20 octobre, 2005

Ouarf ouarf

Depuis son inspection, ma collègue D. est sur un petit nuage. Elle décompresse totalement et oublie même ses cours à la maison. Du grand art pour cette prof qui impressionne les élèves et certains de ses collègues. Détail amusant, elle se pique de m'appeler Guitou, désormais. Avouez que ça tombe bien, je trouve cet hypocoristique particulièrement seyant. Classe pour tout dire. Guitou, Michou, Dédé, Bébert... de l'art consommé du surnom!
Lundi, juste avant la sonnerie de 8 heures, D. me charrie parce que je renseigne en avance le bulletin d'appel - pas la liste des absents, hein, juste les informations essentielles : classe, salle, date, heure, numéro de téléphone, numéro INSEE, signe et ascendant solaire et lunaire et sacro-saint NUMEN (les gens de la maison apprécieront). Je ne sais plus comment c'est venu dans la conversation, mais LE compliment a surgi. " Les deux premières années, on ne te parlait pas trop. Il faut dire qu'avec ta tête de roquet renfrogné, on n'osait pas trop t'approcher".
Guillaume, redouté de ses collègues mais à peine pris au sérieux par ses élèves : c'est une nouvelle approche de la pédagogie. M'enfin, je suis presque fier de moi : il m'est arrivé un truc inattendu. A la fin du cours, alors que c'était l'heure de la récréation, six ou sept de mes premières sont restés pour me parler de l'oeuvre qu'on étudie en ce moment, en posant des questions très pertinentes, en plus. J'ai bien fait d'introduire un peu d'humour dans ma deuxième heure - et heureusement que j'ai résisté à l'envie de les féliciter de ne pas avoir éclaté d'un rire gras à la lecture d'une métaphore assez ambiguë de l'auteur ("le bâton blanc disparaissait en moi"). Pour le coup, je me serais (encore) grillé!

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