05 mars, 2007

Énurésie

Il n’y a pas de mystère : les grands anxieux d’aujourd’hui l’étaient déjà hier.
Parmi les nombreuses stars tares de mon enfance, l’une des plus préoccupantes était l’énurésie, plus connue sous le nom savant de pipi au lit. Faut-il s’étonner qu’un Uraniste fut énurésique ? Ne voyez pas là une énième manifestation de mon penchant pour les jeux de mots faciles, car, à bien y réfléchir, les deux phénomènes sont probablement liés. Faire pipi au lit pour se punir, parce qu’on sent confusément qu’on est différent ? Gardons-nous cependant de trop interpréter ce que nous fûmes à la seule lumière de ce que nous sommes devenus, et de certitudes peut-être fausses…

L’énurésie s’est durablement incrustée dans mon enfance, au point que je me demande si ce n’est pas la puberté qui m’en a libéré, comme elle m’a libéré de la migraine (bénie soit la testostérone !). Ce n’est pas un aveu facile, mais je me souviens d’avoir été angoissé à l’idée d’aller dormir chez un ami quand j’étais en 4ème ( !). Je vois encore les parents de ce garçon s’inquiéter de me voir dîner à sec. Pour le plus grand malheur de mon métabolisme, il m’en est resté l’habitude de faire des repas d’âne.

Si mes nuits humides étaient (quand même) rares à cette époque, on voit bien que leur ombre continuait de me hanter.Il faut dire que les expériences cuisantes ne m’ont pas manqué. En primaire, j’ai enchaîné les classes vertes. Au CP, je n’étais pas le seul client à risque ; en CM1, si. Souvenir vivace de ce brave monsieur Gudefroy me prenant à l’écart pour me demander, l’air compatissant, pourquoi je n’avais rien dit (à ton avis ?). Plus lointain mais tout aussi humiliant est le souvenir de ma grand-mère fixant sur moi une couche avant chaque nuit à l’aide d’épingles à nourrice.

Mes parents, pour remédier à ce problème empoisonnant, valorisaient les nuits passées sans drap mouillé. Pendant une période assez longue, ma mère est venue dans ma chambre les matins heureux au son enjoué de « Chouette ! une chouette ! », en déposant dans ma main une figurine d’oiseau de la taille d’un ongle. Elle devait les acheter par seaux entiers (vous le voyez, j’ai été un enfant maltraité).

J’imagine que nous avons tous exprimé à notre façon nos terreurs d’enfant. Mais combien d’entre nous y ont rouvé un remède ?

G.

6 commentaires:

Anna a dit…

C'est la parole qui fait vivre. :-)

Alcib a dit…

Certes, nous sommes devenus progressivement ce que nous sommes, mais il reste dans l'homme encore beaucoup de l'enfant qu'il fut. L'éducation ne sert qu'à façonner la personnalité, mais le tempérament, le caractère sont déjà là au départ. Comme le disait hier le chef d'une grande centrale syndicale : « On aura beau mettre des plumes sur un renard, on n'en fera pas pas une poule ». :o))

shénisha a dit…

c'est quoi les deux phénomènes liés? Les jeux de mots et le pipi au lit? Les deux sont écoulements, non?

Je sais, je fais ma tête de mule. J'adore ça!

Didier Goux a dit…

L'énurésie est évidemment un problème mental et non physique. Je me souviens de mon année de 6ème, durant laquelle j'étais pensionnaire. Toutes les nuits passées au lycée n'ont jamais donné lieu au moindre "accident", mais, à chaque période de vacances, de retour chez mes parents, c'était rigoureusement toutes les nuits.

Je consière Freud comme un pompeux bouffon, mais je me demande tout de même s'il n'y a pas là la volonté de rester dans la petite enfance, afin de demeurer totalement dépendant de ses parents.

Ou bien si c'était pour les punir de m'avoir envoyé en pension ?

Allez savoir...

Les Pitous a dit…

Didier =>Bienvenue à toi. Ce n'est pas tous les jours qu'on a de nouveaux commentateurs par ici.

Anonyme a dit…

JE NE PEU RESTER SILENCIEU FACE A CET AFFRONT MANIFESTE! OUi VOUS!!!! VOUS là M DiDIer Goux! qui OSEZ dans votre sacrilége affront insulter M. SIGmund FReud, en le qualifiant de "pompeux bouffon" pour ensuite citer l'une de ces théorie chercher l'erreur... (Ou alros i vous me premettez un instant d'humour macabre, Freud lui m^m aurai trop pomper, pour un pompeux bouffons, vu qu'il est mort a la suite de longue souffrance, d'un cancer de l'os de la machoire... )
POur la petite histoire, en se qui conserne l'enuésie nocturne, Freud la presente dans son ouvrage "Trois essais sur la théorie sexuelle", seconde aprite, sur la sexualité infantile, comme le retour de la masturbation du nourrison, en présicant que " à la place de l'apapreil génital encore rudimentaire, c'est surtout l'appreil urinaire, faisan office de tuteur (( quel choix de terme toujours interresant, sacré freud...)) ((OBSEDE oui!)) qui présente des symptômes. En cette période(enfance donc situont à partir de 2/3ans, jusqu'à l'adolescence, pour Freud, 12/13ans), la plupart des maladies attribuées à la vessie sont des troubles sexuels; l'énurésie nocturne, lorsqu'elle ne constitue pas une attaque épileptique, ((il était primordial de le préciser à mon avis!)) correspond à un pollution. (des marques de troubles sexuels donc...)" Ainsi déjà tu devai etre perturbé ;) fau assumer! ;)

R.