26 avril, 2007

Humanisme

Gilou de Groubien, président à vie d'Amiénie-Mégalopole, que son cursus a tout naturellement mené au ministère de l'Education Nationale (il a été à l'école) et qui sait donc tout à fait de quoi il parle, a récemment qualifié son candidat (enfin, le second, parce qu'il a changé d'avis en cours de route, au profit du plus populaire; vu son talent pour sentir le vent, je le verrais plutôt au ministère de la météo, ce bon Gilou) d'humaniste.

Je serais bien curieux de savoir quel sens il donne à ce mot. Personnellement, je pense qu'il est difficile de trouver plus différents que Montaigne, soucieux d'éducation, hostile à la brutalité et homme politique à contre-coeur, et Nicolas S. qui subordonne tout, y compris la Raison, à son ambition personnelle politique. A ce compte-là, Villiers est un philosophe des Lumières, et Le Pen un beatnik.

23 avril, 2007

!!!

Ben finalement, ça a été chacun la sienne. C'est mon homme qui a gagné, mais moi je n'ai pas de regrets!

21 avril, 2007

???

Bon, c'est pas tout ça, mais il va falloir arrêter de tergiverser, là...

LAQUELLE?


Délais, et du bon

Notre immarcescible amour (j'ai décidé d'aider Madame Patate à enrichir son vocabulaire) pour la Picardie, terre d'accueil, nous a jusqu'alors poussés à l'admirer de loin dès que possible : aucune saison n'étant à l'avantage de l'Amiénie, nous sautions dans la voiture dès le premier soir de toutes nos vacances.

Il n'en a pas été ainsi cette fois, pour diverses raisons : d'abord, la fatigue accumulée lors de nos précédents week-ends de pélerins - vient un moment où, à trop engloutir de km, on frôle la nausée; ensuite, décaler notre séjour semblait arranger tout le monde, famille, amis et présidentiable (de toute façon, nous avions prévu de revenir voter); enfin, et c'est un motif plus surprenant, la fin imminente de notre exil picard nous rend moins pressés de partir, comme si nous avions besoin de profiter de ce que nous avons ici. Ainsi, à l'exception notable d'une brève parenthèse Sabybananesque, nous avons dérogé à la loi commune du départ en trombe. Et grand bien nous en a pris!

Le bénéfice de notre décision s'est fait sentir dès le premier dimanche. On pensait s'adonner à de la pure glandouille : on a vendu notre appart'. Bien que nous ayons confié la vente de notre petit bijou à deux agences immobilières, la transaction n'engraissera finalement aucune des deux, puisque des voisins ont bondi sur l'occasion avant même qu'elles ne décochent leur premier client potentiel. Les choses sont finalement allées très vite (le compromis a été signé hier) : il faut dire que la grande terrasse, amoureusement paysagée par mon homme, sur laquelle nos acheteurs ont une vue plongeante depuis plusieurs mois, a fait son petit effet sous le soleil exceptionnel de ce mois d'avril. Pour paraphraser une des deux agences, "l'aménagement raffiné" de l'appartement lui-même a fait le reste.

Il faut dire que nous avions été particulièrement déraisonnables dans certains de nos choix, si l'on ramène l'investissement à la surface. Le coût important des travaux d'aménagement s'explique par nos goûts putassiers de milliardaires russes par le contexte de l'époque : frustrés par une attente bien plus longue que prévu et n'ayant aucune vraie prise sur le projet, nous avons investi symboliquement notre chez nous par le portefeuille. Comme nous ne voulions pas être perdants à la revente, il faut avouer que notre prix était légèrement surévalué. Mais, en toute modestie, il est difficile d'imaginer qu'on puisse ne pas avoir de coup de coeur pour cet appartement. A partir du moment où on l'a visité, il est difficle d'y renoncer.

Ainsi, moins de deux heures après l'avoir découvert en détails, nos voisins sont donc revenus nous trouver pour nous dire qu'ils étaient preneurs - qui est déjà passé à côté d'une maison ou d'un appartement sur lequel on a flashé comprendra leur réactivité. Ils n'ont pas cherché à ergoter sur le prix et, du coup, nous nous sommes montrés arrangeants sur l'aménagement de la terrasse. Pour ne pas passer pour un ignoble voleur, je tiens à préciser que sans les frais d'agence et avec des frais notariés réduits, ils font quand même une affaire! De notre côté, nous sommes satisfaits de le laisser à des gens qui l'ont aimé à sa juste mesure.

G.

16 avril, 2007

Banana & Vanilla

Je vous préviens d'emblée, c'est une histoire à la Bambi...

Après l'Africanie, Sabybanana a écumé avec ses troupes la campagne normande (son bahut s'est revonverti en agence de voyage : classe noire, classe verte, classe rouge, demandez le programme!). Dans la ferme où ils ont atterri, une chevrette nouvellement née a été délaissée par sa môman, car la Nature sait être cruelle parfois. La petite peluche, prénommée Vanille, est souffreteuse et peine à rester sur ses pattes. Elle est vite devenue la coqueluche des enfants et de Sabybanana qui l'a nourrie au biberon chaque jour, l'a encouragée au moindre signe de progrès et s'est énormément attachée à la petite chose chancelante.


La semaine s'écoule à apprendre aux enfants ce qu'est une pomme, un arbre, une bouse (titre à souffler à Ilona Mitrecey). Au petit matin du septième jour, Sabybanana acheva son oeuvre, qu'Elle avait faite: et Elle se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu'Elle avait faite. Sabybanana bénit le septième jour, et Elle le sanctifia, parce qu'en ce jour Elle se reposa de toute son oeuvre qu'Elle avait créée en la faisant entendit dans la bergerie Vanille appeler plaintivement. Incapable de se tenir sur ses pattes, la tête renversée en arrière, la petite bête s'éteignit en buvant son dernier biberon dans les bras de Saby...

Lorsque les enfants arrivèrent à leur tour et demandèrent à voir Vanille, on leur mentit en disant qu'on avait dû l'emmener chez le vétérinaire. Ils rentrèrent au bagne bahut sans avoir pu faire leurs adieux à leur petite protégée. Quelques jours après, une de leurs accompagnatrices leur expliqua que Vanille était morte. Réaction très affectueuse des élèves :

"Il ne faudra pas le dire à Mme Banana, alors! Elle serait trop triste!"

Et ils ont tous tenu parole...

N.B. :La chevrette de l'image appartient aux collections du Musée National d'Athènes

14 avril, 2007

Souci de sosie - bis

(rien à voir avec l'oiseau; quoi que...)(je vous laisse méditer le jeu de mots)

Voir Melvin rentrer en classe avec son manuel de français ouvert, c'était assez suspect pour m'inquiéter. Il y avait effectivement anguille sous roche:

- M'sieur, m'sieur, vous êtes en photo dans le manuel!

Alarmé par cet effet d'annonce, je retiens mon souffle et m'attends au pire : une photo de vache, de clown ou de choucroute garnie? (la choucroute garnie, ce n'était pas le plus probable dans un manuel de français, j'admets; mais cinq années dans la profession m'ont enseigné la méfiance).

- Si c'est vrai m'sieur! Y a vot' sosie ! (encore? encore ? encore !) (oui, ce sont 3 liens différents).

C'est alors toute une troupe d'élèves qui m'agitent leur manuel sous le nez pour m'exhiber la photo ci-contre, en poussant des petits cris d'excitation, comme s'ils avaient découvert que j'avais posé pour la couverture de Honcho.
Bon, je ne nie pas qu'il y a un léger quelque chose... Dans l'air abruti endormi, peut-être, ou dans ces fichus golfes hippocratiques qui se creusent, voire dans la cheville joliment déliée. Mais je pense que si mes élèves ont ici unanimement reconnu mon alter ego, c'est parce que le jeune homme est agrippé à un cocotier. Est-ce un hommage à mon côté cabotin ou le signe évident que je n'ai aucun sens du ridicule? À moins que... [censuré]
Ça me rappelle que l'un des rares cadeaux que j'ai reçus d'un élève, c'était une figurine de Coco (vous savez, le singe des céréales qui chante des ritournelles ridicules avec la voix de Chandler/Superman/Zack Morris...). Dites, vous croyez que je devrais me sentir vexé?


G.

Photo (celle de gauche, évidemment): Mise en scène de L'Île des Esclaves de Marivaux, par Anne Alvaro.

13 avril, 2007

Hourrah!

Il paraît que le vendredi 13 porte chance (ou pas du tout). A moi, il a seulement porté des vacances, mais c'est déjà un bon début!
Il était temps qu'elles viennent, d'ailleurs, ces vacances, parce que bosser avec une pimbêche psycho-rigide en mal d'enfants, il y a mieux. Oui, je sais, il y a pire aussi (mari d'une pimbêche psycho-rigide en mal d'enfants, ça ne doit pas être la joie, par exemple). Bref, un peu de repos, un peu de temps pour bloguer, je ne suis pas contre...

G.

12 avril, 2007

Minuit sonne sans drillon

Mes jeux de mots sont de plus en plus nuls. Il n'y a même plus de jeu de mots dedans... Vivement les vacances (J-1)!!!

Petit pincement au coeur : c'est la fin du bal et Cendrillon redevient courge citrouille (comment ça, j'ai rien compris au conte?). Daisy revient de sa natalite à la rentrée. Bye-bye beau Léto! Ne vont gagner au change ni mes yeux, ni mes oreilles!


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dzouing!

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dzouuuing!

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dzouuuuuuing!


G

Crénom

Il est temps que je quitte la région; je commence à comprendre ce genre de blagues :

- Alors, vous l'appelez comment, votre petit bout de chou?
- Gédequin.
- Gédequin? C'est quoi ce prénom?
- Bah quoi! Ma voisine, elle a bien appelé la sienne Jessica!

Etes-vous Picard dans l'âme? L'avez-vous comprise vous aussi? Cette fois, je pense à activer la validation des commentaires...

Nota bene : il y a plusieurs légendes urbaines qui courent sur les noms d'enfants en Amiénie. Légendes urbaines... le doute est permis! Je soupçonne certaines d'être bien réelles! Un collègue demanda ainsi un jour à des parents d'élèves l'origine du prénom de leur fils, Ioni; d'autres se sont extasiés devant le si original Merline. Tout cela n'est pas si exotique qu'on aurait pu le penser... Allez, dites-moi que vous avez compris!

G

11 avril, 2007

Googleuserie encore

Ce blog est devenu une référence, on dirait...
Certains y passent, d'autres y vivent...

10 avril, 2007

Cachotière

Je savais qu'elle avait son jardin secret, mais quand même...

09 avril, 2007

La peau du Bolivien

Je m'en fous. L'an prochain, je me casse, lui aussi. Il retourne dans sa région, moi dans la mienne. C'est le moment de me payer sa peau, au Bolivien (le proviseur de Coucouville). Etait-il obligé d'envoyer à la moitié de son équipe ce courrier désagréable dont je vous donne les premières lignes : "Votre présence n'a pas été constatée lors de la journée solidarité" (comprendre la journée que l'on doit aux vieux personnes âgées - mea culpa, la canicule, c'était de ma faute). Le plus beau, c'est que ce courrier a été aussi distribué , dans le plus pur esprit démocratique, à des collègues qui y étaient présents. Pas à tous les absents; ç'aurait été trop simple, trop transparent, pas assez bolivien. Les présents injustement accusés sont allés râler; ils se sont vu répondre un obscur : "désolé, on n'a pas croisé les informations". J'ai une administration formidable (désolé pour le devoir de réserve).

Moi, je n'étais pas présent à cette journée : j'étais au mariage de mon beau-père. Mais je n'ai pas trop aimé les insinuations du-dit courrier. Alors j'ai fait ce que je fais de mieux : j'ai écrit. Face à ma feuille, je donne libre cours à ma rage qui s'entretient elle-même. En face à face, je suis bien trop arrangeant. Et là, vraiment, je ne veux pas prendre le risque de m'écraser devant lui. J'avoue, c'est un terrain facile et j'ai le choix des armes : je suis bien plus à l'aise avec le langage que lui (c'est pas difficile).


Monsieur le Proviseur,

J’effectuerai la totalité de la journée de solidarité au sein de mon collège de rattachement, le collège Minnie Pouce de Patelinvillers, à moins que vous n’estimiez que, travaillant dans deux établissements, je dois deux journées à mon administration. Il m’est tout à fait possible, sous réserve de l’accord de Mme la Principale, de vous fournir un certificat d’assiduité, afin que vous vérifiiez la sincérité de cet engagement.


Pour ce qui est de mon investissement dans la vie du lycée, on ne pourra nier que consacrer deux demi-journées, prises sur mon temps libre et à titre gracieux, pour évaluer à l’oral des élèves de 1ère, constituent une implication suffisante, quand la plupart des établissements scolaires rémunèrent les professeurs en heures supplémentaires pour ce genre de tâches. Est-il nécessaire de rappeler que je n’enseigne pas en classe de 1ère cette année et qu’on ne saurait tenir ces oraux blancs comme faisant partie de mon service normal ? Cela seul atteste de ma bonne foi et de ma conscience professionnelle dont la remise en cause serait vécue comme une offense.


Je rappellerai aussi la difficulté qu’il y a à concilier ses obligations envers ses deux établissements de service. C’est du moins l’expérience ressentie au cours des quatre années de complément de service que j’ai endurées. J’espère que mon successeur saura s’en accommoder au mieux. Je lui souhaite, sinon un dévouement supérieur au mien, le don d’ubiquité.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Proviseur, l'expression de ma considération distinguée.

Pitou G.


Pour le mot ubiquïté, j'espère qu'il aura eu la curiosité de regarder dans un dico. Je m'attendais à avoir de ses nouvelles, mais rien ne point à l'horizon. Je suppose que tant que j'ai mis une majuscule à Proviseur, tout est pour le mieux...

08 avril, 2007

La C.H. (crise de honte) 2

C'est la récré. Quelques élèves restent en classe pour plancher sur leur devoir. Une jeune fille frappe à la porte de ma salle et demande à me parler.

JF : Je voudrais aller en prépa et il y a un dossier à faire compléter par mes profs. Comme je n'ai pas de français cette année et qu'il y a une case à remplir, j'ai pensé que vous pourriez le faire...
G : Vous aviez qui en français, l'an dernier?
JF : Bah... Vous!

Je vous ai déjà dit que je n'étais pas physionomiste?

Ce que j'ai appris cette semaine

  • La cathédrale d'Amiens a été bâtie au XXème siècle (j'étais là quand ils ont coulé la dalle de béton)
  • Les Juifs sont des Jedi
  • L'Etat juif est la Suisse (d'où les banques, j'imagine...)
  • Les Juifs sont musulmans (oui, oui, j'ai appris tout ça en une poignée de secondes. Epatant, hein?)
  • Louis XVI fut au pouvoir sous le Second Empire

Ah oui... Y a ça aussi :

  • Ma collègue V. est une conn************************sse!

07 avril, 2007

Souci de sosie

Parking de Coucouville. Dolce et Gabbana D. et G., seuls.

D : Dis... Une question me brûle les lèvres (oh lala! je me demande bien laquelle! Quel suspense!). Maintenant que je sais que tu vas partir, j'ose... (mystère, mystère)
G : Vas-y (je ne sais à quoi m'attendre!)
D : Ton conjoint, c'est un ou une?
G : Un.
D : Je m'en doutais. Tu sais pourquoi? Mon meilleur pote est aussi un...
G : ...
D : un...
G : Inverti?
D : Ouais, c'est ça. Il est h'hwhwhomo, quoi. Et il me fait beaucoup penser à toi. Vous avez pas mal de points communs.
G : Ah? Il a toujours l'air endormi?
D : ça ne te choque pas ce que je dis, j'espère...
G : Non, ça me rappelle juste des souvenirs.

Depuis le temps qu'on me rappelle que je suis un cliché sur pattes, je vais finir par comprendre que je suis l'archétype du prof de lettres pédé, brun, beau, suprêmement intelligent qui lit lisait Télérama, écoute France Inter et vote pour les... (tssss on a dit : pas de politique sur ce blog!). Enfin bref : qui dit à peu près n'importe quoi, à longueur de temps.

Mais si on lit si clairement en moi, d'où vient que le K. me confonde avec un collègue de bio qui n'a rien de sexy?
G.

06 avril, 2007

Capté

G.: Bon courage pour le second conseil!
F: Je vais me retrouver toute seule. Tout le monde déserte!
Léto : Attends, je vais me mettre à côté de toi, moi!
G: grrrrr j'vais être jaloux du coup!
F: Et de qui?

Tudieu! ça se voit tant que ça?

G.

05 avril, 2007

Va te faire voir chez l'Y

G: Tu vas faire quoi, avec les 6ème? Leur apprendre qu'il ne faut pas taper les personnes âgées?
Léto : D'abord, je leur parle d'Alexandre le Grand qui tapait les Perses.
G. : Tu en es aux Grecs à ce moment de l'année?
Léto : Ouais, j'ai peut-être un peu de retard...
G. : Oh, tu sais... Moi, je crois qu'il faudrait passer toute l'année sur les Grecs!
Léto : ...
G. : C'est une image, bien sûr...

04 avril, 2007

Requiescat In Pace

_ Eh m'sieur, vous savez ce qui est arrivé à m'sieur Léto?
_ Il s'est pâmé d'amour pour moi ? Vous êtes sûr que l'expression de la condition ça ne vous intéresse pas plus que ça ? Non, racontez!
_ Il a échappé de peu à la mort, hier, en cours!
_ En même temps, quoi de plus logique qu'un Léto à l'état létal s'étalant à l'étal l'école? *
_ Hein?
_ Du coup, il a été têté au Léthé? *
_ ???
_ Oubliez... Alors, il lui est arrivé quoi, au minou de service à monsieur Léto?
_ L'écran du video-projecteur lui est tombé en plein sur l'épaule!
_ Vous êtiez là quand ça s'est passé?
_ Oui! (l'air ravi)
_ ça ne m'étonne pas : vous devez porter la poisse! Moi aussi, je frôle la mort quand je vous ai en cours : je manque à chaque fois de tomber raide d'ennui!
_...
_ Ouais. Je sais. Vous aussi.

G.

* N'oubliez pas : luttons ensemble contre l'homophonie!

02 avril, 2007

Burnes électorales

Avec nos nouvelles cartes électorales (qu'elles sont beeeeeelles! Ils devraient nous dessiner une Marianne encore moins discrète) est tombée une nouvelle sensass' (le mot sensass' était déjà au fond des oubliettes de l'histoire trente ans avant ma naissance) : nous allons voter électroniquement! On va avoir une machine à voter dans le bureau de vote de Blanche-Neige!
C'est grocool!

Un collègue facétieux a aussitôt rebaptisé ces bornes électroniques destinées à remplacer des urnes, des burnes. C'est un crève-coeur de l'admettre, mais je viens de perdre ma proverbiale suprématie calembourgesque.

G.

P.S. (sans blague!): j'espère que ces élections présidentielles ne seront pas trop sévèrement burnées, quand même...

01 avril, 2007

Poisse, poissons? Passons!

Peut-être trouvez-vous ce blog délaissé, vous qui passez régulièrement et n'y voyez rien de nouveau. Je confirme pourtant ce que j'ai écrit dans un article précédent : bien que son compte à rebours ait commencé, ce site a encore de belles semaines à vivre. Pas encore de désamour dans cette histoire alphanumérique.

Nos journées sont trépidantes. Final Fantasy Nos activités professionnelles et des week-end éreintants passés en réunions de familles et en translations autoroutières nous tiennent éloignés de notre Mac bien aimé. Et quand j'ai un moment de libre, Final Fantasy une flemme immense s'empare de moi. Je mesure alors combien j'ai de retard, non seulement dans la rédaction de Quaidesomme, mais aussi dans la lecture de la blogosphère. Même les chouchous parmi les chouchous n'ont pas reçu notre visite depuis des lustres. A l'évocation de ces monceaux de post en souffrance, je manque un peu plus de courage, et ce qui me réconfortait il y a peu devient à son tour source de tourments.

C'est quelquefois dans les moments de grande intensité, bizarrement, que l'on cesse d'écrire. Il y a beaucoup de choses que je voudrais vous dire; j'ai une foule de sujets d'articles en tête, voire à l'état de notes, qui seront, j'en ai bien peur, périmés avant que d'avoir vu le jour.

Les choses ne vont peut-être pas aller en s'arrangeant puisque la semaine qui s'annonce est rien de moins qu'horrible. C'est, à perte de vue, une succession de contraintes et de burinnage de burnes d'épreuves. Je vais cependant essayer de publier de petites choses dans les jours à venir, afin de briser ce lent processus d'abandon qui sourd (on utilise trop peu sourdre...).

27 mars, 2007

Gay-tapin

Il y a à Coucouville un planning de la semaine toujours très attendu : on y découvre toujours des informations capitales, exposées dans le meilleur des styles.
Cette semaine, à l'honneur : "Lutte contre le racisme et l'homophonie" (sic)

Gare à vous, Pin, Pain, Peint et Peins! Le lycée de Coucouville vous a percé à jour, bande de racailles!

20 mars, 2007

He made a tobacco

J+1
L'un des plus sérieux avantages de la professions, plus que la sécurité de l'emploi ou les vacances, c'est les grosses poilades devant les copies. Enfin, ça, c'est surtout vrai dans l'enthousiasme des débuts, parce qu'il y a un moment où la nazerie perd son côté jouissif pour provoquer d'insondables dépressions. On abandonne alors les listes de perles (plus le courage) et on s'arrache la peau du visage avec les ongles en poussant de sombres sanglots.

Mais parfois, on retrouve la magie de l'authentique copie ridicule et il faut bien avouer que nos collègues de langues vivantes sont plutôt bien lotis de ce côté-là. Ma collègue d'anglais m'avait fait mourir de rire en me racontant qu'elle avait trouvé dans une biographie de célébrité, rédigée en anglais par un élève, l'irrésistible "he made a tobacco" à propos d'un humouriste à succès. De l'usage habile du Robert & Collins...

Un peu inconsciente, ou alléchée par les bourdes prévisibles, ma collègue a renouvelé l'exercice cette année. Elle a appris tout de go qu'Untel "was born has bet" (il est né a pari, évidemment) et, surtout, que Claude François (mais quel môme de 2007 peut encore consacrer une pensée à Claude François, hein, LEQUEL?) "was a french speedboat".

Saurez-vous reconstituer le cheminement de ce linguiste en herbe?

G.

19 mars, 2007

Champagne!

Il faut croire aux signes : ils annonçaient le grand retour à qui savait décrypter le langage de Mère Nature. Le second voeu que nous avons effectué lors de notre demande de mutation s'était transformé peu à peu en premier choix dans nos esprits. C'est lui que le Grand Ordonnateur ordinateur a finalement retenu : Bye-bye Amienye! Retour maison!
C'est donc en Basse Normandie que nous poserons pour de bon nos valises. Nous n'en savons pas plus. Il faut être patient ou savoir faire parler le monde qui nous entoure...

Il faut croire les signes, disais-je. L'Orne, le plus mort discret des départements français est devenu ces derniers jours le chouchou des médias; ça commence par un reportage au 13 heures de TF1 (c'était même pas Pernault, mais le repoussant dolichocéphale qui le remplace quand monsieur va au ski) : le ministère de l'éducation nationale (comme de par hasard!) a publié le palmarès des lycées.
"Allons dans un lycée modèle dont les résultats au bac ont sensiblement augmenté ces dernières années, à Mortagne au Perche" (oui, c'est là aussi le festival du boudin).
Après le reportage, Dolichocéphale repoussant nous rappelle les trois départements les plus bas de plafond, parmi lesquels l'Amiénie (merci de le rappeler!).

Nouveau présage dimanche soir sur M6. Juste après un reportage consacré aux enseignants grands-bretons (comme de par hasard!), Guy Lagache (pense au baume à lèvres, change de coiffeur, et surtout oublie les poses grotesques, mon biquet) s'intéresse aux heures sup'. Nous découvrons alors une petite famille ornaise, composée de Michel, Colette et leur fils Johnny, dans l'élégance distinguée de leur salon (un mur consacré à des poupées à crinoline de 80cm, l'autre à Johnny, le seul, le vrai).

Johnny ou pas, la parenthèse amienienne va se fermer. Un compte à rebours fatal vient de commencer pour notre exil et pour Quaidesomme qui renaîtra, ou pas, sous une forme nouvelle et un nom nouveau. Chaque jour nous rendra un peu plus étrangers à cette région que nous n'avons jamais réussi à faire nôtre. Mais même si, déjà, nous avons la tête ailleurs, ce blog a encore quelques mois à vivre et va les vivre pleinement.

Bisous à tous.

18 mars, 2007

Miches créatives


"Aaaaaaaaaaaaaaaaah! Y a des méduses qui attaquent mon four!
_ Non, mon ange. C'est juste que je n'aurais pas dû poser la pâte à pain sur une grille..."

Une nouvelle innovation aux fourneaux, c'est signé V. le chef! Après avoir retrouvé la recette du lembas, et inventé le dessert visco-acido-amère et la gelée solide, voici la miche zoomorphe! Le génie en action!
Ne nous plaignons pas trop : cette fois, c'est comestible (et même délicieux!)

Petit manuel de survie

...pour résister aux réunions chiantes

Cette année a vu une multiplication des réunions professionnelles, toutes mortellement ennuyeuses. Le genre de réunions où le seul moyen de sortir de la torpeur serait de participer au débat mais où, même en grattant dans tous les recoins de votre crâne, vous vous apercevez qu'on n'a rien de rien à dire. D'ailleurs, un coup d'oeil circulaire vous apprendra bientôt que tout le monde ou presque est dans le même état alarmant. Heureusement, il y en aura toujours un pour monopoliser la conversation. Le reste du temps, on se débrouille pour acquiescer régulièrement (mais pas trop : tout est une question de mesure) aux propos particulièrement plats de la chef.

Le problème, c'est qu'au bout d'une demi-heure de ce traitement, paradoxalement, une immense excitation m'envahit. Je deviens intenable. Un vrai gamin! Toute l'astuce consiste alors à s'amuser et se défouler sans en avoir l'air (il ne s'agit évidemment pas de se faire griller : on a acquis inexplicablement la réputation d'un homme consciencieux, on ne va pas saboter sa carrière, hein!).

La première phase, c'est l'actor studio : au moment le moins probable j'affecte un vif intérêt, puis soudainement l'air pensif (genre la révélation inouïe qui vient d'être faite - "il faut chercher la réussite des élèves" - révolutionne ma perception de la pédagogie et galvanise ma vocation). Après je me rengorge et je fais le paon. Une réunion de travail, c'est comme la cour de Versailles.

Mais comme je n'ai pas beaucoup de postures à caser, il faut vite que je passe à autre chose, sous peine de ressembler à José Garcia dans le rôle de Cyndie Tropforte aux côtés d'Antoine de Caunes. La deuxième phase consiste à capter les regards de connivence avec mes collègues (si possible ceux qui se marrent pour un rien), sourire en coin, voire à les pousser à la faute. Au moment où ils vous regardent, c'est le moment de réenclencher la première phase : prenez un air intéressé tellement outrancier qu'il pue l'ironie à 300 mètres (à croire que la chef est à deux km). Mais cela aussi n'a qu'un temps.

Comme l'ordre du jour n'est pas épuisé et qu'il trouve même le moyen d'enfler au fur et à mesure, il faut d'urgence trouver d'autres petits trucs auxquels se raccrocher (attention coma!). C'est là que vous vous félicitez d'avoir choisi la bonne voisine à taquiner. Cette phase est notablement moins discrète que les précédentes mais :
- Primo : c'est ça ou la camisole de force.
- Secundo : à ce stade de la réunion, la chef est emportée dans une interminable déclaration de principe et ne semble vraiment pas se rendre compte du monde qui l'entoure.
- Tertio : ça vous redonne le frisson des petits mots échangés quand on était au lycée; ça colle parfaitement à l'humeur de régression qui m'étreint lors de ce genre de conciliabules.
- Et de quatre (je ne sais plus l'adverbe correspondant, ça la fout mal, hein?) : en plus de sauver votre peau, vous volez au secours d'un autre otage. Vous êtes un saint homme.

Aperçu :
F. visant un des deux milles documents qui nous ont été distribués: ça veut dire quoi MaJ?
G pas inspiré et soucieux d'épater F. avec sa science : Mise à jour, sans doute.
F. : Tu es sûr que ce n'est pas Majépaenvid'êt'la?

Bilan : en fait, j'ai trouvé plus insupportable que moi.

Bilan 2 : à force de nous réunir dans la salle la plus froide qu'on puisse imaginer, mes mains se sont changées en glaçons; celles de F. aussi. D'ailleurs, elle me les colle sur le visage pour me le prouver. H. roupille. P. grimace. M. est explosé de rire. D. et I bavardent à trois mètres de distance. Bref, cette réunion ne ressemble plus à rien. De forts doutes pèsent sur l'acuité visuelle de ma chef qui ne semble pas s'en émouvoir.

Et vous, quelles sont vos stratégies de survie?

G.

P.S. : J-2.


17 mars, 2007

Googleuserie

Je sais bien que l'article sur la foire au boudin de Mortagne a boosté nos stats. Mais il y a des limites, quand même!

Repensons aux vacances

Passage éclair chez les Pédécaennais, le temps d'un restau.

En arrivant chez eux, on trouve V2 en plein déménagement (le V2 a de nombreux points communs avec le V., pas de doute). On veut donner un petit coup de main, mais on se heurte vite au dur principe de réalité : un gros fauteuil ne passe pas par une petite cage d'escalier. On a beau retourner le problème (et le fauteuil) dans tous les sens, démonter les pieds ou enlever le coussin, nos solutions farfelues et nos efforts vains finissent par faire craquer mon homme qui en pleure de rire.

L'excellente cuisine de Pain et Beurre (et son joli chef de rang) n'arrive pas tout à fait à distraire V2 de sa fièvre aménageuse :
"On n'a qu'à mettre le micro-onde sous le frigo dans la salle de bain" (sic)
Je précise qu'il est le seul à ne pas avoir bu une goutte de vin...

Voilà de quoi renforcer nos envies de mutation. Au fait : J-3

16 mars, 2007

Vendredi pas 13

J'envie ma collègue Positivine. Elle peut vous démontrer par A+B (normal pour une prof de maths) qu'elle est en week-end le lundi soir ("tu comprends, je ne bosse pas le mardi matin, ni le mercredi; il ne reste que le jeudi et le vendredi, mais là, c'est déjà le week-end"). Usant du même genre d'arguments, elle arrive presque à vous convaincre qu'au mois de mars, l'année est déjà finie.
Sauf que moi, je suis incapable de me sentir en week-end dès le vendredi. C'est un jour que je déteste, interminable qu'il est avec son lot de mauvaises surprises. Il y a cependant des exceptions.

Ce vendredi-là a commencé comme tous ses diables de congénères, à base de c*nn*rds sur la route, de purée de pois picarde, de gamines qui vous regardent méchamment parce que vous leur demandez pour la 3ème fois avec une patience d'ange d'enlever leur manteau ("j'ai froooid" geint la grue collée à son radiateur), d'autres qui sèchent allégrement en vous prenant pour la reine des truffes, d'autres encore qui exigent de vous un miracle parce que le bouquin qu'ils ont à acheter depuis le 15 décembre et à lire depuis le 1er février n'était pas à la librairie l'avant-veille ("et comment que j'fais pour le devoir de cet après-midi, hein?", ton de reproche de rigueur, parce qu'il faut pas déconner, c'est évident que c'est ma faute s'il va se planter, ce pauvre coeur!)

Après avoir deviné que mes élèves de l'après-midi étaient dans le bâtiment X, au 4ème étage, pour assister à une palpitante conférence sur les drogues dispensées dispensée par les gendarmes (c'est la conférence qui est dispensée par les gendarmes, pas les drogues, hein!), j'étais paisiblement en train de contempler un diaporama de carcasses de voitures éventrées, de plaies béantes et de cadavres, quand j'ai eu la surprise de voir débarquer mon p'tit collègue Minou. Il se glisse jusqu'au fond de la salle et me sussure à l'oreille :

"J'ai une faveur à te demander
_ Au lycée, tu n'y penses pas? les élèves pourraient nous voir, m'enfin!. Tu veux qu'on aille en parler dans le couloir? (c'était sûr qu'il était PD, celui-là)
_ On sera sans doute plus à l'aise (la présence des gendarmes, ça inhibe, bizarrement)

Nous quittons la salle au moment où une dame de 30 ans en paraissant 80 expose d'abominables cicatrices datant de l'époque où elle s'arrachait la chair des bras pour en chasser les insectes hallucinés. Alors, qu'avait-il de si urgent à m'exposer me demander, mon collègue?

Bah votre serviteur est finalement resté honnête et droit. Minou m'a juste demandé de lui céder une heure de cours, en accord avec la direction (pffffff! non seulement il est maso, mais il n'a aucun goût, ce mec!). Du coup, le week-end a commencé plus tôt que prévu! Youki!

G.

P.S. : ben finalement, les cakos qui n'avaient pas lu le bouquin ont obtenu un sursis pour le devoir. Tout le monde est gagnant!

Luxueux lux

J-4
La salle des profs de Patelinvillers est flambant neuve : les murs rutilent de mille feux saumon. Elle est mé-con-nais-sable! Les toilettes attenantes ont connu le même sort et irradient rose au firmament (quelle affire, papa, c'est m'dame la Fée qu'a fait ça! - si tu as compris la référence, on est fait pour s'entendre!)
L'effroyable plafond duquel pendaient de longues stalagmites de crépi (Damoclès a fait carrière à Patelinvillers) a été dissimulé par un faux plafond et, ultime degré du raffinement, des néons "lumière naturelle" se sont substitués aux tubes fluorescents clignotants qui ont causé des crises d'épilepsie à tant de générations d'enseignants.
Maintenant, faire pipi au bahut, c'est un peu comme faire pipi en pleine nature (c'est un plaisir de mec, ça, les filles ne pourront pas comprendre), sauf qu'il y a une chasse d'eau. Du coup, je regarde à droite et à gauche avant de baisser mon futal (des fois que Cuistot soit dans les parages!)

15 mars, 2007

Désert de Dalmasca

J-5?
Je ne suis pas très actif sur ce blog, en ce moment. Ce n'est pas que ma vie soit vide (bon, ce n'est pas non plus le Pérou, hein!), ni que je sois paresseux (mouarf! pas beaucoup plus que d'habitude, en tout cas). J'ai une circonstance atténuante, votre honneur, un truc énooooooooorme qui excuse tout:



Final Fantasy XII... Ma vie sociale, mon blog, mes copies et mon homme le détestent déjà!

Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai des squelettes à dézinguer, moi!

G.

P.S. : Madame Patate, pardonne-moi! Je ne suis qu'un trahisseur! L'homme, même inverti, est faible face à l'écran! Cela dit, les noms de lieux sont toujours moins tartignolles que dans WoW (Huuuuuuurlevent! yark yark yark)

14 mars, 2007

Pitres pythiques

J-6?
Ce matin, tous mes 4èmes sont entrés en cours en m'offrant une feuille de laurier... L'histoire de la pythie les a bottés apparemment (surtout le récit de son viol, d'ailleurs). Quelquefois, les mômes sont plus sages que les adultes (même s'ils ne peuvent pas s'empêcher d'ouvrir leur tronche pendant qu'ils sont en devoir...) :

Crêté (content d'une de ses trouvailles à mettre dans sa copie) : J'en ai une énorme!
Moi : Vantard!

Eh ben personne n'a relevé! Les hormones, c'est plus ce que c'était : je suis trop déçu... Heureusement, dans la classe suivante, un grand échalas a redoré le blason des adobsédés.

Moi : ...qui cito reorum causas audierat...
Echalas : clito! clito! clito!
Sidéré par sa propre réaction, il s'effondre de rire.
Moi (méga calme): Tu te rends compte que tu es ridicule, là, non?
Il hoche la tête, écroulé sur sa table. Puis, l'air innocent, se reprend :
Echalas : Moi, mais j'ai rien fait!
Moi : C'est sans doute pour ça que tu en parles autant...

On lui pardonne, il est bien jeune. Ma collègue S. a connu les mêmes déboires avec littoralisation. Sauf que là, c'était des terminales (j'ai plus de mal à être indulgent, là, déjà... )

G.

Addendum du 16.03 :
Quand j'étais en terminale, j'avais un prof d'histoire qui portait une blouse blanche (avec tous les produits dangereux que manipulent les historiens, ça se comprend). Le 1er avril, on est tous venu avec une blouse blanche à son cours. Après, on lui a fait croire que personne n'avait fait sa carte (mais en fait si! irrésistible hein?). Il en était tout ému. C'était un brave homme, mais je n'ai pas pu m'empêcher de le trouver ridicule, sur le coup : après tout, on se foutait de sa gueule. Eh bien aujourd'hui, je le comprends!
P.S. : Les petits malins qui n'avaient pas fait leur carte du tout s'en sont sortis indemnes, du coup. Futés, hein?

11 mars, 2007

Cours de mignonnerie

J-9?
G : Tu ne serais pas en train de manger une craquinotte framboise, par hasard?
V : (scrountch) ch'est rien que des menteries!
Stuart : Miâhouuuuu (d'habitude, il fait plutôt maglouhou)
G : je connais un petit chat qui trouve ça injuste...
V : Tu crois qu'il voudrait une craquinotte?
G (angélique) : bah oui, je crois bien...

V. va chercher le-dit biscuit et l'approche des babines de Stu qui le renifle en retroussant ses babines avant de le bouder nonchalamment.

G : Au cas où il n'en voudrait pas, moi, je veux bien me dévouer... (ben voyons)

C'est quand même plus simple que de demander "Dis, tu me ramènes une craquinotte, mônamouuuur?", non?

10 mars, 2007

Moins belle la vie

On ne pouvait pas les laisser quinze jour sans surveillance : le temps de revenir, ils nous avaient tué du pédé!

Bravo les scénaristes de Plus belle la vie!
J-10?
Les générations passent. J'avais le souvenir de vendeuses vaguement aigries dans la ville de mon enfance. La relève est sémillante.

G :Elle est un peu brillante, cette chemise, non?
Vendeuse : C'est parce qu'on a beaucoup de spots ici. Mais je suppose que vous ne passez pas tout votre temps sous les sunlights.
G : Pas pour l'instant.
Vendeuse : Il y a espoir de vous voir bientôt sur scène?

Plus tard :
Vendeuse : Alors, vous trouvez de jolies choses?
V : J'ai un peu mélangé les couleurs
Vendeuse : Vous devenez daltonien?
G : Nan, ça, c'est plutôt mon boulot
V. :Par contre, un de vos cintres (enfin, cintre est un bien grand mot) est dramatiquement décédé
Vendeuse : Oui, ça n'arrête pas. On a des cintres suicidaires
G : C'est un tel calvaire de travailler chez vous? Trop de pression?

De quoi renforcer l'envie de muter!

09 mars, 2007

Témoines

J-11
Ding dong

"Bonjour, c'est pour vous présenter un petit manuel de vie avec plein de réponses à l'intérieur"
Elle sort une Bible. Mon homme, très en verve avec les télédémarcheurs, a des restes d'inhibition face aux importuns en chair et en os. Il s'est contenté d'un "Euh, bah non" avant de fermer la porte.
Ces deux dames, témoins de J., arpentent inlassablement la rue de mes parents , une fois par mois. Mon père pense sérieusement à afficher un pannonceau :

"Nous souhaitons aller en Enfer. Veuillez nous laisser en paix"

08 mars, 2007

Il est biau, mon boudin

Mes parents ont reçu le supplément gratuit de l’hebdo Le Perche, daté du 14 mars 2007 ( !)(qui a dit qu’ils étaient à la traîne, les Ornais ?), en raison de circonstances exceptionnelles. Pendant que je bloguais paisiblement, V. en a entrepris la lecture…

V : Tiens, y a Pierre Gagnaire qui parraine la foire du boudin à Mortagne au Perche.
G : ‘per chouette ! C’est qui ça, Pierre Gagnaire ?
V : Il a quand même un restau *** à Paris… Ooooh ! Y a un artisan qui fait du boudin aux pommes, mais aussi à la framboise !
G : ça doit être grobon, ça !

Ça m’a tellement mis l’eau à la bouche que je me suis lancé dans un petit impromptu en chanson :

Où c’est-y qu’j’vais en trlrouver
Du boudin aux piommeu
Où c’est-y qu’j’vais en trlrouver
Dis-moi mon bonhommeu !

Tu en trouv’rlras à Mortagne
Du boudin aux piommeu (bis)

Moi j’voudrais bien en goûter du à la frambouèseu
Moi j’voudrais bien en goûter du à la cervouèseu

Où c’est-y qu’j’vais en trlrouver
Du boudin aux piommeu (ad lib.)


Mais sans la musique, vous y perdez beaucoup…

G.

P.S. : La foire du boudin aura donc lieu à Mortagne du 17 au 19 mars, avec au programme le concours du plus gros mangeur de boudin (record à battre : 2, 190 kg en un quart d’heure), le grand jeu « combien c’est-y qu'y mesure, mon morceau de boudin ? », diverses catégories en lice (boudin traditionnel, boudin créatif salé, boudin créatif sucré…), recrutement de gendarmes et de sapeurs-pompiers…
Merci donc à la confrérie du Goûte-boudin !

Chatoon

J-12?
Stuart a trouvé un nouveau moyen de me réveiller le matin, un moyen à la Tex Avery : il me balance ma lampe de chevet sur la tête. Qui a dit que c'était le chat le plus affectueux du monde?
G.

06 mars, 2007

05 mars, 2007

Énurésie

Il n’y a pas de mystère : les grands anxieux d’aujourd’hui l’étaient déjà hier.
Parmi les nombreuses stars tares de mon enfance, l’une des plus préoccupantes était l’énurésie, plus connue sous le nom savant de pipi au lit. Faut-il s’étonner qu’un Uraniste fut énurésique ? Ne voyez pas là une énième manifestation de mon penchant pour les jeux de mots faciles, car, à bien y réfléchir, les deux phénomènes sont probablement liés. Faire pipi au lit pour se punir, parce qu’on sent confusément qu’on est différent ? Gardons-nous cependant de trop interpréter ce que nous fûmes à la seule lumière de ce que nous sommes devenus, et de certitudes peut-être fausses…

L’énurésie s’est durablement incrustée dans mon enfance, au point que je me demande si ce n’est pas la puberté qui m’en a libéré, comme elle m’a libéré de la migraine (bénie soit la testostérone !). Ce n’est pas un aveu facile, mais je me souviens d’avoir été angoissé à l’idée d’aller dormir chez un ami quand j’étais en 4ème ( !). Je vois encore les parents de ce garçon s’inquiéter de me voir dîner à sec. Pour le plus grand malheur de mon métabolisme, il m’en est resté l’habitude de faire des repas d’âne.

Si mes nuits humides étaient (quand même) rares à cette époque, on voit bien que leur ombre continuait de me hanter.Il faut dire que les expériences cuisantes ne m’ont pas manqué. En primaire, j’ai enchaîné les classes vertes. Au CP, je n’étais pas le seul client à risque ; en CM1, si. Souvenir vivace de ce brave monsieur Gudefroy me prenant à l’écart pour me demander, l’air compatissant, pourquoi je n’avais rien dit (à ton avis ?). Plus lointain mais tout aussi humiliant est le souvenir de ma grand-mère fixant sur moi une couche avant chaque nuit à l’aide d’épingles à nourrice.

Mes parents, pour remédier à ce problème empoisonnant, valorisaient les nuits passées sans drap mouillé. Pendant une période assez longue, ma mère est venue dans ma chambre les matins heureux au son enjoué de « Chouette ! une chouette ! », en déposant dans ma main une figurine d’oiseau de la taille d’un ongle. Elle devait les acheter par seaux entiers (vous le voyez, j’ai été un enfant maltraité).

J’imagine que nous avons tous exprimé à notre façon nos terreurs d’enfant. Mais combien d’entre nous y ont rouvé un remède ?

G.

04 mars, 2007

Saynètes et dialogues

Pour cause d’exode, nous avons beaucoup délaissé notre blog ces derniers temps. Mais comme nos nombreux lecteurs fidèles et assoiffés de Pitous Lullaby nous réclame de nouveaux articles, soyez sûrs que nous avons pris des notes. Et pour rattraper le temps perdu, nous vous proposons un medley, en attendant quelque chose de plus consistant :


Dans une pizzéria normande
Serveuse : Alors, ça vous a plu ?
V. (avec le sens du compliment et des intonations de bourgeois gentilhomme) : Oh oui ! Je ne m’attendais pas à trouver ça à Avraaaaaaaanches ! (vous avez l’eau courante aussi ?)

Alors que mon homme se rend compte que ce qu’il croyait gentil s’avère horriblement méprisant, la serveuse a l’air de se demander si c’est du lard ou du cochon. Pour avoir une petite idée du ton de mon homme, séquence souvenir :




Devant la télé ( V.I.P.érin)
Florilège de nos récentes remarques devant le petit écran. Ça vient du coeur :
- Elle marche vraiment comme une choucroutière, Angela Merkel !
- Il a vraiment une tête de Johnny, Clovis Cornillac (et des Johnny, on en connaît !)
- Mais qu’est-ce qu’elle s’est encore mis sur la tête, Lââm ? C’est Lââméduse rose, oui !


À la mairie, service état civil
Qui a dit que les fonctionnaires étaient inefficaces et désagréables ? En amiénie, les dames sont vraiment charmantes…

G : Voilà. J’ai tout, là, normalement !
Dame souriante (consulte les pièces du dossier) : OK… OK… OK… Ah ! ça, ce n’est pas pour moi, je crois !
Donner Wetter… je voulais lui refiler le barême d’un devoir de seconde ! ça aurait pu être pire : elle aurait pu hériter d’une copie de Tabatha ou Crystal !
D.S. : Vous avez votre ancienne carte d’identité ? Oh ! Mais vous avez vraiment une p’tite tête de minou, là desus !
G. (rougissant) : Bah j’avais 17 ans (et le brushing de Gérard Philippe)



À Patelinvillers.
Observation de la proposition infinitive en latin.
G. : Qui peut me trouver le sujet du verbe ?
Etincelle blonde : Moi, j’ai « vini » (prononcer « wini »)
G. : Et tu fais quoi avec vini ? Du miel ?

Eh ben, croyez-le ou non, ils ont ri de bon cœur. Bon, ok, à onze ans, ils ne sont pas difficile : même Titoff les fait rire.



Petit-mot intercepté à Quartmondeville
« Si tu me laich la ch*tte, je te ferait des trucs affollants »
Gracieuse enfant de 12 ans !

01 mars, 2007

Carnet Rose 2

Bon anniversaire à notre Oursonne de deux ans!

G.

P.S. : si tu pouvais arrêter de m'appeler Iyoude, ça m'arrangerait pas mal.

27 février, 2007

Carnet Rose

Bienvenue à Papaye! Elle a maintenant un vrai prénom, et Oursonne une vraie petite soeur! Bisous de vos tontons-encore-picards-mais-plus-pour-longtemps!

18 février, 2007

Conversation un soir de fête

S : Je n'ai pas la télé. Je n'écoute pas la radio. Je ne lis plus la presse écrite. Je n'ai pas internet. De toute façon, je n'ai pas le temps de savoir ce qui se passe dans le monde : il faut que je prépare ce foutu débat pour l'ECJS (éducation civique juridique et sociale, ou un truc dans le genre)

G : Et c'est quoi le thème?

S (éclat de rire): Les médias!

Quand t'es prête, Papaye!

Maintenant qu'on est entré dans l'ère du Sanglier, Papaye peut naître quand elle veut : ça se passera au poil avec son tonton Chèvre!

16 février, 2007

Numquam demissus, semper alacer*

Aujourd’hui, j’ai eu un coup de foudre. Professionnel.

Pourtant, la journée s’annonçait à peine moins pénible qu’un vendredi ordinaire (je préfère le lundi au vendredi, c’est tout dire !) : une journée de formation entre dinosaures accro aux langues anciennes (-Salut, je m’appelle Marcus, et je suis latiniste - Ave, Marce !), histoire de constater l’étendue des dégâts : de moins en moins d’élèves, et donc d’heures, d’étudiants et, au grand soulagement des foules, de profs. ça commence à se savoir : même P.J. parlait de la désaffection du latin dans l’épisode de ce soir (z’ont fait exprès de le programmer le soir de notre réunion, si c’est pas un complot !). Évidemment, leur spécimen de latiniste était un illuminé, maniaco-dépressif total à l’ouest qui se vomissait dessus – en fait, ils sont super à l’écoute de la société française, les scénaristes de P.J.

Peu d’inscrits à cette réunion. Trois fois moins de présents. Bientôt, seul le WWF voudra encore de nous. Marie-Dominique voulait faire la révolution et a engueuelé un des intervenants quand il a dit que c’était trop facile d’incriminer des facteurs extérieurs sans remettre en question nos pratiques. Elle était remontée M-D : ils ont programmé notre mort, ceux d’en-haut, pas l’ombre d’un doute !

Moi, je ne pense pas qu’on veuille absolument notre mort. Sauf peut-être le directeur de la structure d’accueil qui tient peut-être à compléter sa collec’ de mammouths prisonniers des glaces : on se les gèle dans cet amphi à 90% vide ! Cet aprem’, je reviens avec un pull plus chaud (surtout que le mec devant porte le même que moi et que ça m’éneeeeeeeeeerve ! Il doit vraiment y avoir un look prof de latin)

C’est vrai que peu de matières ont à faire leur examen de conscience, à se justifier d’exister. C’est vrai que c’est usant, angoissant même. Mais il est possible, aussi, que cela soit notre force (amen).

L’usage veut qu’on consacre l’après-midi à des travaux de groupes. On était une telle foule, qu’on a pu en faire trois. Et c’est là que j’ai eu mon coup de foudre pour une jeune collègue super dynamique. On n’a pas cessé d’échanger des idées sur la démarche à adopter face au texte proposé. Les deux autres nanas écoutaient sans piper mot. Quand il a fallu rapporter le résultat de nos recherches, on l’a fait à deux voix. « Vous formez un beau duo » nous ont dit nos deux muettes collègues à la fin de notre travail. Je ne comprends pas comment on peut accrocher aussi vite, être aussi efficace avec une inconnue, mais ces petits miracles vous regonflent à bloc ! J’ai bien envie de retravailler avec elle !

Je ne crois pas qu’une telle symbiose professionnelle soit possible avec un mec : je me sens forcément en rivalité avec un autre homme ; c’est limite si je ne montre pas les dents (je ne suis qu’un mâle, après tout !). Bizarrement, il y a aussi moins de séduction avec un collègue. Et moi, grand ado, je marche beaucoup à l’affectif, dans mon boulot comme ailleurs.

G.

* Jamais abattu, toujours alerte

Pathos politique

Dans une campagne présidentielle, les coups bas sont en principe assénés par des adversaires. Il arrive que certains se sabordent comme des grands.

Un candidat, que nous désignerons par le pseudonyme de Vilip de Filier par pure charité vendéenne chrétienne, parcourt la presse avec son équipe de campagne devant des caméras :
"C'est nul! C'est nul, mais c'est nul! On ne parle de nous que pour ***** (sujet effectivement tellement dérisoire que je l'ai oublié)"
Répartie cinglante de sa chargée de campagne, grande brune élégante qui, à cet instant, déforme son visage altier en une moue désabusée : "Au moins, on parle de nous".
Désespérance palpable.

Est-ce la certitude d'une débâcle qui pousse ainsi un candidat à baisser la garde à ce point devant une caméra? Pauvre animal politique!

15 février, 2007

Relations commerciales 5

Mardi soir, 19h30, j'ai expérimenté la plus improbable des conversations commerciales qui m'ait été donné de connaître dans ma carrière de bonimenteur de téléconseiller.
(voix chantante, accent exotique)
"Bonsoir, Christelle de la société des grands vins de Morteau, Monsieur PitouG.?
Pitou V.- Oui, c'est lui-même. Bonsoir Christelle.
Christelle/Phélicie- Comment allez-vous Monsieur PitouG.?
V. - Très bien, et vous?
C. - Oh oui, très très bien!
V. - Ah, tant mieux, quand la santé va...
C. - C'est bien vrai ça! (rires de concert) Vous avez une voix charmante, Monsieur.
V. - Vous me flattez!
C. - Si, si, je vous assure! Puis-je vous demander combien de printemps vous avez?
V. (26 ans et 6 mois au compteur) - Euh... 35.
C. - Ah, et combien m'en donneriez-vous?
V. - Euh... 28?
C. - Presque: 25. Je suis un peu trop petite? (rires)
V. - Eurgh...Grountch... Non c'est parfait.
C. - Dites-moi Monsieur PitouG., en ce jour de Saint Valentin, vous êtes amoureux?
V. (attendri) - Oh oui!
C. - Et vous êtes marié?
V. - J'ai ce bonheur...
C. - Mais je ne voudrais pas semer la jalousie... (rire minaudant)
V - Non, il ne faut pas, c'est terrible la jalousie...
C. (soudain philosophe) - Oh oui, c'est un sentiment qui...
V. (enthousiaste et incrédule)- Tout à fait!
C. - ça vous donne... comment dire... un sentiment de possession.
V. - Exactement.
C. - Moi je suis très jalouse, très possessive. Quand je veux un mec, je suis comme une tigrrresse: je lui donne tout et il ne résiste pas, croyez-moi. (rire sadico-libidineux)
V. - Ah je veux bien le croire...
C. - Bien, je ne veux pas vous prendre votre temps Monsieur PitouG. (rires de celle qui me tient la jambe depuis dix minutes) Vous aimez boire du bon vin?
V. - Ah non, ma religion me l'interdit.
C. (enfin déstabilisée) - Ah. Et puis-je vous demander quelle est votre religion?
V. - Musulmane.
C. - Et votre femme aussi?
V. - Aussi.
C. - Ah c'est très bien, ça. (de nouveau pontifiante) C'est pas bien quand un boit et pas l'autre...
V. - Non...
C. - C'est bien d'être sur le même chemin.
V. - Oui, tout à fait et je veux continuer sur cette voie.
C. - Vous avez raison. Il faut continuer sur ce chemin de vie. Bien je vous remercie pour votre gentil accueil Monsieur PitouG. Au revoir."

V.

14 février, 2007

Podium googleux

Si j'en crois nos stats, certains sujets porteurs sont susceptibles d'amener pas mal de monde sur Quaidesomme. Petit classement de nos best-sellers :

1) Isabelle Morizet/ Karen Chéryl est la plus demandée, surtout dans sa variante "à poil". On ne lui ferait pas ce coup-là, c'est une amie... Moins d'amateurs pour Allan Théo (si ça ne tenait qu'à moi...) ou les Totally Spies dans leur plus simple appareil, mais ils ont leur public.

2) Prof sal°pe est un grand classique, de même que le plus nébuleux mama sal°pe. La faute à un résumé un peu trop enthousiaste du lycée Belgrand de la télé...

3) Gros succès aussi pour la recette du lembas. Mais je ne suis pas sûr que notre variante soit du goût des gastrollnomes fans de Trollolkien. C'était pas trôllement bon (faut que tu arrêtes, là, maintenant).

4) La capillisculpture, si j'en crois le nombre de requêtes, a un brillant avenir devant elle. Elle peut en tout cas compter sur un abondant vivier, pas toujours très doué pour l'orthographe (tant qu'ils coupent droit, nos artistes...)

5) Nos grands amis d'Arménager font aussi l'objet de requêtes récurrentes, dont les formulations me donnent à penser qu'ils n'en ont pas fini avec leurs pratiques obscures...

La surprise, c'est que, parmi ces recherches, il y a aussi des questions qui trouvent des réponses sérieuses sur nos pages. Petite fierté de contribuer à l'édification publique ;-)

Et puis je voudrais remercier nos stats, sans lesquelles nous serions passés à côté de cette information capitale :

13 février, 2007

Bananafricana

Aujourd'hui, Sabybanana s'envole pour l'Africanie avec une trentaine de monstroplantes mômes... pour trois semaines! Je ne sais pas trop si elle va survivre à cette épreuve colossale, mais j'attends son retour avec impatience, parce qu'on risque de pas mal rigoler (quand on se promène avec Sabybanana dans un supermarché, il y a déjà matière à se rouler par terre).
Rappelons que pour préparer ce voyage, ils avaient pu interviewer le consul. Tout ce qu'ils avaient trouvé à lui demander, c'était s'ils pourraient ramener des baskets...

Perso, je suggère les palmes académiques.

G.

12 février, 2007

Laisser aller 2


Il y a aussi du laisser-aller dans ce blog, on dirait. Je sais que ça sera dur de vous en convaincre, mais des profs, ça peut être débordés. Enfin, le week-end, en tout cas.
Comme annoncé dans l'article précédent, nous avons passé un week-end en Panamie. L'idée a germé à partir d'un détail. Mon homme est, en effet, tombé par hasard sur ce livre ===>
C'était LE cadeau à offrir à MAB-ma-soeur-MAB-ne-vois-tu-rien-venir?. Dans le rayon bouquins de la Keufna, il a ainsi bondi sur son portable pour s'assurer que MAB était libre ce week-end. Ci-fait. L'opération week-end panamien était lancée...

V., en précieux Gentil Organisateur a décidé de rentabiliser le déplacement : puisqu'il était à la Keufna, pourquoi ne pas en profiter pour réserver pour l'expo du Grand-Palais consacrée aux fouilles sous-marines d'Alexandrie, Canope et Héraklion? Reste à prévoir le gîte... Bon, là, on a une adresse **** : c'est chez Schtouf et son homme, spécialiste ès univers équin mondialement reconnu (note pour moi-même : trouver un alias plus pratique). Et quitte à dormir chez eux, on pourra peut-être en profiter pour leur faire la conversation puisqu'il faut en passer par là, mais pas trop longtemps quand même.

Bon, le week-end était super. Avec MAB, on a mangé dans le même japonais que la dernière fois et on a eu la même table (c'est comme ça que naissent les rituels). Manque de bol (de riz, sorry), ils avaient modifié leur carte. M'enfin, j'ai quand même eu le droit à ma glace au haricot rouge (j'adore, mais je dois être le seul - si toi aussi tu as des goûts pervers, laisse un message!). Puis on a traversé tout un pan de Panamie pour arriver à l'expo. C'était beau et bondé; mais maintenant, j'arrêterai de confondre Khnoum et Khonsou, c'est toujours ça de gagné.

Sinon, on a été gâtés par nos hôtes : croissants, kréma à volonté et tout et tout. Royal! Cela dit, je me suis efforcé de payer ma dette en jeux de mots, autant que faire ce peu. Et puis on leur a offert un jeu pour pourrir leur vie sociale ====>

Au restau où ils avaient réservé, Spécialiste ès monde équin a cru reconnaître une célébrité, mais moi, je crois plutôt qu'il l'avait déjà vu au volant d'un taxi, ce type. De toute façon, nous, on ne croise jamais de célébrité à Paris. Même pas la Compagnie créole. Ah si, on a vu deux fois Junior, l'espèce de canon qui se chargeait de la déco dans la version française de Queer eye for a straight guy (tiens, il existe encore leur site? pas croyable!). Alors évidemment, ça ne compte pas! ('tain, ça mène à TF1, des études d'archéo?)

Au fait, Spécialiste ès monde équin, il fait quoi, déjà, le coq rouge?

G.

07 février, 2007

Laisser aller


Petite conversation à table, pour tenter d'oublier le contenu marécageux de nos assiettes coucouvillaises.
G : Qu'est-ce que tu as fait ce week-end.
S : Je suis allé au théâtre voir Le moine. C'était assez noir, mais vraiment superbe. Sinon, hier, je suis allée au cinéma voir Daratt. Et toi, tu as vu quoi de beau, dernièrement?
G : Euhh... Jennifer Lopez dans un marshmallowliwoodien, ça compte?

Ouais, il y a eu du laisser-aller culturel, ces derniers temps siècles. Mais mon homme veille au grain. Nouveau week-end parisien en perspective, mais cette fois, on la verra cette expo sur les trésors engloutis (V. a réservé, parce qu'on a besoin de ce genre de contraintes, nous autres larves de canapé...)

G.

Fin du bateau ivre?

Youki, le parquet ne se gondole plus (c'était bien le seul à se tordre de rire!)! Les supermen-poseurs sont intervenus. Par contre, qu'est-ce que ça sent le solvant!
Jamais contents, ces PD...

04 février, 2007

Les bons plans des Pitous

Vous ne savez pas où aller pour vos vacances? Nous avons ce qu'il vous faut!

Si vous surfez depuis le bureau, casque recommandé...

03 février, 2007

Ses plus belles chansons : Ringo

Réderie. Comprendre « vide-grenier ». Si vous ne savez pas ça, n’espérez pas survivre en Picardie. On vous regarderait avec des yeux ronds : « tu sais pas ce que c’est, une réderie ? » (ça sent le vécu, hein ? et oui…). Les gens d’ici croient que la France entière connaît ce nom. De toute façon, les gens d’ici ne vous comprennent pas lorsque vous prononcez le pourtant très académique « crayon à papier ». La première fois que c’est l’expression « crayon de bois » qui m’est venue spontanément à l’esprit, j’ai cru que j’avais renié une partie de moi (la partie top classe), et compris qu’il fallait que je quitte l’Amiénie au plus vite…

J’ai largement dévié – comme quoi tout me ramène à mon désir de partir ! Réderie, disais-je, territoire idéal de l’amateur de kitschouilleries. Je me souviendrai longtemps de l’air enthousiaste de cette bonne dame picarde rougeaude, bien du cru, et de la vague de honte qui a dû empourprer mon visage lorsqu’elle s’est exclamée, bien fort sur ce petit bout de trottoir : « Ils aiment Ringo, ces jeunes !!! »
Il faut dire que ça faisait bien dix minutes que mon homme, Schtouf, Poussinou et moi, examinions tous ses vinyles à la recherche de tubes planétaires tels que : « allô à l’OVNI », « Ma jalousie » ou « Le grand corbeau noir ». Il n’empêche, je me suis senti tout penaud.
Ce jour-là, on n’a guère trouvé que la « Cétacé danse » (je hais mon scanner et sa panne), un peu de folklore auvergnat, les hits de l’eurovision 1960 version musette et ça ====>

Mais la persévérance paie, et il est plus que temps d’étudier de plus près la virtuosité langagière de cet artiste, connu aussi sous le nom complet de Ringo Willy-Cat (groârr):

1) Ma jalousie, 1972

Nous passerons vite sur cet opus qui ne vaut que par son inégalable refrain :
Ma jalousie a brisé notre amour
Na na na na na na na na na na na na na na na
N.B. : j’ai supprimé quelques nanana pour plus de lisibilité, mais le cœur y est.


2) Qui est ce grand Corbeau Noir, 1979 (sevenetinaïne pôwâ !)

Comme tout vénérable artiste de l’époque (voir Karen, quelque part par là), Ringo brille surtout par la qualité de ses adaptations. D’un fade « Video kills the radio stars », texte bêtement figuratif qu’il transfigure, Ringo fait un monument de non sens. Avec humilité, il reconnaît lui-même son incapacité à comprendre parfaitement le message crypté que les Muses lui envoient : « Changez de chaîneu/ Que je commprenneu ».
Conformément à « l’enthousiasme », conception antique de l’art inspiré, Ringo est le simple réceptacle de forces qui le dépassent, le haut parleur « branché sur un réseau de symphonies ». Pour apprécier pleinement cette chanson, je pense d’ailleurs qu’on ne peut pas faire l’économie d’une relecture du Ion de Platon. Les voix sensuelles des sirènes (« ohwhoho ! », « nouâhâhâr »), symbole bien connu d’une connaissance absolue, tentante mais dangereuse pour l’homme, accompagnent d’ailleurs l’artiste dans ses interrogations métaphysiques. C’est vrai quoi, c’est qui ce corbeau noir, à la fin ? N’ayez crainte, tout s’explique…

Ce grand corbeau noir est donc une métaphore de l’art inspiré. Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler que le corbeau est l’un des oiseaux d’Apollon, dieu de l’art et de la vérité. Pour l’occasion, notre Ringo se fait la réincarnation de la Pythie que le dieu manipulait afin d’éclairer (ou pas) les mortels sur leur avenir. Je ne vois pas d’autre explication possible à la présence du volatile éponyme dans cette chanson pleine de « fusée », de « stéréo », de « radar » et autres finasseries technologiques…
Il apporte aussi sa pierre à la défense des Droits de l’Homme, d’une touche discrète. La chanson n’est-elle pas un plaidoyer pour les mariages mixtes ?

« Sur ton écran et dans mon cœur/
Mon sang est de la même couleur »

C’est enfin une réflexion sur la déchéance de l’artiste : « J'arrive de loin et ma fusée fuit de partout » (ou du reproducteur peu regardant, suivant certains exegètes peu amènes).

Ou peu-être bien que c’est juste un assemblage de mots au hasard… De toute façon, la cohérence textuelle, c’est dépassé.


3) Allô à l’OVNI, 1980

Même si la pochette ne le montre pas, on ne quitte pas l’inspiration technologique (regrettées années 80, paradis des scientistes) avec ce titre sorti l’année suivante, chef d’œuvre de l’inécoutable aux textes des plus tortueux. J’avoue d’emblée, je ne pige rien aux paroles, salmigondis mal digéré de science-fiction, à base de rimes en –um et en –tique, de synthé aigrelets et de pseudo-voix d’ordinateur :

Allô radio spéciale Plutonium
Lance message bébé Uranium (…)
Allô radio fréquence Aquarium
Signale disque en Aluminium (…)
Mon laser est au délirium (à qui le dis-tu !!!)

Je ne voudrais pas jouer les mauvaises langues, mais la « fréquence aquarium », ça sent la rime prétexte (ou alors il a fumé je ne sais quoi dans un petit cagibi, ça expliquerait l’aquarium ET le délirium). En gros, notre spationaute rencontre un OVNI et tente un contact. C’est manifestement un message de paix entre les peuples (« S.O.S. je ne veux pas de combat (…)je suis un ami, réponds-moi »). Mais sans vouloir être alarmiste, Ringo est mal barré :

Il me tient dans un champ magnétique
Son ordinateur est bioatomique

Je n’ai aucune idée des performances d’un ordi bioatomique, mais enfin, la supériorité technologique de l’OVNI ne fait aucun doute. J’aimerais bien savoir ce qu’il est advenu de notre explorateur de l’espace, mais ses appels à l’aide sont manifestement restés lettres mortes. La fin de la chanson est ouverte. Mais vu la suite de la carrière de Ringo, je dirais qu’il n’en est pas sorti indemne .


G.

01 février, 2007

Diplomates, ces commerçants

Il était grand temps d'aller faire un tour chez le coiffeur : j'avais le cheveu fourbe fou, l'épi facile et la nuque en friche. Mais depuis la disparition de mon coiffeur attitré, je suis devenu client errant, butinant de salon en salon sans trouver mon bonheur. Du coup, j'y vais de moins en moins souvent...

Le coiffeur du jour (je verrais si je le garde, en fonction des réactions de mes collègues) m'a évidemment demandé à quand remontait la dernière tonte (et d'ailleurs, qu'est-ce que ça peut bien lui faire?). Et bien je n'ai pas su lui répondre... Peut-être bien à l'an 40, vu la tronche que je me payais! Je l'ai mis au défi de faire quelque chose de bien avec mes cheveux, et il se l'est joué à la Bogdanov (Rlrlrien n'est impôssible!), mais en un peu plus bronzé.

" Comme vous êtes un peu creusé (il ne parlait pas de crevasses sur mon visage, bande de vipères, mais de ces fichus golfes hippocratiques!- maudits! soyez maudits!), je vous conseille de les coiffer vers l'avant, en y mettant un peu de fouillis (il joint le geste à la parole). Comme ça, c'est... (et c'est dans le "..." que réside le malaise) très beau!".

Bon, le fouillis, ça me connaît. Maintenant que je suis tout... beau, direction le photographe, sur le rythme endiablé de Copacabana (la version disco-francophone d'Amanda Lear; pour vous pourrir la journée, on n'a pas trouvé mieux, sauf peut-être le Petit Bonhomme en mousse de P. Sébastien; je remercie encore mon coeur de me l'avoir insidieusement glissée à l'oreille). N'allez pas croire que je me fasse tirer le portrait à chaque fois que je sors de chez le coiffeur, hein! C'est juste que ma carte d'identité va bientôt expirer (adieu à toi, carte de mes jeunes années, qui me faisais une tronche de Gérard Philippe) et que je ne veux pas me faire refouler devant les urnes dans les semaines qui viennent (bon, j'avoue, j'ai des tiroirs bourrés de photos de moi, je suis narcissique, aimez-moi!).

Après avoir officié, sur ma demande, le photographe m'explique toutes les différences entre photo de carte d'identité et de passeport : "Là, par exemple, bon, vous souriez pas, hein, mais vous avez un genre de rictus, et ben ça passerait pas sur un passeport!"

Vous me direz qu'on se fiche de ses talents de diplomate, pourvu qu'il fasse correctement son boulot de photographe. Cela dit, de retour à la maison, je me mets à scruter ma photo (parce qu'évidemment, chez le photographe, on affecte toujours un air détaché, genre "les contingences matérielles de l' aspect physique? Peu me chaut!", mais bon, faut pas déconner, je vais me la farcir pendant 10 ans de ma vie, cette photo d'identité; alors c'est bien beau de ressembler à un top-model sur mon permis de conduire, mais ce n'est pas une pièce d'identité officielle! Gérard Philippe, j'ai donné pendant 10 ans, si je pouvais éviter Bernard Ménez, je ne serais pas contre!).

Revenons à nos photons. Je commence donc à scruter ma photo : mais qu'a-t-il fait de mon légendaire teint de Prince des Carpates? Ce matin encore, on s'inquiétait de ma pâleur (bon, les filles, ça fait cinq ans qu'on bosse ensemble, il va falloir vous y faire!), et là, on dirait que je reviens de Copa-copacabana (le coin le plus chaud de la Havaaaana!). La lentille de l'appareil était-elle si sensible qu'elle a lu la chanson qui sévissait le long de mes terminaisons nerveuses? Le plus fabuleux, c'est que mon cou, lui, est resté blanc comme neige : on dirait que je suis passé entre les mains de la maquilleuse de Régine! Vous croyez que je peux encore compter sur le noir et blanc de la carte d'identité pour rattraper la catastrophe?

G.