estran…
V : _ Ah ? C’est pas Marie Myriam ?
G : _On n’a jamais surnommée Marie Myriam Mama Africa, tu sais (je ne crois pas qu’on se soit beaucoup creuser la tête à lui trouver un surnom, à vrai dire…)
V : _ C’est pour ça ! Je me demandais ce que ça pouvait bien donner un chanson de Marie Myriam intitulée Pata Pata… »

Brève écolo et côlon

Pour qui l’ignorerait encore, je partage la vie d’un écologiste au grand cœur dont le rêve le plus ardent est de vivre dans une maison bioclimatique. Au quotidien, ça donne des dialogues attendrissants :
« Chéri, un sucre dans ton café ? Tu ne trouves pas que le café aurait meilleur goût entre des murs offrant un déphasage de 12 heures ? », « Je suis si bien avec toi. Sans doute grâce aux vertus isolantes de la paille de lavande » ou encore : « Chéri, je t’aime. Tu m’offres une maison bioclimatique ? ».

Puisque le romantisme n’est pas mort, voici une brève trouvée dans le magazine La Maison écologique, à la page 7 du numéro de juillet :
« Début avril s’est tenue la 1ère rencontre internationale des toilettes sèches à Saint Merd de Lapleau, en Corrèze »
C’est toujours bien de constater qu’engagement moral et autodérision peuvent aller de pair.

G.

08 août, 2006

Diplomatie

Courte halte amiénienne : manuscrits de messages et pochette rouge attendront encore un peu avanty d'atterrir sur le ouèbe. En coup de vent, juste une petite leçon de diplomatie pour regonfler l'ego de vos amis célibataires :

Ton gel et tes capotes ne sont pas périmés?

Mon homme est vraiment un ange...

G.