C'est la récré. Quelques élèves restent en classe pour plancher sur leur devoir. Une jeune fille frappe à la porte de ma salle et demande à me parler.
JF : Je voudrais aller en prépa et il y a un dossier à faire compléter par mes profs. Comme je n'ai pas de français cette année et qu'il y a une case à remplir, j'ai pensé que vous pourriez le faire...
G : Vous aviez qui en français, l'an dernier?
JF : Bah... Vous!
Je vous ai déjà dit que je n'étais pas physionomiste?
08 avril, 2007
Ce que j'ai appris cette semaine
- La cathédrale d'Amiens a été bâtie au XXème siècle (j'étais là quand ils ont coulé la dalle de béton)
- Les Juifs sont des Jedi
- L'Etat juif est la Suisse (d'où les banques, j'imagine...)
- Les Juifs sont musulmans (oui, oui, j'ai appris tout ça en une poignée de secondes. Epatant, hein?)
- Louis XVI fut au pouvoir sous le Second Empire
Ah oui... Y a ça aussi :
- Ma collègue V. est une conn************************sse!
07 avril, 2007
Souci de sosie
Parking de Coucouville. Dolce et Gabbana D. et G., seuls.
D : Dis... Une question me brûle les lèvres (oh lala! je me demande bien laquelle! Quel suspense!). Maintenant que je sais que tu vas partir, j'ose... (mystère, mystère)
G : Vas-y (je ne sais à quoi m'attendre!)
D : Ton conjoint, c'est un ou une?
G : Un.
D : Je m'en doutais. Tu sais pourquoi? Mon meilleur pote est aussi un...
G : ...
D : un...
G : Inverti?
D : Ouais, c'est ça. Il est h'hwhwhomo, quoi. Et il me fait beaucoup penser à toi. Vous avez pas mal de points communs.
G : Ah? Il a toujours l'air endormi?
D : ça ne te choque pas ce que je dis, j'espère...
G : Non, ça me rappelle juste des souvenirs.
Depuis le temps qu'on me rappelle que je suis un cliché sur pattes, je vais finir par comprendre que je suis l'archétype du prof de lettres pédé,brun, beau, suprêmement intelligent qui lit lisait Télérama, écoute France Inter et vote pour les... (tssss on a dit : pas de politique sur ce blog!). Enfin bref : qui dit à peu près n'importe quoi, à longueur de temps.
D : Dis... Une question me brûle les lèvres (oh lala! je me demande bien laquelle! Quel suspense!). Maintenant que je sais que tu vas partir, j'ose... (mystère, mystère)
G : Vas-y (je ne sais à quoi m'attendre!)
D : Ton conjoint, c'est un ou une?
G : Un.
D : Je m'en doutais. Tu sais pourquoi? Mon meilleur pote est aussi un...
G : ...
D : un...
G : Inverti?
D : Ouais, c'est ça. Il est h'hwhwhomo, quoi. Et il me fait beaucoup penser à toi. Vous avez pas mal de points communs.
G : Ah? Il a toujours l'air endormi?
D : ça ne te choque pas ce que je dis, j'espère...
G : Non, ça me rappelle juste des souvenirs.
Depuis le temps qu'on me rappelle que je suis un cliché sur pattes, je vais finir par comprendre que je suis l'archétype du prof de lettres pédé,
Mais si on lit si clairement en moi, d'où vient que le K. me confonde avec un collègue de bio qui n'a rien de sexy?
G.
06 avril, 2007
Capté
G.: Bon courage pour le second conseil!
F: Je vais me retrouver toute seule. Tout le monde déserte!
Léto : Attends, je vais me mettre à côté de toi, moi!
G: grrrrr j'vais être jaloux du coup!
F: Et de qui?
Tudieu! ça se voit tant que ça?
G.
F: Je vais me retrouver toute seule. Tout le monde déserte!
Léto : Attends, je vais me mettre à côté de toi, moi!
G: grrrrr j'vais être jaloux du coup!
F: Et de qui?
Tudieu! ça se voit tant que ça?
G.
05 avril, 2007
Va te faire voir chez l'Y
G: Tu vas faire quoi, avec les 6ème? Leur apprendre qu'il ne faut pas taper les personnes âgées?
Léto : D'abord, je leur parle d'Alexandre le Grand qui tapait les Perses.
G. : Tu en es aux Grecs à ce moment de l'année?
Léto : Ouais, j'ai peut-être un peu de retard...
G. : Oh, tu sais... Moi, je crois qu'il faudrait passer toute l'année sur les Grecs!
Léto : ...
G. : C'est une image, bien sûr...
Léto : D'abord, je leur parle d'Alexandre le Grand qui tapait les Perses.
G. : Tu en es aux Grecs à ce moment de l'année?
Léto : Ouais, j'ai peut-être un peu de retard...
G. : Oh, tu sais... Moi, je crois qu'il faudrait passer toute l'année sur les Grecs!
Léto : ...
G. : C'est une image, bien sûr...
04 avril, 2007
Requiescat In Pace
_ Eh m'sieur, vous savez ce qui est arrivé à m'sieur Léto?
_Il s'est pâmé d'amour pour moi ? Vous êtes sûr que l'expression de la condition ça ne vous intéresse pas plus que ça ? Non, racontez!
_ Il a échappé de peu à la mort, hier, en cours!
_ En même temps, quoi de plus logique qu'un Léto à l'état létal s'étalant àl'étal l'école? *
_ Hein?
_ Du coup, il a été têté au Léthé? *
_ ???
_ Oubliez... Alors, il lui est arrivé quoi,au minou de service à monsieur Léto?
_ L'écran du video-projecteur lui est tombé en plein sur l'épaule!
_ Vous êtiez là quand ça s'est passé?
_ Oui! (l'air ravi)
_ ça ne m'étonne pas : vous devez porter la poisse! Moi aussi, je frôle la mort quand je vous ai en cours : je manque à chaque fois de tomber raide d'ennui!
_...
_ Ouais. Je sais. Vous aussi.
G.
* N'oubliez pas : luttons ensemble contre l'homophonie!
_
_ Il a échappé de peu à la mort, hier, en cours!
_ En même temps, quoi de plus logique qu'un Léto à l'état létal s'étalant à
_ Hein?
_ Du coup, il a été têté au Léthé? *
_ ???
_ Oubliez... Alors, il lui est arrivé quoi,
_ L'écran du video-projecteur lui est tombé en plein sur l'épaule!
_ Vous êtiez là quand ça s'est passé?
_ Oui! (l'air ravi)
_ ça ne m'étonne pas : vous devez porter la poisse! Moi aussi, je frôle la mort quand je vous ai en cours : je manque à chaque fois de tomber raide d'ennui!
_...
_ Ouais. Je sais. Vous aussi.
G.
* N'oubliez pas : luttons ensemble contre l'homophonie!
02 avril, 2007
Burnes électorales
C'est grocool!
Un collègue facétieux a aussitôt rebaptisé ces bornes électroniques destinées à remplacer des urnes, des burnes. C'est un crève-coeur de l'admettre, mais je viens de perdre ma proverbiale suprématie calembourgesque.
Un collègue facétieux a aussitôt rebaptisé ces bornes électroniques destinées à remplacer des urnes, des burnes. C'est un crève-coeur de l'admettre, mais je viens de perdre ma proverbiale suprématie calembourgesque.
G.
P.S. (sans blague!): j'espère que ces élections présidentielles ne seront pas trop sévèrement burnées, quand même...
01 avril, 2007
Poisse, poissons? Passons!
Peut-être trouvez-vous ce blog délaissé, vous qui passez régulièrement et n'y voyez rien de nouveau. Je confirme pourtant ce que j'ai écrit dans un article précédent : bien que son compte à rebours ait commencé, ce site a encore de belles semaines à vivre. Pas encore de désamour dans cette histoire alphanumérique.
Nos journées sont trépidantes.Final Fantasy Nos activités professionnelles et des week-end éreintants passés en réunions de familles et en translations autoroutières nous tiennent éloignés de notre Mac bien aimé. Et quand j'ai un moment de libre, Final Fantasy une flemme immense s'empare de moi. Je mesure alors combien j'ai de retard, non seulement dans la rédaction de Quaidesomme, mais aussi dans la lecture de la blogosphère. Même les chouchous parmi les chouchous n'ont pas reçu notre visite depuis des lustres. A l'évocation de ces monceaux de post en souffrance, je manque un peu plus de courage, et ce qui me réconfortait il y a peu devient à son tour source de tourments.
C'est quelquefois dans les moments de grande intensité, bizarrement, que l'on cesse d'écrire. Il y a beaucoup de choses que je voudraisvous dire; j'ai une foule de sujets d'articles en tête, voire à l'état de notes, qui seront, j'en ai bien peur, périmés avant que d'avoir vu le jour.
Les choses ne vont peut-être pas aller en s'arrangeant puisque la semaine qui s'annonce est rien de moins qu'horrible. C'est, à perte de vue, une succession de contraintes etde burinnage de burnes d'épreuves. Je vais cependant essayer de publier de petites choses dans les jours à venir, afin de briser ce lent processus d'abandon qui sourd (on utilise trop peu sourdre...).
Nos journées sont trépidantes.
C'est quelquefois dans les moments de grande intensité, bizarrement, que l'on cesse d'écrire. Il y a beaucoup de choses que je voudrais
Les choses ne vont peut-être pas aller en s'arrangeant puisque la semaine qui s'annonce est rien de moins qu'horrible. C'est, à perte de vue, une succession de contraintes et
27 mars, 2007
Gay-tapin
Il y a à Coucouville un planning de la semaine toujours très attendu : on y découvre toujours des informations capitales, exposées dans le meilleur des styles.
Cette semaine, à l'honneur : "Lutte contre le racisme et l'homophonie" (sic)
Gare à vous, Pin, Pain, Peint et Peins! Le lycée de Coucouville vous a percé à jour, bande de racailles!
Cette semaine, à l'honneur : "Lutte contre le racisme et l'homophonie" (sic)
Gare à vous, Pin, Pain, Peint et Peins! Le lycée de Coucouville vous a percé à jour, bande de racailles!
20 mars, 2007
He made a tobacco
J+1
L'un des plus sérieux avantages de la professions, plus que la sécurité de l'emploi ou les vacances, c'est les grosses poilades devant les copies. Enfin, ça, c'est surtout vrai dans l'enthousiasme des débuts, parce qu'il y a un moment où la nazerie perd son côté jouissif pour provoquer d'insondables dépressions. On abandonne alors les listes de perles (plus le courage) et on s'arrache la peau du visage avec les ongles en poussant de sombres sanglots.
Mais parfois, on retrouve la magie de l'authentique copie ridicule et il faut bien avouer que nos collègues de langues vivantes sont plutôt bien lotis de ce côté-là. Ma collègue d'anglais m'avait fait mourir de rire en me racontant qu'elle avait trouvé dans une biographie de célébrité, rédigée en anglais par un élève, l'irrésistible "he made a tobacco" à propos d'un humouriste à succès. De l'usage habile du Robert & Collins...
Un peu inconsciente, ou alléchée par les bourdes prévisibles, ma collègue a renouvelé l'exercice cette année. Elle a appris tout de go qu'Untel "was born has bet" (il est né a pari, évidemment) et, surtout, que Claude François (mais quel môme de 2007 peut encore consacrer une pensée à Claude François, hein, LEQUEL?) "was a french speedboat".
Saurez-vous reconstituer le cheminement de ce linguiste en herbe?
G.
Mais parfois, on retrouve la magie de l'authentique copie ridicule et il faut bien avouer que nos collègues de langues vivantes sont plutôt bien lotis de ce côté-là. Ma collègue d'anglais m'avait fait mourir de rire en me racontant qu'elle avait trouvé dans une biographie de célébrité, rédigée en anglais par un élève, l'irrésistible "he made a tobacco" à propos d'un humouriste à succès. De l'usage habile du Robert & Collins...
Un peu inconsciente, ou alléchée par les bourdes prévisibles, ma collègue a renouvelé l'exercice cette année. Elle a appris tout de go qu'Untel "was born has bet" (il est né a pari, évidemment) et, surtout, que Claude François (mais quel môme de 2007 peut encore consacrer une pensée à Claude François, hein, LEQUEL?) "was a french speedboat".
Saurez-vous reconstituer le cheminement de ce linguiste en herbe?
G.
19 mars, 2007
Champagne!
Il faut croire aux signes : ils annonçaient le grand retour à qui savait décrypter le langage de Mère Nature. Le second voeu que nous avons effectué lors de notre demande de mutation s'était transformé peu à peu en premier choix dans nos esprits. C'est lui que le Grand C'est donc en Basse Normandie que nous poserons pour de bon nos valises. Nous n'en savons pas plus. Il faut être patient ou savoir faire parler le monde qui nous entoure...
Il faut croire les signes, disais-je. L'Orne, le plus
"Allons dans un lycée modèle dont les résultats au bac ont sensiblement augmenté ces dernières années, à Mortagne au Perche" (oui, c'est là aussi le festival du boudin).
Après le reportage, Dolichocéphale repoussant nous rappelle les trois départements les plus bas de plafond, parmi lesquels l'Amiénie (merci de le rappeler!).
Nouveau présage dimanche soir sur M6. Juste après un reportage consacré aux enseignants grands-bretons (comme de par hasard!), Guy Lagache (pense au baume à lèvres, change de coiffeur, et surtout oublie les poses grotesques, mon biquet) s'intéresse aux heures sup'. Nous découvrons alors une petite famille ornaise, composée de Michel, Colette et leur fils Johnny, dans l'élégance distinguée de leur salon (un mur consacré à des poupées à crinoline de 80cm, l'autre à Johnny, le seul, le vrai).
Johnny ou pas, la parenthèse amienienne va se fermer. Un compte à rebours fatal vient de commencer pour notre exil et pour Quaidesomme qui renaîtra, ou pas, sous une forme nouvelle et un nom nouveau. Chaque jour nous rendra un peu plus étrangers à cette région que nous n'avons jamais réussi à faire nôtre. Mais même si, déjà, nous avons la tête ailleurs, ce blog a encore quelques mois à vivre et va les vivre pleinement.
Bisous à tous.
18 mars, 2007
Miches créatives
"Aaaaaaaaaaaaaaaaah! Y a des méduses qui attaquent mon four!
_ Non, mon ange. C'est juste que je n'aurais pas dû poser la pâte à pain sur une grille..."
Une nouvelle innovation aux fourneaux, c'est signé V. le chef! Après avoir retrouvé la recette du lembas, et inventé le dessert visco-acido-amère et la gelée solide, voici la miche zoomorphe! Le génie en action!
Ne nous plaignons pas trop : cette fois, c'est comestible (et même délicieux!)
_ Non, mon ange. C'est juste que je n'aurais pas dû poser la pâte à pain sur une grille..."
Une nouvelle innovation aux fourneaux, c'est signé V. le chef! Après avoir retrouvé la recette du lembas, et inventé le dessert visco-acido-amère et la gelée solide, voici la miche zoomorphe! Le génie en action!
Ne nous plaignons pas trop : cette fois, c'est comestible (et même délicieux!)
Petit manuel de survie
...pour résister aux réunions chiantes
Cette année a vu une multiplication des réunions professionnelles, toutes mortellement ennuyeuses. Le genre de réunions où le seul moyen de sortir de la torpeur serait de participer au débat mais où, même en grattant dans tous les recoins de votre crâne, vous vous apercevez qu'on n'a rien de rien à dire. D'ailleurs, un coup d'oeil circulaire vous apprendra bientôt que tout le monde ou presque est dans le même état alarmant. Heureusement, il y en aura toujours un pour monopoliser la conversation. Le reste du temps, on se débrouille pour acquiescer régulièrement (mais pas trop : tout est une question de mesure) aux propos particulièrement plats de la chef.
Le problème, c'est qu'au bout d'une demi-heure de ce traitement, paradoxalement, une immense excitation m'envahit. Je deviens intenable. Un vrai gamin! Toute l'astuce consiste alors à s'amuser et se défouler sans en avoir l'air (il ne s'agit évidemment pas de se faire griller : on a acquis inexplicablement la réputation d'un homme consciencieux, on ne va pas saboter sa carrière, hein!).
La première phase, c'est l'actor studio : au moment le moins probable j'affecte un vif intérêt, puis soudainement l'air pensif (genre la révélation inouïe qui vient d'être faite - "il faut chercher la réussite des élèves" - révolutionne ma perception de la pédagogie et galvanise ma vocation). Après je me rengorge et je fais le paon. Une réunion de travail, c'est comme la cour de Versailles.
Mais comme je n'ai pas beaucoup de postures à caser, il faut vite que je passe à autre chose, sous peine de ressembler à José Garcia dans le rôle de Cyndie Tropforte aux côtés d'Antoine de Caunes. La deuxième phase consiste à capter les regards de connivence avec mes collègues (si possible ceux qui se marrent pour un rien), sourire en coin, voire à les pousser à la faute. Au moment où ils vous regardent, c'est le moment de réenclencher la première phase : prenez un air intéressé tellement outrancier qu'il pue l'ironie à 300 mètres (à croire que la chef est à deux km). Mais cela aussi n'a qu'un temps.
Comme l'ordre du jour n'est pas épuisé et qu'il trouve même le moyen d'enfler au fur et à mesure, il faut d'urgence trouver d'autres petits trucs auxquels se raccrocher (attention coma!). C'est là que vous vous félicitez d'avoir choisi la bonne voisine à taquiner. Cette phase est notablement moins discrète que les précédentes mais :
- Primo : c'est ça ou la camisole de force.
- Secundo : à ce stade de la réunion, la chef est emportée dans une interminable déclaration de principe et ne semble vraiment pas se rendre compte du monde qui l'entoure.
- Tertio : ça vous redonne le frisson des petits mots échangés quand on était au lycée; ça colle parfaitement à l'humeur de régression qui m'étreint lors de ce genre de conciliabules.
- Et de quatre (je ne sais plus l'adverbe correspondant, ça la fout mal, hein?) : en plus de sauver votre peau, vous volez au secours d'un autre otage. Vous êtes un saint homme.
Aperçu :
F. visant un des deux milles documents qui nous ont été distribués: ça veut dire quoi MaJ?
G pas inspiré et soucieux d'épater F. avec sa science : Mise à jour, sans doute.
F. : Tu es sûr que ce n'est pas Majépaenvid'êt'la?
Bilan : en fait, j'ai trouvé plus insupportable que moi.
Bilan 2 : à force de nous réunir dans la salle la plus froide qu'on puisse imaginer, mes mains se sont changées en glaçons; celles de F. aussi. D'ailleurs, elle me les colle sur le visage pour me le prouver. H. roupille. P. grimace. M. est explosé de rire. D. et I bavardent à trois mètres de distance. Bref, cette réunion ne ressemble plus à rien. De forts doutes pèsent sur l'acuité visuelle de ma chef qui ne semble pas s'en émouvoir.
Et vous, quelles sont vos stratégies de survie?
G.
P.S. : J-2.
Cette année a vu une multiplication des réunions professionnelles, toutes mortellement ennuyeuses. Le genre de réunions où le seul moyen de sortir de la torpeur serait de participer au débat mais où, même en grattant dans tous les recoins de votre crâne, vous vous apercevez qu'on n'a rien de rien à dire. D'ailleurs, un coup d'oeil circulaire vous apprendra bientôt que tout le monde ou presque est dans le même état alarmant. Heureusement, il y en aura toujours un pour monopoliser la conversation. Le reste du temps, on se débrouille pour acquiescer régulièrement (mais pas trop : tout est une question de mesure) aux propos particulièrement plats de la chef.
Le problème, c'est qu'au bout d'une demi-heure de ce traitement, paradoxalement, une immense excitation m'envahit. Je deviens intenable. Un vrai gamin! Toute l'astuce consiste alors à s'amuser et se défouler sans en avoir l'air (il ne s'agit évidemment pas de se faire griller : on a acquis inexplicablement la réputation d'un homme consciencieux, on ne va pas saboter sa carrière, hein!).
La première phase, c'est l'actor studio : au moment le moins probable j'affecte un vif intérêt, puis soudainement l'air pensif (genre la révélation inouïe qui vient d'être faite - "il faut chercher la réussite des élèves" - révolutionne ma perception de la pédagogie et galvanise ma vocation). Après je me rengorge et je fais le paon. Une réunion de travail, c'est comme la cour de Versailles.
Mais comme je n'ai pas beaucoup de postures à caser, il faut vite que je passe à autre chose, sous peine de ressembler à José Garcia dans le rôle de Cyndie Tropforte aux côtés d'Antoine de Caunes. La deuxième phase consiste à capter les regards de connivence avec mes collègues (si possible ceux qui se marrent pour un rien), sourire en coin, voire à les pousser à la faute. Au moment où ils vous regardent, c'est le moment de réenclencher la première phase : prenez un air intéressé tellement outrancier qu'il pue l'ironie à 300 mètres (à croire que la chef est à deux km). Mais cela aussi n'a qu'un temps.
Comme l'ordre du jour n'est pas épuisé et qu'il trouve même le moyen d'enfler au fur et à mesure, il faut d'urgence trouver d'autres petits trucs auxquels se raccrocher (attention coma!). C'est là que vous vous félicitez d'avoir choisi la bonne voisine à taquiner. Cette phase est notablement moins discrète que les précédentes mais :
- Primo : c'est ça ou la camisole de force.
- Secundo : à ce stade de la réunion, la chef est emportée dans une interminable déclaration de principe et ne semble vraiment pas se rendre compte du monde qui l'entoure.
- Tertio : ça vous redonne le frisson des petits mots échangés quand on était au lycée; ça colle parfaitement à l'humeur de régression qui m'étreint lors de ce genre de conciliabules.
- Et de quatre (je ne sais plus l'adverbe correspondant, ça la fout mal, hein?) : en plus de sauver votre peau, vous volez au secours d'un autre otage. Vous êtes un saint homme.
Aperçu :
F. visant un des deux milles documents qui nous ont été distribués: ça veut dire quoi MaJ?
G pas inspiré et soucieux d'épater F. avec sa science : Mise à jour, sans doute.
F. : Tu es sûr que ce n'est pas Majépaenvid'êt'la?
Bilan : en fait, j'ai trouvé plus insupportable que moi.
Bilan 2 : à force de nous réunir dans la salle la plus froide qu'on puisse imaginer, mes mains se sont changées en glaçons; celles de F. aussi. D'ailleurs, elle me les colle sur le visage pour me le prouver. H. roupille. P. grimace. M. est explosé de rire. D. et I bavardent à trois mètres de distance. Bref, cette réunion ne ressemble plus à rien. De forts doutes pèsent sur l'acuité visuelle de ma chef qui ne semble pas s'en émouvoir.
Et vous, quelles sont vos stratégies de survie?
G.
P.S. : J-2.
17 mars, 2007
Googleuserie
Repensons aux vacances
Passage éclair chez les Pédécaennais, le temps d'un restau.
En arrivant chez eux, on trouve V2 en plein déménagement (le V2 a de nombreux points communs avec le V., pas de doute). On veut donner un petit coup de main, mais on se heurte vite au dur principe de réalité : un gros fauteuil ne passe pas par une petite cage d'escalier. On a beau retourner le problème (et le fauteuil) dans tous les sens, démonter les pieds ou enlever le coussin, nos solutions farfelues et nos efforts vains finissent par faire craquer mon homme qui en pleure de rire.
L'excellente cuisine de Pain et Beurre (et son joli chef de rang) n'arrive pas tout à fait à distraire V2 de sa fièvre aménageuse :
Voilà de quoi renforcer nos envies de mutation. Au fait : J-3
En arrivant chez eux, on trouve V2 en plein déménagement (le V2 a de nombreux points communs avec le V., pas de doute). On veut donner un petit coup de main, mais on se heurte vite au dur principe de réalité : un gros fauteuil ne passe pas par une petite cage d'escalier. On a beau retourner le problème (et le fauteuil) dans tous les sens, démonter les pieds ou enlever le coussin, nos solutions farfelues et nos efforts vains finissent par faire craquer mon homme qui en pleure de rire.
L'excellente cuisine de Pain et Beurre (et son joli chef de rang) n'arrive pas tout à fait à distraire V2 de sa fièvre aménageuse :
"On n'a qu'à mettre le micro-onde sous le frigo dans la salle de bain" (sic)
Je précise qu'il est le seul à ne pas avoir bu une goutte de vin...Voilà de quoi renforcer nos envies de mutation. Au fait : J-3
16 mars, 2007
Vendredi pas 13
J'envie ma collègue Positivine. Elle peut vous démontrer par A+B (normal pour une prof de maths) qu'elle est en week-end le lundi soir ("tu comprends, je ne bosse pas le mardi matin, ni le mercredi; il ne reste que le jeudi et le vendredi, mais là, c'est déjà le week-end"). Usant du même genre d'arguments, elle arrive presque à vous convaincre qu'au mois de mars, l'année est déjà finie.
Sauf que moi, je suis incapable de me sentir en week-end dès le vendredi. C'est un jour que je déteste, interminable qu'il est avec son lot de mauvaises surprises. Il y a cependant des exceptions.
Ce vendredi-là a commencé comme tous ses diables de congénères, à base de c*nn*rds sur la route, de purée de pois picarde, de gamines qui vous regardent méchamment parce que vous leur demandez pour la 3ème fois avec une patience d'ange d'enlever leur manteau ("j'ai froooid" geint la grue collée à son radiateur), d'autres qui sèchent allégrement en vous prenant pour la reine des truffes, d'autres encore qui exigent de vous un miracle parce que le bouquin qu'ils ont à acheter depuis le 15 décembre et à lire depuis le 1er février n'était pas à la librairie l'avant-veille ("et comment que j'fais pour le devoir de cet après-midi, hein?", ton de reproche de rigueur, parce qu'il faut pas déconner, c'est évident que c'est ma faute s'il va se planter, ce pauvre coeur!)
Après avoir deviné que mes élèves de l'après-midi étaient dans le bâtiment X, au 4ème étage, pour assister à une palpitante conférence sur les droguesdispensées dispensée par les gendarmes (c'est la conférence qui est dispensée par les gendarmes, pas les drogues, hein!), j'étais paisiblement en train de contempler un diaporama de carcasses de voitures éventrées, de plaies béantes et de cadavres, quand j'ai eu la surprise de voir débarquer mon p'tit collègue Minou. Il se glisse jusqu'au fond de la salle et me sussure à l'oreille :
"J'ai une faveur à te demander
_Au lycée, tu n'y penses pas? les élèves pourraient nous voir, m'enfin!. Tu veux qu'on aille en parler dans le couloir? (c'était sûr qu'il était PD, celui-là)
_ On sera sans doute plus à l'aise (la présence des gendarmes, ça inhibe, bizarrement)
Nous quittons la salle au moment où une dame de 30 ans en paraissant 80 expose d'abominables cicatrices datant de l'époque où elle s'arrachait la chair des bras pour en chasser les insectes hallucinés. Alors, qu'avait-il de si urgent àm'exposer me demander, mon collègue?
Bah votre serviteur est finalement resté honnête et droit. Minou m'a juste demandé de lui céder une heure de cours, en accord avec la direction (pffffff! non seulement il est maso, mais il n'a aucun goût, ce mec!). Du coup, le week-end a commencé plus tôt que prévu! Youki!
G.
P.S. : ben finalement, les cakos qui n'avaient pas lu le bouquin ont obtenu un sursis pour le devoir. Tout le monde est gagnant!
Sauf que moi, je suis incapable de me sentir en week-end dès le vendredi. C'est un jour que je déteste, interminable qu'il est avec son lot de mauvaises surprises. Il y a cependant des exceptions.
Ce vendredi-là a commencé comme tous ses diables de congénères, à base de c*nn*rds sur la route, de purée de pois picarde, de gamines qui vous regardent méchamment parce que vous leur demandez pour la 3ème fois avec une patience d'ange d'enlever leur manteau ("j'ai froooid" geint la grue collée à son radiateur), d'autres qui sèchent allégrement en vous prenant pour la reine des truffes, d'autres encore qui exigent de vous un miracle parce que le bouquin qu'ils ont à acheter depuis le 15 décembre et à lire depuis le 1er février n'était pas à la librairie l'avant-veille ("et comment que j'fais pour le devoir de cet après-midi, hein?", ton de reproche de rigueur, parce qu'il faut pas déconner, c'est évident que c'est ma faute s'il va se planter, ce pauvre coeur!)
Après avoir deviné que mes élèves de l'après-midi étaient dans le bâtiment X, au 4ème étage, pour assister à une palpitante conférence sur les drogues
"J'ai une faveur à te demander
_
_ On sera sans doute plus à l'aise (la présence des gendarmes, ça inhibe, bizarrement)
Nous quittons la salle au moment où une dame de 30 ans en paraissant 80 expose d'abominables cicatrices datant de l'époque où elle s'arrachait la chair des bras pour en chasser les insectes hallucinés. Alors, qu'avait-il de si urgent à
Bah votre serviteur est finalement resté honnête et droit. Minou m'a juste demandé de lui céder une heure de cours, en accord avec la direction (pffffff! non seulement il est maso, mais il n'a aucun goût, ce mec!). Du coup, le week-end a commencé plus tôt que prévu! Youki!
G.
P.S. : ben finalement, les cakos qui n'avaient pas lu le bouquin ont obtenu un sursis pour le devoir. Tout le monde est gagnant!
Luxueux lux
J-4
La salle des profs de Patelinvillers est flambant neuve : les murs rutilent de mille feux saumon. Elle est mé-con-nais-sable! Les toilettes attenantes ont connu le même sort et irradient rose au firmament (quelle affire, papa, c'est m'dame la Fée qu'a fait ça! - si tu as compris la référence, on est fait pour s'entendre!)L'effroyable plafond duquel pendaient de longues stalagmites de crépi (Damoclès a fait carrière à Patelinvillers) a été dissimulé par un faux plafond et, ultime degré du raffinement, des néons "lumière naturelle" se sont substitués aux tubes fluorescents clignotants qui ont causé des crises d'épilepsie à tant de générations d'enseignants.
Maintenant, faire pipi au bahut, c'est un peu comme faire pipi en pleine nature (c'est un plaisir de mec, ça, les filles ne pourront pas comprendre), sauf qu'il y a une chasse d'eau. Du coup, je regarde à droite et à gauche avant de baisser mon futal (des fois que Cuistot soit dans les parages!)
15 mars, 2007
Désert de Dalmasca
J-5?
Je ne suis pas très actif sur ce blog, en ce moment. Ce n'est pas que ma vie soit vide (bon, ce n'est pas non plus le Pérou, hein!), ni que je sois paresseux (mouarf! pas beaucoup plus que d'habitude, en tout cas). J'ai une circonstance atténuante, votre honneur, un truc énooooooooorme qui excuse tout:

Final Fantasy XII... Ma vie sociale, mon blog, mes copies et mon homme le détestent déjà!
Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai des squelettes à dézinguer, moi!
G.
P.S. : Madame Patate, pardonne-moi! Je ne suis qu'un trahisseur! L'homme, même inverti, est faible face à l'écran! Cela dit, les noms de lieux sont toujours moins tartignolles que dans WoW (Huuuuuuurlevent! yark yark yark)
Final Fantasy XII... Ma vie sociale, mon blog, mes copies et mon homme le détestent déjà!
Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai des squelettes à dézinguer, moi!
G.
P.S. : Madame Patate, pardonne-moi! Je ne suis qu'un trahisseur! L'homme, même inverti, est faible face à l'écran! Cela dit, les noms de lieux sont toujours moins tartignolles que dans WoW (Huuuuuuurlevent! yark yark yark)
14 mars, 2007
Pitres pythiques
J-6?
Ce matin, tous mes 4èmes sont entrés en cours en m'offrant une feuille de laurier... L'histoire de la pythie les a bottés apparemment (surtout le récit de son viol, d'ailleurs). Quelquefois, les mômes sont plus sages que les adultes (même s'ils ne peuvent pas s'empêcher d'ouvrir leur tronche pendant qu'ils sont en devoir...) :Crêté (content d'une de ses trouvailles à mettre dans sa copie) : J'en ai une énorme!
Moi : Vantard!
Eh ben personne n'a relevé! Les hormones, c'est plus ce que c'était : je suis trop déçu... Heureusement, dans la classe suivante, un grand échalas a redoré le blason des adobsédés.
Moi : ...qui cito reorum causas audierat...
Echalas : clito! clito! clito!
Sidéré par sa propre réaction, il s'effondre de rire.
Moi (méga calme): Tu te rends compte que tu es ridicule, là, non?
Il hoche la tête, écroulé sur sa table. Puis, l'air innocent, se reprend :
Echalas : Moi, mais j'ai rien fait!
Moi : C'est sans doute pour ça que tu en parles autant...
On lui pardonne, il est bien jeune. Ma collègue S. a connu les mêmes déboires avec littoralisation. Sauf que là, c'était des terminales (j'ai plus de mal à être indulgent, là, déjà... )
G.
Addendum du 16.03 :
Quand j'étais en terminale, j'avais un prof d'histoire qui portait une blouse blanche (avec tous les produits dangereux que manipulent les historiens, ça se comprend). Le 1er avril, on est tous venu avec une blouse blanche à son cours. Après, on lui a fait croire que personne n'avait fait sa carte (mais en fait si! irrésistible hein?). Il en était tout ému. C'était un brave homme, mais je n'ai pas pu m'empêcher de le trouver ridicule, sur le coup : après tout, on se foutait de sa gueule. Eh bien aujourd'hui, je le comprends!
P.S. : Les petits malins qui n'avaient pas fait leur carte du tout s'en sont sortis indemnes, du coup. Futés, hein?
11 mars, 2007
Cours de mignonnerie
J-9?
G : Tu ne serais pas en train de manger une craquinotte framboise, par hasard?V : (scrountch) ch'est rien que des menteries!
Stuart : Miâhouuuuu (d'habitude, il fait plutôt maglouhou)
G : je connais un petit chat qui trouve ça injuste...
V : Tu crois qu'il voudrait une craquinotte?
G (angélique) : bah oui, je crois bien...
V. va chercher le-dit biscuit et l'approche des babines de Stu qui le renifle en retroussant ses babines avant de le bouder nonchalamment.
G : Au cas où il n'en voudrait pas, moi, je veux bien me dévouer... (ben voyons)
C'est quand même plus simple que de demander "Dis, tu me ramènes une craquinotte, mônamouuuur?", non?
10 mars, 2007
Moins belle la vie
On ne pouvait pas les laisser quinze jour sans surveillance : le temps de revenir, ils nous avaient tué du pédé!
Bravo les scénaristes de Plus belle la vie!
Bravo les scénaristes de Plus belle la vie!
J-10?
Les générations passent. J'avais le souvenir de vendeuses vaguement aigries dans la ville de mon enfance. La relève est sémillante.G :Elle est un peu brillante, cette chemise, non?
Vendeuse : C'est parce qu'on a beaucoup de spots ici. Mais je suppose que vous ne passez pas tout votre temps sous les sunlights.
G : Pas pour l'instant.
Vendeuse : Il y a espoir de vous voir bientôt sur scène?
Plus tard :
Vendeuse : Alors, vous trouvez de jolies choses?
V : J'ai un peu mélangé les couleurs
Vendeuse : Vous devenez daltonien?
G : Nan, ça, c'est plutôt mon boulot
V. :Par contre, un de vos cintres (enfin, cintre est un bien grand mot) est dramatiquement décédé
Vendeuse : Oui, ça n'arrête pas. On a des cintres suicidaires
G : C'est un tel calvaire de travailler chez vous? Trop de pression?
De quoi renforcer l'envie de muter!
09 mars, 2007
Témoines
J-11
Ding dong"Bonjour, c'est pour vous présenter un petit manuel de vie avec plein de réponses à l'intérieur"
Elle sort une Bible. Mon homme, très en verve avec les télédémarcheurs, a des restes d'inhibition face aux importuns en chair et en os. Il s'est contenté d'un "Euh, bah non" avant de fermer la porte.
Ces deux dames, témoins de J., arpentent inlassablement la rue de mes parents , une fois par mois. Mon père pense sérieusement à afficher un pannonceau :
"Nous souhaitons aller en Enfer. Veuillez nous laisser en paix"
08 mars, 2007
Il est biau, mon boudin
Mes parents ont reçu le supplément gratuit de l’hebdo Le Perche, daté du 14 mars 2007 ( !)(qui a dit qu’ils étaient à la traîne, les Ornais ?), en raison de circonstances exceptionnelles. Pendant que je bloguais paisiblement, V. en a entrepris la lecture…
V : Tiens, y a Pierre Gagnaire qui parraine la foire du boudin à Mortagne au Perche.
G : ‘per chouette ! C’est qui ça, Pierre Gagnaire ?
V : Il a quand même un restau *** à Paris… Ooooh ! Y a un artisan qui fait du boudin aux pommes, mais aussi à la framboise !
G : ça doit être grobon, ça !
Ça m’a tellement mis l’eau à la bouche que je me suis lancé dans un petit impromptu en chanson :
V : Tiens, y a Pierre Gagnaire qui parraine la foire du boudin à Mortagne au Perche.
G : ‘per chouette ! C’est qui ça, Pierre Gagnaire ?
V : Il a quand même un restau *** à Paris… Ooooh ! Y a un artisan qui fait du boudin aux pommes, mais aussi à la framboise !
G : ça doit être grobon, ça !
Ça m’a tellement mis l’eau à la bouche que je me suis lancé dans un petit impromptu en chanson :
Où c’est-y qu’j’vais en trlrouver
Du boudin aux piommeu
Où c’est-y qu’j’vais en trlrouver
Dis-moi mon bonhommeu !
Tu en trouv’rlras à Mortagne
Du boudin aux piommeu (bis)
Moi j’voudrais bien en goûter du à la frambouèseu
Moi j’voudrais bien en goûter du à la cervouèseu
Où c’est-y qu’j’vais en trlrouver
Du boudin aux piommeu (ad lib.)
Du boudin aux piommeu
Où c’est-y qu’j’vais en trlrouver
Dis-moi mon bonhommeu !
Tu en trouv’rlras à Mortagne
Du boudin aux piommeu (bis)
Moi j’voudrais bien en goûter du à la frambouèseu
Moi j’voudrais bien en goûter du à la cervouèseu
Où c’est-y qu’j’vais en trlrouver
Du boudin aux piommeu (ad lib.)
Mais sans la musique, vous y perdez beaucoup…
G.
P.S. : La foire du boudin aura donc lieu à Mortagne du 17 au 19 mars, avec au programme le concours du plus gros mangeur de boudin (record à battre : 2, 190 kg en un quart d’heure), le grand jeu « combien c’est-y qu'y mesure, mon morceau de boudin ? », diverses catégories en lice (boudin traditionnel, boudin créatif salé, boudin créatif sucré…), recrutement de gendarmes et de sapeurs-pompiers…
Merci donc à la confrérie du Goûte-boudin !
Chatoon
J-12?
Stuart a trouvé un nouveau moyen de me réveiller le matin, un moyen à la Tex Avery : il me balance ma lampe de chevet sur la tête. Qui a dit que c'était le chat le plus affectueux du monde?
G.
06 mars, 2007
05 mars, 2007
Énurésie
Il n’y a pas de mystère : les grands anxieux d’aujourd’hui l’étaient déjà hier.
Parmi les nombreusesstars tares de mon enfance, l’une des plus préoccupantes était l’énurésie, plus connue sous le nom savant de pipi au lit. Faut-il s’étonner qu’un Uraniste fut énurésique ? Ne voyez pas là une énième manifestation de mon penchant pour les jeux de mots faciles, car, à bien y réfléchir, les deux phénomènes sont probablement liés. Faire pipi au lit pour se punir, parce qu’on sent confusément qu’on est différent ? Gardons-nous cependant de trop interpréter ce que nous fûmes à la seule lumière de ce que nous sommes devenus, et de certitudes peut-être fausses…
L’énurésie s’est durablement incrustée dans mon enfance, au point que je me demande si ce n’est pas la puberté qui m’en a libéré, comme elle m’a libéré de la migraine (bénie soit la testostérone !). Ce n’est pas un aveu facile, mais je me souviens d’avoir été angoissé à l’idée d’aller dormir chez un ami quand j’étais en 4ème ( !). Je vois encore les parents de ce garçon s’inquiéter de me voir dîner à sec. Pour le plus grand malheur de mon métabolisme, il m’en est resté l’habitude de faire des repas d’âne.
Si mes nuits humides étaient (quand même) rares à cette époque, on voit bien que leur ombre continuait de me hanter.Il faut dire que les expériences cuisantes ne m’ont pas manqué. En primaire, j’ai enchaîné les classes vertes. Au CP, je n’étais pas le seul client à risque ; en CM1, si. Souvenir vivace de ce brave monsieur Gudefroy me prenant à l’écart pour me demander, l’air compatissant, pourquoi je n’avais rien dit (à ton avis ?). Plus lointain mais tout aussi humiliant est le souvenir de ma grand-mère fixant sur moi une couche avant chaque nuit à l’aide d’épingles à nourrice.
Mes parents, pour remédier à ce problème empoisonnant, valorisaient les nuits passées sans drap mouillé. Pendant une période assez longue, ma mère est venue dans ma chambre les matins heureux au son enjoué de « Chouette ! une chouette ! », en déposant dans ma main une figurine d’oiseau de la taille d’un ongle. Elle devait les acheter par seaux entiers (vous le voyez, j’ai été un enfant maltraité).
J’imagine que nous avons tous exprimé à notre façon nos terreurs d’enfant. Mais combien d’entre nous y ont rouvé un remède ?
G.
Parmi les nombreuses
L’énurésie s’est durablement incrustée dans mon enfance, au point que je me demande si ce n’est pas la puberté qui m’en a libéré, comme elle m’a libéré de la migraine (bénie soit la testostérone !). Ce n’est pas un aveu facile, mais je me souviens d’avoir été angoissé à l’idée d’aller dormir chez un ami quand j’étais en 4ème ( !). Je vois encore les parents de ce garçon s’inquiéter de me voir dîner à sec. Pour le plus grand malheur de mon métabolisme, il m’en est resté l’habitude de faire des repas d’âne.
Si mes nuits humides étaient (quand même) rares à cette époque, on voit bien que leur ombre continuait de me hanter.Il faut dire que les expériences cuisantes ne m’ont pas manqué. En primaire, j’ai enchaîné les classes vertes. Au CP, je n’étais pas le seul client à risque ; en CM1, si. Souvenir vivace de ce brave monsieur Gudefroy me prenant à l’écart pour me demander, l’air compatissant, pourquoi je n’avais rien dit (à ton avis ?). Plus lointain mais tout aussi humiliant est le souvenir de ma grand-mère fixant sur moi une couche avant chaque nuit à l’aide d’épingles à nourrice.
Mes parents, pour remédier à ce problème empoisonnant, valorisaient les nuits passées sans drap mouillé. Pendant une période assez longue, ma mère est venue dans ma chambre les matins heureux au son enjoué de « Chouette ! une chouette ! », en déposant dans ma main une figurine d’oiseau de la taille d’un ongle. Elle devait les acheter par seaux entiers (vous le voyez, j’ai été un enfant maltraité).
J’imagine que nous avons tous exprimé à notre façon nos terreurs d’enfant. Mais combien d’entre nous y ont rouvé un remède ?
G.
04 mars, 2007
Saynètes et dialogues
Pour cause d’exode, nous avons beaucoup délaissé notre blog ces derniers temps. Mais comme nos nombreux lecteurs fidèles et assoiffés de Pitous Lullaby nous réclame de nouveaux articles, soyez sûrs que nous avons pris des notes. Et pour rattraper le temps perdu, nous vous proposons un medley, en attendant quelque chose de plus consistant :
• Dans une pizzéria normande
Serveuse : Alors, ça vous a plu ?
V. (avec le sens du compliment et des intonations de bourgeois gentilhomme) : Oh oui ! Je ne m’attendais pas à trouver ça à Avraaaaaaaanches ! (vous avez l’eau courante aussi ?)
Alors que mon homme se rend compte que ce qu’il croyait gentil s’avère horriblement méprisant, la serveuse a l’air de se demander si c’est du lard ou du cochon. Pour avoir une petite idée du ton de mon homme, séquence souvenir :
• Dans une pizzéria normande
Serveuse : Alors, ça vous a plu ?
V. (avec le sens du compliment et des intonations de bourgeois gentilhomme) : Oh oui ! Je ne m’attendais pas à trouver ça à Avraaaaaaaanches ! (vous avez l’eau courante aussi ?)
Alors que mon homme se rend compte que ce qu’il croyait gentil s’avère horriblement méprisant, la serveuse a l’air de se demander si c’est du lard ou du cochon. Pour avoir une petite idée du ton de mon homme, séquence souvenir :
• Devant la télé ( V.I.P.érin)
Florilège de nos récentes remarques devant le petit écran. Ça vient du coeur :
- Elle marche vraiment comme une choucroutière, Angela Merkel !
- Il a vraiment une tête de Johnny, Clovis Cornillac (et des Johnny, on en connaît !)
- Mais qu’est-ce qu’elle s’est encore mis sur la tête, Lââm ? C’est Lââméduse rose, oui !
• À la mairie, service état civil
Qui a dit que les fonctionnaires étaient inefficaces et désagréables ? En amiénie, les dames sont vraiment charmantes…
G : Voilà. J’ai tout, là, normalement !
Dame souriante (consulte les pièces du dossier) : OK… OK… OK… Ah ! ça, ce n’est pas pour moi, je crois !
Donner Wetter… je voulais lui refiler le barême d’un devoir de seconde ! ça aurait pu être pire : elle aurait pu hériter d’une copie de Tabatha ou Crystal !
D.S. : Vous avez votre ancienne carte d’identité ? Oh ! Mais vous avez vraiment une p’tite tête de minou, là desus !
G. (rougissant) : Bah j’avais 17 ans (et le brushing de Gérard Philippe)
• À Patelinvillers.
Observation de la proposition infinitive en latin.
G. : Qui peut me trouver le sujet du verbe ?
Etincelle blonde : Moi, j’ai « vini » (prononcer « wini »)
G. : Et tu fais quoi avec vini ? Du miel ?
Eh ben, croyez-le ou non, ils ont ri de bon cœur. Bon, ok, à onze ans, ils ne sont pas difficile : même Titoff les fait rire.
• Petit-mot intercepté à Quartmondeville
« Si tu me laich la ch*tte, je te ferait des trucs affollants »
Gracieuse enfant de 12 ans !
Florilège de nos récentes remarques devant le petit écran. Ça vient du coeur :
- Elle marche vraiment comme une choucroutière, Angela Merkel !
- Il a vraiment une tête de Johnny, Clovis Cornillac (et des Johnny, on en connaît !)
- Mais qu’est-ce qu’elle s’est encore mis sur la tête, Lââm ? C’est Lââméduse rose, oui !
• À la mairie, service état civil
Qui a dit que les fonctionnaires étaient inefficaces et désagréables ? En amiénie, les dames sont vraiment charmantes…
G : Voilà. J’ai tout, là, normalement !
Dame souriante (consulte les pièces du dossier) : OK… OK… OK… Ah ! ça, ce n’est pas pour moi, je crois !
Donner Wetter… je voulais lui refiler le barême d’un devoir de seconde ! ça aurait pu être pire : elle aurait pu hériter d’une copie de Tabatha ou Crystal !
D.S. : Vous avez votre ancienne carte d’identité ? Oh ! Mais vous avez vraiment une p’tite tête de minou, là desus !
G. (rougissant) : Bah j’avais 17 ans (et le brushing de Gérard Philippe)
• À Patelinvillers.
Observation de la proposition infinitive en latin.
G. : Qui peut me trouver le sujet du verbe ?
Etincelle blonde : Moi, j’ai « vini » (prononcer « wini »)
G. : Et tu fais quoi avec vini ? Du miel ?
Eh ben, croyez-le ou non, ils ont ri de bon cœur. Bon, ok, à onze ans, ils ne sont pas difficile : même Titoff les fait rire.
• Petit-mot intercepté à Quartmondeville
« Si tu me laich la ch*tte, je te ferait des trucs affollants »
Gracieuse enfant de 12 ans !
Libellés :
Patelinvillers,
Quartmondeville,
Relations commerciales
01 mars, 2007
Carnet Rose 2
Bon anniversaire à notre Oursonne de deux ans!
G.
P.S. : si tu pouvais arrêter de m'appeler Iyoude, ça m'arrangerait pas mal.
G.
P.S. : si tu pouvais arrêter de m'appeler Iyoude, ça m'arrangerait pas mal.
27 février, 2007
Carnet Rose
Bienvenue à Papaye! Elle a maintenant un vrai prénom, et Oursonne une vraie petite soeur! Bisous de vos tontons-encore-picards-mais-plus-pour-longtemps!
18 février, 2007
Conversation un soir de fête
S : Je n'ai pas la télé. Je n'écoute pas la radio. Je ne lis plus la presse écrite. Je n'ai pas internet. De toute façon, je n'ai pas le temps de savoir ce qui se passe dans le monde : il faut que je prépare ce foutu débat pour l'ECJS (éducation civique juridique et sociale, ou un truc dans le genre)
G : Et c'est quoi le thème?
S (éclat de rire): Les médias!
G : Et c'est quoi le thème?
S (éclat de rire): Les médias!
Quand t'es prête, Papaye!
17 février, 2007
16 février, 2007
Numquam demissus, semper alacer*
Aujourd’hui, j’ai eu un coup de foudre. Professionnel.
Pourtant, la journée s’annonçait à peine moins pénible qu’un vendredi ordinaire (je préfère le lundi au vendredi, c’est tout dire !) : une journée de formation entre dinosaures accro aux langues anciennes (-Salut, je m’appelle Marcus, et je suis latiniste - Ave, Marce !), histoire de constater l’étendue des dégâts : de moins en moins d’élèves, et donc d’heures, d’étudiants et, au grand soulagement des foules, de profs. ça commence à se savoir : même P.J. parlait de la désaffection du latin dans l’épisode de ce soir (z’ont fait exprès de le programmer le soir de notre réunion, si c’est pas un complot !). Évidemment, leur spécimen de latiniste était un illuminé, maniaco-dépressif total à l’ouest qui se vomissait dessus – en fait, ils sont super à l’écoute de la société française, les scénaristes de P.J.
Peu d’inscrits à cette réunion. Trois fois moins de présents. Bientôt, seul le WWF voudra encore de nous. Marie-Dominique voulait faire la révolution et a engueuelé un des intervenants quand il a dit que c’était trop facile d’incriminer des facteurs extérieurs sans remettre en question nos pratiques. Elle était remontée M-D : ils ont programmé notre mort, ceux d’en-haut, pas l’ombre d’un doute !
Moi, je ne pense pas qu’on veuille absolument notre mort. Sauf peut-être le directeur de la structure d’accueil qui tient peut-être à compléter sa collec’ de mammouths prisonniers des glaces : on se les gèle dans cet amphi à 90% vide ! Cet aprem’, je reviens avec un pull plus chaud (surtout que le mec devant porte le même que moi et que ça m’éneeeeeeeeeerve ! Il doit vraiment y avoir un look prof de latin)
C’est vrai que peu de matières ont à faire leur examen de conscience, à se justifier d’exister. C’est vrai que c’est usant, angoissant même. Mais il est possible, aussi, que cela soit notre force (amen).
L’usage veut qu’on consacre l’après-midi à des travaux de groupes. On était une telle foule, qu’on a pu en faire trois. Et c’est là que j’ai eu mon coup de foudre pour une jeune collègue super dynamique. On n’a pas cessé d’échanger des idées sur la démarche à adopter face au texte proposé. Les deux autres nanas écoutaient sans piper mot. Quand il a fallu rapporter le résultat de nos recherches, on l’a fait à deux voix. « Vous formez un beau duo » nous ont dit nos deuxmuettes collègues à la fin de notre travail. Je ne comprends pas comment on peut accrocher aussi vite, être aussi efficace avec une inconnue, mais ces petits miracles vous regonflent à bloc ! J’ai bien envie de retravailler avec elle !
Je ne crois pas qu’une telle symbiose professionnelle soit possible avec un mec : je me sens forcément en rivalité avec un autre homme ; c’est limite si je ne montre pas les dents (je ne suis qu’un mâle, après tout !). Bizarrement, il y a aussi moins de séduction avec un collègue. Et moi, grand ado, je marche beaucoup à l’affectif, dans mon boulot comme ailleurs.
G.
* Jamais abattu, toujours alerte
Pourtant, la journée s’annonçait à peine moins pénible qu’un vendredi ordinaire (je préfère le lundi au vendredi, c’est tout dire !) : une journée de formation entre dinosaures accro aux langues anciennes (-Salut, je m’appelle Marcus, et je suis latiniste - Ave, Marce !), histoire de constater l’étendue des dégâts : de moins en moins d’élèves, et donc d’heures, d’étudiants et, au grand soulagement des foules, de profs. ça commence à se savoir : même P.J. parlait de la désaffection du latin dans l’épisode de ce soir (z’ont fait exprès de le programmer le soir de notre réunion, si c’est pas un complot !). Évidemment, leur spécimen de latiniste était un illuminé, maniaco-dépressif total à l’ouest qui se vomissait dessus – en fait, ils sont super à l’écoute de la société française, les scénaristes de P.J.
Peu d’inscrits à cette réunion. Trois fois moins de présents. Bientôt, seul le WWF voudra encore de nous. Marie-Dominique voulait faire la révolution et a engueuelé un des intervenants quand il a dit que c’était trop facile d’incriminer des facteurs extérieurs sans remettre en question nos pratiques. Elle était remontée M-D : ils ont programmé notre mort, ceux d’en-haut, pas l’ombre d’un doute !
Moi, je ne pense pas qu’on veuille absolument notre mort. Sauf peut-être le directeur de la structure d’accueil qui tient peut-être à compléter sa collec’ de mammouths prisonniers des glaces : on se les gèle dans cet amphi à 90% vide ! Cet aprem’, je reviens avec un pull plus chaud (surtout que le mec devant porte le même que moi et que ça m’éneeeeeeeeeerve ! Il doit vraiment y avoir un look prof de latin)
C’est vrai que peu de matières ont à faire leur examen de conscience, à se justifier d’exister. C’est vrai que c’est usant, angoissant même. Mais il est possible, aussi, que cela soit notre force (amen).
L’usage veut qu’on consacre l’après-midi à des travaux de groupes. On était une telle foule, qu’on a pu en faire trois. Et c’est là que j’ai eu mon coup de foudre pour une jeune collègue super dynamique. On n’a pas cessé d’échanger des idées sur la démarche à adopter face au texte proposé. Les deux autres nanas écoutaient sans piper mot. Quand il a fallu rapporter le résultat de nos recherches, on l’a fait à deux voix. « Vous formez un beau duo » nous ont dit nos deux
Je ne crois pas qu’une telle symbiose professionnelle soit possible avec un mec : je me sens forcément en rivalité avec un autre homme ; c’est limite si je ne montre pas les dents (je ne suis qu’un mâle, après tout !). Bizarrement, il y a aussi moins de séduction avec un collègue. Et moi, grand ado, je marche beaucoup à l’affectif, dans mon boulot comme ailleurs.
G.
* Jamais abattu, toujours alerte
Pathos politique
Dans une campagne présidentielle, les coups bas sont en principe assénés par des adversaires. Il arrive que certains se sabordent comme des grands.
Un candidat, que nous désignerons par le pseudonyme de Vilip de Filier par pure charitévendéenne chrétienne, parcourt la presse avec son équipe de campagne devant des caméras :
"C'est nul! C'est nul, mais c'est nul! On ne parle de nous que pour ***** (sujet effectivement tellement dérisoire que je l'ai oublié)"
Répartie cinglante de sa chargée de campagne, grande brune élégante qui, à cet instant, déforme son visage altier en une moue désabusée : "Au moins, on parle de nous".
Désespérance palpable.
Est-ce la certitude d'une débâcle qui pousse ainsi un candidat à baisser la garde à ce point devant une caméra? Pauvre animal politique!
Un candidat, que nous désignerons par le pseudonyme de Vilip de Filier par pure charité
"C'est nul! C'est nul, mais c'est nul! On ne parle de nous que pour ***** (sujet effectivement tellement dérisoire que je l'ai oublié)"
Répartie cinglante de sa chargée de campagne, grande brune élégante qui, à cet instant, déforme son visage altier en une moue désabusée : "Au moins, on parle de nous".
Désespérance palpable.
Est-ce la certitude d'une débâcle qui pousse ainsi un candidat à baisser la garde à ce point devant une caméra? Pauvre animal politique!
15 février, 2007
Relations commerciales 5
Mardi soir, 19h30, j'ai expérimenté la plus improbable des conversations commerciales qui m'ait été donné de connaître dans ma carrière de bonimenteur de téléconseiller.
(voix chantante, accent exotique)
"Bonsoir, Christelle de la société des grands vins de Morteau, Monsieur PitouG.?
Pitou V.- Oui, c'est lui-même. Bonsoir Christelle.
Christelle/Phélicie- Comment allez-vous Monsieur PitouG.?
V. - Très bien, et vous?
C. - Oh oui, très très bien!
V. - Ah, tant mieux, quand la santé va...
C. - C'est bien vrai ça! (rires de concert) Vous avez une voix charmante, Monsieur.
V. - Vous me flattez!
C. - Si, si, je vous assure! Puis-je vous demander combien de printemps vous avez?
V. (26 ans et 6 mois au compteur) - Euh... 35.
C. - Ah, et combien m'en donneriez-vous?
V. - Euh... 28?
C. - Presque: 25. Je suis un peu trop petite? (rires)
V. - Eurgh...Grountch... Non c'est parfait.
C. - Dites-moi Monsieur PitouG., en ce jour de Saint Valentin, vous êtes amoureux?
V. (attendri) - Oh oui!
C. - Et vous êtes marié?
V. - J'ai ce bonheur...
C. - Mais je ne voudrais pas semer la jalousie... (rire minaudant)
V - Non, il ne faut pas, c'est terrible la jalousie...
C. (soudain philosophe) - Oh oui, c'est un sentiment qui...
V. (enthousiaste et incrédule)- Tout à fait!
C. - ça vous donne... comment dire... un sentiment de possession.
V. - Exactement.
C. - Moi je suis très jalouse, très possessive. Quand je veux un mec, je suis comme une tigrrresse: je lui donne tout et il ne résiste pas, croyez-moi. (rire sadico-libidineux)
V. - Ah je veux bien le croire...
C. - Bien, je ne veux pas vous prendre votre temps Monsieur PitouG. (rires de celle qui me tient la jambe depuis dix minutes) Vous aimez boire du bon vin?
V. - Ah non, ma religion me l'interdit.
C. (enfin déstabilisée) - Ah. Et puis-je vous demander quelle est votre religion?
V. - Musulmane.
C. - Et votre femme aussi?
V. - Aussi.
C. - Ah c'est très bien, ça. (de nouveau pontifiante) C'est pas bien quand un boit et pas l'autre...
V. - Non...
C. - C'est bien d'être sur le même chemin.
V. - Oui, tout à fait et je veux continuer sur cette voie.
C. - Vous avez raison. Il faut continuer sur ce chemin de vie. Bien je vous remercie pour votre gentil accueil Monsieur PitouG. Au revoir."
V.
(voix chantante, accent exotique)
"Bonsoir, Christelle de la société des grands vins de Morteau, Monsieur PitouG.?
Pitou V.- Oui, c'est lui-même. Bonsoir Christelle.
Christelle/Phélicie- Comment allez-vous Monsieur PitouG.?
V. - Très bien, et vous?
C. - Oh oui, très très bien!
V. - Ah, tant mieux, quand la santé va...
C. - C'est bien vrai ça! (rires de concert) Vous avez une voix charmante, Monsieur.
V. - Vous me flattez!
C. - Si, si, je vous assure! Puis-je vous demander combien de printemps vous avez?
V. (26 ans et 6 mois au compteur) - Euh... 35.
C. - Ah, et combien m'en donneriez-vous?
V. - Euh... 28?
C. - Presque: 25. Je suis un peu trop petite? (rires)
V. - Eurgh...Grountch... Non c'est parfait.
C. - Dites-moi Monsieur PitouG., en ce jour de Saint Valentin, vous êtes amoureux?
V. (attendri) - Oh oui!
C. - Et vous êtes marié?
V. - J'ai ce bonheur...
C. - Mais je ne voudrais pas semer la jalousie... (rire minaudant)
V - Non, il ne faut pas, c'est terrible la jalousie...
C. (soudain philosophe) - Oh oui, c'est un sentiment qui...
V. (enthousiaste et incrédule)- Tout à fait!
C. - ça vous donne... comment dire... un sentiment de possession.
V. - Exactement.
C. - Moi je suis très jalouse, très possessive. Quand je veux un mec, je suis comme une tigrrresse: je lui donne tout et il ne résiste pas, croyez-moi. (rire sadico-libidineux)
V. - Ah je veux bien le croire...
C. - Bien, je ne veux pas vous prendre votre temps Monsieur PitouG. (rires de celle qui me tient la jambe depuis dix minutes) Vous aimez boire du bon vin?
V. - Ah non, ma religion me l'interdit.
C. (enfin déstabilisée) - Ah. Et puis-je vous demander quelle est votre religion?
V. - Musulmane.
C. - Et votre femme aussi?
V. - Aussi.
C. - Ah c'est très bien, ça. (de nouveau pontifiante) C'est pas bien quand un boit et pas l'autre...
V. - Non...
C. - C'est bien d'être sur le même chemin.
V. - Oui, tout à fait et je veux continuer sur cette voie.
C. - Vous avez raison. Il faut continuer sur ce chemin de vie. Bien je vous remercie pour votre gentil accueil Monsieur PitouG. Au revoir."
V.
14 février, 2007
Podium googleux
Si j'en crois nos stats, certains sujets porteurs sont susceptibles d'amener pas mal de monde sur Quaidesomme. Petit classement de nos best-sellers :
1) Isabelle Morizet/ Karen Chéryl est la plus demandée, surtout dans sa variante "à poil". On ne lui ferait pas ce coup-là, c'est une amie... Moins d'amateurs pour Allan Théo (si ça ne tenait qu'à moi...) ou les Totally Spies dans leur plus simple appareil, mais ils ont leur public.
2) Prof sal°pe est un grand classique, de même que le plus nébuleux mama sal°pe. La faute à un résumé un peu trop enthousiaste du lycée Belgrand de la télé...
3) Gros succès aussi pour la recette du lembas. Mais je ne suis pas sûr que notre variante soit du goût des gastrollnomes fans de Trollolkien. C'était pas trôllement bon (faut que tu arrêtes, là, maintenant).
4) La capillisculpture, si j'en crois le nombre de requêtes, a un brillant avenir devant elle. Elle peut en tout cas compter sur un abondant vivier, pas toujours très doué pour l'orthographe (tant qu'ils coupent droit, nos artistes...)
5) Nos grands amis d'Arménager font aussi l'objet de requêtes récurrentes, dont les formulations me donnent à penser qu'ils n'en ont pas fini avec leurs pratiques obscures...
La surprise, c'est que, parmi ces recherches, il y a aussi des questions qui trouvent des réponses sérieuses sur nos pages. Petite fierté de contribuer à l'édification publique ;-)
Et puis je voudrais remercier nos stats, sans lesquelles nous serions passés à côté de cette information capitale :
1) Isabelle Morizet/ Karen Chéryl est la plus demandée, surtout dans sa variante "à poil". On ne lui ferait pas ce coup-là, c'est une amie... Moins d'amateurs pour Allan Théo (si ça ne tenait qu'à moi...) ou les Totally Spies dans leur plus simple appareil, mais ils ont leur public.
2) Prof sal°pe est un grand classique, de même que le plus nébuleux mama sal°pe. La faute à un résumé un peu trop enthousiaste du lycée Belgrand de la télé...
3) Gros succès aussi pour la recette du lembas. Mais je ne suis pas sûr que notre variante soit du goût des gastro
4) La capillisculpture, si j'en crois le nombre de requêtes, a un brillant avenir devant elle. Elle peut en tout cas compter sur un abondant vivier, pas toujours très doué pour l'orthographe (tant qu'ils coupent droit, nos artistes...)
5) Nos grands amis d'Arménager font aussi l'objet de requêtes récurrentes, dont les formulations me donnent à penser qu'ils n'en ont pas fini avec leurs pratiques obscures...
La surprise, c'est que, parmi ces recherches, il y a aussi des questions qui trouvent des réponses sérieuses sur nos pages. Petite fierté de contribuer à l'édification publique ;-)
Et puis je voudrais remercier nos stats, sans lesquelles nous serions passés à côté de cette information capitale :

13 février, 2007
Bananafricana
Aujourd'hui, Sabybanana s'envole pour l'Africanie avec une trentaine de Perso, je suggère les palmes académiques.
G.
12 février, 2007
Laisser aller 2

Il y a aussi du laisser-aller dans ce blog, on dirait. Je sais que ça sera dur de vous en convaincre, mais des profs, ça peut être débordés. Enfin, le week-end, en tout cas.
Comme annoncé dans l'article précédent, nous avons passé un week-end en Panamie. L'idée a germé à partir d'un détail. Mon homme est, en effet, tombé par hasard sur ce livre ===>
C'était LE cadeau à offrir à MAB-ma-soeur-MAB-ne-vois-tu-rien-venir?. Dans le rayon bouquins de la Keufna, il a ainsi bondi sur son portable pour s'assurer que MAB était libre ce week-end. Ci-fait. L'opération week-end panamien était lancée...
V., en précieux Gentil Organisateur a décidé de rentabiliser le déplacement : puisqu'il était à la Keufna, pourquoi ne pas en profiter pour réserver pour l'expo du Grand-Palais consacrée aux fouilles sous-marines d'Alexandrie, Canope et Héraklion? Reste à prévoir le gîte... Bon, là, on a une adresse **** : c'est chez Schtouf et son homme, spécialiste ès univers équin mondialement reconnu (note pour moi-même : trouver un alias plus pratique). Et quitte à dormir chez eux, on pourra peut-être en profiter pour leur faire la conversation puisqu'il faut en passer par là, mais pas trop longtemps quand même.
Bon, le week-end était super. Avec MAB, on a mangé dans le même japonais que la dernière fois et on a eu la même table (c'est comme ça que naissent les rituels). Manque de bol (de riz, sorry), ils avaient modifié leur carte. M'enfin, j'ai quand même eu le droit à ma glace au haricot rouge (j'adore, mais je dois être le seul - si toi aussi tu as des goûts pervers, laisse un message!). Puis on a traversé tout un pan de Panamie pour arriver à l'expo. C'était beau et bondé; mais maintenant, j'arrêterai de confondre Khnoum et Khonsou, c'est toujours ça de gagné.
Sinon, on a été gâtés par nos hôtes : croissants, kréma à volonté et tout et tout. Royal! Cela dit,
je me suis efforcé de payer ma dette en jeux de mots, autant que faire ce peu. Et puis on leur a offert un jeu pour pourrir leur vie sociale ====>Au restau où ils avaient réservé, Spécialiste ès monde équin a cru reconnaître une célébrité, mais moi, je crois plutôt qu'il l'avait déjà vu au volant d'un taxi, ce type. De toute façon, nous, on ne croise jamais de célébrité à Paris. Même pas la Compagnie créole. Ah si, on a vu deux fois Junior, l'espèce de canon qui se chargeait de la déco dans la version française de Queer eye for a straight guy (tiens, il existe encore leur site? pas croyable!). Alors évidemment, ça ne compte pas! ('tain, ça mène à TF1, des études d'archéo?)
Au fait, Spécialiste ès monde équin, il fait quoi, déjà, le coq rouge?
G.
07 février, 2007
Laisser aller

Petite conversation à table, pour tenter d'oublier le contenu marécageux de nos assiettes coucouvillaises.
G : Qu'est-ce que tu as fait ce week-end.
S : Je suis allé au théâtre voir Le moine. C'était assez noir, mais vraiment superbe. Sinon, hier, je suis allée au cinéma voir Daratt. Et toi, tu as vu quoi de beau, dernièrement?
G : Euhh... Jennifer Lopez dans un marshmallowliwoodien, ça compte?
Ouais, il y a eu du laisser-aller culturel, ces dernierstemps siècles. Mais mon homme veille au grain. Nouveau week-end parisien en perspective, mais cette fois, on la verra cette expo sur les trésors engloutis (V. a réservé, parce qu'on a besoin de ce genre de contraintes, nous autres larves de canapé...)
G.
G : Qu'est-ce que tu as fait ce week-end.
S : Je suis allé au théâtre voir Le moine. C'était assez noir, mais vraiment superbe. Sinon, hier, je suis allée au cinéma voir Daratt. Et toi, tu as vu quoi de beau, dernièrement?
G : Euhh... Jennifer Lopez dans un marshmallowliwoodien, ça compte?
Ouais, il y a eu du laisser-aller culturel, ces derniers
G.
Fin du bateau ivre?
Youki, le parquet ne se gondole plus (c'était bien le seul à se tordre de rire!)! Les supermen-poseurs sont intervenus. Par contre, qu'est-ce que ça sent le solvant!
Jamais contents, ces PD...
Jamais contents, ces PD...
04 février, 2007
Les bons plans des Pitous
Vous ne savez pas où aller pour vos vacances? Nous avons ce qu'il vous faut!
Si vous surfez depuis le bureau, casque recommandé...
Si vous surfez depuis le bureau, casque recommandé...
03 février, 2007
Ses plus belles chansons : Ringo
Réderie. Comprendre « vide-grenier ». Si vous ne savez pas ça, n’espérez pas survivre en Picardie. On vous regarderait avec des yeux ronds : « tu sais pas ce que c’est, une réderie ? » (ça sent le vécu, hein ? et oui…). Les gens d’ici croient que la France entière connaît ce nom. De toute façon, les gens d’ici ne vous comprennent pas lorsque vous prononcez le pourtant très académique « crayon à papier ». La première fois que c’est l’expression « crayon de bois » qui m’est venue spontanément à l’esprit, j’ai cru que j’avais renié une partie de moi (la partie top classe), et compris qu’il fallait que je quitte l’Amiénie au plus vite…
J’ai largement dévié – comme quoi tout me ramène à mon désir de partir ! Réderie, disais-je, territoire idéal de l’amateur de kitschouilleries. Je me souviendrai longtemps de l’air enthousiaste de cette bonne dame picarde rougeaude, bien du cru, et de la vague de honte qui a dû empourprer mon visage lorsqu’elle s’est exclamée, bien fort sur ce petit bout de trottoir : « Ils aiment Ringo, ces jeunes !!! »
Il faut dire que ça faisait bien dix minutes que mon homme, Schtouf, Poussinou et moi,
examinions tous ses vinyles à la recherche de tubes planétaires tels que : « allô à l’OVNI », « Ma jalousie » ou « Le grand corbeau noir ». Il n’empêche, je me suis senti tout penaud.
Ce jour-là, on n’a guère trouvé que la « Cétacé danse » (je hais mon scanner et sa panne), un peu de folklore auvergnat, les hits de l’eurovision 1960 version musette et ça ====>
Mais la persévérance paie, et il est plus que temps d’étudier de plus près la virtuosité langagière de cet artiste, connu aussi sous le nom complet de Ringo Willy-Cat (groârr):
J’ai largement dévié – comme quoi tout me ramène à mon désir de partir ! Réderie, disais-je, territoire idéal de l’amateur de kitschouilleries. Je me souviendrai longtemps de l’air enthousiaste de cette bonne dame picarde rougeaude, bien du cru, et de la vague de honte qui a dû empourprer mon visage lorsqu’elle s’est exclamée, bien fort sur ce petit bout de trottoir : « Ils aiment Ringo, ces jeunes !!! »
Il faut dire que ça faisait bien dix minutes que mon homme, Schtouf, Poussinou et moi,
examinions tous ses vinyles à la recherche de tubes planétaires tels que : « allô à l’OVNI », « Ma jalousie » ou « Le grand corbeau noir ». Il n’empêche, je me suis senti tout penaud.Ce jour-là, on n’a guère trouvé que la « Cétacé danse » (je hais mon scanner et sa panne), un peu de folklore auvergnat, les hits de l’eurovision 1960 version musette et ça ====>
Mais la persévérance paie, et il est plus que temps d’étudier de plus près la virtuosité langagière de cet artiste, connu aussi sous le nom complet de Ringo Willy-Cat (groârr):
1) Ma jalousie, 1972
Nous passerons vite sur cet opus qui ne vaut que par son inégalable refrain :
Ma jalousie a brisé notre amour
Na na na na na na na na na na na na na na na
N.B. : j’ai supprimé quelques nanana pour plus de lisibilité, mais le cœur y est.
2) Qui est ce grand Corbeau Noir, 1979 (sevenetinaïne pôwâ !)
Comme tout vénérable artiste de l’époque (voir Karen, quelque part par là), Ringo brille surtout par la qualité de ses adaptations. D’un fade « Video kills the radio stars », texte bêtement figuratif qu’il transfigure, Ringo fait un monument de non sens. Avec humilité, il reconnaît lui-même son incapacité à comprendre parfaitement le message crypté que les Muses lui envoient : « Changez de chaîneu/ Que je commprenneu ».
Conformément à « l’enthousiasme », conception antique de l’art inspiré, Ringo est le simple réceptacle de forces qui le dépassent, le haut parleur « branché sur un réseau de symphonies ». Pour apprécier pleinement cette chanson, je pense d’ailleurs qu’on ne peut pas faire l’économie d’une relecture du Ion de Platon. Les voix sensuelles des sirènes (« ohwhoho ! », « nouâhâhâr »), symbole bien connu d’une connaissance absolue, tentante mais dangereuse pour l’homme, accompagnent d’ailleurs l’artiste dans ses interrogations métaphysiques. C’est vrai quoi, c’est qui ce corbeau noir, à la fin ? N’ayez crainte, tout s’explique…
Ce grand corbeau noir est donc une métaphore de l’art inspiré. Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler que le corbeau est l’un des oiseaux d’Apollon, dieu de l’art et de la vérité. Pour l’occasion, notre Ringo se fait la réincarnation de la Pythie que le dieu manipulait afin d’éclairer (ou pas) les mortels sur leur avenir. Je ne vois pas d’autre explication possible à la présence du volatile éponyme dans cette chanson pleine de « fusée », de « stéréo », de « radar » et autres finasseries technologiques…
Il apporte aussi sa pierre à la défense des Droits de l’Homme, d’une touche discrète. La chanson n’est-elle pas un plaidoyer pour les mariages mixtes ?
Conformément à « l’enthousiasme », conception antique de l’art inspiré, Ringo est le simple réceptacle de forces qui le dépassent, le haut parleur « branché sur un réseau de symphonies ». Pour apprécier pleinement cette chanson, je pense d’ailleurs qu’on ne peut pas faire l’économie d’une relecture du Ion de Platon. Les voix sensuelles des sirènes (« ohwhoho ! », « nouâhâhâr »), symbole bien connu d’une connaissance absolue, tentante mais dangereuse pour l’homme, accompagnent d’ailleurs l’artiste dans ses interrogations métaphysiques. C’est vrai quoi, c’est qui ce corbeau noir, à la fin ? N’ayez crainte, tout s’explique…
Ce grand corbeau noir est donc une métaphore de l’art inspiré. Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler que le corbeau est l’un des oiseaux d’Apollon, dieu de l’art et de la vérité. Pour l’occasion, notre Ringo se fait la réincarnation de la Pythie que le dieu manipulait afin d’éclairer (ou pas) les mortels sur leur avenir. Je ne vois pas d’autre explication possible à la présence du volatile éponyme dans cette chanson pleine de « fusée », de « stéréo », de « radar » et autres finasseries technologiques…
Il apporte aussi sa pierre à la défense des Droits de l’Homme, d’une touche discrète. La chanson n’est-elle pas un plaidoyer pour les mariages mixtes ?
« Sur ton écran et dans mon cœur/
Mon sang est de la même couleur »
C’est enfin une réflexion sur la déchéance de l’artiste : « J'arrive de loin et ma fusée fuit de partout » (ou du reproducteur peu regardant, suivant certains exegètes peu amènes).
Ou peu-être bien que c’est juste un assemblage de mots au hasard… De toute façon, la cohérence textuelle, c’est dépassé.
Ou peu-être bien que c’est juste un assemblage de mots au hasard… De toute façon, la cohérence textuelle, c’est dépassé.
3) Allô à l’OVNI, 1980

Même si la pochette ne le montre pas, on ne quitte pas l’inspiration technologique (regrettées années 80, paradis des scientistes) avec ce titre sorti l’année suivante, chef d’œuvre de l’inécoutable aux textes des plus tortueux. J’avoue d’emblée, je ne pige rien aux paroles, salmigondis mal digéré de science-fiction, à base de rimes en –um et en –tique, de synthé aigrelets et de pseudo-voix d’ordinateur :
Allô radio spéciale Plutonium
Lance message bébé Uranium (…)
Allô radio fréquence Aquarium
Signale disque en Aluminium (…)
Mon laser est au délirium (à qui le dis-tu !!!)
Lance message bébé Uranium (…)
Allô radio fréquence Aquarium
Signale disque en Aluminium (…)
Mon laser est au délirium (à qui le dis-tu !!!)
Je ne voudrais pas jouer les mauvaises langues, mais la « fréquence aquarium », ça sent la rime prétexte (ou alors il a fumé je ne sais quoi dans un petit cagibi, ça expliquerait l’aquarium ET le délirium). En gros, notre spationaute rencontre un OVNI et tente un contact. C’est manifestement un message de paix entre les peuples (« S.O.S. je ne veux pas de combat (…)je suis un ami, réponds-moi »). Mais sans vouloir être alarmiste, Ringo est mal barré :
Il me tient dans un champ magnétique
Son ordinateur est bioatomique
Son ordinateur est bioatomique
Je n’ai aucune idée des performances d’un ordi bioatomique, mais enfin, la supériorité technologique de l’OVNI ne fait aucun doute. J’aimerais bien savoir ce qu’il est advenu de notre explorateur de l’espace, mais ses appels à l’aide sont manifestement restés lettres mortes. La fin de la chanson est ouverte. Mais vu la suite de la carrière de Ringo, je dirais qu’il n’en est pas sorti indemne .
G.
01 février, 2007
Diplomates, ces commerçants
Il était grand temps d'aller faire un tour chez le coiffeur : j'avais le cheveu fourbe fou, l'épi facile et la nuque en friche. Mais depuis la disparition de mon coiffeur attitré, je suis devenu client errant, butinant de salon en salon sans trouver mon bonheur. Du coup, j'y vais de moins en moins souvent...
Le coiffeur du jour (je verrais si je le garde, en fonction des réactions de mes collègues) m'a évidemment demandé à quand remontait la dernière tonte (et d'ailleurs, qu'est-ce que ça peut bien lui faire?). Et bien je n'ai pas su lui répondre... Peut-être bien à l'an 40, vu la tronche que je me payais! Je l'ai mis au défi de faire quelque chose de bien avec mes cheveux, et il se l'est joué à la Bogdanov (Rlrlrien n'est impôssible!), mais en un peu plus bronzé.
" Comme vous êtes un peu creusé (il ne parlait pas de crevasses sur mon visage, bande de vipères, mais de ces fichus golfes hippocratiques!- maudits! soyez maudits!), je vous conseille de les coiffer vers l'avant, en y mettant un peu de fouillis (il joint le geste à la parole). Comme ça, c'est... (et c'est dans le "..." que réside le malaise) très beau!".
Bon, le fouillis, ça me connaît. Maintenant que je suis tout... beau, direction le photographe, sur le rythme endiablé de Copacabana (la version disco-francophone d'Amanda Lear; pour vous pourrir la journée, on n'a pas trouvé mieux, sauf peut-être le Petit Bonhomme en mousse de P. Sébastien; je remercie encore mon coeur de me l'avoir insidieusement glissée à l'oreille). N'allez pas croire que je me fasse tirer le portrait à chaque fois que je sors de chez le coiffeur, hein! C'est juste que ma carte d'identité va bientôt expirer (adieu à toi, carte de mes jeunes années, qui me faisais une tronche de Gérard Philippe) et que je ne veux pas me faire refouler devant les urnes dans les semaines qui viennent (bon, j'avoue, j'ai des tiroirs bourrés de photos de moi, je suis narcissique, aimez-moi!).
Après avoir officié, sur ma demande, le photographe m'explique toutes les différences entre photo de carte d'identité et de passeport : "Là, par exemple, bon, vous souriez pas, hein, mais vous avez un genre de rictus, et ben ça passerait pas sur un passeport!"
Vous me direz qu'on se fiche de ses talents de diplomate, pourvu qu'il fasse correctement son boulot de photographe. Cela dit, de retour à la maison, je me mets à scruter ma photo (parce qu'évidemment, chez le photographe, on affecte toujours un air détaché, genre "les contingences matérielles de l' aspect physique? Peu me chaut!", mais bon, faut pas déconner, je vais me la farcir pendant 10 ans de ma vie, cette photo d'identité; alors c'est bien beau de ressembler à un top-model sur mon permis de conduire, mais ce n'est pas une pièce d'identité officielle! Gérard Philippe, j'ai donné pendant 10 ans, si je pouvais éviter Bernard Ménez, je ne serais pas contre!).
Revenons à nos photons. Je commence donc à scruter ma photo : mais qu'a-t-il fait de mon légendaire teint de Prince des Carpates? Ce matin encore, on s'inquiétait de ma pâleur (bon, les filles, ça fait cinq ans qu'on bosse ensemble, il va falloir vous y faire!), et là, on dirait que je reviens de Copa-copacabana (le coin le plus chaud de la Havaaaana!). La lentille de l'appareil était-elle si sensible qu'elle a lu la chanson qui sévissait le long de mes terminaisons nerveuses? Le plus fabuleux, c'est que mon cou, lui, est resté blanc comme neige : on dirait que je suis passé entre les mains de la maquilleuse de Régine! Vous croyez que je peux encore compter sur le noir et blanc de la carte d'identité pour rattraper la catastrophe?
Le coiffeur du jour (je verrais si je le garde, en fonction des réactions de mes collègues) m'a évidemment demandé à quand remontait la dernière tonte (et d'ailleurs, qu'est-ce que ça peut bien lui faire?). Et bien je n'ai pas su lui répondre... Peut-être bien à l'an 40, vu la tronche que je me payais! Je l'ai mis au défi de faire quelque chose de bien avec mes cheveux, et il se l'est joué à la Bogdanov (Rlrlrien n'est impôssible!), mais en un peu plus bronzé.
" Comme vous êtes un peu creusé (il ne parlait pas de crevasses sur mon visage, bande de vipères, mais de ces fichus golfes hippocratiques!- maudits! soyez maudits!), je vous conseille de les coiffer vers l'avant, en y mettant un peu de fouillis (il joint le geste à la parole). Comme ça, c'est... (et c'est dans le "..." que réside le malaise) très beau!".
Bon, le fouillis, ça me connaît. Maintenant que je suis tout... beau, direction le photographe, sur le rythme endiablé de Copacabana (la version disco-francophone d'Amanda Lear; pour vous pourrir la journée, on n'a pas trouvé mieux, sauf peut-être le Petit Bonhomme en mousse de P. Sébastien; je remercie encore mon coeur de me l'avoir insidieusement glissée à l'oreille). N'allez pas croire que je me fasse tirer le portrait à chaque fois que je sors de chez le coiffeur, hein! C'est juste que ma carte d'identité va bientôt expirer (adieu à toi, carte de mes jeunes années, qui me faisais une tronche de Gérard Philippe) et que je ne veux pas me faire refouler devant les urnes dans les semaines qui viennent (bon, j'avoue, j'ai des tiroirs bourrés de photos de moi, je suis narcissique, aimez-moi!).
Après avoir officié, sur ma demande, le photographe m'explique toutes les différences entre photo de carte d'identité et de passeport : "Là, par exemple, bon, vous souriez pas, hein, mais vous avez un genre de rictus, et ben ça passerait pas sur un passeport!"
Vous me direz qu'on se fiche de ses talents de diplomate, pourvu qu'il fasse correctement son boulot de photographe. Cela dit, de retour à la maison, je me mets à scruter ma photo (parce qu'évidemment, chez le photographe, on affecte toujours un air détaché, genre "les contingences matérielles de l' aspect physique? Peu me chaut!", mais bon, faut pas déconner, je vais me la farcir pendant 10 ans de ma vie, cette photo d'identité; alors c'est bien beau de ressembler à un top-model sur mon permis de conduire, mais ce n'est pas une pièce d'identité officielle! Gérard Philippe, j'ai donné pendant 10 ans, si je pouvais éviter Bernard Ménez, je ne serais pas contre!).
Revenons à nos photons. Je commence donc à scruter ma photo : mais qu'a-t-il fait de mon légendaire teint de Prince des Carpates? Ce matin encore, on s'inquiétait de ma pâleur (bon, les filles, ça fait cinq ans qu'on bosse ensemble, il va falloir vous y faire!), et là, on dirait que je reviens de Copa-copacabana (le coin le plus chaud de la Havaaaana!). La lentille de l'appareil était-elle si sensible qu'elle a lu la chanson qui sévissait le long de mes terminaisons nerveuses? Le plus fabuleux, c'est que mon cou, lui, est resté blanc comme neige : on dirait que je suis passé entre les mains de la maquilleuse de Régine! Vous croyez que je peux encore compter sur le noir et blanc de la carte d'identité pour rattraper la catastrophe?
G.
31 janvier, 2007
La casse tranquille
Minouminou (tout fier d'avoir correctement identifié une forme) : M'sieur, plus tard j'vais faire prof de latin. Et je prendrai la relève quand vous partirez!
Merline : Eh ben, je ne mettrai pas mes enfants à Patelinvillers!
Minouminou (air tragique): Bouhouhou... Personne ne m'aime, pas même mes profs!
Moi : Tu sais, la condition sine qua non pour être prof de latin, c'est d'être fou à lier.
Abraham : ç'a été nécessaire pour vous?
Moi : Evidemment!
Têtaclac : Alors, je peux devenir prof de latin, moi!
Moi (faussement contrarié) : Mouais... Enfin il faut aussi une ou deux compétences, tu sais...
Merline : Eh ben, je ne mettrai pas mes enfants à Patelinvillers!
Minouminou (air tragique): Bouhouhou... Personne ne m'aime, pas même mes profs!
Moi : Tu sais, la condition sine qua non pour être prof de latin, c'est d'être fou à lier.
Abraham : ç'a été nécessaire pour vous?
Moi : Evidemment!
Têtaclac : Alors, je peux devenir prof de latin, moi!
Moi (faussement contrarié) : Mouais... Enfin il faut aussi une ou deux compétences, tu sais...
*
Crispant : M'sieur! Apolline, elle a de trop grands panards!
Moi : C'est peut-être toi qui a de trop grosses fesses!
Crispant : Vous avez vu le poids plume?
Moi : Ouais... Plus c'est mince, plus c'est teigneux!
Abraham : Vous devez être sacrément teigneux, alors!
Moi : La preuve par l'action! Tu me donnes ta copie?
Moi : C'est peut-être toi qui a de trop grosses fesses!
Crispant : Vous avez vu le poids plume?
Moi : Ouais... Plus c'est mince, plus c'est teigneux!
Abraham : Vous devez être sacrément teigneux, alors!
Moi : La preuve par l'action! Tu me donnes ta copie?
*
Crispant : M'sieur! J'vous ai vu vendredi, dans une voiture noire...
J'écarquille les yeux
Crispant : ...sur la route de Marti-Marteau (note personnelle : pfffffff, ces noms de village à la con!)...
Je manque de faire tomber mes lentilles de contacts, et les globes oculaires avec...
Crispant : ... avec un homme à côté de vous (ça, jamais!). Même que c'est vous qui conduisiez!
Moi : C'est pas moi, m'sieur l'commissaire! J'ai un alibi (ouais, il m'arrive d'être au boulot!).
J'ai même l'explication : elle est ici
J'écarquille les yeux
Crispant : ...sur la route de Marti-Marteau (note personnelle : pfffffff, ces noms de village à la con!)...
Je manque de faire tomber mes lentilles de contacts, et les globes oculaires avec...
Crispant : ... avec un homme à côté de vous (ça, jamais!). Même que c'est vous qui conduisiez!
Moi : C'est pas moi, m'sieur l'commissaire! J'ai un alibi (ouais, il m'arrive d'être au boulot!).
J'ai même l'explication : elle est ici
*
Minouminou (se mettant sur la tête la capuche de son sweat) : M'sieur, j'me protège (j'ai pas encore compris de quoi, au moment où j'écris ces lignes).
Marion : On dirait qu'il fait l'aumône!
Moi : Pas si sûr! Il a promis hier de me baiser les pieds, et j'attends toujours (je m'étais montré une fois de plus munificent).
Marion : On dirait qu'il fait l'aumône!
Moi : Pas si sûr! Il a promis hier de me baiser les pieds, et j'attends toujours (je m'étais montré une fois de plus munificent).
*
Tout ça en une heure, c'est déjà pas mal. Surtout quand on sait qu'ils étaient en évaluation!
Mais le pire, c'est qu'à l'heure d'aller en récré, ils ne voulaient pas déscotcher de ma salle!
Crispant : Même que la voiture noire, c'était une Mercedes!
Moi :Depuis quand j'ai une voiture de dealer, moi? Tu crois que j'ai gagné au loto?
Minouminou (très en forme, décidément) : moi, je reste avec vous!
Mais le pire, c'est qu'à l'heure d'aller en récré, ils ne voulaient pas déscotcher de ma salle!
Crispant : Même que la voiture noire, c'était une Mercedes!
Moi :
Minouminou (très en forme, décidément) : moi, je reste avec vous!
Moi : Avec ta vessie de lapin, tu n'as pas besoin de filer aux toilettes? (une fois, je l'ai vu se trémousser trois quart d'heure sur sa chaise - distraction de prof sadique).
Et ben même pas!
Qui a dit que c'était n'importe quoi, mes cours? (ouais, bon... ils bossent au moins!)
G.
Et ben même pas!
Qui a dit que c'était n'importe quoi, mes cours? (ouais, bon... ils bossent au moins!)
G.
30 janvier, 2007
ROMA/AMOR

Si ce blog manque d'article de fond ces temps-ci, c'est parce que nous nous consacrons à 100% à notre mission éducative sommes plongés dans la série Rome.
Visuellement, c'est un vrai petit bijou : la Ville ne fait ni trop neuve (effet toc assuré), ni musée avant l'heure. Elle est, vivante, telle qu'elle devait paraître en ces temps troublés d'agonie républicaine. Toutes les deux minutes, je m'exclame donc :
"Splendide domus! Je pourrais montrer ça à des 5èmes!" ou encore "Regarde, il y a même les imagines! Et un laraire dans l'atrium!", si ce n'est "Octave porte encore sa bulla et la toge prétexte " voire"Divin Marc-Antoine qui tient audience au milieu de sa cour entièrement à poil! Je pourrais montrer ça à... (euh, bah non finalement)" (euh... c'est quoi ce filet de bave qui vient d'inonder mon clavier) (de bave, j'ai dit) (pardon).
Le problème, c'est que ce n'est pas une série à mettre entre sous tous les yeux. Parce que des Marc-Antoine - là, ça ne se voit pas, mais je me pâme - ou des Attia qui montrent les secrets de leur anatomie, y en a presque autant que des carnages sanglants ou des scènes de trépanation sans anesthésie... Bref, pour montrer ça à des mômes, il faut passer par la case montage.
Une période aussi passionnante méritait bien une série aussi réussie (en plus, ça me donne l'occasion de serrer dans mes bras mon amour quand il tremble devant une énième décapitation...)
G.
Visuellement, c'est un vrai petit bijou : la Ville ne fait ni trop neuve (effet toc assuré), ni musée avant l'heure. Elle est, vivante, telle qu'elle devait paraître en ces temps troublés d'agonie républicaine. Toutes les deux minutes, je m'exclame donc :
"Splendide domus! Je pourrais montrer ça à des 5èmes!" ou encore "Regarde, il y a même les imagines! Et un laraire dans l'atrium!", si ce n'est "Octave porte encore sa bulla et la toge prétexte " voire
Le problème, c'est que ce n'est pas une série à mettre entre sous tous les yeux. Parce que des Marc-Antoine - là, ça ne se voit pas, mais je me pâme - ou des Attia qui montrent les secrets de leur anatomie, y en a presque autant que des carnages sanglants ou des scènes de trépanation sans anesthésie... Bref, pour montrer ça à des mômes, il faut passer par la case montage.
Une période aussi passionnante méritait bien une série aussi réussie (en plus, ça me donne l'occasion de serrer dans mes bras mon amour quand il tremble devant une énième décapitation...)
G.
25 janvier, 2007
Relations protocolaires
Moi, je suis un féministe dans l'âme (je lis même jusqu'au bout des articles de blog sur des tampons). Mais y a quand même un truc qui me chiffonne chez les cheftaines d'établissements : c'est leurs proverbes mièvres.
La chef de mon homme sert à tout va du "on n'a jamais vu de belle femme adroite" (à noter que mon cher chef cuistot me le sert version "beau garçon"). Déjà, c'est con.
La mienne affiche un large et indéfectible sourire et essaie toujours d'engager la conversation, surtout si ça n'est pas nécessaire. Je ne sais jamais quoi répondre et bafouille des niaiseries en étirant un sourire gêné. Mais honnêtement, que voulez-vous répliquer à un "Main froide, coeur chaud" qui suit la poignée de main matutinale?
Je ne sais jamais trop comment prendre congé. Je devrais peut-être tenter un "Bonne quille, bon beurre" façon Tardieu... Mais même quand je manque de tout casser dans le réfectoire, lors de la galette des rois (j'ai eu la fève, merci, mais je l'ai refilée en douce à F., parce que je m'étais déjà suffisamment fait remarquer comme ça- voir la suite) et que je retiens in extremis et du bout du doigt la chaise vacillante, posée en équilibre sur la table à côté des bouteilles (drôle d'idée, aussi!), elle accourt encore avec un air affable.
Et puis je le sais bien que j'ai les mains froides, c'est même pour ça que j'ai mis un homme-bouillotte dans mon lit! Quant à mon coeur, je tiens à rassurer ma chef, il doit être aux alentours de 37°5. Mais je ne le ferai pas en vrai, hein, des fois qu'elle me gratifie d'un "Homme grognon, trop mignon"!
G.
La chef de mon homme sert à tout va du "on n'a jamais vu de belle femme adroite" (à noter que mon cher chef cuistot me le sert version "beau garçon"). Déjà, c'est con.
La mienne affiche un large et indéfectible sourire et essaie toujours d'engager la conversation, surtout si ça n'est pas nécessaire. Je ne sais jamais quoi répondre et bafouille des niaiseries en étirant un sourire gêné. Mais honnêtement, que voulez-vous répliquer à un "Main froide, coeur chaud" qui suit la poignée de main matutinale?
Je ne sais jamais trop comment prendre congé. Je devrais peut-être tenter un "Bonne quille, bon beurre" façon Tardieu... Mais même quand je manque de tout casser dans le réfectoire, lors de la galette des rois (j'ai eu la fève, merci, mais je l'ai refilée en douce à F., parce que je m'étais déjà suffisamment fait remarquer comme ça- voir la suite) et que je retiens in extremis et du bout du doigt la chaise vacillante, posée en équilibre sur la table à côté des bouteilles (drôle d'idée, aussi!), elle accourt encore avec un air affable.
Et puis je le sais bien que j'ai les mains froides, c'est même pour ça que j'ai mis un homme-bouillotte dans mon lit! Quant à mon coeur, je tiens à rassurer ma chef, il doit être aux alentours de 37°5. Mais je ne le ferai pas en vrai, hein, des fois qu'elle me gratifie d'un "Homme grognon, trop mignon"!
G.
24 janvier, 2007
22 janvier, 2007
De la modernité
Saby Banana nous a invités à prendre le thé chez ses parents, le 1er janvier. On en a profité pour visiter leur nouvelle acquisition : le taudis de feu leur voisin, un vieil original qui a passé sa vie dans les ordures (on retiendra surtout la belle cruche en forme de phallus - beaucoup moins abouti que ça). Trois semaines après un nettoyage intensif, on ne savait toujours pas où mettre les pieds.
Ce brave campagnard est mort d'une maladie ô combien moderne... la gangrène!
Ce brave campagnard est mort d'une maladie ô combien moderne... la gangrène!
19 janvier, 2007
Gélule explosive
Ce soir, comme toute bonne fin de semaine, je suis rentré à la maison en traînant ma fatigue. Petite migraine. Orgie de pastilles Vichy. Grosse migraine.
Mon homme sort alors d'un placard officiellement réservé à de la nourriture - mais dans les faits, on y trouve également de l'ustensile de cuisine et, pour des raisons qui échappent au sens commun, des médicaments (pourtant, on a aussi une boîte à pharmacie, mais on y range des cornichons)(non, je déconne, nos bocaux géants de cornichons ne rentrent pas dans l'armoire à pharmacie) - mon homme sort alors, disais-je (ça devient du Proust, ce blog!), une boîte de gélules de paracétamol (tout ça pour ça? oui, je sais).
Espace pédagogique : ne prenez pas à la légère les notices de vos boîtes de médocs! Quand on vous dit : "Ce médicament vous a été personnellement prescrit. Ne le donnez jamais à quelqu'un d'autre (...) car cela pourrait lui être nocif", c'est pas du flan. Pour du paracétamol, on se dit que c'est exagéré. Ouais, faudrait pas pousser...
Espace catastouffe.com : Et pourtant, une seule de ces inoffensives petites gélules a suffi à me transformer en pulvérisateur géant, en Vésuve pharmaceutique!

Une fois l'antalgique ingéré avec un filet d'eau, je m'installe dans le canapé en oubliant jusqu'à ma migraine. Efficaces, ces petites bêtes-là, finalement. Sauf que sans crier gare, tandis que mon gosier est envahi par une amertume insupportable, j'atomise un nuage de poussière blanche. Pas le temps de comprendre ce qui m'arrive, je suis déjà dans la cuisine à me rincer l'oesophage à l'eau claire. La gélule a dû exploser dans mon estomac (ils mettent du TNT, là dedans? pas marqué sur la boîte!).
Résultat des courses? Une migraine et une pomme d'Adam en lambeaux... Vive la pharmacopée occidentale!
G.
P.S. : mon homme prétend que c'est parce que je n'ai pas bu assez d'eau avec la gélule. Mais il est évidemment exclu que cela soit de ma faute...
Mon homme sort alors d'un placard officiellement réservé à de la nourriture - mais dans les faits, on y trouve également de l'ustensile de cuisine et, pour des raisons qui échappent au sens commun, des médicaments (pourtant, on a aussi une boîte à pharmacie, mais on y range des cornichons)(non, je déconne, nos bocaux géants de cornichons ne rentrent pas dans l'armoire à pharmacie) - mon homme sort alors, disais-je (ça devient du Proust, ce blog!), une boîte de gélules de paracétamol (tout ça pour ça? oui, je sais).
Espace pédagogique : ne prenez pas à la légère les notices de vos boîtes de médocs! Quand on vous dit : "Ce médicament vous a été personnellement prescrit. Ne le donnez jamais à quelqu'un d'autre (...) car cela pourrait lui être nocif", c'est pas du flan. Pour du paracétamol, on se dit que c'est exagéré. Ouais, faudrait pas pousser...
Espace catastouffe.com : Et pourtant, une seule de ces inoffensives petites gélules a suffi à me transformer en pulvérisateur géant, en Vésuve pharmaceutique!

Une fois l'antalgique ingéré avec un filet d'eau, je m'installe dans le canapé en oubliant jusqu'à ma migraine. Efficaces, ces petites bêtes-là, finalement. Sauf que sans crier gare, tandis que mon gosier est envahi par une amertume insupportable, j'atomise un nuage de poussière blanche. Pas le temps de comprendre ce qui m'arrive, je suis déjà dans la cuisine à me rincer l'oesophage à l'eau claire. La gélule a dû exploser dans mon estomac (ils mettent du TNT, là dedans? pas marqué sur la boîte!).
Résultat des courses? Une migraine et une pomme d'Adam en lambeaux... Vive la pharmacopée occidentale!
G.
P.S. : mon homme prétend que c'est parce que je n'ai pas bu assez d'eau avec la gélule. Mais il est évidemment exclu que cela soit de ma faute...
Googleux
18 janvier, 2007
Farinelli
En se levant à la fin du cours, Crispant se heurte l'entrejambe à sa table :
"Aaaaaaaah! Me voilà castré!
Moi : _ Pour un castrat, tu as encore une voix grave...
Crispant : _ C'est parce qu'il m'en reste une, m'sieur! Je suis un demi-castrat!
Moi : _Avec celle qui te reste, tu vas bien me trouver le courage d'effacer le tableau, non?"
G.
"Aaaaaaaah! Me voilà castré!
Moi : _ Pour un castrat, tu as encore une voix grave...
Crispant : _ C'est parce qu'il m'en reste une, m'sieur! Je suis un demi-castrat!
Moi : _Avec celle qui te reste, tu vas bien me trouver le courage d'effacer le tableau, non?"
G.
16 janvier, 2007
De la nécessité de porter...

...des sous-vêtements.
4 fois en une heure! Cette cochonceté de braguette s'est ouverte jusqu'à 4 fois par heure! Pour la discrétion on repassera! Les mômes ont dû bien rigoler... En plus, ma collègue A. a eu le même problème. Du coup, nous sommes tous les deux sortis d'une salle de classe en remontant nos braguettes respectives : je pense que ça va jaser...
Moralité : il faut vraiment que je balance ce pantalon dont on voit la trame, en plus, et que je lance l'opération soldes
G.
4 fois en une heure! Cette cochonceté de braguette s'est ouverte jusqu'à 4 fois par heure! Pour la discrétion on repassera! Les mômes ont dû bien rigoler... En plus, ma collègue A. a eu le même problème. Du coup, nous sommes tous les deux sortis d'une salle de classe en remontant nos braguettes respectives : je pense que ça va jaser...
Moralité : il faut vraiment que je balance ce pantalon dont on voit la trame, en plus, et que je lance l'opération soldes
G.
15 janvier, 2007
Magie à Patatland
Certains confrères bloggeurs se plaignent régulièrement des lutins farceurs (chez nous, on appelle ça des Makouis). J'ai découvert ce matin que celui qui se cache dans notre armoire est plutôt sympathique : il corrige!
Nous sommes donc les heureux logeurs du seul Lutin Correcteur au monde. Vous remarquerez
que nous avons mis du temps à détecter sa présence. C'est que cet astucieux génie est assez paresseux (c'était trop beau) : il n'a annoté qu'une seule copie; et encore s'est-il arrêté avant la fin! Des erreurs orthographiques corrigées d'une fine écriture rouge...
Au début, je n'ai rien soupçonné. Je me suis contenté d'écrire dans la marge : "ne corrigez pas vos erreurs d'une autre couleur, et surtout pas en rouge" (c'est vrai, quoi, le rouge c'est ma couleur à moi! faut minimum le CAPES pour avoir le droit de l'employer sur une copie!). Mais ce matin, l'élève concernée m'a regardé avec des yeux ronds. Ce n'était pas elle. Tout ce que j'ai trouvé à dire c'est : "Il y a un lutin correcteur dans mon armoire" (sic). Le mystère reste entier...
Autre puissant sortilège au lycée dePatatlard Coucouville, ce matin, un sort de confusion a violemment atteint une élève. J'ai cru un temps que j'en étais la victime, moi qui suis du genre tête-en-l'air. Mais manifestement, la demoiselle l'est plus que moi.
Etourdie s'approche de moi dans la salle des professeurs où jegisais mollement en soupirant corrigeais vaillamment avec un noble port de tête. Et pendant qu'elle se confond en excuses - vraiment, vraiment, elle est désolée de rendre sa copie en retard; elle voulait me la mettre dans mon casier, mais c'est aussi bien de me la donner en main propre - je rassemble ce qu'il me reste d'esprit : non, décidément, je ne l'ai pas en cours cette année...
C'est alors qu'elle me tend une copie de Science et Vie de la Terre. Bon, je sais que je suis capable d'à peu près tout et que la polyvalence est à la mode, mais quand même ! Devant mon air interloqué, elle a fini par faire le ménage dans ses neurones... A sa décharge, elle m'a rendu tellement de devoirs en retard, l'an dernier, qu'on peut porter cette distraction sur le compte du réflexe de Pavlov!
G.
Nous sommes donc les heureux logeurs du seul Lutin Correcteur au monde. Vous remarquerez
Au début, je n'ai rien soupçonné. Je me suis contenté d'écrire dans la marge : "ne corrigez pas vos erreurs d'une autre couleur, et surtout pas en rouge" (c'est vrai, quoi, le rouge c'est ma couleur à moi! faut minimum le CAPES pour avoir le droit de l'employer sur une copie!). Mais ce matin, l'élève concernée m'a regardé avec des yeux ronds. Ce n'était pas elle. Tout ce que j'ai trouvé à dire c'est : "Il y a un lutin correcteur dans mon armoire" (sic). Le mystère reste entier...
Autre puissant sortilège au lycée de
Etourdie s'approche de moi dans la salle des professeurs où je
C'est alors qu'elle me tend une copie de Science et Vie de la Terre. Bon, je sais que je suis capable d'à peu près tout et que la polyvalence est à la mode, mais quand même ! Devant mon air interloqué, elle a fini par faire le ménage dans ses neurones... A sa décharge, elle m'a rendu tellement de devoirs en retard, l'an dernier, qu'on peut porter cette distraction sur le compte du réflexe de Pavlov!
G.
11 janvier, 2007
La route des parfums
Au printemps, je constatai que la campagne picarde sentait la frite. On apprécie ou pas.
En ce doux mois de janvier, on a beau avoir des températures étonnamment supérieures aux normales saisonnières, je sens bien qu'on est en hiver : ça fleure bon le whiskas dans les champs...
Vivement le printemps...
G.
P.S. : je ne regrette pas d'avoir mis Stu au régime croquettes!
En ce doux mois de janvier, on a beau avoir des températures étonnamment supérieures aux normales saisonnières, je sens bien qu'on est en hiver : ça fleure bon le whiskas dans les champs...
Vivement le printemps...
G.
P.S. : je ne regrette pas d'avoir mis Stu au régime croquettes!
10 janvier, 2007
Hécatombe
Le plus renommé des héllenistes nous a quittés. Après Nicole Loraux et Pierre Vidal-Nacquet, Jean-Pierre Vernant laisse un grand vide dans le monde de l'Antiquité grecque. Reste Jacqueline de Romilly, en grande forme, comme chacun sait.
Si j'étais opportuniste, je dirais qu'il y a des places à pourvoir... C'est ça de choisir un secteur peu porteur!
G.
Si j'étais opportuniste, je dirais qu'il y a des places à pourvoir... C'est ça de choisir un secteur peu porteur!
G.
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